Arsène Crié

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Nom de naissance
Arsène Pierre Marie Crié
Pseudonyme
Vonck, Henri Laurent, H. Laurent, H.L, J. Roux.
Arsène Crié
Arsène Crié en 1887.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Arsène Pierre Marie Crié
Pseudonyme
Vonck, Henri Laurent, H. Laurent, H.L, J. Roux.
Nationalité
française
Activité
Autres informations
Parti politique
Idéologie

Socialisme, Anarchisme (1879-1888)

Boulangisme (1888-1895)
Lieu de détention

Arsène Joseph Crié[1], né le à Laval (Mayenne) et mort le à Paris, est un journaliste et homme politique français. Journaliste anarchiste, il rejoint le mouvement boulangiste en 1888. Il a été considéré par les journaux de son époque comme l'un des chefs des socialistes révolutionnaires avec Émile Gautier, Pierre Kropotkine et Élisée Reclus[2].

Origine

La famille Crié est originaire de Mayenne, établie dès le XVIIIe siècle. Arsène Crié naît en 1853 à Laval[3]. Il est le fils d’un marchand de toile[4]. Étudiant à Rennes depuis 1872, il abandonne rapidement ses études de médecine[5]. Pierre François Crié (1789-1851), teinturier avait six frères et sœurs, parmi lesquels se trouvait Pierre Crié, le père de Pauline Crié, épouse de Daniel Œhlert[3], et le père d'Arsène Crié.

  • Pierre Crié (-an IX) x Jeanne Caillé
    • Pierre François Crié (1789-1851)[2], teinturier à Laval x Josèphe Perrine Martigné
      • Pierre Crié[2] (1814-1889) x Honorine Françoise Demée
      • Joséphine Crié[2] (1816)
      • Arsène Joseph Crié (1818)[2] x Olive Victorine Lahoussaye Crouillebois (1830, Saint-Ouën-des-Toits)
        • Arsène Pierre Crié (1853-1895)[2] x Louise Lars (1856-1889)
          • Léon Lars (1876-1893), reconnu en 1887[2]
          • Louise Crié (1886)[2] x Jules Faresse
        • Olive Joséphine Marie Crié[2] (1856) x Georges Leclair
      • Léon Crié[2] (1818)
      • Eugénie Crié[2] (1823)
      • Lucie Crié[2],[6] (1824) x (1850) François Henri Leroy
      • Léon Crié[2] (1826)

Formation

Ancien élève du Lycée de Laval[2], Arsène Crié suit le parcours de son oncle Pierre Crié, en étant étudiant en médecine à Rennes (Ille-et-Vilaine) à partir de 1872. C'est à cette époque qu'il devint probablement ami avec Émile Gautier[5]. Pour y suivre des études de médecine à Rennes, il loue une chambre chez François Lecloux[7]. Arsène Crié se lie d’amitié avec la famille Lecloux, et son père, en difficulté financière, demande à Lecloux de signer des billets à ordre pour l’aider[8],[9]. A Rennes, Arsène Crié fréquente de 1872 à 1873, les cercles radicaux de Rennes[10], notamment au café de M. Denot[11], où se réunissent de jeunes militants républicains[10]. Ces lieux sont des centres de discussion et d’organisation pour la jeunesse radicale de l’époque. On y trouve des figures comme Émile Gautier, Marie-François[2] Goron[12], Paul Gorand, Armand Faisnel, Édouard Trouëssart fils, et d’autres jeunes gens qui deviendront plus tard des personnalités politiques ou judiciaires (comme Lemardelay, sous-préfet de la Manche[2], ou Alfred Dominique, juge).

Le , Arsène Crié publie un article suite à une pétition menée par les étudiants radicaux de Rennes[2] dans le journal Le Corsaire[13],[14], afin de promouvoir l'instruction gratuite, obligatoire et laïque[2]

Radicalisme

En 1873, Arsène Crié vient s’installer à Paris pour effectuer son externat aux Hôpitaux de Paris[2] et milite aux côtés d'Émile Gautier[15], qui poursuit alors son droit[2]. Au Quartier latin, il est un des fondateurs du Comité révolutionnaire des écoles[16].

En 1874, il se trouve à Paris, où il s'engage dans les rangs des radicaux[5]. Il organise des réunions privées en vue des Élections législatives françaises de 1876 où il soutient la candidature d'Émile Acollas dans le 6e arrondissement de Paris[10] contre Aristide Denfert-Rochereau[17],[18]. Il fait de même lors des Élections sénatoriales françaises de 1876, où il soutient la candidature de Charles Loiseau-Pinson[15].

En 1876, il collabore avec les journaux Les Droits de l’homme[19] (Ce journal est le support du courant guesdiste), sous le pseudonyme de Ch. Crillon, et Le Bien public[5].

Ami personnel d'Édouard Trouëssart[20] (fils)[21],[22], il prononce un discours lors de la mort de ce dernier en . En , il faisait partie du comité radical permanent des 5e et 6e arrondissement de Paris. Le jeune homme revient brièvement à Laval. Il travaille ensuite en tant que représentant pour sa mère[4], qui gère un commerce à Laval[23]. Il part de s'exiler à Bruxelles pour fuir les créanciers de sa mère[3].

L'arrivée à Bruxelles

En , il s'installe à Bruxelles[24], il est représentant en vin[25], puis enseignant comme professeur[26] libre le français à l' Institut Léopold[27],[5] durant un an à la fin 1880[4]. Il propose ensuite des cours particuliers en ville[4].

C'est à Bruxelles qu'il commence à fréquenter les milieux ouvriers et qu'il se tourne vers l'anarchisme[28]. Arsène Crié participe le au Comité central des Cercles réunis (d'Emmanuel Chauvière), dont il devient l'un des principaux membres actifs[4]. Il collabore au journal belge socialiste Les Droits du peuple[28] sous le pseudonyme d’ Henri Laurent. Il fréquente L’Égalité, le cercle des proscrits français en Belgique, et pourrait être membre des Solidaires[4]. Il rédige un chapitre Pourquoi je suis anarchiste dans la série de Emmanuel Chauvière, Je suis un autoritaire.[4].

Le militant anarchiste en Belgique

Arsène Crié est très actif à Bruxelles, dans le Borinage et à Charleroi en 1880-1881[4]. La tactique affichée d'Arsène Crié est de s'opposer aux « évolutionnistes » à travers la parole et un journal dont la diffusion continue d'augmenter par rapport à celui de Louis Bertrand. Arsène Crié prend part à la préparation de la première manifestation du en faveur du Suffrage universel en Belgique, tout en mentionnant à plusieurs reprises le recours à la force de la Police belge[4]. La manifestation est un succès, mais des échauffourées éclatent à la fin. Arsène Crié y prend part et s'engage ensuite à dénoncer les brutalités policières[4].

Arsène Crié est présenté comme « l'âme des Cercles Réunis » et qualifié de « mauvais génie » de ce groupe[29]. Arsène Crié joue un rôle essentiel dans l'organisation et la radicalisation du mouvement révolutionnaire belge, plaidant en faveur de l'acquisition d'armes et dénonçant vigoureusement les « mouchards » (informateurs de police)[4]. Lors de la commémoration de l'anniversaire de la Commune de Paris en 1880, il appelle publiquement à la violence contre ces derniers, exprimant le souhait de « pouvoir tuer au moins un mouchard » avant sa mort, ce qui lui attire des applaudissements[4].

Paradoxalement;, c'est lui, qui sans le vouloir, a recommandé aux révolutionnaires parisiens Égide Spilleux[14], dit Serreaux, dit Genlis, de nationalité belge[14] ; qui aurait en réalité été un informateur de la Préfecture de Police[30],[5]. Le , il accuse Égide Spilleux d’être un mouchard[4]. Il assiste aux congrès libertaires[28], de Bruxelles le [4], de Verviers, le , et de Cuesmes, le . Toute cette agitation est une illusion qui ne survivra pas au départ des deux Français Chauvière et Crié[4], qui seront expulsés de Belgique.

L'expulsion de Belgique

Il exhibe un drapeau rouge dans les rues de Cuesmes le , puis le à Mons d’avoir fait le tour de la place, tambour en tête avec une vingtaine d’ouvriers porteurs de Drapeau rouge[14], en hommage à la Commune de Paris[5]. Son expulsion est souvent attribuée à tort à son geste à Cuesmes[4]. Ses prises de position radicales et ses attaques contre les autorités et les indicateurs en font une cible privilégiée de la répression policière[4]. Malgré plusieurs tentatives d’expulsion dès 1880, les autorités belges tardent à agir. Un dossier est transmis au Ministre de la Justice en , mais sans suite immédiate. Un arrêté d’expulsion est finalement préparé en juin, et [4]. Le ministre de la Justice, Jules Bara, justifie cette mesure en par le rôle prépondérant d'Arsène Crié dans l’organisation du parti révolutionnaire, son influence, son talent oratoire[4] et en raison de plusieurs articles. Arsène Crié reçoit l’arrêté d’expulsion le et quitte le pays le [4].

L’action d’Arsène Crié contribue à affaiblir les tendances réformistes en Hainaut et à renforcer les courants isolationnistes et anarchistes, notamment à Verviers[4]. Les archives belges[31],[32] montrent que les autorités cherchaient surtout à neutraliser son influence au sein du mouvement révolutionnaire[33].

Journalisme

Il revint à Paris, où il exerça en tant qu'employé de bureau. Ensuite, il devint rédacteur au Petit Parisien, puis à L’Estafette grâce à Émile Gautier[28]. Avec ce dernier, il rejoint le Cercle d’études sociales du Panthéon, orienté vers l'anarchisme, et des cercles blanquistes et internationalistes[15]. Il ne tarde pas à faire la connaissance d'Elisée Reclus, qui lui confie la correspondance parisienne du Révolté, journal anarchiste génevois[16].

Dans ce cadre, il participe au congrès intitulé « socialiste révolutionnaire indépendant » à Paris, qui se déroula du 25 au , où il fut rapporteur sur la question du salariat[34]. Ce Congrès indépendant est organisé au 103, Boulevard de Ménilmontant[14]. En , il participe au Congrès international de Paris, organisé Rue Oberkampf par Libre-pensée[15], puis, en , il fut délégué au congrès ouvrier socialiste[15]. Il collabore également au journal Le Révolté. Il contribue à Le Droit social, publié à Lyon.

Milieux insurrectionnel

Arsène Crié est également proche des milieux insurrectionnels[28]. Il est arrêté et jugé à plusieurs reprises pour des manifestations ayant dégénéré en émeutes, comme celles de Montceau-les-Mines en 1882.

Arsène Crié est l’un des membres les plus actifs du parti anarchiste en France. Secrétaire de rédaction[35] à la Bataille[14] et au Citoyen[15], il est arrêté le matin du à Paris[14],[36], dans le cadre d’une vague d’arrestations visant dix-sept anarchistes à Paris, Lyon et Saint-Étienne[37]. Ces arrestations sont liées aux événements révolutionnaires de Montceau-les-Mines, où des troubles sociaux et des affrontements entre ouvriers et forces de l’ordre ont lieu.

Arsène Crié est arrêté dans sa chambre, à l’hôtel Médicis, 58, Rue Monsieur-le-Prince, par le commissaire de police Eugène Schnerb, sur ordre du Préfet de police[37]. Il est conduit au Dépôt de la préfecture, où il demande à prévenir sa mère[38], lui écrivant une lettre pour la rassurer sur la brièveté de sa détention[37]. L’arrestation d’Arsène Crié s’inscrit dans une série de mesures répressives du Gouvernement Duclerc, qui vise à museler la presse révolutionnaire et à réprimer les mouvements anarchistes et socialistes[37]. Ces arrestations suscitent une vive indignation dans la presse radicale et anarchiste, qui dénonce un retour à l’arbitraire et à la répression politique, comparable à celle de l’Empire. Arsène Crié est accusé, avec d’autres militants comme Émile Gautier, Hémery-Dufoug, Émile Vaillat et Graves[39], d’avoir entretenu des liens avec les événements de Montceau-les-Mines, bien que les preuves de leur implication directe soient minces ou inexistantes[37].

La presse anarchiste, notamment La Bataille, dénonce ces arrestations comme une manœuvre politique visant à éliminer les opposants les plus en vue. Arsène Crié est relâché et ne sera pas impliqué dans le procès dit « procès des 66 » contrairement à Emile Gautier[40]. Arsène Crié était entré à La Bataille quand Prosper-Olivier Lissagaray se sépara de ses premiers collaborateurs, Brousse, Labusquière, etc[16]. Il publiait alors depuis un mois et demi, dans l'Estafette, une série d'articles signés: ?. Ces articles, intitulés l'Armée socialiste révolutionnaire, contiennent des notes très précises sur l'organisation des révolutionnaires et un dénombrement assez exact de leurs forces dans chaque région[16]. Habite à Paris depuis longemps, Arsène Crié ne connaissait qu'imparfaitement le groupement révolutionnaire en province. Il a été obligé de demander des renseignements à ses amis politiques fixés dans les grandes villes des départements. C'est donc en simple journaliste, et point en une autre qualité, qu'il s'est adressé à Toussaint Bordat, de Lyon[16]. En échange des renseignements que Toussaint Bordat lui donnait, il avait accepté d'être un de ses correspondants parisiens[16]. C'est ainsi qu'on a pu trouver chez Toussaint Bordat des lettres écrites pour Arsène Crié et contenant des phrases imprudentes[41].

Il participe le au célèbre meeting des Invalides dirigé par Louise Michel à l'occasion de la grève organisée par la chambre syndicale des menuisiers[42]. Pour sa participation à la manifestation, il passe devant la 8e chambre correctionnelle de la Seine avec Prosper-Olivier Lissagaray et Le citoyen Chonmoru[43]. Il fut condamné par défaut par le tribunal correctionnel le . Après une opposition, la peine fut confirmée le . En appel, le , la peine fut de nouveau validée[5]. En , il engage une polémique avec Jules Joffrin[44], qui est alors Conseiller municipal du Quartier des Grandes-Carrières en raison de son attitude lors du meeting des Invalides, et Paul Brousse[45].

Le , Arsène Crié témoigna au procès de Godar, qui était accusé d'avoir frappé Yves Guyot lors d'un meeting organisé par les ouvriers du bâtiment le dans la salle Rivoli[46].

« M. Arsène Crié, âgé de 29 ans, journaliste, a vu M. Godar "interpeller de la main" M. Yves Guyot. Le fameux anarchiste n'a rien vu autre chose. Le Gaulois, . »

La prison Sainte-Pélagie.

La prison

À la suite d'un discours prononcé à Roanne le , il est assigné devant la Cour d'assises de la Loire avec Simon Gay pour provocation au meurtre non suivie d’effets[14]. La Cour d'assises le condamna par défaut à deux ans de prison et à une amende de 3 000 francs. Après une opposition, la peine fut réduite par la Cour d'assise de Montbrison, le , à un an de prison et 500 francs d'amende[5]. Étant donné que son pourvoi fut rejeté, il fut emprisonné par la cour d'assises de l'Allier, pour avoir, dans une réunion publique ou privée, excité ses auditeurs à l'assassinat des bourgeois et à l'incendie de leurs propriétés[47]. Arsène Crié est écroué à la Prison Sainte-Pélagie le , et y retrouve Émile Gautier.

« Le parti anarchiste, en France, a trois de ses leaders en prison sur quatre. Le prince Kropotkine est à Clairvaux, les compagnons Emile Gautier et Arsène Crié sont à Sainte-Pélagie. Il ne reste en liberté, de tout l'état-major anarchiste, que le compagnon Elisée Reclus, grand travailleur et géographe éminent. Le 14 juillet prochain, en effet, les compagnons Kropotkine et Gautier seront graciés ou amnistiés. La proportion actuelle sera donc renversée. Sur quatre leaders anarchistes, il y en aura trois dehors et un seul dedans. Car il ne paraît pas que le compagnon Crié doive être gracié. Il n'y a guère qu'un mois que ce compagnon est en prison, et la peine qu'il doit purger est d'un an. Sa grâce ou son amnistie sera renvoyée au mois de janvier. [...] Arsène Crié n'est pourtant pas un méchant homme. Autant Gautier est sombre, autant Crié est gai et bruyant dans sa cellule. Il reçoit, lui, beaucoup de visiteurs. La cellule qu'il habite, à côté de celle du gérant de La Bavarde, est celle qu'occupa, il y quatre ans, M. J. Cornély. A cette époque, tout l'armorial de France passa dans cette chambre. Les visiteurs de Crié ne sont pas les mêmes, mais ils sont presque aussi nombreux. On s'amuse, chez ce compagnon on chante en chœur des petites romances sentimentales, telles que La Carmagnole. Le prisonnier communique beaucoup avec ses codétenus. A l'un d'eux, d'ailleurs, il a rendu un service qui prouve qu'il est moins méchant homme que farouche orateur et écrivain. [...] Lorsque le compagnon Crié entra à Sainte-Pélagie, il trouva ce gérant dans une grande misère. Il lui procura alors un petit travail la confection de bandes d'expédition de livres pour un libraire. A ce métier, bien plus honorable que celui qu'il exerçait en liberté, le gérant de la Bavarde, que Crié et Morphy aident quelquefois, gagne trente ou quarante sous chaque jour.. Le Matin, . »

Activisme socialiste

À sa sortie de prison par décret du [48], il assiste régulièrement aux réunions des socialistes proches de Jules Guesde ainsi que des socialistes insurrectionnels associés à Blanqui[28]. Il reprend alors son activité de propagandiste[49]. Il collabore à L'Ami du peuple[14] sous le pseudonyme de J. Roux, journal qui prône la révolution sociale, et fondé par Maxime Lisbonne. Il anime des conférences aux réunions organisées par le Cercle d'Études sociales du Parti ouvrier et le Comité d'Union socialiste du Ve arrondissement, ainsi qu’au groupe La Vengeance du Panthéon[50].

En 1885, il collabore à La Nation en , sous le nom de H. Laurent[14]. Entre 1886 et 1887, il publie Le Ve arrondissement : bulletin mensuel du Comité de vigilance. À la même époque, il prend également l'initiative de réorganiser le groupe La Vengeance du Panthéon[5],[51].

Adhésion au boulangisme et fin de vie

Basé sur son antiparlementarisme[14], lors d'un meeting le , Arsène Crié, tout en niant être boulangiste, appela à une révision de la Constitution, à la dissolution de la Chambre et à voter pour le général Georges Boulanger. Devenu l'homme fort du 5e arrondissement de Paris, il est président du Comité républicain socialiste révisionniste des quartiers Saint-Victor-Sorbonne, trésorier de la Ligue républicaine révisionniste du 5e et adhère à la Ligue d'action républicaine[52] à laquelle il apporte son soutien total lors d'une réunion le [5], devient secrétaire du Comité républicain révisionniste du 5e arrondissement de Paris[53] et rejoint le comité local de la Ligue des patriotes[52].

Fortement suspecté d'être un agent de la police[52] et jugé comme un traître, le journal anarchiste La Révolte () lui fait perdre l'étiquette anarchiste qu'il continuait de revendiquer[5]. Il prend part de façon active[14] à la victoire du général Boulanger lors du scrutin historique du à Paris, contre Édouard Jacques, il travaille par la suite à La Presse[5]dirigé par Georges Laguerre, principal organe du boulangisme[54]. Il donne à ce journal une chronique quotidienne de cent lignes, qu'on lui interdit cependant de signer[55]. Aux élections municipales de 1890 à Paris, Crié est candidat boulangiste dans le Quartier des Grandes-Carrières, pour le Comité républicain d’action révisionniste socialiste[14] et participe à plusieurs réunions en état d'ébriété[52] ce qui lui fait logiquement perdre le second tour face[56] au républicain Simoneau[5].

En , il établit à Marseille Le Journal du Commerce et est candidat malheureux aux élections municipales de 1893 durant lesquelles il fait campagne pour la réintégration des bonnes-sœurs dans les hôpitaux[52]. En 1894, il collaborait avec La Cocarde dirigé par Maurice Barrès. Rejeté par tous, il vit dans la misère et est confronté à l'alcoolisme[3] et à l'Absinthe[57], comme son ami Paul Verlaine[58]. Admis à l'Hôtel-Dieu de Paris le , il y décéda quelques jours après[5], laissant sa mère, encore vivante[59]. Son fils est mort jeune. Sa fille Louise Crié s'est mariée, mais son époux est décédé pendant la Première Guerre mondiale[3].

Notes et références

Bibliographie

Sources partielles

Liens externes

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