Antonio Renda
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 83 ans) Rome |
| Nom de naissance |
Antonio Raffaele Renda |
| Nationalité | |
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| Parti politique |
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Antonio Renda, né le à Taurianova et mort le à Rome, est un journaliste, enseignant et philosophe italien.
Philosophe, passionné par l'étude de la psychologie et des sciences sociales, journaliste socialiste puis écrivain syndicaliste révolutionnaire, il soutint par la suite l'interventionnisme durant la Première Guerre mondiale. Pleinement investi dans sa profession d'enseignant durant le Venntenio, il abandonna progressivement ses anciennes convictions pour adhérer au fascisme. Engagé dans l'étude de la métaphysique et de la philosophie kantienne sous le régime, il poursuivit ses recherches dans l'après-guerre.
Jeunesse étudiante, journalisme et socialisme
Troisième d'une fratrie de quatre, Antonio Renda naît en , d'Alfonso Maria, pâtissier, et de Filomena Carolina Rechichi, couturière. Après avoir fréquenté l'école primaire dans sa ville natale, il poursuivit ses études secondaires à Catanzaro, où son père avait déménagé pour le travail[1]. En 1895, il adhéra au Parti socialiste italien (PSI) et commença à publier des articles dans les journaux. À vingt-trois ans, il obtint une licence de lettres et de philosophie à l'Université de Messine[1]. En 1899, à Rome, il participa à plusieurs manifestations étudiantes et fut arrêté lors d'affrontements avec la police.
De retour à Catanzaro, il commença à collaborer avec le journal local La Giostra et l'hebdomadaire socialiste messinois Il Lavoro[1]. La même année, il fonda et dirigea la revue Il Pensiero contemporaneo, une publication bimensuelle d'art et de sciences sociales qui traita de façon détaillée de la Question méridionale. De nombreux intellectuels de tous bords y contribuèrent, parmi lesquels Gaetano Salvemini et Cesare Lombroso[1]. Outre la presse socialiste (L'avvenire del Lavoratore, Il Riscatto), il collabora à des quotidiens tels que Il Corriere di Napoli, Il Roma et Il Resto del Carlino », utilisant souvent des pseudonymes comme « Reading » ou « Tester »[1]. En 1900, il fut arrêté à Gioiosa Jonica pour association de malfaiteurs, incitation à la désobéissance et incitation à la haine entre classes. Après un procès expéditif, il fut acquitté de toutes les charges. En 1902, il obtint un poste de professeur de philosophie à Aoste, puis l'année suivante à Campobasso, où il demeura jusqu'en 1910, à l'exception d'un bref passage en 1908 au lycée Campanella de Reggio de Calabre[1]. Le , il épousa Katia Wanda Domanico (ou Domenico) à Rogliano ; ils n'eurent pas d'enfants et adoptèrent une fille prénommée Amalia.
Le rapprochement avec le syndicalisme révolutionnaire et la Grande guerre
Devenu proche intellectuellement de l'aile maximaliste du PSI, il jugea par la suite le syndicalisme révolutionnaire comme le mouvement le plus à même de traiter de la Question du méridionale. Devenu un actif propagandiste, il collabora, pendant quelque temps, à Il Divenire sociale, revue fondée par Enrico Leone[1]. En 1911, à Florence, il rencontra le philosophe Franz Brentano, qui l'initia aux questions idéalistes et métaphysiques, modifiant ainsi l'orientation de ses intérêts et de ses études. En 1914, il fut nommé professeur de philosophie à l'Istituto Superiore del Magistero de Naples, où il enseigna jusqu'en 1927[1]. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il prit parti pour les interventionnistes, à l'instar de Francesco Arcà, Paolo Mantica, Agostino Lanzillo et Michele Bianchi, sans pour autant participer au conflit[1].
Carrière d'enseignant et étude de la philosophie sous le régime fasciste
Il se consacra alors de plus en plus à l'enseignement renouvela son intérêt pour l'étude de la psychologie sociale. Après avoir obtenu son diplôme d'enseignement, il fut nommé professeur d'histoire et de philosophie à l'Université de Messine, poste qu'il occupa jusqu'en 1930, date à laquelle il partit pour Palerme afin d'enseigner l'histoire médiévale, puis l'histoire moderne, et la philosophie, à la faculté des lettres[1].
Devenu très critique envers le PSI, qu'il jugeait incapable de « surmonter la profonde contradiction entre la pensée et l'action et de concilier la rigidité particulariste de sa conception classiste avec la nécessité de l'action politique », il se rapprocha du fascisme, sous l'influence de ses anciens camarades Agostino Lanzillo et Michele Bianchi[1]. Il justifia cette adhésion en estimant que le fascisme, « en tant que synthèse vivante se déployant dans son infinie capacité d'absorption et de transformation, peut englober toutes les forces susceptibles de contribuer à la croissance et à l'évolution de l'État, plutôt qu'à sa destruction et à son échec ». En outre, il collabora à plusieurs publications théoriques du régime comme Polemica, L'Ordine fascista, La Stirpe di Roma et Critica fascista de Giuseppe Bottai[1]. Il est un des signataires du Manifeste des intellectuels fascistes.
Durant le Ventennio, il consacra une attention particulière à l'enseignement, collaborant avec la revue Il Maestro et avec la Rivista Applicata di Pedagogia[1]. Parallèlement, il continua de s'intéresser à la psychologie, publiant des études et des recherches dans Filosofia della Scienza, revue mensuelle de psychologie expérimentale, de spiritualisme et de sciences occultes, et dans Psiche, une revue d'études psychologiques. En 1932, il fut contraint d'adhérer au Parti national fasciste (PNF)[1].
Toujours lecteur passionné de Kant, il proposa une lecture entièrement axée sur la métaphysique, le conduisant à une interprétation de la critique kantienne dans une perspective éthico-religieuse[1]. Il occupa la chaire de Palerme jusqu'en 1950, puis, pendant trois années universitaires supplémentaires, jusqu'en 1953, il continua d'enseigner comme professeur émérite. Après sa retraite définitive, il s'installa à Rome. Dans la capitale, il poursuivit son activité culturelle, participant à de nombreux colloques[1]. Il mourut à l'âge de 83 ans en .
Publications
- Il destino delle dinastie. L'eredità morbosa nella storia di Torino, Bocca, Milano, 1904.
- La dissociazione psicologica, Bocca, Torino 1905.
- Psicologia legale, Zamorani & Albertazzi Ed., Bologna 1906.
- Le passioni, Bocca, Torino 1906.
- L'oblio. Saggio sull'attività selettiva della coscienza, Bocca, Milano 1911.
- I valori della guerra. Conferenza tenuta in Napoli nel maggio 1916, Treves, Milano 1917.
- La validità della religione, Detken & Rocholl, Napoli 1921.
- Politica e scuola ed altri saggi, Edizioni La Voce, Firenze 1921.
- Stato e classi, Alpes, Milano 1925.
- Il criticismo. Fondamenti etico-religiosi, Sandron, Palermo 1927.
- Valore dello Stato corporativo, s.n., Napoli 1929.
- Valori spirituali e realtà, Principato, Messina 1931.
- Il pensiero di F. Fiorentino, Bruzia, Catanzaro 1935.
- Conoscenza e moralità in Kant, Palumbo, Palermo 1944.
- Problemi fondamentali della filosofia moderna, Palumbo, Palermo 1945.
- Dall'idealismo all'attualismo. Lezioni di storia della Filosofia, a cura di Giuseppe Maria Sciacca. Anno accademico 1949-50, Università di Palermo], SNT, Palermo 1950.