Marjorie Taylor Greene

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Élection3 novembre 2020
Législature117e, 118e et 119e
Marjorie Taylor Greene
Illustration.
Portrait officiel de Marjorie Taylor Greene.
Fonctions
Représentante des États-Unis

(5 ans et 2 jours)
Élection 3 novembre 2020
Réélection 8 novembre 2022
5 novembre 2024
Circonscription 14e district de Géorgie
Législature 117e, 118e et 119e
Prédécesseur Tom Graves
Successeur Clay Fuller
Biographie
Nom de naissance Marjorie Taylor
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Milledgeville (Géorgie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Diplômée de Université de Géorgie (BBA)

Signature de Marjorie Taylor Greene

Image illustrative de l’article Marjorie Taylor Greene
Représentants des États-Unis pour la Géorgie

Marjorie Taylor Greene, ou Marjorie Green, née le à Milledgeville, est une femme politique d'extrême droite américaine de l'État de Géorgie.

Elle est la candidate républicaine pour la 14e circonscription électorale de Géorgie aux élections de 2020, qu'elle remporte[1]. Elle attire l'attention sur la scène nationale américaine par son soutien à la théorie du complot d'extrême droite QAnon dans des vidéos Facebook, dont elle a tenté de se désolidariser par la suite[2]. Début 2021, ses appels à la violence contre des élus démocrates américains lui valent les sarcasmes de ses adversaires politiques[3].

En 2025, elle prend ses distances avec Donald Trump, notamment au niveau de sa politique étrangère, de ses résultats économiques qu'elle juge mauvais et de sa gestion de l'affaire Epstein. Elle perd alors le soutien d'une grande partie du camp républicain, et annonce en sa démission effective le .

Marjorie Taylor est née à Milledgeville, en Géorgie, le . Elle est diplômée du lycée South Forsyth à Cumming, Géorgie[4], et de l'université de Géorgie.

Carrière politique

Marjorie Taylor Greene lance sa candidature pour 2020 dans la 6e circonscription électorale de Géorgie, mais déplace sa campagne dans la 14e circonscription après que le titulaire Tom Graves a annoncé qu'il ne se présenterait pas à sa réélection[5]. Dans les jours précédant les primaires, Facebook retire une des vidéos de la candidate pour violation des conditions relatives à l'incitation à la violence ; en effet, dans cette vidéo, elle tient un fusil AR-15 et avertit les « antifas » de « rester hors du nord-ouest de la Géorgie » où se trouve la 14e circonscription[6].

Elle termine à la première place du premier tour des primaires et affronte John Cowan pour le second[7]. Elle bat Cowan pour remporter la nomination le et elle est considérée comme favorite des élections générales, car le 14e district vote généralement républicain[8]. Le 14e district a un indice de vote Cook Partisan de R + 27, ce qui en fait le 10e district le plus républicain du pays et le troisième district le plus républicain du fuseau horaire de l'Est. Parmi les districts de la Chambre des représentants de Géorgie, seul le 9e district voisin est plus républicain. Donald Trump a remporté le 14e avec 75 % des voix en 2016, sa huitième meilleure performance dans le pays[9]. Le lendemain de la victoire de Greene au second tour, Trump lui tweete son soutien, la décrivant comme une « future étoile républicaine » qui « est forte sur tout et n'abandonne jamais — une vraie GAGNANTE ! »[10].

En remportant les élections, elle est la deuxième femme du parti républicain à représenter la Géorgie à la Chambre. La première, Karen Handel, fut élue pour représenter le 6e district lors d'une élection partielle en 2017[11].

Marjorie Greene doit initialement affronter le néophyte démocrate Kevin Van Ausdal[12]. Cependant, le , Van Ausdal se retire de la course et cela la laisse sans opposition pour les élections générales[13]. Depuis la création du 14e district en 2012, aucun démocrate n'a remporté plus de 30 % des voix[14].

Prestation de serment, le .

Le , elle remporte les élections et est élue à la Chambre où elle siège à partir du [10].

Elle est un temps membre du Freedom Caucus, qui rassemble au Congrès la frange la plus radicale du Parti républicain, avant d'en être exclue en en raison de sa trop grande proximité avec Kevin McCarthy[15].

En , elle initie une motion pour obtenir la destitution de Mike Johnson, speaker de la Chambre des représentants, pourtant républicain et élu avec le soutien du Freedom Caucus[16].

Positionnement politique

Elle est positionnée à l'extrême droite[17],[18],[19]. Après le premier tour de scrutin de l'élection de 2020, Politico republie d'anciennes vidéos de Marjorie Greene dans lesquelles elle exprime des opinions racistes, antisémites et islamophobes, qui seront par la suite condamnées par les dirigeants républicains du Congrès des États-Unis, Kevin McCarthy et Steve Scalise.

Théories du complot

Marjorie Greene soutient la théorie du complot d'extrême droite QAnon, affirmant dans des vidéos publiées en 2017 sur Facebook que les théories « valent la peine d'être écoutées »[20],[21]. Marjorie Greene s'est par la suite désolidarisée de ces théories et rejette l'étiquette de « candidate QAnon »[2]. Elle déclare dans une vidéo : « Il y a une occasion unique de sortir de cette cabale mondiale de pédophiles adorateurs de Satan, et je pense que nous avons le président pour le faire »[22].

Dans une vidéo de 2017 publiée sur Facebook, Marjorie Greene affirme ne pas croire que l'auteur de la fusillade de 2017 à Las Vegas ait agi seul[23]. Dans une autre, elle traite George Soros, l'homme d'affaires juif et survivant de l'Holocauste, de nazi[24],[25]. Puis, après les élections de mi-mandat de 2018, elle déclare que l'élection d'Ilhan Omar et de Rashida Tlaib fait partie « d'un plan d'invasion islamique de notre gouvernement »[26].

En 2018, elle exprime son soutien à une théorie du complot selon laquelle aucun avion n'a frappé le Pentagone lors des attaques du , affirmant que « c'est étrange qu'il n'y ait jamais eu de preuve de l'avion au Pentagone », malgré les évidences des vidéos[27]. Elle admettra plus tard sur Twitter que sa théorie du complot du n'était « pas correcte »[2].

Elle estime que la fusillade de Parkland, perpétrée en 2018 dans un établissement scolaire de Floride (17 morts), pourrait être un coup monté pour porter atteinte au droit de porter des armes à feu[28].

Elle soutient que les incendies de 2018 en Californie ont été déclenchés par des « rayons laser spatiaux » (renommés « rayons laser spatiaux juifs secrets » par The New Yorker) alimentés par des « générateurs solaires [sic] spatiaux » et tirés par Pacific Gas and Electric Company (PG&E)[28],[29]. La controverse éclate en 2020 quand ces propos ressurgissent après sa victoire à la Chambre ; le lien explicite que fait Taylor Greene entre PG&E et la famille Rothschild fait dire aux médias que la député parle d'un complot juif[29],[30],[31],[32],[33]. Elle réactualise ce discours en 2024, expliquant qu'il faut utiliser une telle technologie pour lutter contre l'immigration illégale[32],[34]. Cette position est également climatosceptique, affirmant au passage de l'ouragan Helene, en , que le gouvernement démocrate utiliserait des « technologies de contrôle météorologique » orientant l'ouragan vers des régions majoritairement peuplées d'électeurs républicains[35]. Elle s'oppose aux lois restreignant la liberté d'expression pour combattre la haine antisémite en [36].

Politique étrangère

En , elle est l'un des huit seuls députés à voter contre la suspension des relations commerciales avec la Russie et elle publie en même temps une vidéo dans laquelle elle relaie la propagande russe à propos de l'invasion de l'Ukraine et du président Volodymyr Zelensky[17]. Elle estime que l'Ukraine est responsable de sa propre invasion en raison de son rapprochement avec l'Occident, qu'elle juge comme une provocation envers la Russie[37].

En , une fuite de documents confidentiels américains sur des opérations militaires à l'étranger impliquant les États-Unis, en particulier en Ukraine, est rendue publique. Taylor Greene prend alors la défense de Jack Teixeira, le militaire qui a rendu publics ces documents sur un serveur Discord. Pour Taylor Greene, Teixeira est un « ennemi du régime Biden » car il est un homme blanc chrétien et opposé à la guerre. Taylor Greene est accusée de soutenir un « traître », ce qui conduit Liz Cheney, elle aussi membre du Parti républicain, à demander le retrait de son habilitation de sécurité[38]. Elle est aussi blâmée par le sénateur républicain Lindsey Graham, qui considère qu'elle a pris une des positions les plus irresponsables qui soient[39].

En 2025, Marjorie Taylor Greene soutient une résolution de Bernie Sanders appelant les États-Unis à mettre fin à la famine à Gaza, et elle est la seule membre républicaine du Congrès à avoir qualifié les actions du gouvernement israélien de génocide à Gaza[40].

Prise de distance vis-à-vis de Trump en 2025

Au cours de l'année 2025 dans le contexte de la seconde présidence de Donald Trump, Taylor Greene commence à prendre ses distances avec les positions de Trump et de son parti. Elle rejette les critiques de Trump en , qui lui reproche d'avoir perdu son chemin, affirmant qu'elle est à 100 % en faveur du slogan Make America Great Again[41].

En , Greene critique l'intervention des États-Unis dans le conflit militaire entre Israël et l'Iran. Elle déclare que chaque fois que l'Amérique est « sur le point » de « réaliser de grandes choses », le pays se retrouve « empêtré » dans une nouvelle guerre à l'étranger, ajoutant que « ce n'est pas notre combat ». Peu après, elle publie un message indiquant qu'elle peut soutenir « Trump et beaucoup de choses formidables accomplies par son administration tout en étant opposée aux bombardements de l'Iran et à une nouvelle guerre chaude déclenchée par Israël », ce qui n'est « pas de la déloyauté ». En , Greene s'exprime sur la guerre en Israël et à Gaza ; l'attaque terroriste du Hamas du est horrible et tous les otages doivent être ramenés, « mais il en va de même pour le génocide, la crise humanitaire et la famine à Gaza »[42].

En , Taylor Greene durcit considérablement ses critiques à l'égard de Trump : elle lui reproche d'avoir rompu ses promesses envers sa propre base et d'avoir aggravé la situation économique de nombreux Américains. Elle dénonce la hausse des prix, la stagnation des salaires, l'augmentation des primes d'assurance et des loyers inabordables, ainsi que les mauvaises perspectives d'achat d'une maison pour les jeunes. Elle condamne également la politique de Trump en matière de politique étrangère, notamment son soutien à l'Ukraine et ses opérations militaires contre l'Iran, ainsi que son rôle dans le traitement des dossiers Jeffrey Epstein[43]. Elle critique particulièrement l'expiration des crédits d'assurance maladie liés à la pandémie, car cela entraînera une augmentation drastique des cotisations pour des millions de personnes, dont beaucoup dans sa circonscription.

Pendant la fermeture du gouvernement, elle critique le fait que le président Mike Johnson a envoyé la Chambre des représentants en vacances et que son parti n'a aucune vision concernant l'Affordable Care Act (Obamacare), ce qui entraînera une explosion des coûts de santé[44].

Le , Trump annonce qu'il retire son soutien à Greene parce qu'elle a critiqué à plusieurs reprises sa politique. Greene a auparavant demandé au gouvernement américain de rendre publics les dossiers concernant Jeffrey Epstein, un délinquant sexuel mort en 2019. Elle est l'une des quatre représentantes républicaines à la Chambre des représentants, aux côtés de Nancy Mace, Lauren Boebert et Thomas Massie, qui se joint à une motion des démocrates demandant la divulgation des dossiers Epstein[45].

Greene écrit sur X que Trump tente d'intimider les membres républicains du Congrès avant un vote décisif sur la divulgation des dossiers, prévu pour la troisième semaine de . Il est « vraiment étonnant de voir à quel point il se bat pour empêcher la publication des dossiers Epstein ». Greene critique également l'accent mis par Trump sur la politique étrangère. Trump annonce alors qu'il soutiendra l'adversaire de Greene lors des élections de mi-mandat du . Trump lui reproche d'avoir « beaucoup glissé vers la gauche »[46].

Le , elle annonce qu'elle démissionnera du Congrès le , affirmant ne pas souhaiter que « [son] district endure une primaire offensante et emplie de haine contre moi de la part du président pour lequel nous nous sommes tous battus, seulement pour être réélue pendant que les républicains perdent les élections de mi-mandat »[47].

Controverses

Propos controversés et extrémistes

Après le premier tour de scrutin de l'élection de 2020, Politico republie des vidéos anciennes de Marjorie Greene dans lesquelles elle exprime des opinions racistes, antisémites et islamophobes et qui sont par la suite condamnées par des membres du Congrès des États-Unis, à savoir Kevin McCarthy et Steve Scalise, ainsi que dans les médias[21],[25].

Le , elle est soumise à une enquête du Parti républicain visant à déterminer si elle peut continuer à siéger dans des comités du Congrès à la suite de ses allégations infondées et critiquées, à la suite de quoi ses collègues lui ont majoritairement accordé leur confiance[48]. Le lendemain , toujours en raison de ses propos extrémistes, la Chambre des représentants des États-Unis vote majoritairement pour son exclusion de deux comités (budget ; éducation et travail). Elle affirme de ne plus s'exprimer ainsi depuis longtemps, mais Steny Hoyer (le leader de la majorité à la Chambre) présente une photo où elle s'est représentée avec trois cibles qui sont trois élues démocrates (Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar et Rashida Tlaib), tandis qu'elle-même tient un fusil d'assaut AR-15, photo qu'elle a légendée : « Le pire cauchemar, c'est le Squad », autrement dit elle entend « subtilement » qu'il faudrait éliminer par les armes ce groupe informel qu'ont constitué ces trois parlementaires de couleur[49].

À la suite de tweets et de déclarations controversées[50], elle est accusée[Par qui ?] de provoquer des tensions dans la société américaine[51], notamment en raison de ses positions sur les vaccins[52] et sur la guerre en Ukraine[53], ce qui favorisait l'aile la plus extrême du Parti républicain[54],[55][évasif]. Son compte Twitter est suspendu en 2022 ; elle est ensuite réintégrée, après le rachat de ce réseau fin par Elon Musk[56],[57].

Appels à la violence envers les élus démocrates

Dans une vidéo Facebook de , filmée par Marjorie Taylor Greene, elle s'associe à une pétition en ligne adressée à la Maison-Blanche, qui demande la destitution de Nancy Pelosi pour une prétendue trahison, à savoir son opposition à la construction du mur de Trump. Elle y déclare : « C'est un crime passible de la peine de mort, parce que c'est une trahison… ». Dans plusieurs vidéos diffusées en direct sur Facebook en , Greene suggère que Pelosi « subisse la peine de mort ou soit emprisonnée » pour « trahison », et cela sans procès. Greene a aussi estimé que la représentante démocrate Maxine Waters était « tout aussi coupable de trahison que Nancy Pelosi »[58].

Sur son compte Facebook, en 2018 et en 2019, Marjorie Taylor Greene exprime son soutien à l'exécution des principales personnalités politiques démocrates, à savoir l'ancien président Barack Obama, l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi. Elle a aussi soutenu l'exécution d'agents du Federal Bureau of Investigation (FBI), comme le rapporte CNN en [58],[59].

Ainsi (en ), à un internaute qui se demandait sur Facebook « Maintenant pouvons-nous les pendre ?? » (« Now do we get to hang them ?? »), le compte de Marjorie Taylor Greene avait répondu : « La scène est en cours de préparation. Les acteurs sont en train de se mettre en place et nous devons être patients, car cela doit être fait avec perfection, sinon des juges progressistes les laisseront partir »[58]. Interrogée par CNN, Greene n'a pas nié l'authenticité des propos rapportés, mais a affirmé que ces contenus ne représentaient pas ses opinions, que la chaîne s’était concentrée sur une époque antérieure à sa candidature, et que ce sont « des équipes » qui gèrent ses pages sur les réseaux sociaux[58],[59].

En , ajoute CNN, Greene a « aimé » (liké) sur Facebook un commentaire selon lequel « une balle dans la tête serait plus rapide » pour destituer la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi. Elle a ensuite aussi « aimé » des commentaires sur l'exécution d'agents du FBI qui, à ses yeux, faisaient partie de « l'État profond » travaillant contre Trump[58].

Fin , l'organisation de défense progressiste People For the American Way a officiellement appelé à exclure Marjorie Taylor Greene de la Chambre des représentants à cause de ses commentaires provocants et insultants ; mais la réussite de cette procédure exigerait l'appui des deux tiers des membres de la Chambre[60].

Le , Marjorie Greene partage un mème sur sa page Facebook se représentant tenant un fusil de style AR-15 à côté d'un collage de photos des femmes démocrates de la Chambre des représentants : Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar et Rashida Tlaib. Elle affirme qu'il est temps pour les républicains « de commettre des délits contre ces socialistes qui veulent déchirer notre pays »[61]. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, dénonce le mème comme une « dangereuse menace de violence » et Ilhan Omar exige que le mème soit supprimé après avoir affirmé qu'il avait déjà déclenché des menaces de mort. En réponse aux questions de Forbes sur la question de savoir si le mème est une menace, un porte-parole de sa campagne qualifie la suggestion de « paranoïaque et ridicule » et de « théorie du complot »[62]. Facebook supprime le mème le lendemain parce qu'il a enfreint sa politique contre l'incitation à la violence, ce à quoi Marjorie Greene rétorque : « Les démocrates tentent de m'ostraciser avant même que j'aie pu prêter serment »[63].

À la tribune du Congrès, elle a assimilé le Parti démocrate aux Nazis et comparé les mesures de sécurité liées au Covid-19 à la persécution des Juifs pendant l'Holocauste[64],[65],[66], s'excusant plus tard pour cette comparaison[67]. Elle a utilisé le terme « Gaspacho » au lieu de « Gestapo » en en parlant de la « police » de Nancy Pelosi[68].

Vie privée

Notes et références

Liens externes

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