Anselme Rubillard

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Réélection22 mai 1898
CirconscriptionSarthe
LégislatureVIe et VIIe (Troisième République)
Anselme Rubillard
Fonctions
Député français

(8 ans, 7 mois et 16 jours)
Élection 20 février 1893
Réélection 22 mai 1898
Circonscription Sarthe
Législature VIe et VIIe (Troisième République)
Groupe politique Indépendants (1893-1898)
Défense nationale (1898-1902)
Prédécesseur André Vilfeu
Successeur Ernest Fouché

(5 ans, 10 mois et 10 jours)
Élection 20 février 1876
Réélection 14 octobre 1877
21 août 1881
Circonscription Sarthe
Législature Ire, IIe et IIIe (Troisième République)
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Godefroy Cavaignac
Sénateur français

(8 ans, 11 mois et 26 jours)
Circonscription Sarthe
Maire du Mans

(12 ans, 4 mois et 28 jours)
Prédécesseur Louis Cordelet
Successeur Paul Ligneul
Prédécesseur Jacques-Charles Vérel
Successeur Louis Cordelet

(2 ans, 8 mois et 23 jours)
Prédécesseur Pierre Richard
Successeur Jérémie Singher
Conseiller général de la Sarthe

(20 ans)
Circonscription Canton du Mans
Prédécesseur Michel Vétillart
Successeur Ernest Fouché

(6 ans)
Circonscription Canton du Mans
Prédécesseur Michel Vétillart
Successeur Michel Vétillart
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Laval
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Le Mans
Nationalité Française
Profession Géomètre-expert

Image illustrative de l’article Anselme Rubillard
Maires du Mans

Anselme Maurice Rubillard, né le [1] à Laval (Mayenne) et mort le au Mans (Sarthe), est un homme politique français, plusieurs fois maire du Mans, député et sénateur de la Sarthe sous la Troisième République.

Origines et famille

Anselme Rubillard naît le à Laval (Mayenne). Il est issu d'une famille lavalloise peu fortunée[2]. Il est le fils de Maurice Rubillard ( à Laval-) à Montsûrs) et de Louise Françoise Lecornué, mariés à Crannes-en-Champagne le .

Son père [3], Maurice Rubillard a été d'abord saute-ruisseau chez un avoué, puis notaire à Sainte-Suzanne. Par craintes des tracasseries du parquet royal sous le ministère de Joseph de Villèle, en raison de ses opinions libérales, il cède son étude en 1824. Il devient expert géomètre à Laval. Il salue avec joie les Trois glorieuses, et est élu en 1836 Conseiller d'arrondissement du Canton de Sainte-Suzanne[3]. Il termine sa vie comme juge de paix à Montsûrs. Proche de Paul Boudet, ce dernier lui afferme la majorité de ses propriétés en Mayenne[3]. Maurice Rubillard figure sur les tableaux de la Loge maçonnique « La Constance » de l'Orient de Laval à partir de 1813[4]. Cette loge va disparaître sous la Seconde restauration vers 1819. Il est à l'origine du retour de la Loge maçonnique « La Constance des Amis Unis » de l'Orient de Laval à partir de 1833[5], dont il est le Vénérable. C'est un proche d'Hippolyte Lecornué, Vénérable de la Loge Les Trinosophes de l'Orient du Mans[5].

Formation politique

Anselme Rubillard est par la suite élevé par son oncle, Hippolyte Lecornué, franc-maçon[5], nommé juge de paix après les Trois Glorieuses[7], est par la suite révoqué pour ses opinions républicaines[7]. En 1848, Lecornué occupe le poste de sous-préfet de l'Arrondissement de Saint-Calais, nommé par Ledru-Rollin, devenant par la suite percepteur au Mans. Après le Coup d'État du 2 décembre 1851, Lecornué est démis de ses fonctions et même suspecté lors de l’attentat de Felice Orsini. C’est Lecornué qui a formé son neveu à l'activité politique[7].

Les débuts

Après des études inachevées au Lycée du Mans, il s’établit comme expert-géomètre[8], comme son père, dans cette ville, où il acquiert une certaine popularité[7].

Carrière politique locale

Nommé maire du Mans en [9], il est révoqué le après la chute d'Adolphe Thiers[8]. Il est replacé dans ses fonctions le [8]. Il est réélu maire à plusieurs reprises, notamment en à , et enfin comme Indépendant de à . Plusieurs travaux sont exécutés au Mans sous son administration municipale : casernes, rues, quais, tunnel, hospices, etc., etc[10]. Il est également conseiller général de la Sarthe pour le premier canton du Mans à partir de 1874, et secrétaire de ce conseil.

En 1892, Anselme Rubillard, alors maire du Mans et ancien député, possède une petite propriété à Torcé-en-Charnie, un village de Mayenne[11]. Lors des élections municipales partielles du , deux listes s’affrontent : celle du maire sortant, M. Métivier, et celle de M. Cormier, maître d’hôtel et républicain[11]. Anselme Rubillard, sans être consulté, est placé en tête de la liste réactionnaire. Il obtient, malgré lui, 130 voix sur 228 votants[11]. Les conservateurs de Torcé utilisent ainsi son nom pour tenter de faire échouer la liste républicaine, espérant profiter de sa notoriété et de sa popularité dans la région. Dès qu’il apprend sa nomination inattendue, Anselme Rubillard écrit une lettre publique pour refuser ce mandat. Il explique qu’il ne peut accepter une fonction obtenue «en dehors de toute ingérence officielle» et qu’il doit rester fidèle à ses concitoyens du Mans, qui viennent de le réélire maire[11].

Carrière parlementaire

Député de la Sarthe

Anselme Rubillard se présente pour la première fois à la députation le dans la Sarthe, mais échoue avec 23 361 voix sur 84 400 votants. Il est finalement élu député de la première circonscription du Mans aux élections législatives de 1876 dans la Sarthe, avec 11 460 voix contre 6 192 à M. Bouriat et 1 161 à M. Cloult. Il s’inscrit à la Gauche républicaine[8] et fait partie des « 363 » députés qui refusent le vote de confiance au ministère de Broglie le [12].

Réélu aux élections législatives de 1877 dans la Sarthe et en 1881, il continue de voter avec la majorité républicaine. Le , il est élu sénateur de la Sarthe, siégeant à la gauche de la Chambre haute. Il vote pour l’expulsion des princes et s’abstient sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement, le projet de loi Lisbonne et la procédure de la Haute Cour contre le général Georges Boulanger.

Retour à la Chambre des députés

Il est alors écarté d’emblée par la presque unanimité des républicains, parce qu’il a hésité à combattre les projets du général Boulanger et refusé de siéger parmi les juges de la Haute-Cour[13]. Il est non réélu au Sénat en 1891 où il échoue contre Alphonse Le Porché. Anselme Rubillard n'obtient que 115 voix contre 483 à Alphonse Le Porché, candidat de la gauche démocratique, lequel avait été, deux ans plus tôt, évincé de son banc de député par le boulangiste André Vilfeu[14].

Campagne de 1893

Le , pendant la campagne des législatives du Mans, lors d'une réunion entre les électeurs avec les candidats dans une salle comble composée de monarchistes nostalgiques et de radicaux, et de républicains. Ces derniers ont amené Édouard Prudhomme de La Boussinière, doyen de la Libre Pensée (il a 82 ans). Anselme Rubillard se présente contre André Vilfeu, député sortant, destitué de son poste de substitut de l'empire par le régime républicain. Edouard de La Boussinière prend alors la parole et déclare : « Citoyens, par ma naissance, j'appartiens à la noblesse, mais je ne fais plus partie que d'une grande famille, la famille républicaine. Je ne suis pas connu de beaucoup d'entre vous car j'ai longtemps été en exil. Vous permettrez de prendre la parole à un ancien proscrit qui a sacrifié à la République sa fortune et sa liberté. Citoyen Vilfeu, vous avez dit aux républicains : il n'y a rien qui nous sépare. Si, il y a un abîme entre nous, cet abîme, c'est votre cléricalisme. Citoyen Vilfeu, je vais vous poser trois questions, répondez-y franchement : Voulez-vous l'instruction laïque par l'état ? Voulez-vous la suppression des congrégations ? Si un coup d'état était tenté, jurez-vous à la face des électeurs de descendre dans la rue, ceint de votre écharpe, un fusil à la main, pour défendre la République ? » André Vilfeu, empêtré par ses réponses approximatives, perdit ce jour les élections au profit de Rubillard. Le boulangisme, affaibli depuis la disparition de son chef, a rapidement perdu de son influence. Au premier tour, André Vilfeu est éliminé face au maire du Mans, Rubillard, qui a obtenu 10 049 voix contre 9 803, parmi 26 239 inscrits et 20 085 votants.

Il revient à la Chambre des députés en 1893, élu avec 10 040 voix contre 9 799 à André Vilfeu, député sortant[12]. Il s’inscrit comme indépendant, puis rejoint le groupe radical et enfin le groupe nationaliste. l rapporte une série de projets portant autorisation à emprunts départementaux et communaux[14].

Campagne de 1898

Il est réélu en 1898 après une campagne très disputée contre Ernest Bollée, républicain, qui dénonce des « procédés de diffamation de sa personne, de sa famille et de sa vie privée, exercés par Rubillard, son journal et ses agents électoraux »[12]. La demande d’invalidation est rejetée, le rapporteur Ouvré estimant que l’écart de 1 258 voix entre les deux candidats rend ces allégations sans effet sur le résultatJolly1960. Durant cette législature, il siège comme indépendant, avec une activité parlementaire faible, il sollicite de nombreux congés et ne se représente pas aux élections de 1902[14].

Fin de vie

Anselme Rubillard meurt au Mans le , à l’âge de 78 ans. Il est enterré au cimetière de l'Ouest[15]. Une avenue, l'ancienne route de Laval, porte son nom au Mans[10].

Vie privée et controverses

Anselme Rubillard est le beau-père de Jules Quesnay de Beaurepaire, ancien procureur général près la Cour d’appel de Paris. Il est décrit par certains journaux[16] comme un homme ambitieux, avide de popularité[7], et très engagé dans la vie politique locale. Il est aussi connu pour ses prises de position anticléricales et ses démêlés avec la presse conservatrice, notamment à travers son journal L'Avenir de la Sarthe, condamné pour diffusion de fausses informations[17].

Il est membre fondateur de la Ligue des Patriotes et président d’honneur du Comité régional de la Sarthe[18], ce qui lui vaut des critiques pour son implication dans des affaires financières et politiques controversées.

Sources

Notes et références

Liens externes

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