Aoriste
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L’aoriste (du grec ancien ἀόριστος / aóristos, « in-déterminé »[1],[2]ou « non limité »[2] ) est un temps et un aspect que l'on retrouve dans certaines langues indo-européennes telles que le sanskrit, le serbe, le bulgare, le croate, le bosnien, l'ancien tchèque ou encore le grec (ancien et moderne) ; on le trouve également en turc[3], en arménien[4] ainsi qu'en géorgien[5]. Il n'existe pas tel quel en latin, bien que le parfait de cette langue en provienne, sans en avoir gardé la valeur aspectuelle.
L'aoriste provient de l'indo-européen commun.
Selon le Dictionnaire grec français d'Anatole Bailly, l'adjectif aóristos signifie « indéfini, indéterminé » et le sens grammatical actuel du mot est donné dans l'expression ὁ ἀόριστος [s.-e. χρόνος] — c'est-à-dire « [le temps] indéterminé, indéfini » —chez, entre autres, le grammairien du IIe siècle av. J.-C., Denys de Thrace[2].
Origine
C'est de l'indo-européen commun que provient l'aoriste : en effet, le sanskrit comme le grec ont hérité de cette langue les trois thèmes morphologiques (présent, aoriste et parfait) autour desquels s'organise leur conjugaison[6]. L'aoriste est l'un des trois thèmes morphologiques fondamentaux du proto-indo-européen. Initialement, l'aoriste ne dénotait pas une valeur temporelle mais un aspect (qu'on appellera « aspect zéro » ou « perfectif » dans les grammaires de grec ancien), ce qui signifie que le procès verbal (« l'action ») est représenté sans référence à son déroulement, ni à sa situation dans le temps, ni à sa durée[1],[7]. L'aoriste s'oppose donc directement à l'imperfectif (soit les temps du présent et de l'imparfait), qui marque, lui, une action en train de se dérouler ou une action habituelle, et au parfait, qui note un état ou un achèvement[8].
L'aoriste, cependant, en est venu à prendre une valeur temporelle passée, ce qui se constate bien en grec ancien, mais seulement au mode indicatif (ainsi que, mais de manière moins marquée, aux modes participe et infinitif). Ailleurs, l'aoriste reste un aspect. En sanskrit, il en vient aussi à dénoter un procès passé, en plus de sa valeur de constatation d'un fait.
