Alise-Sainte-Reine

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Alise-Sainte-Reine
Alise-Sainte-Reine
Le centre du village vu depuis la rue des Braux.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Arrondissement Montbard
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Alésia et de la Seine
Maire
Mandat
Amandine Monard
2020-2026
Code postal 21150
Code commune 21008
Démographie
Gentilé Alisiens
Population
municipale
564 hab. (2023 en évolution de −2,59 % par rapport à 2017)
Densité 147 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 32′ 15″ nord, 4° 29′ 27″ est
Altitude Min. 237 m
Max. 407 m
Superficie 3,83 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Venarey-les-Laumes
(banlieue)
Aire d'attraction Venarey-les-Laumes
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton de Montbard
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Alise-Sainte-Reine

Alise-Sainte-Reine est une commune française située au centre du département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté, principalement connue pour avoir été le siège de la bataille d'Alésia.

Localisation

La commune est située dans la plaine des Laumes, à 17 km du chef-lieu d'arrondissement Montbard et à 50 km au nord-ouest de Dijon. L'Ozerain, petite rivière sous-affluent de la Seine, forme sa limite au sud. Le village s'étend au pied du mont Auxois, une butte-témoin s'élevant à 180 m au-dessus de la plaine et ancien oppidum gaulois qui accueillit par la suite une cité gallo-romaine.

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[3] et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[4]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 5,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 956 mm, avec 13,4 jours de précipitations en janvier et 8,9 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Semur-en-Auxois à 13 km à vol d'oiseau[7], est de 11,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 778,0 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −24 °C, atteinte le [Note 1].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[10], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme

Typologie

Au , Alise-Sainte-Reine est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[11].

Elle appartient à l'unité urbaine de Venarey-les-Laumes, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[12],[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Venarey-les-Laumes, dont elle est une commune du pôle principal[Note 2],[13]. Cette aire, qui regroupe 10 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[14],[15].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (83,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (37 %), prairies (33,4 %), zones agricoles hétérogènes (12 %), zones urbanisées (9,3 %), forêts (7,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie

Attestations anciennes

Les formes présentant un vocalisme i sont : Alisiia au Ier siècle (inscription), Alisienses au Ier - IIe siècle (monnaies), Alisia au Ve siècle (saint Jérôme), Alisiensis locus (Constance), Alisiensis oppidum / Alisiense pago au VIe siècle (Fortunat), Alisiemsi oppido (vie de saint Amatre), Alisense oppidum (Étienne Afr.)[17], Alisia (miracles de saint Loup), Alisia cas[trum] au VIIe siècle (triens méroving.), Alisiana locus (Raban Maur), loco Alisia et locum Alisiane (manuscrits Wiss. Berne), Alysia, Alisia au XIIIe siècle (Chartes), Alisia villa au XIVe siècle, Alise au XVe siècle.

Les formes présentant un vocalisme e sont : Alesia Ier siècle av. J.-C. (César)[18], Alesia au Ier siècle (Diodore de Sicile, Strabon), Alesia au Ier siècle (Velleius Paterculus, Tite-Live, Tacite, Pline), Alesia au IIe siècle (Polyen), Alesia au IIe siècle (Plutarque), Alexia au IIe siècle (Florus), Alesia au IIIe siècle (Dion Cassius), Alesia au Ve siècle (Orose).

À cela on peut ajouter la mention tardive désignant le Mont-Auxois à Alise, sous la forme in alesiensi loco (Ve siècle, Constance, Vie de Saint-Germain)[19], connue également par des copies postérieures : in alesensu loco au IXe, in alisiensi loco au XIe.

L'hagiotoponyme Sainte-Reine se réfère à la martyre chrétienne sainte Reine qui fut décapitée en ce lieu en 252 ap. J.-C. Reine, jeune bergère convertie vers 250, refuse de se marier avec le « gouverneur romain » Olibrius, qui l'a fait martyriser. Inhumé hors la ville, le corps saint, découvert vers le IVe siècle, a été transféré en ville où l'on bâtit un mausolée qui deviendra la basilique du haut Moyen Âge, le long de la voie publique[20]. La commune en a fait sa sainte patronne.

Étymologie

Aspect phonétique

Une inscription gauloise en caractères latins[21],[22],[23] d'époque romaine, la pierre de Martialis, nous assure du nom du lieu : « ALISIIA ».

En revanche, la forme utilisée par les auteurs classiques de l'antiquité gréco-romaine présente un vocalisme différent en e : Alesia, ce qui pousse certains à considérer qu'il s'agit d'un autre toponyme. En tout cas, il est vraisemblable qu’Alesia soit une forme conventionnellement utilisée par les auteurs gréco-romains, par tradition littéraire.

D'ailleurs, les linguistes et les toponymistes ne trouvent aucune contradiction entre une forme Alesia et une forme Alisia.

Pour les linguistes spécialistes du gaulois, l'identification de la forme gauloise du nom avec la forme latine Alesia s'explique par la tendance observée en gaulois qui veut que le [e] se ferme en [i] dans certains contextes phonétiques, notamment après /l, w/ (cf. *swesor > *swisor > suior- « sœur »[24] ou le peuple gaulois des Lexoviens appelés également Lixoviens. Pline et César nomment ce peuple Lexovii alors que les monnaies de ce même peuple portent clairement la mention Lixovio[25], le contexte phonétique est tout à fait comparable, puisqu'il s'agit du groupe /li/ qui porte l'accent tonique. Inversement, l'ouverture du [i] final en [e], observée très tôt dans les préfixes ari-> are- ou uxi-> uxe-[18]. Le grammairien Consentius atteste en outre que les Gaulois prononçaient e et i de façon analogue[26].

Il existe un parallèle entre la dualité Alesia / Alise et celle falesia / falise, variante ancienne de falaise[27] que l'on trouve aussi en toponymie, par exemple la Falize, lieu-dit à Fréchencourt (Somme) ou à Rhisnes ainsi que près de Malmedy (Belgique), microtoponyme en général assez fréquent dans le Nord et l'Est de la France.

Selon les spécialistes il pourrait s'agir exactement du même mot que le gaulois Alesia / Alisia, dont le [p] indo-européen initial s'est régulièrement effacé (cf. latin pater / gaulois *ater « père », atrebo au datif cf. vieil irlandais athir), alors qu'en germanique [p] a donné [f] (anglais father « père »), d'où le latin médiéval falesia de même origine que le vieux haut allemand felisa > allemand Fels « rocher », Felsen « rochers, falaises »[28] (cf. die Kreidefelsen « les falaises de craie »).

Nature de l'étymon

Du fait de son identification avec l'Alésia du siège antique, l'étymologie du nom d'Alise-Sainte-Reine a fait l'objet de nombreuses études. Plusieurs pistes de recherche ont été proposées à partir d'une racine *ales ou *alis.

Plusieurs significations possibles du toponymes Alesia ont été retenues par les linguistes ou les toponymistes[29] :

La dédicace de Martialis avec la mention « Alisiia », exposée au MuséoParc d'Alésia.

Ces points sont confirmés par Jacques Lacroix[30] dans son étude sur le dieu d'Alise : Alisanos[31].

La recherche sur l'alisier reste largement inachevée malgré les nombreuses tentatives pour développer le sujet[32],[28]. Le thème de l'oronyme *alis ou *ales, « hauteur rocheuse », est celui qui est actuellement le plus fréquemment mis en avant pour expliquer le nom d'Alésia. Il serait issu d'une racine indo-européenne *palis *pales, le [p] initial s'étant amuï en celtique, alors qu'au contraire, il se maintient en latin dans le toponyme Palatinus (mont Palatin) par exemple. En germanique, le [p] indo-européen mute en [f] ce qui donnera *falisa en vieux bas-francique, felisa en vieux haut allemand, d'où l'allemand Fels « rocher »[28],[33],[34],[35]. Un certain nombre de chercheurs estiment par ailleurs que cette dernière signification peut convenir au site d'Alise-Sainte-Reine qui comporte en effet des falaises.

L'explication par un hydronyme a été évoquée précocement, puisque dès 1901 Camille Jullian affirmait que le nom d'Alise dérivait de la source présente au cœur même du village, et très célèbre jusqu'au début du XXe siècle[36]. Il devait récidiver en 1908 en décomposant le radical *Alis en deux thèmes AL + IS[37].

En 1956, Paul Lebel ne reprendra pas cette juxtaposition de deux thèmes hydronymiques, il proposera plutôt pour certains cours d'eau un prototype *alisa qui était selon lui postérieur à la période celtique, c'est pourquoi dans le cas d'Alésia, il optera en définitive pour l'oronyme[38]. Ces études étant relativement anciennes, il a été démontré depuis qu'il n'y avait pas de thème hydronymique IS et que les types Oise (Isara), Isère, Isar, etc. étaient issus d'un type hydronymique isara signifiant « l'impétueuse, la rapide », semblable à l'adjectif indo-européen *isərós [ish₁-rós] « impétueux, vif, vigoureux », d'une racine indo-européenne *eis(ə) impliquant une idée de mouvement[39].

Statue de Vercingétorix par Aimé Millet.

En 1990, l'étude de l'étymologie du nom d'Alésia est reprise par Marianne Mulon[40], elle écrit que la piste oronymique comme la piste hydronymique[41] sont toutes les deux des propositions « raisonnables ».

La même année Ernest Nègre dans sa toponymie générale de la France, vol, 1, explique le nom d'Alise-Sainte-Reine par un préceltique *alis + Suffixe Gaulois -ia et il indique qu'il s'agit d'un dérivé qui a dû désigner la source[42]. En 1995, l'historien François Lassus et le linguiste Gérard Taverdet annotent l'étude d'Ernest Nègre en précisant que son explication par un hydronyme est légitime du fait de la source thermale présente à Alise[43]. En 2007, Gérard Taverdet précise que cette source a fait l'objet de nombreux pèlerinages, tout en étant exploitée pour la thérapie[44].

En 2010, Stéphane Gendron, autre toponymiste, pose la question sans trancher : s'agit-il d'une racine *ales désignant la montagne, ou d'une racine *alis désignant la source ? Il rajoute toutefois que le village possède une source minérale et un sanctuaire gaulois avec établissement de bains ayant une fonction thérapeutique[45],[46].

Les eaux curatives du site étaient sans doute célèbres depuis l'époque celtique. À l'époque moderne le commerce de l'eau minérale d'Alise dépassait largement les frontières de la Bourgogne et s'étendait même à l'Europe ; il dura jusqu'au début du XXe siècle[47]. Quant au sanctuaire, très vaste, il était dédié à Apollon Moritasgus[48],[49]. Jacques Lacroix rappelle que cette divinité guérisseuse était liée à l'eau, le premier élément de son nom Mori- désignant la mer ou l'eau comme dans are-morica (Armorique) ou dans la peuplade maritime des Morins (morini)[50].

Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune a porté les noms d'Alise et de Petite-Alise[51].

Histoire

Statue de sainte Reine.

Antiquité

Alise s'étend au pied du mont Auxois. Des fouilles archéologiques successives ont permis d'identifier un oppidum gaulois reconnu par la communauté scientifique comme le site archéologique du siège d'Alésia.

Le village d'Alise a été construit sur le flanc sud de la colline du plateau où a été localisée l'agglomération gallo-romaine d'Alésia. D'origine tardo-antique Ve siècle, il succéda à l'agglomération antique du plateau. L'abbaye de Flavigny n'était située qu'à km[20].

Moyen Âge

La basilique fut construite sur le plateau et est attestée Monasterium Sancte Regine ou Monastère Sainte-Reine en 719[52], Basilica Domne Regine en 721[53].

Époque moderne

Époque contemporaine

Politique et administration

La mairie.

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
  mars 1989 Jacques Beauger    
mars 1989 mars 2008 Jacques Barozet DVG  
mars 2008 2017 Laurent Maillard    
2017 en cours Amandine Monard    

Équipements et services publics

Population et société

Démographie

En 2023 en évolution de −2,59 % par rapport à 2017, la commune d'Alise-Sainte-Reine comptait 564 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres chiffres sont des estimations.

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
701395656677677681776758798
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
741734735707757734703698642
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
603563528584571582619654691
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
699755707717667674695624600
2018 2023 - - - - - - -
571564-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[51] puis Insee à partir de 2006[54].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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