Raphaël Arnault
homme politique et activiste antifasciste français
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Raphaël Archenault, dit Raphaël Arnault, né le à Lyon, est un militant antifasciste et homme politique français d'extrême gauche.
| Raphaël Arnault | |
Raphaël Arnault, à Paris en 2025. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| En fonction depuis le (1 an, 9 mois et 29 jours) |
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| Élection | 7 juillet 2024 |
| Circonscription | 1re de Vaucluse |
| Législature | XVIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | LFI-NFP |
| Prédécesseur | Catherine Jaouen |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Raphaël Archenault |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Lyon (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | NPA-A (jusqu'en 2024) LFI (depuis 2024) |
| Diplômé de | Université Lumière-Lyon-II |
| Profession | Assistant d'éducation |
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Cofondateur en 2018 de la Jeune Garde antifasciste dont il est porte-parole jusqu'en 2022, l'organisation est dissoute par décret en pour cause de violences.
Il est élu député La France insoumise-Nouveau Front populaire dans la première circonscription de Vaucluse lors des élections législatives de 2024.
Biographie
Parcours militant
Raphaël Arnault — de son vrai nom Raphaël Archenault[1] — naît le à Lyon[2] dans le quartier de La Croix-Rousse[3]. Ses deux parents sont cadres[4], il grandit dans une famille « au fort capital culturel »[5], de gauche, non militante[3].
En 2010, alors qu'il est collégien, il accompagne sa mère enseignante dans les manifestations contre la réforme des retraites, où il voit pour la première fois des militants d'extrême droite effectuer des saluts fascistes. Trois ans plus tard, il s'identifie à Clément Méric, né un an avant lui, mort à la suite d'une rixe entre un groupe de skinheads et un groupe antifasciste[3],[6]. Dans les années 2010, il côtoie les jeunesses communistes. À partir de 2014, il étudie à l'université Lumière-Lyon-II et fréquente les librairies anarchistes de la ville. Dans sa jeunesse, il se forme auprès de l'organisation altermondialiste Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac)[3].
Il milite au Nouveau Parti anticapitaliste[7], notamment dans les manifestations contre la loi Travail en 2016. Il se réclame idéologiquement du « marxisme matérialiste »[3].
Il exerce la profession d'assistant d'éducation à Lyon[3],[8],[9].
Fondateur de la Jeune Garde
En , Raphaël Arnault cofonde le groupe d'extrême gauche la Jeune Garde antifasciste à Lyon[7],[10],[11]. Il en devient le porte-parole[12],[13].
L'organisation est connue pour participer à des affrontements contre des groupes violents d'extrême droite et des rixes à Lyon particulièrement. Il est cité en tant que témoin de plusieurs rixes[14].
En , il est agressé par des membres du groupe d'extrême droite des Zouaves Paris, alors qu'il sort d'un train à Paris-Gare-de-Lyon[15],[16].
En , il démissionne de son poste de porte-parole de la section lyonnaise de la Jeune Garde pour se présenter aux élections législatives[17],[18].
Le , la Jeune Garde est dissoute en Conseil des ministres, en même temps que d'autres groupes, auxquels le ministre de l'Intérieur reproche « de provoquer à des agissements violents contre les personnes, provocations bien souvent suivies d’effets »[19]. Raphaël Arnault saisit le Conseil d'État pour contester cette décision[20].
Député

Aux élections législatives de 2022, Raphaël Arnault est candidat dans la 2e circonscription du Rhône[3] avec le soutien du Nouveau Parti anticapitaliste[17]. Il se présente contre la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) face à un écologiste transfuge de La République en marche, Hubert Julien-Laferrière[7]. Il se classe 4e du premier tour en recueillant près de 7 % des voix[21].
Lors des élections législatives anticipées de 2024, il est investi par le Nouveau Front populaire (NFP) dans la première circonscription de Vaucluse à Avignon. Sa candidature fait l'objet d'une controverse, y compris au sein des partis membres du NFP, en raison de son accointance avec l'ultragauche radicale et violente, ainsi que son parachutage. Après un recours du Parti socialiste, il fait face à la candidature dissidente de Philippe Pascal (d), soutenue par la maire socialiste d'Avignon Cécile Helle[22]. Le , il est élu député avec 54,98 % des voix face à la députée sortante du Rassemblement national (RN) Catherine Jaouen. Avec la socialiste Pascale Got, il est l'un des deux seuls candidats de gauche à ravir une circonscription au RN lors de ces élections[23]. Avec 60 % des voix pour la seule ville d'Avignon, il bénéficie de très nombreux soutiens militants en comparaison de ses rivaux (« des centaines de jeunes débarquaient de tout le département » selon Philippe Pascal), ainsi que de la mobilisation des quartiers populaires[24].
Controverses
Fiche S supposée
Il est révélé durant la campagne électorale le l'existence d'une fiche S à son nom par le magazine L'Incorrect[25]. Les services de police le qualifieraient dans cette fiche de « dangereux » en raison de sa « proximité avec la mouvance d’ultragauche radicale et [de sa] susceptibilité de se livrer à des actions violentes »[26],[27],[28]. Le mois suivant, le média d'extrême droite Frontières publie une photo supposée de la fiche S concernant Raphaël Arnault[29]. Selon ce média, il ferait [30],[29],[31] l'objet de trois fiches S[3] surtout pour ses liens avec la Jeune Garde antifasciste[14], émises par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), le renseignement territorial et la Préfecture de police de Paris[32].
Mort de Quentin Deranque
En , deux de ses collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire sont mis en cause dans la mort de Quentin Deranque[33]. L'un est mis en examen pour « complicité d’homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs »[34], les deux autres sont mis en examen pour « homicide volontaire » et écroués[35]. Un autre de ses attachés parlementaires est suspecté de « recel de malfaiteur »[36],[37]. Le député engage des procédures pour mettre fin aux activités parlementaires de son collaborateur[38]. Plusieurs personnalités politiques appellent à exclure Raphaël Arnault de son groupe parlementaire. La France insoumise soutient son député[39],[40].
Affaires judiciaires
Audition libre
Le , il reçoit une convocation de police[41], à la suite d'un communiqué datant du dans lequel il qualifie le Hamas de mouvement de résistance : « Aujourd'hui, la résistance palestinienne a lancé une offensive sans précédent sur l'État colonial israélien ». Le communiqué est retiré le même jour, selon lui, « au vu des horreurs qui se sont manifestées » lors de l'attaque[42]. Il soupçonne l’Organisation juive européenne d’être à l’origine de cette procédure[43]. Il n'est pas poursuivi à la suite de cette audition[41].
Condamnation pour violence en réunion
Le , une manifestation pour la fierté lesbienne est la cible d’une attaque menée par des militants d’extrême droite. Dans ce contexte, un groupe de six personnes, parmi lesquelles Raphaël Arnault, agresse un jeune homme de 18 ans dans la rue des Capucins, à Lyon, le considérant comme un militant d’extrême droite. Celui-ci dépose plainte à la suite des faits.
Selon le plaignant, il est pris à partie par le groupe, qui l’aurait saisi par le bras avant de l’interroger sur ses opinions politiques. Il aurait ensuite été immobilisé contre un rideau métallique, tandis que les membres du groupe lui demandaient d’ôter sa veste afin de vérifier la présence éventuelle de tatouages à connotation nazie, et tentaient d’accéder à son téléphone pour consulter d’éventuels échanges jugés « fachos ». L’homme est ensuite poussé pour être contraint de quitter les lieux et chute, ce qui lui occasionne des égratignures au coude ainsi qu’un hématome au poignet, entraînant un jour d’interruption temporaire de travail (ITT). Le fait qu’il ait été plaqué puis poussé est confirmé par des enregistrements de vidéosurveillance.
Après avoir initialement nié les faits lors de l’enquête, Raphaël Arnault a finalement reconnu, devant le tribunal, les gestes captés par les caméras[44]. Il admet avoir « empêché [la victime] de partir en la maintenant contre le mur » et concède que son comportement « avait pu être perçu comme violent ». Il déclare éprouver un sentiment de honte d’être poursuivi devant un tribunal.
En , le tribunal correctionnel de Lyon le condamne à quatre mois de prison avec sursis pour « violences volontaires en réunion ». Il interjette appel. Le , la cour d’appel de Lyon constate son désistement, rendant ainsi la condamnation définitive[45],[46],[47].
Accusations de la part de l'extrême-droite
Le , à la suite de la candidature de Raphaël Arnault aux élections législatives anticipés de 2024, il est accusé par Alice Cordier, militante fémonationaliste de Némésis, de l'avoir menacée de « lui mettre une balle dans la tête » lors d'une manifestation le . Cette altercation, enregistrée par Mila Orriols, fait l'objet d'une plainte huit mois après les faits[48]. Selon Blast, les propos rapportés de Raphaël Arnault sont sortis de leur contexte et déforme l'échange[49]. Raphaël Arnault aurait selon eux fait référence au fait que la militante d'extrême droite ne serait pas la bienvenue chez les communistes kurdes ayant combattu Daesh : « Cette bouffonne d'Alice Cordier qui repartage (sur les réseaux sociaux) les Kurdes, j'ai un conseil à lui donner : qu'elle vienne là-bas, chez les Kurdes, on va lui mettre une balle dans la tête, c'est tout ce qui va se passer »[50].
Synthèse des résultats électoraux
Élections législatives
| Année | Parti | Nuance | Circonscription | 1er tour | 2d tour | Issue | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Rang | ||||||
| 2022 | NPA | REG | 2e du Rhône | 2 980 | 6,91 | 4e | Battu | ||||
| 2024 | LFI | UG | 1re de Vaucluse | 11 155 | 24,76 | 2e | 22 883 | 54,98 | 1er | Élu | |