Augusto Fantechi

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Augusto Fantechi, né le 5 novembre 1901 à Scandicci, est un avocat et homme politique fasciste italien.

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Faits en bref Conseiller à la chambre des Corporations XXXe législature du royaume d'Italie, 23 mars 1939 - 2 août 1943 ...
Augusto Fantechi
Augusto Fantechi (à droite), Giuseppe Bottai (au centre) et Alessandro Pavolini (à gauche) en 1937.
Fonction
Conseiller à la chambre des Corporations
XXXe législature du royaume d'Italie
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Biographie

Diplômé en droit puis avocat, Augusto Fantechi, fasciste de la première heure, participe à la fondation de l'Ecole syndicale de Florence dans les années 1930 et, à partir de 1936, enseigne l’Histoire et doctrine du fascisme à la Scuola di Scienze politiche « Cesare Alfieri » de Florence (devenue ensuite Faculté de Sciences politiques)[1]. Il y est mentionné comme chargé de cours (incaricato) jusqu’en 1939 au moins. Il est alors proche de Giuseppe Bottai.

Nommé conseiller national à la Chambre des Faisceaux et des Corporations comme représentant de la corporation des vins et huiles en mars 1939, il est par la suite nommé, le 11 janvier 1940, président de l’Istituto Nazionale Luce (l’organisme central de propagande cinématographique, photographique et documentaire du régime)[2]. Il succède à Giacomo Paulucci di Calboli et occupe ce poste pendant la période de guerre (1940-1943). Sous sa présidence, l’Istituto Luce produit notamment une série de courts-métrages artistiques et culturels de qualité, visant à rapprocher le public de l’art italien. Fantechi a en effet voulu créer cette série, impliquant « les artistes italiens les plus illustres et les plus renommés » dans le but de rapprocher le public de l'art et de prévoir « des répercussions notables dans les domaines éducatif, culturel et international »[3].

Théoricien de la « démocratie fasciste »

Son principal ouvrage, Trasformazione del concetto di democrazia e di popolo, publié en 1938, portait sur la transformation des concepts de démocratie et de « peuple », thèmes alors proches de ceux développés par Bruno Spampanato dans son livre Democrazia fascista (1933), par Giuseppe Bottai, et plus généralement par les représentants de la « gauche fasciste »[4].

Dès l’introduction de son livre, Fantechi affirmait que le fascisme cherchait une « révision radicale des opinions en vigueur » sur la démocratie, en particulier celles fondées sur le libéralisme. Ainsi, selon Fantechi, le fondement libéral de la démocratie était dépassé car n'avait pu atteindre que la « souveraineté populaire, qui toutefois ne s’est pas traduite en manifestation de la volonté générale, mais seulement en volonté de la majorité, c’est-à-dire d’ordre numérique et donc essentiellement individualiste »[4]. Pour Fantechi, le nouveau concept de peuple, qu’il appelle « conception unitaire », « s’identifie à celui de “nation”, en tant qu’unité organique dotée d’une “vie propre, qui va au-delà de l’individualité et s’étend à travers les siècles, créant des fonctions propres à la communauté […]” »[4]. Il affirmait ainsi que la communauté ne pouvait trouver de réalisation concrète que dans l’État lui-même et pas dans le libéralisme qui :

« ne peut donner naissance au concept de “peuple” en tant qu’unité ou individualité collective composée et, en même temps, distincte de ses composants individuels […] », précisément parce qu’« il ne peut aller au-delà des limites individuelles irréelles qu’il a lui-même fixées »[4].

Selon Fantachi, le « peuple » italien, qui avait tardé à réaliser son unité politique, n’acquit « une conscience claire et précise de lui-même et de sa propre grandeur » qu’avec la Première Guerre mondiale. En même temps émergeait « le besoin de chefs énergiques et autoritaires pour gouverner ce peuple », révélant la nature obéissante du peuple italien[5]. Le fascisme était donc l’héritage de la guerre notamment parce que sa doctrine visait à poursuivre « la plus grande révélation de la guerre moderne », à savoir que « le peuple réconcilié avec sa patrie doit être intégré à la vie de l’État ». Cette inclusion transforma, selon Fantechi, le concept même de démocratie et du « peuple », qui :

« n’est plus perçu comme la somme d’individus étrangers les uns aux autres, mais comme une fusion complète et parfaite de citoyens qui exclut toute conception égoïste et individualiste […] qui ne réalisent (les citoyens) leur potentiel que dans l’État, entendu comme un tout unifié et indissoluble de peuple et de nation »[5],[4]

L’« identification du peuple avec l’État » accomplie par le fascisme devait être considérée comme « une phase supérieure de l’idée démocratique », et finalement comme « une idée totalitaire et authentique de la démocratie »[5]. En effet :

« Si par démocratie on entend le gouvernement pour le peuple et avec le peuple, nous pourrons considérer le régime fasciste comme une nouvelle forme de démocratie, car en son sein le peuple, ayant surmonté toutes les divisions de classe et de parti et s’étant reconstitué en une unité spirituelle, participe activement et directement à la vie de l’État, s’identifie à lui et forme un tout organique avec les hommes au pouvoir, à qui sont confiées des responsabilités précises, selon un ordre unitaire et hiérarchique dans lequel ceux qui se trouvent au sommet incarnent la somme de leurs responsabilités individuelles »[5].

Il déclarait également que :

« En ce sens, donc, l’État fasciste est un État démocratique […] », parce qu’« il concrétise le principe démocratique, c’est-à-dire en introduisant le peuple dans la vie [politique] elle-même, notamment par le biais des deux grandes institutions nationales : le parti et la corporation »[4].

La nouvelle démocratie, entendue comme « la participation du peuple au gouvernement » serait donc « autoritaire et hiérarchique », et mettrait en pratique « les idées proclamées par la Révolution française »[5]. Dans cette perspective, le « peuple » coïncidait politiquement avec la notion de nation, et juridiquement avec celle d’État. Se référant à la formule de Mussolini : « Le peuple est le corps de l’État et l’État est l’esprit du peuple. Selon la conception fasciste, le peuple est l’État et l’État est le peuple », et s’appuyant sur les idées de Giuseppe Bottai, Fantechi proposait une version corporative de la démocratie totalitaire[5]. Dans celle-ci, le « peuple » qui en constituait le fondement se dissolvait dans les corps sociaux qui formaient le système corporatif :

« Le fascisme, abandonnant toute conception atomistique […], non seulement a procédé à la reconnaissance de l’individu et des groupes, mais a également ordonné l’État de telle sorte que les groupes, légalement reconnus, deviennent eux-mêmes partie intégrante de l’État. En d’autres termes, l’État a organisé les organisations de manière corporative et leur a conféré des fonctions juridiques, si bien qu’elles sont devenues, comme nous l’avons déjà vu, des “instruments” à la fois de l’État et du peuple »[5].

Notes et références

Publications

Bibliographie

Liens externes

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