Amar Ouzegane
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| Amar Ouzegane | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre algérien du Tourisme | |
| – (6 mois et 17 jours) |
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| Premier ministre | Ahmed Ben Bella |
| Gouvernement | Ben Bella III |
| Prédécesseur | Kaïd Ahmed |
| Successeur | Abdelaziz Maoui |
| Ministre d'État | |
| – (1 an, 2 mois et 14 jours) |
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| Premier ministre | Ahmed Ben Bella |
| Gouvernement | Ben Bella II |
| Ministre de l'Agriculture et de la Réforme agraire | |
| – (11 mois et 22 jours) |
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| Premier ministre | Ahmed Ben Bella |
| Gouvernement | Ben Bella I |
| Prédécesseur | Poste créé |
| Successeur | Ahmed Mahsas (Agriculture) |
| Membre de l’Assemblée nationale constituante algérienne | |
| – (2 ans) |
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| Élection | 20 septembre 1962 |
| Circonscription | Wilaya de Médéa |
| Législature | ANC |
| Groupe politique | FLN |
| Secrétaire de l’Assemblée nationale constituante | |
| – (7 mois et 2 jours) |
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| Élection | 8 novembre 1945 |
| Président | Félix Gouin Vincent Auriol |
| Législature | Ire Constituante |
| Député français | |
| – (7 mois et 4 jours) |
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| Élection | 21 octobre 1945 |
| Circonscription | Alger |
| Législature | Ire Constituante |
| Groupe politique | COM |
| Secrétaire général du Parti communiste algérien | |
| – (4 ans) |
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| Prédécesseur | Kaddour Belkaïm |
| Successeur | Larbi Bouhali |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Alger |
| Date de décès | (à 70 ans) |
| Lieu de décès | Alger |
| Nationalité | Française Algérienne |
| Profession | Employé aux PTT |
| modifier |
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Amar Ouzegane, né le à Alger et mort le à Alger, est un militant communiste puis nationaliste et homme politique algérien.
Amar Ouzegane est né en 1910 à Alger dans une famille pauvre venant d'Azazga dont le père est cuisinier. Il passe son enfance dans la Casbah, fréquente l'école française et l'école coranique. Il est employé aux PTT à l'âge de 14 ans après que son père ait perdu son travail. Il intègre le monde du syndicalisme au sein de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) avant de rejoindre les Jeunesses communistes en 1930[1].
Parti communiste français
Après être promu dirigeant de la région d'Alger pour le Parti communiste français (PCF). Il est licencié des PTT[1] après avoir été délégué au VIIe congrès mondial du Komintern à Moscou en 1935[2]. Il entre au comité central du PCF en lors du congrès de Villeurbanne[1].
Il fait partie des premiers dirigeants du Parti communiste algérien (PCA) à sa création et intègre son Bureau politique la même année ; il devient permanent du parti[1].
En 1937, il est élu conseiller municipal d'Alger ; il en est exclu en 1939[1] après avoir refusé de condamner le pacte germano-soviétique[3]. Entré en clandestinité à la suite de l'interdiction du PCA, il est arrêté et interné au camp de Djeniene Bourezg de 1940 à [1].
En 1943, il devient le premier dirigeant du PCA puis il est élu député PCF d'Alger aux élections constituantes de 1945[1]. Il obtient 82 285 des 235 829 suffrages exprimés, soit 34,9 % des voix et obtient ainsi l'un des quatre sièges à pourvoir dans le collège des musulmans non-citoyens. Il est élu Secrétaire de l'Assemblée. Ses interventions portent sur des demandes d'amnistie pour les prisonniers politiques, d'égalité des rémunérations et des pensions. Il demande que la langue arabe soit une langue officielle à côté de la langue française en Algérie[4]. Dans cette assemblée, il se prononce pour la formule d'« Union française », plus précisément d’« union librement consentie »[3]. Il est battu aux élections constituantes de juin 1946 et aux élections législatives françaises de novembre 1946[4].
Amar Ouzegane défend donc dans un premier temps la souveraineté française sur l'Algérie et se montre très critique envers les nationalistes algériens (Amis du manifeste et de la liberté - AML - de Ferhat Abbas et Parti du peuple algérien - PPA - de Messali Hadj). Après l'évolution du PCA en 1946, qui prône l'intégration au mouvement national algérien, il est considéré comme responsable des prises de positions antérieures du PCA et en est exclu le . Les attendus de l'exclusion, parus dans le journal Liberté du , sont rédigés ainsi : « il a été, de 1943 à juillet 1946, le principal responsable d’une politique qui a gêné considérablement le rassemblement de tous les mouvements nationaux progressistes d’Algérie contre le colonialisme ». Il affirmera plus tard avoir toujours été partisan de l'indépendance de l'Algérie[1],[3],[5].
Guerre d'Algérie
Après s'être rapproché l'Association des oulémas, du Mouvement national algérien (MNA)[4], il entre au FLN en 1955 et devient un important conseiller politique de la zone autonome d'Alger[2]. Il est parmi les leaders de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et conseiller au Comité de coordination et d'exécution (CCE)[6].
Il participe à l'Appel pour une Trêve Civile initié par Albert Camus. Il participe en à la rédaction de la plate-forme du Congrès de la Soummam (qui critique forment le PCA) et à l'organisation de la grève générale de . Il est arrêté le à Kouba, où il s'était réfugié après le démantèlement de la zone autonome d'Alger et l'arrestation de Yacef Saâdi. Il est condamné à huit ans de prison par le Tribunal militaire d'Alger pour « association de malfaiteurs et atteinte à la Sûreté de l’État ». Transféré à la prison de Fresnes à la suite de l'aggravation de son diabète, il y restera jusqu'en avril 1962[1],[3],[6].
Dans son livre rédigé en prison et publié en 1962, le Meilleur Combat,, il tente de concilier socialisme et islam[7] ; il y affirme qu’il était légitime de couper le nez des gens qui fumaient pendant le ramadan, parce que le respect du ramadan était une dimension du patriotisme[8].
Après l'indépendance
À l'indépendance, il est membre du Comité central du Front de libération nationale (FLN)[1] et est député de Médéa à l'Assemblée constituante de 1962-1964[2]. Il est nommé ministre de l'Agriculture et de la Réforme agraire le [9]. Cette réforme agraire, « improvisée et désorganisée » se solde par un échec : « des centaines de tracteurs cassés et des sols mal exploités dont le rendement déçoit. »[10]. Il est promu ministre d'État le [11] puis ministre du Tourisme du [12] au .
Il est mis à l'écart de l'appareil politique après le coup d'État de Houari Boumédiène en juin 1965. Il se retire un temps en Suisse et revient souvent se faire soigner en France. A la fin des années 1970, il bénéficie d'une villa à Hydra en reconnaissance de son parcours au sein de l'État. Il meurt à Alger en 1981[1],[3].
Presse militante
Vendeur à la criée de L'Écho d'Alger dans sa jeunesse, il devient rédacteur en chef de l'hebdomadaire communiste Luttes sociales, puis il collabore au journal indépendantiste Jeune musulman, fondé par Ahmed Taleb Ibrahimi avant de devenir à l'indépendance, du au , le directeur de Révolution africaine[1],[2].
Famille
Omar Ouzegane se marie en 1945 et est père de trois enfants[3]. Il est l'oncle de la militante Fettouma Ouzegane (mère de Ali Fawzi Rebaine) dont le père Saïd est arrêté et incarcéré en même temps que son frère Amar en 1940[13]. Il est l'oncle de Malika Ouzegane[14], cofondatrice de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme.
Décorations
Ahid de l'ordre du Mérite national d'Algérie.