Esprit rude
From Wikipedia, the free encyclopedia
◌҅ (diacritique cyrillique),
◌⳰ (diacritique copte)
U+0485
U+2CF0
| Esprit rude | |
◌̔ ◌҅ ◌⳰ |
|
| Graphies | |
|---|---|
| Graphie | ◌̔ (diacritique grec ou latin), ◌҅ (diacritique cyrillique), ◌⳰ (diacritique copte) |
| Codage | |
| Unicode | U+0314 U+0485 U+2CF0 |
| modifier |
|
L’esprit rude (en grec δασὺ πνεῦμα ou δασεῖα, « esprit rude ») est un signe diacritique de l’alphabet grec utilisé :
- dans l’écriture du grec ancien et du grec moderne polytonique,
- dans d’autres alphabets comme l’alphabet cyrillique,
- dans l’écriture du vieux-slave ou du slavon d’église,
- dans plusieurs systèmes de translittération,
- anciennement dans l’orthographe avec l’alphabet latin de certaines langues d’Afrique du Sud, comme le xhosa, pour indiquer l’aspiration.
Il est aussi parfois utilisé dans l’écriture copte sous sa forme archaïque.
En grec ancien, il note la présence d’une aspiration /h/ avant une voyelle, une diphtongue ou la lettre rhô. Par opposition, l’absence du son /h/ est notée par un esprit doux. Il a été utilisé même après la période koinè et la disparition du son dans la langue grecque, mais il n’est plus usité depuis 1980 dans l’orthographe moderne.
En grec ancien, le signe se nomme δασὺ πνεῦμα (dasù pneûma, littéralement : « respiration rude ») ou δασεῖα (daseîa, « rude »), en grec moderne δασεία (dasía), en latin spiritus asper.
Histoire

Le signe de l'esprit rude provient de la moitié gauche de la lettre Η (êta)[1].
À l'origine, dans certains dialectes grecs comme le dialecte athénien, le phonème /h/ était transcrit par la lettre êta (Η), usage perpétué dans la lettre latine H. Dans d'autres dialectes, en particulier le dialecte ionien, celle-ci représente la voyelle /ɛː/. Lors de la réforme de -403, le modèle ionien est normalisé (et imposé de fait au reste de la Grèce). La lettre Η se retrouve disponible du fait de la psilose (disparition de l'aspiration) survenue en grec ionien. Cependant, une fois le modèle ionien popularisé, il n'est plus possible de noter le phonème /h/ alors qu'il reste prononcé dans certains dialectes, comme dans l'ionien-attique d'Athènes qui conduit par la suite à la koinè.
Aristophane de Byzance, au IIIe siècle av. J.-C., systématise l'utilisation d'un Η coupé en deux dont on trouve des attestations épigraphiques antérieures (en Grande-Grèce, à Tarente et Héraclée). Cette partie de Η donne « Ⱶ », parfois « L », caractère ensuite simplifié en « ◌⳰ » dans les papyrus puis en « ◌̔ » à partir du XIIe siècle.
Lorsque l'esprit rude prend sa forme définitive, le grec n'utilise plus le phonème /h/ depuis longtemps : l'invention et la perfection de ce diacritique est un archaïsme grammatical.
