Amanakhabale est placé par Claude Rilly, dans la chronologie royale, entre les candaces Nawidemak et Amanitore, avec un règne durant la première moitié du Ier siècle[3]. Ce roi est peut-être le fils de Nawidemak malgré la grande distance entre leurs sépultures. Elle est, en effet, inhumée au Gebel Barkal dans une pyramide portant encore son nom, tandis que des fragments d'une table d'offrandes portant le nom d'Amanakhabale a été trouvée dans la pyramide Beg. N. 2 de la nécropole de Méroé[4].
Les fragments de la table d'offrandes ont été rapprochés d'autres morceaux trouvées dans des pyramides avoisinantes et mentionnant un roi fils de Nawidemak. Les études paléographiques indiquent aussi une proximité entre leurs règnes. La filiation entre ces deux personnages et l'attribution de Beg. N. 2 à Amanakhabale sont donc l'usage parmi les chercheurs faute d'indications plus certaines[5].
La première partie du nom d'Amanakhabale est également portée par d'autres hauts personnages méroïtiques comme le roi Amanakhareqerem. Il est possible qu'il s'agisse d'une hypostase encore non identifiée du dieu Amon, c'est-à-dire « Amon de <nom de lieu> ». Les Méroïtes vénèrent par exemple Amanapate qui est « Amon de Napata »[6].
Le nom d'Amanakhabale est attesté à Kawa sans qu'on puisse être sûr de travaux qu'il y aurait fait faire, ainsi qu'à Naga, montrant que le site est fréquenté durant son règne. Des hafirs lui sont attribués dans la région[6].
L'objet le plus connu daté du règne d'Amanakhabale est une petite stèle de stéatite (20×19 cm) conservée au musée national du Soudan sous le numéro SNM 522. Fragmentaire, elle est décorée en bas-relief. Au centre, deux divinités en trône sont assises dos à dos, Amon à tête de bélier à gauche, son épouse Mout à droite. Face à chacun d'entre eux, un roi debout leur tend un collier à trois rangs. Le coin gauche et le bas de la stèle sont brisés. Sous le bas-relief, on peut voir deux lignes partielles d'une inscription en méroïtique, dont l'une indique […]ble qore (« le roi […]bale »). Ce nom partiel et le style de la stèle et de l'écriture sont à l'origine de l'attribution[7].
La stèle est enregistrée au répertoire d'épigraphie méroïtique sous le numéro 1038[8].
La stèle SNM 522 a été comparée à une « stèle Touraiev » conservée au musée Pouchkine, de provenance incertaine et de numéro d'inventaire inconnu. Cette dernière porte une longue inscription méroïtique et pourrait être la partie inférieure de la précédente, avec une douzaine de lignes perdues entre les deux[7].
Le texte complet est encore largement incompris. En raison de phrases courtes, répétées et se terminant par le même mot, il pourrait s'agir d'un hymne, tandis que le fragment supérieur porterait une dédicace à l'épouse du roi[9].
La stèle est enregistrée au Répertoire d'épigraphie méroïtique sous le numéro 1001[10].