Arielle Beck
pianiste et compositrice française
From Wikipedia, the free encyclopedia
Biographie
Arielle Beck naît à Paris le [1].
Elle grandit dans un foyer mélomane[2]. Son père est le poète Philippe Beck[1] et sa mère est éditrice[3]. Elle a un demi-frère, de 15 ans son aîné, qui s'exerçait au piano tous les jours quand elle était enfant[2].
Elle était, selon ses dires, une petite fille « gentille, curieuse et un peu loufoque... qui se prenait en vidéo en imitant Buster Keaton, lisait avec passion les livres pour enfants de Roald Dahl, [...]... », note Marie-Aude Roux, dans Le Monde[1].
Le soutien de ses parents lui est « essentiel » ; elle tient à préciser « que ce soutien n’est pas envahissant. Ses parents lui laissent une grande autonomie. Elle aime travailler seule, développant ainsi une discipline et une indépendance qui transparaissent dans sa manière de parler de son art. »[4]
À partir de l'âge de 9 ans, elle suit un enseignement par l’intermédiaire du CNED, (Centre National d’Enseignement à Distance)[1]. En juin 2025, elle obtient son baccalauréat avec mention très bien[1].
Elle reconnait avoir une vie décalée : « C'est sûr que c'est un peu différent : je ne fais pas de shopping, je n'ai jamais fait de sport avec les ballons qui frappent trop fort les mains, je ne peux pas faire de tennis... Je ne suis pas du tout sur les réseaux sociaux... »[5]
Elle aime travailler en compagnie de ses deux chats, décrétés « mélomanes », Aristote et Verlaine[Note 1] : « Il m’arrive, quand je suis seule chez moi, de jouer en boucle certains passages, comme la coda de la Barcarolle, de Chopin, qui est un moment d’exaltation suprême. Je laisse mon cœur déborder, et ça me fait du bien... »[1]
Débuts au piano
Elle commence le piano à l'âge de 4 ans et donnera son premier concert à 9 ans. Elle indique que son enfance a été bercée par la musique des pianistes Dinu Lipatti, Arturo Benedetti Michelangeli, Arthur Rubinstein, Clara Haskil, Yves Nat, Samson François et Yvonne Lefébure. Ils ont modelé ses goûts, ses envies, ses besoins. Elle dit à Marie-Aude Roux[1] :
Compositrice
Parallèlement au piano, elle compose. La hiérarchie habituelle entre compositeur et interprète lui apparaît différemment, comme elle le dit dans cette même interview au Monde :
Elle commence à composer à 9 ans : « Petit à petit, je me suis lassée de ces exercices-là et j'ai voulu retrouver un certaine liberté grâce à l'improvisation et à la composition » explique la musicienne[6].
Elle a pensé à écrire, par exemple, une cadence au 23e concerto de Mozart : « Ne pas faire un plagiat mais penser Mozart avec une écriture plus moderne, en avance sur son époque. »[7].
Alain Lompech, dans Pianiste, no 137, en 2022, dit de la compositrice qu'elle est « admirable dans Chopin comme dans ses compositions scriabino-chostakovitchiennes, si sensible et si pleine d’autorité »[8]
Formation musicale
Elle étudie d'abord au conservatoire russe Rachmaninov à Paris[9], puis au conservatoire à rayonnement régional de Paris, auprès d’Anne-Lise Gastaldi[1]. Elle décroche son diplôme d'études musicales avec mention très bien et félicitations du jury[9].
2018 Concours international Jeune Chopin
À l'âge de 9 ans, elle remporte le premier grand prix du concours international Jeune Chopin, de Martigny en Suisse, décerné à l’unanimité par un jury composé de Akiko Ebi, Eva Poblocka, Alexis Golovine, sous la présidence de Martha Argerich[1].
Elle a 10 ans sur la photo[Note 2]. Elle fait une tournée des lauréats du 11-20 août 2019 en Pologne et à l’étranger, à Żelazowa Wola et au Musée Fryderyk Chopin, présentés par Magdalena Hirsz- présidente de l'Institut F. Chopin en Suisse. Concerts à Warszawa, Zelazowa Wola, Szafarnia, Radziejowice, Sanniki et Wroclaw. Elle en dit : « La tournée a été belle musicalement et humainement! J'ai aimé partager tous ces moments émouvants avec vous, avec mes parents, et tous les gens que nous avons rencontrés dans des lieux si chargés de souvenirs historiques et musicaux... Chopin est si présent en Pologne, c'est incroyable... Jouer dans sa maison natale a été un moment particulièrement fort... »[10]
Martha Argerich en parlera ainsi : « Il y a une petite fille française, qui est très remarquable, Arielle Beck… Elle joue magnifiquement, c’est quelqu’un de très extraordinaire… Une grande sensibilité. Un talent ! » (entretien avec Olivier Bellamy pour Radio classique, novembre 2019)[11]. Elle la met en contact avec Stephen Kovacevich, qui la conseillera régulièrement, depuis Londres où il vit[1].
À partir de l'âge de 10 ans, elle reçoit des cours particuliers du pianiste russe Igor Lazko – élève du grand Iakov Zak (1913-1976) –, son premier mentor : « Je l’ai rencontré quand j’avais 10 ans. C’est lui qui m’a véritablement formée, techniquement, musicalement, artistiquement »[1].
En 2023, à quatorze ans, elle est admise à l'unanimité au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, dans la classe de Claire Désert et Romano Pallottini[12],[1],[9].
Carrière
La concertiste
À ses débuts, les critiques soulignent « sa silhouette fluette et élancée... un soupçon de trac chez la jeune surdouée... »[13] ou « Cette brindille en habit de lumière, aux cheveux peignés sauvages, aux yeux limpides, qui marchait d’un pas rapide et fluide... »[14], mais remarquent aussi : « Elle attaque sans aucun signe d’hésitation ou de trac »[15] et qu'elle est dans la retenue : « La jeune fille est aux antipodes de ces interprètes... qui surlignent l’expression. »[1]
Concerts
Elle fait ses débuts avec orchestre à l’Unesco (Paris) dans le Concerto n° 12 de Mozart, à l’âge de dix ans, et joue le Concerto n °1 de Beethoven avec l'orchestre de chambre de Toulon[16].
En juin 2023, elle remplace Katia Buniatishvili, à Nantes, au Palais des Congrès[7].
En récital et en soliste, elle se produit au parc du château de Florans pour le festival international de piano de La Roque d'Anthéron en 2023[17], en 2024[9], et en 2025[18], à La Grange au Lac à Évian[19], aux Sommets Musicaux de Gstaad[8], à la KKL-Konzersaal de Lucerne lors du festival Le Piano Symphonique[20],[21], à La Folle Journée de Nantes (2024)[22],[23], au festival de musique de Menton (2024)[24], aux Musicales du Golfe (2024), à Piano aux Jacobins (Toulouse), à la Schubertiad de Vilabertran,
Elle joue à Angers, en mai 2025, pour Pianopolis, la critique écrit[25] :
Elle joue aux Pianos Folies du Touquet (2025)[26] et au théâtre des Champs-Élysées à Paris (2025)[6].
En 2025, elle fait ses débuts au Japon au Tokyo International Forum avec le Tokyo City Philharmonic Orchestra et Lio Kuokman, à La Folle Journée de Tokyo et, en Grande-Bretagne à Londres, avec l'Academy of St Martin in the Fields[27],[28].
Ses concerts sont relayés par des plateformes spécialisées et font l’objet de critiques dans la presse culturelle[12],[29]. Sa prestation lucernoise (Schumann, Mendelssohn) est filmée par medici.tv, qui lui consacre un portrait et un billet éditorial[30],[12].
Elle est annoncée au Festival de la Roque d'Anthéron de 2026[31].
En studio
En septembre 2025, la pianiste sort son premier album, intitulé Des lunes et des feux, articulé autour de deux compositeurs du romantisme allemand, Brahms et Schumann, complété par des Variations sur un thème de Schumann, composées par elle. Elle dit : « J'ai adoré l'enregistrement car il m'a permis, pendant trois jours, de faire un travail de recherche très approfondi, d'écouter énormément, d'avancer dans mon travail personnel »[6]
Accueil critique
En juillet 2024 , après une journée Schumann à Miramas, la critique la caractérise ainsi[7] :
Marie-Aude Roux (Le Monde) souligne un jeu « délié et clair, mais aussi empreint d’une grande force d’incarnation... qui frappe par une autorité naturelle et sa grande liberté »[1]
Plusieurs médias soulignent la précocité et la maturité de son jeu. Elle réagit : « Cela peut m'agacer un peu, tout simplement parce que j'estime que l'on doit avoir une vision objective de l'art, que l'artiste ait 13, 25 ou 50 ans. »[6]
Alain Lompech (Bachtrack (en)) salue « une grande pianiste », dans son compte-rendu, en 2025, du récital d'Angers Pianopolis[29].
Transfuge recommande de « miser sur la pianiste » à La Roque-d’Anthéron (2024)[32].
Distinctions
- 2018 : Premier grand prix du concours international « Jeune Chopin » en Suisse, dont le jury est alors présidé par Martha Argerich[33].
- 2024 : Elba Festival Prize (20e édition)[34].
- 2026 : elle est nommée « révélation soliste instrumentale » des Victoires de la musique classique 2026[35].
Discographie
- 2025 : Des lunes et des feux, consacré à Schumann (Grande Humoresque, op. 20), Brahms (Klavierstücke, op. 76), et Variations sur un thème de Robert Schumann, de sa propre composition[6]