Antoine Becker
policier français, Mort pour la France
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Antoine Becker, né le à Bergheim et mort le entre Schirmeck et Natzwiller, est un commissaire de police français.
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Spécialiste de la lutte contre les mouvements autonomistes alsaciens et l'espionnage allemand durant l'entre-deux-guerres, il poursuit sa carrière en zone non occupée après la défaite de 1940. Arrêté par le Sicherheitsdienst en , il est transféré en Alsace annexée de fait et abattu par les SS lors de son acheminement vers le camp de concentration de Natzweiler-Struthof en .
Biographie
Antoine Becker est le fils d'Alphonse Becker, cultivateur, et de Marie Anne Wessner. Jusqu'en , il travaille comme journaliste au Nouvelliste de Colmar, titre francophile lié à l'abbé Émile Wetterlé. Durant la Première Guerre mondiale, il combat sous l'uniforme allemand, avant de rejoindre la police au lendemain du conflit[1].
L'action contre l'autonomisme alsacien
Au début des années 1920, il entre dans la police spéciale à Strasbourg, où il est affecté à la lutte contre les menées autonomistes alsaciennes. À partir de 1929, chargé de la répression des réseaux étrangers, il traque les militants financés par l'Allemagne et prend la tête de la brigade chargée de leur contrôle. Cette action lui vaut l'hostilité de la Gestapo, qui le qualifie de « malfamé »[2],[1].
Il participe aux poursuites engagées contre le chef autonomiste Karl Roos, reconnu coupable d'espionnage, condamné à la peine capitale en puis fusillé près de Nancy en , ainsi qu'à l'arrestation de Joseph Rossé, autre figure de l'autonomisme pro-allemand. En , la réputation acquise dans cette lutte le conduit à accompagner à Berlin, lors d'une visite officielle, Pierre Laval, alors président du Conseil, et Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères[2].
La guerre et la clandestinité
Après l'armistice de juin 1940, Antoine Becker se replie en zone non occupée et devient commissaire central de la police d'État de Toulon, où il se signale par un attachement marqué au régime de Vichy. Durant cette période, les vérifications qu'il chapeaute demeurent sans effet : au début de 1943, sur près de 29 000 contrôles, 18 seulement débouchent sur une contravention[2].
Bien qu'il n'adhère pas formellement à la Résistance, il lui apporte son concours : lors du sabordage de la flotte de Toulon, il procure de faux papiers aux marins et fait passer des informations militaires au 2e Bureau[2].
Après l'entrée des Allemands dans le camp retranché de Toulon, le , conscient du danger, il trouve refuge quelque temps à Cabasse, hébergé par des relations du commissaire Michel Hacq, puis sollicite et obtient sa mutation à Guéret, affectation plus effacée, avant de gagner Clermont-Ferrand[3],[1].
Arrestation et mort
Convaincu par les garanties de sécurité que lui donne René Bousquet, il prend le le poste de commissaire central de Marseille. Le , trois agents du Sicherheitsdienst, qui ont fait cerner les locaux par la troupe, l'interpellent dans son bureau de l'Évêché[3],[2],[1].
Transféré à Paris le soir même, il est incarcéré le à Kehl, où il est soumis à de multiples interrogatoires menés par le Kriminalkommissar Gehrum, chef local de la Gestapo. Les interventions de René Bousquet et de son adjoint Cado pour obtenir sa remise en liberté n'aboutissent pas. Le , Antoine Becker est transféré au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, où, sur l'ordre du commandant du camp Karl Buck, il est soumis à la torture. Peu après, un ordre de Berlin commande son acheminement vers le camp de concentration de Natzweiler-Struthof ; au cours du trajet en camionnette, le SS Neuschwanger l'exécute d'une balle dans la nuque, le , et son corps est incinéré au Struthof. Dans son rapport, Karl Buck invoque une tentative d'évasion[3],[1].
Reconnaissance
Plusieurs voies portent son nom : à Marseille, une rue jouxtant l'hôtel de police lui est dédiée en ; à Toulon, une artère est inaugurée le ; s'y ajoutent une rue à La Valette-du-Var, deux à Strasbourg (quartiers du Neuhof et du Heyritz) et une à Bergheim.
La 35e promotion de l'École nationale supérieure de la police (1985-1987) a également été baptisée de son nom[2],[1].
Distinctions
- Il est reconnu « Mort pour la France ».
Chevalier de la Légion d'honneur par décret du [4].