Backlash (sociologie)

réaction violente d’une partie de la société face aux avancées progressistes en matière d'écologie ou de droits civiques From Wikipedia, the free encyclopedia

Le backlash, ou retour de bâton conservateur, regroupe les offensives réactionnaires contre les efforts visant à promouvoir les droits des femmes ou des minorités, ou encore la cause écologique. Ces réactions violentes de rejet peuvent se manifester par une opposition publique, des revirements politiques ou des affirmations culturelles, et sont souvent perçues comme des tentatives de restauration d'un ordre social ou politique antérieur.

La représentante américaine d'extrême droite Marjorie Taylor Greene et l'influenceuse anti-LGBT Libs of TikTok, le .
Manifestation à Berlin du NPD, parti néonazi allemand, avec le slogan suprémaciste White Lives Matter, le .

Origine du terme

Le terme anglais de backlash (littéralement « retour de fouet ») sert à exprimer une conséquence négative ou une réaction hostile. En français, il est traduit par les expressions « retour de bâton », « contrecoup », « ressac »[1], « régression », « revanche »[2] ou « retour de flammes »[3]. Son sens moderne désigne la réaction violente d’une partie de la société face aux avancées progressistes en matière d'écologie ou de droits civiques.

Dès le , paraît dans le New York Times un article intitulé « Ecological Backlash ». Il y est annoncé que le mouvement en faveur de la protection de l'environnement a déjà atteint sa maturité et suscite des réactions négatives, peu nombreuses, mais de plus en plus fortes[4].

Le mot est ensuite popularisé qu'en 1991, avec la parution de l'ouvrage Backlash : la guerre froide contre les femmes (prix Pulitzer en 1991[2]). L'autrice américaine Susan Faludi y dénonce la montée en puissance, tout au long des années 1980-90 et sur fond de progression de la droite chrétienne au sein de la société américaine, de discours visant à disqualifier le mouvement féministe. Cette propagande cherche alors à démontrer que tous les maux dont souffrent les femmes (de la dépression mentale aux maigres comptes d'épargne, des suicides d'adolescentes aux troubles de l'alimentation et au mauvais teint[2]) sont les conséquences des avancées des années 1970, notamment l'arrêt Roe vs Wade de 1973 légalisant le droit à l’avortement au niveau fédéral. Susan Faludi alerte ensuite sur la menace d’un retour en arrière dans différents aspects de la vie des femmes[1].

Analyse

Selon l’historienne Christine Bard, spécialiste de l’histoire du féminisme et de l’antiféminisme, le terme « backlash » permet de désigner un phénomène déjà connu comme récurrent : « après les poussées d’émancipation des femmes, on observe souvent une réaction politique qui provoque une régression des droits et des libertés des femmes ». De même, le concept « a le mérite d’insister sur la non-linéarité des progrès de l’émancipation des femmes » et permet de prendre conscience de la menace permanente qui pèse sur les droits des minorités[1].

Sur la question écologique, la situation peut paraître paradoxale. Alors que le réchauffement climatique et ses effets s’accélèrent, la répression des défenseurs de l’environnement s’intensifie, de même que le détricotage institutionnel de politiques de régulation environnementales, en Europe comme aux États-Unis[5]. Cette offensive contre les politiques écologiques provient de groupes d’intérêt pétroliers, industriels et politiques agissant sur le temps long. Selon l'historienne Laure Teulières, leurs stratégies a évolué et s'est durci, empruntant des techniques et une rhétorique déjà rodées par les lobbys cigarettiers : instiller le doute dans les esprits par de fausses controverses scientifiques, décrédibiliser les lanceurs d’alerte, feindre des actions écologiques (greenwashing), dénoncer une écologie dite « punitive », et enfin promouvoir des réponses technologiques, quitte à réserver ces solutions aux plus riches. La contre-offensive anti-écologique a redoublé ces dernières années, les politiques environnementales étant désormais accusées d’être à l’origine des crises, et les défenseurs de l’environnement criminalisés comme des terroristes[5].

La cause LGBT+ connaît aussi un « retour de bâton »[6]. Selon Eric Marcus, le backlash constaté dans plusieurs États américains est une conséquence logique de la plus grande visibilité des personnes LGBT+[7]. D'autres experts des droits de l'homme estiment à l'inverse, à propos notamment des tentatives de faire reculer les droits dans certains pays européens, que celles-ci sont le résultat d'une campagne ciblée plutôt qu'un backlash[8].

Exemples de backlash

Droits des femmes

Droits des minorités ethniques

Droits des personnes LGBT+

  • 2023 : la Cour suprême russe interdit les activités du « mouvement international LGBT+ » en le classant comme « mouvement extrémiste », permettant ainsi de criminaliser la défense de droits LGBTQ+[11].

Droits des personnes en situation de handicap

  • 2025 : l'administration Trump interdit à ses diplomates l'utilisation de la police de caractère Calibri, adopté en 2023 pour rendre les textes plus lisibles pour des personnes ayant des difficultés de lecture[12].

Écologie

Notes et références

Voir aussi

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