Alice de Rochechouart
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Alice de Rochechouart, née en 1989, est une philosophe française. Elle se spécialise dans l'étude de l'eschatologie et des privilèges. Elle anime depuis 2023 le podcast indépendant Le Phil d'Actu[1].
Jeunesse et formation
Née le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Alice de Rochechouart est la fille du marquis Aimery de Rochechouart[2], mort en 2024[3]. La famille de Rochechouart est réputée être la famille noble la plus ancienne de France, avec des origines remontant au Xe siècle. Alice de Rochechouart est une lointaine petite-nièce de Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart[4], dite Madame de Montespan, célèbre favorite du roi Louis XIV.
Après des études de commerce à HEC Paris, elle entreprend un doctorat en philosophie à l'École pratique des hautes études. En 2016, elle est finaliste nationale du concours Ma thèse en 180 secondes[5]. Elle soutient en 2018 sa thèse intitulée « Un motif eschatologique dans la philosophie contemporaine française : l'eschatologie du présent chez Levinas et Derrida », qu’elle publie en 2022[6],[7].
Vulgarisatrice
Elle défend une philosophie accessible, incarnée, ancrée dans le monde, qui se confronte aux injustices sociales.
En 2023, elle crée Le Phil d'Actu, un podcast engagé qui propose un éclairage philosophique sur l'actualité[8]. Elle est récompensée du prix du podcast d’apprentissage, et du prix de la Révélation Radio France au Paris Podcast Festival en [9].
Depuis 2024, elle intervient régulièrement comme chroniqueuse dans l'émission radio La Dernière diffusée sur Radio Nova[10].
Elle publie en 2025 son premier essai grand public intitulé Privilèges. Ce qu'il nous reste à abolir aux Éditions Jean-Claude Lattès[11],[12],[13],[14]. L'ouvrage reçoit un très bon accueil critique[15], et est récompensé par le prix « essai » du festival des littératures urbaines 2026[réf. nécessaire].
Prises de positions
Alice de Rochechouart dénonce l'existence de privilèges persistants dans la société française actuelle. Selon elle :
« Notre société est structurée par ce que j’appelle une "tresse de privilèges" : un ensemble d’avantages injustes qui s’alimentent les uns les autres. Ils sont liés non seulement à la classe sociale, mais aussi au genre, à l’origine ethnique, à la santé physique et mentale, à l’orientation sexuelle, à l’âge, etc. Ces privilèges ne sont pas les vestiges d’un monde ancien : ils constituent le fondement du monde moderne. [...] Le problème, c’est que beaucoup de gens sont dans le déni : nous sommes biberonnés à l’idée de mérite. Les élites aiment rappeler qu’elles ont plus travaillé que les autres, qu’elles doivent leur position à un parcours scolaire brillant, sans trop s’appesantir sur l’univers familial qui l’a rendu possible. Nous feignons l’ignorance. Pour ma part, j’ai mis du temps à me rendre compte de mes privilèges – je suis née dans une famille aisée à Paris, issue de l’aristocratie française, je suis blanche, hétérosexuelle… Ce fut un long cheminement [16]. »
Alice de Rochechouart déclare :
« Ceux qui gouvernent politiquement sont très proches de ceux qui gouvernent économiquement. Cette classe concentre la quasi-totalité des privilèges : la richesse, ce sont le plus souvent des hommes, blancs, valides. Il y a une intersection de tous les privilèges qui leur confère une domination [...]. Le capitalisme est un système global dans lequel il y a des gagnants, des perdants et des hiérarchies fondées sur des privilèges. Il faut mettre fin au capitalisme pour créer un nouveau système politique, économique, social, idéologique et culturel. En 1789, on a réussi à abolir le féodalisme, à renverser un système qui paraissait immuable et éternel, je pense qu'il faut avoir aujourd'hui les mêmes espoirs et le même courage qu'en 1789. Une révolution est possible, elle l'a déjà été dans le passé. Elle le sera à l'avenir [17]. »
