Bruno Spampanato
journaliste et politicien italien
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Bruno Spampanato, né le à Salerne et mort le à Rome, est un journaliste, écrivain et homme politique fasciste italien.
| Député IIe législature de la République italienne | |
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Biographie
La jeunesse et l'adhésion au fascisme
Né dans une famille imprégnée des traditions Risorgimentales, le grand-père maternel de Bruno Spampanato était aux côtés de Giuseppe Garibaldi en Sicile et a participé à la bataille de Calatafimi, tandis que son père, Vincenzo Spampanato, était un historien de la philosophie et ami de Benedetto Croce et Giovanni Gentile.
En 1919, à seulement dix-sept ans, il adhère aux Fasiceaux italiens de combat, y voyant, avec l'interventionnisme, le prolongement idéal du Risorgimento. L'année suivante, il commence à collaborer avec Enrico Corradini et Luigi Federzoni à L'Idea Nazionale ainsi qu'à Il Mattino et Il Popolo d'Italia et plusieurs revues étrangères. En 1922, il participe au congrès du Parti national fasciste à Naples et à la Marche sur Rome qui s'ensuit.
En 1924, il obtint son diplôme de droit et commença à exercer la profession d'avocat, tout en se consacrant à des études historiques et économiques. Malgré ces engagements, entre 1924 et 1926, il publia trois ouvrages : Divenire fascista, Le origini e lo sviluppo del Fascismo et Un bilancio di partito.
Un « fasciste de gauche » : « Rome ou Moscou ? »
En 1926, il se consacra définitivement au journalisme, prenant la direction du quotidien napolitain Lo Stato tout en développant un grand intérêt pour les questions liées au droit du travail et aux syndicalisme : en 1930, il devint ainsi le dirigeant de l'Unione dei Lavoratori dell'Agricoltura d'Avellino. Défenseur d'un « fascisme de gauche », son article paru dans la revue Critica fascista en , intitulé « Equazioni rivoluzionarie: dal bolscevismo al fascismo » (« Équations révolutionnaires : du bolchevisme au fascisme »), suscita une vive controverse.
Il y soutenait que les particularités du peuple russe avaient engendré, après la révolution d'Octobre, un régime transitoire qui, dans sa phase la plus aboutie, conduirait nécessairement à une forme de fascisme oriental. En réalité, les deux régimes, russe et italien, étaient issus d'une situation révolutionnaire, mais, dans le cas particulier de l'Italie, la révolution fasciste, qui puisait ses origines dans le Risorgimento, avait trouvé son aboutissement en obtenant le large soutien populaire qui avait auparavant fait défaut aux mouvements du Risorgimento. Selon Spampanato, grâce à la Révolution bolchévique, le peuple russe « devenait enfin le protagoniste de son histoire »[1]. Toujours selon lui, la question n’était pas l’alternative tranchée entre « Rome ou Moscou », mais plutôt « Rome et Moscou » luttant sur des fronts séparés contre l’Europe décadente engendrée par la démocratie libérale[1]. Spampanato était également impressionné par l'État nouveau de Staline, qu’il décrivait comme un édifice totalitaire-démocratique exemplaire[1]. Avant tout, il comblait l'URSS d'éloges pour avoir placé la collectivité au cœur du nouveau régime politique, au lieu du matérialisme libéral, et d'avoir mis l'accent sur l'éducation totalitaire de la jeunesse[1].
Le débat suscité par l'article de Spampanato se poursuivit pendant plus d'un an et opposa des intellectuels proches de la gauche fasciste, tels que Sergio Panunzio, qui voyait dans les révolutions fasciste et russe « la diagonale du contact historique des deux grandes révolutions modernes », et des intellectuels liés à Giuseppe Bottai, d'obédience plus conservatrice, qui rejetaient toute dérive excessive à gauche. Spampanato était quant à lui un partisan du corporatisme fasciste dans lequel il voyait la continuation de la Charte de Carnaro proclamée par Gabriele D'Annunzio lors de régence italienne du Carnaro entre 1919 et 1920 à Fiume.
En 1932, il fonde les revues La Montagna et Politica Nuova et entre 1932 et 1935 publie les volumes Discorsi al popolo, La politica finanziaria della Destra storica, Popolo e Regime, Idee e baionette et enfin l'essai polémique Democrazia fascista . Entre 1935 et 1942, il publie de nombreux autres livres, dont L'Italia di noi et Uomini nel tempo. Aussi, dans le cadre de ses activités liées au droit du travail et au syndicalisme, il fut nommé en 1941 secrétaire national de la Confederazione dei Lavoratori del Commercio, tout en poursuivant sa carrière d'écrivain avec les ouvrages Dentro la Storia, Luce ad occidente et Perché questa guerra. Il s'engagea ensuite comme volontaire pour la guerre.
La République sociale italienne (RSI)
Après l'armistice du 8 septembre 1943, comme la plupart des sympathisants de la gauche fasciste, il se rangea immédiatement du côté de la République sociale italienne, pour laquelle il s'engagea également comme volontaire dans l'armée. Entre 1943 et 1944, il dirigea Il Messaggero à Rome et publia, toujours dans la capitale, A Roma si vive così. À Rome, il cumula son activité de journaliste avec celle de directeur de Radio Fante, qui diffusait des programmes radiophoniques destinés aux soldats italiens[2].

En , il figurait parmi les protagonistes du projet de Constitution de la République sociale italienne dans lequel il proposait de convoquer une assemblée constituante ouverte également aux forces politiques préfascistes, ainsi qu'aux formations apparues pendant le gouvernement Badoglio[2]. Il fut parmi les derniers à quitter Rome peu avant l'occupation alliée du , parvenant à transférer la radio vers le nord. À Milan, il fut affecté au commandement de la Xe Flottiglia MAS dont, à partir de 1945, il dirigea l'hebdomadaire L'Orizzonte[2] puis au Haut Commandement. L'Orizzonte vit le jour en , reprenant le flambeau de La Cambusa de Pasca Piredda ; seuls trois numéros furent publiés, le dernier en février.
Durant la République sociale italienne, Spampanato fut la cible de nombreuses attaques et menaces de mort de la part de stations de radio alliées (Radio Bari en particulier) et du gouvernement du Royaume du Sud. Il était considéré comme l'un des hommes les plus influents de la RSI, participant activement à la rédaction du Manifeste de Vérone et restant proche de Mussolini jusqu'à la fin, recueillant également des interviews et des confidences.
Le , anticipant la chute de la République sociale italienne, Spampanato, accompagné de vingt hommes du Xe MAS, se rendit au siège de Radio Fante, via Rovani, pour diffuser le dernier message[2]. Spampanato exhorta tous les soldats de la RSI à ne pas se démobiliser, mais à attendre la reddition des armées alliées, car même en cas de défaite, leur honneur serait préservé. Ce fut la dernière émission de radio de la République sociale italienne[3].
L'après-guerre : le Mouvement social italien et la « gauche-nationale »
À la fin de la guerre, Spampanato fut victime d'une purge et emprisonné. Libéré le suite à l'Amnistie Togliatti, il rejoignit le Mouvement social italien (MSI). Entre 1949 et 1951, il écrivit le Contromemoriale, d'abord publié en feuilleton dans L'Illustrato, sous une forme incomplète, puis dans une édition complète les années suivantes ( 1951-1952 ). L'année précédente, il avait été, pour une courte période, le premier directeur d'Il Secolo d'Italia[2]. Après la guerre, il fonda et dirigea les périodiques Sud illustrato, Noi et La Voce.
Au sein du MSI, il fut élu député à la Chambre des députés de Campanie en 1953. Déjà lié à la « gauche fasciste », il soutint, au sein du Mouvement social italien, la ligne de « gauche-nationale » opposée à la ligne atlantiste et pro-OTAN du MSI de droite, et fut élu, à l'issue du IVe congrès national tenu à Viareggio en 1954, à la direction nationale du parti . Il resta au Parlement jusqu'en 1958[3].
Il est mort en 1960 : à la Chambre des députés, sa mort a été accueillie par des condoléances des groupes parlementaires du MSI, de la Démocratie chrétienne, des Libéraux et du Parti démocrate italien, ainsi que du gouvernement en place à l'époque.
Publications
- Divenire fascista
- Le origini e lo sviluppo del Fascismo
- Un bilancio di partito
- Discorsi al popolo
- La politica finanziaria della Destra storica
- Luci ed ombre del secolo
- Trent'anni
- Popolo e regime
- Idee e baionette
- Democrazia fascista
- L'Italia di noi
- Uomini nel tempo
- Dentro la Storia
- Luce ad occidente
- Perché questa guerra
- A Roma si vive così
- Vita intima dei partiti nell'Italia occupata
- Contromemoriale