Ayelet Shaked

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GouvernementBennett-Lapid
PrédécesseurAryé Dery
SuccesseurAryé Dery
Ayelet Shaked
איילת שקד
Illustration.
Ayelet Shaked en 2021.
Fonctions
Ministre israélienne de l'Intérieur

(1 an, 6 mois et 16 jours)
Premier ministre Naftali Bennett
Yaïr Lapid
Gouvernement Bennett-Lapid
Prédécesseur Aryé Dery
Successeur Aryé Dery
Députée à la Knesset

(1 an, 8 mois et 20 jours)
Élection 17 septembre 2019
Réélection 2 mars 2020
23 mars 2021
Législature 22e, 23e et 24e
Successeur Yomtob Kalfon

(6 ans, 3 mois et 8 jours)
Élection 22 janvier 2013
Réélection 17 mars 2015
Législature 19e et 20e
Ministre de la Justice

(4 ans et 19 jours)
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Tzipi Livni
Successeur Amir Ohana
Biographie
Nom de naissance Ayelet Ben Shaul
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Tel-Aviv (Israël)
Nationalité Israélienne
Parti politique Likoud (jusqu’en 2012)
Le Foyer juif (2012-2018)
La Nouvelle Droite (2018-2021)
Yamina (2019, 2020-)
Diplômée de Université de Tel Aviv
Profession Ingénieur
Religion Judaïsme séculaire

Ayelet Shaked (en hébreu : איילת שקד), née le à Tel-Aviv, est une femme politique israélienne.

Élue députée à la Knesset pour le parti nationaliste Le Foyer juif en 2013, elle est ministre de la Justice de 2015 à 2019, au sein du quatrième gouvernement Netanyahou. Elle fonde La Nouvelle Droite en 2018. Entre 2021 et 2022, elle est ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Bennett-Lapid.

Ayelet Shaked, de son nom de jeune fille Ayelet Ben Shaul, est née à Tel Aviv en Israël au sein d'une famille bourgeoise d'origine russe et irakienne[1]. Sa mère, une enseignante de la Bible hébraïque, est ashkénaze (ses ancêtres faisaient partie de la première aliyah russe à la fin du XIXe siècle) et vote centre-gauche. Son père, né en Iran dans une famille juive irakienne ayant quitté cette région dans les années 1950, est comptable et vote pour le Likoud. Elle se décrit comme « à moitié irakienne et fière de l'être »[2].

Shaked grandit dans le quartier de Bavli à Tel Aviv. Elle déclare que sa passion pour la politique est née en regardant à huit ans un débat télévisé entre Yitzhak Shamir et Shimon Peres, durant lequel elle affirme avoir soutenu Shamir. À sa majorité, elle rejoint l'Armée de défense d'Israël et occupe rapidement le poste d’éducatrice et responsable culturelle dans la brigade Golani. C'est au cours de son service militaire qu'elle se tourne vers des idées d'extrême droite, au contact des « kippas tricotées », un mouvement religieux et colonialiste[3]. Après son service militaire, elle intègre l'université de Tel Aviv et obtient un master en ingénierie électronique et informatique. Elle travaille ensuite au service marketing de la société Texas Instruments.

Parcours politique

De 2006 à 2008, elle est directrice du cabinet de Benjamin Netanyahou[4]. Ce dernier doit s'en séparer à la demande de son épouse, Sara Netanyahou[1]. Entre 2010 à 2012, elle crée et développe le mouvement politique Mon Israël avec Naftali Bennett[5].

Depuis fin 2011, elle fait campagne contre l'immigration illégale en provenance d'Afrique, estimant que ceci représentait une menace pour l'État d'Israël et un problème pour son économie[6]. Elle fit aussi campagne contre la radio Galeï Tsahal, dont elle estime que la ligne éditoriale était politiquement de gauche[7], et contre les négociations avec les Palestiniens et la solution à deux États[5].

En , Ayelet Shaked est élue membre du comité central du Likoud. Mais en , elle démissionne et rejoint le parti Le Foyer juif. Le , elle se hisse à la troisième place lors des primaires de son parti pour les élections législatives de janvier 2013 mais dans le cadre d'une alliance entre son parti et l'Union nationale, elle n'est que cinquième sur la liste. Lors de ces 19e élections législatives israéliennes, elle est élue membre de la Knesset, le Parlement israélien, mais reste la seule élue laïque (au sens israélien du terme) parmi les onze autres députés du Foyer juif[Note 1].

Elle intègre la commission des affaires économiques, la commission parlementaire, la commission sur les travailleurs étrangers et de manière moins régulière la commission des finances. Elle préside le lobby pour les immigrants anglophones — les lobbies israéliens sont des groupes parlementaires se donnant pour mission le soutien d'individus ou de groupes clairement désignés[8] —, celui pour Jonathan Pollard et celui pour les agents infiltrés et elle participe à de nombreux autres lobbies de la législature 2013-2015[9],[10].

Ministre de la Justice du gouvernement Netanyahou

Ayelet Shaked avec le président Reuven Rivlin (2015).

Le , le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, quelques heures avant le délai limite que lui impose la loi pour former un gouvernement, nomme Ayelet Shaked ministre de la Justice[11],[12],[13]. Après avoir mené sous la précédente législature le combat pour le service militaire des ultra-orthodoxes, elle a pour ambition de diminuer les pouvoirs de la Cour suprême d'Israël[14].

Régulièrement victime d'attaques sexistes de la part de collègues députés et de journalistes, elle reçoit le soutien d'opposantes politiques comme Zehava Gal-On du parti de gauche Meretz[15],[4].

Le , elle annonce vouloir séparer en deux le poste de conseiller juridique au gouvernement. Ce dernier se verrait ainsi déchargé de la fonction de procureur général et ne garderait que le rôle proprement dit de conseiller juridique auprès du gouvernement[16].

Elle durcit significativement la législation répressive israélienne, tout particulièrement pour les Palestiniens vivant sous occupation israélienne. Elle a fait voter par la Knesset un projet de loi aggravant les peines de prison pour les lanceurs de pierres. Celles-ci sont passées de huit ans maximum à dix ou vingt ans, selon les cas. Pour accélérer la procédure, les autorités judiciaires n'auront pas à démontrer que les inculpés étaient « mus par une intention de nuire »[17]. Elle présente par ailleurs un texte qui étend la notion d'« organisation terroriste » aux fondations caritatives musulmanes opérant dans les territoires palestiniens occupés ou en Israël[17]. Toute personne ayant été bénévole dans une association caritative accusée de « complicité du terrorisme » s'exposera à une peine de prison pouvant aller jusqu'à 25 ans. D'autre part, les Palestiniens accusés de « terrorisme » verront leurs conditions de détention durcie[17].

Le , elle quitte Le Foyer juif pour créer La Nouvelle Droite, avec Naftali Bennett, en vue des élections législatives d'avril 2019[18]. Le parti échoue de 0,03 point à atteindre le seuil de 3,25 % pour entrer à la Knesset[19]. Elle perd donc son mandat de députée, avant d'être limogée par Benyamin Netanyahou le de son poste de ministre de la Justice[20],[21].

Elle s'allie avec les sionistes religieux de l'Union des partis de droite pour créer la coalition Yamina en vue des élections législatives israéliennes de septembre 2019[22], à l'issue desquelles elle est de nouveau élue députée. À la suite des élections législatives de 2020, Shaked se retrouve dans l'opposition à la Knesset avec les autres députés de la coalition Yamina.

Ministre de l'Intérieur du gouvernement Bennett

Le , elle devient ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Naftali Bennett.

Positionnement politique

Ayelet Shaked appartient à la mouvance du sionisme religieux[3]. Habituellement classée à l’extrême droite, elle défend des positions ultra-nationalistes, milite pour l'intensification de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens[17] et est partisane du Grand Israël[3].

Elle estime que la préservation de la nature juive de l’État est prioritaire, même au prix du refus d’octroyer des droits égaux aux citoyens non juifs, comme les Arabes israéliens[23].

La veille du kidnapping et du meurtre du jeune Palestinien Mohammad Abou Khdeir par des extrémistes juifs[24], Ayelet Shaked publie sur Facebook un article du journaliste Uri Elitzur où elle voue à l'enfer les terroristes palestiniens et leurs proches qui les aident[25]. Durant la guerre contre la bande de Gaza de 2014, appelée opération Bordure protectrice par l'armée israélienne, elle semble cautionner le meurtre de femmes palestiniennes pour les empêcher de donner naissance à des « petits serpents »[26]. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan compare l'état d'esprit d'Ayelet Shaked à celui d'Adolf Hitler[27],[28],[29]. Il cite ses propos : « Tout le peuple palestinien est notre ennemi. […] Israël devrait déclarer la guerre à l'ensemble du peuple [palestinien], ce qui inclut leurs personnes âgées et leurs femmes, leurs villes et leurs villages, leurs biens et leurs infrastructures »[30].

À l’origine de diatribes contre les Arabes et « l’ennemi » palestinien, elle s'attaque aux ONG de défense des droits de l’homme, qu'elle juge pro-palestiniennes. Elle fait ainsi adopter une loi sur leur financement pour réduire leur influence[31].

Parfois surnommée la « Dame de fer » en raison de son intransigeance dans la répression des crimes et des délits commis par les Palestiniens ainsi que pour ses positions nationalistes[17], elle est favorable à la peine de mort pour les individus ayant commis des actes terroristes[32], y compris pour ceux de confession juive qui auraient tué des enfants palestiniens[33],[34].

Vie privée

Elle est mariée à Ophir Shaked, pilote de chasse dans la Force aérienne et spatiale israélienne[35]. Le couple a deux enfants et la famille vit dans le quartier de Bavli à Tel Aviv.

Récompenses

Elle est élue « femme de l'année » par le magazine Forbes en 2017[36].

Elle a reçu en 2012 le prix israélien Abramowitz pour la critique des médias[37] (ici, sens positif du terme critique, signifiant l'amélioration de la qualité des médias à travers son analyse et sa critique)[38].

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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