Barbara Lefebvre

enseignante française From Wikipedia, the free encyclopedia

Barbara Lefebvre, née le à Paris, est une enseignante, essayiste et chroniqueuse française. Après avoir enseigné dans un collège de banlieue dans les années 2000 et témoigné dans l'ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République (2002), elle devient chroniqueuse depuis 2019 dans Les Grandes Gueules sur RMC et, de 2019 à 2022, sur LCI. Elle est également chroniqueuse sur la chaine israélienne i24News.

Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (54 ans)
Paris (France)
Nom de naissance
Barbara Paule Lefebvre
Nationalité
Faits en bref Naissance, Nom de naissance ...
Barbara Lefebvre
Barbara Lefebvre lors de l'émission Les Grandes Gueules, Reims, 2025
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (54 ans)
Paris (France)
Nom de naissance
Barbara Paule Lefebvre
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Fermer

Biographie

Formation et débuts universitaires

Barbara Lefebvre suit une formation en histoire[Laquelle ?] à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne entre 1994 et 1996. Ses recherches portent sur la période précoloniale et les débuts de la colonisation au Soudan occidental (actuel Mali)[1], notamment sur la figure de Mademba Sy, roi de Sansanding, et sur les processus d'ethnicisation au début de la période coloniale.

Au milieu des années 1990, elle réside une année à l'université hébraïque de Jérusalem[2], où le , l'autobus qui précédait le sien est soufflé par l'explosion d'une bombe, causant la mort de plusieurs étudiants qu'elle connaissait[3].

Carrière enseignante

À partir de 1998, elle enseigne l'histoire-géographie dans le secondaire[1]. Elle est titulaire d'une maîtrise de lettres modernes sur Gustave Flaubert (Paris Sorbonne Nouvelle, 2001).

Enseignante dans un collège de Colombes, elle se dit marquée par les réactions de ses élèves aux attentats du 11 septembre 2001. En 2003, elle est auditionnée, en tant que professeure par la Commission Stasi[réf. nécessaire], dont les travaux conduiront à la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises votée en mars 2004[3].

Engagements et missions

En 2004, elle entre à la Licra et copréside avec Alain Seksig la Commission Éducation, restant membre active du bureau exécutif jusqu'à sa démission en [1]. De à , elle est chargée de mission au Haut Conseil à l'intégration (HCI) et participe à la mission Laïcité, contribuant à la rédaction d'un rapport de l'Inspection de l'Éducation nationale sur le sujet[1],[4].

Travaux récents et associations

Depuis 2014, elle est enseignante spécialisée, s'intéressant aux conditions de scolarisation des élèves avec des troubles du spectre autistique[1].

Depuis , elle est présidente de l'association Voir et Dire ce que l'on voit, créée après le procès intenté à l'historien Georges Bensoussan par le Collectif contre l'islamophobie en France. L'association dénonçait la judiciarisation du débat d'idées en France et a été dissoute par ses fondateurs en 2024.

Présence médiatique et analyses

Témoignages et ouvrages

En 2002, Barbara Lefebvre contribue à l'ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République sous la direction d'Emmanuel Brenner (pseudonyme de Georges Bensoussan). Elle y livre un témoignage personnel sur la montée de l'antisémitisme et du sexisme dans les établissements scolaires des zones urbaines sensibles et dénonce l'inertie des autorités face à la haine anti-juive et anti-occidentale de certains jeunes se réclamant de leur identité musulmane. Elle participe activement à la médiatisation de l'ouvrage entre 2003 et 2005, à travers des interventions télévisuelles, radiophoniques et des conférences. La revue Valeurs actuelles souligne que cet ouvrage confirmait, avant l'heure, un rapport de l'Inspection générale de l'Éducation nationale, connu sous le nom de rapport Obin[3].

En 2005, dans Élèves sous influence, coécrit avec Eve Bonnivard (désormais connue sous le nom de Eve Szeftel[5]), elle analyse la manière dont le terrorisme est présenté par certains manuels scolaires, selon elle avec un a priori idéologique anti-américain et une simplification excessive[6],[7].

Entre 2006 et 2009, elle fait partie du comité éditorial de la revue Controverses dirigée par Shmuel Trigano, et de 2006 à 2009, elle est membre du comité éditorial du mensuel néoconservateur Le Meilleur des mondes (publié chez Denoël).

Elle publie de nombreuses tribunes libres dans la presse française de droite conservatrice[8] (FigaroVox, Causeur, Valeurs actuelles)[9] sur la question scolaire et éducative, l'antisémitisme, la défense de la laïcité républicaine[10].

En 2018, dans Génération « j'ai le droit », elle décrit son expérience face à une génération d'élèves et de parents qui, selon elle, privilégient leurs droits individuels sur l'intérêt général. Elle y analyse une crise de l'autorité scolaire, renforcée par l'essor des réseaux sociaux, et ses conséquences sur la capacité intégratrice de l'école[11].

Chroniqueuse et contributions régulières

Depuis 2019, Barbara Lefebvre est chroniqueuse dans l'émission de radio-télévision Les Grandes Gueules, présentée par Alain Marschall et Olivier Truchot sur RMC et RMC Story[12]. En 2020, elle intervient régulièrement sur LCI.

À partir de 2020, elle rédige régulièrement des articles dans la revue Front populaire, dirigée par Michel Onfray et Stéphane Simon, principalement sur les problématiques liées à l'enseignement[13],[14],[9]. En 2022, elle publie 2022. Les Français ont choisi (Plon), une analyse fondée sur une enquête Ifop sur les attentes des électeurs à la veille de l'élection présidentielle[15].

Controverses

En juin 2025, les sociétés des journalistes de BFMTV et RMC demandent son exclusion de leurs antennes, après son animation d'un quiz sur « la part de civils gazaouis morts depuis le début de la guerre » lors d'un gala de l'armée israélienne et l'expression de son souhait de « vider Gaza »[16],[17].

Prises de position et polémiques

Classification politique

Selon Le Parisien, Barbara Lefebvre est classée parmi les conservateurs depuis sa participation à l'ouvrage collectif Les Territoires perdus de la République. Jean-Yves Camus la place également dans ce camp politique[11],[18]. En 2004, Alain Gresh la qualifie de « pseudo-spécialiste de l'islam », aux côtés de coauteurs d'un hors-série de la revue Cités[19].

Polémique Fillon (2017)

En , à l'occasion d'un échange en direct avec Emmanuel Macron dans L'Émission politique sur France 2, elle est interrogée par le journaliste Karim Rissouli au sujet de son engagement politique. Il lui reproche de ne pas avoir déclaré son soutien à François Fillon, candidat Les Républicains[20], alors qu'elle avait participé à trois tables rondes organisées par l'association « Familles avec Fillon » sur le handicap à l'école[21]. Lefebvre déclare qu'elle n'intervenait qu'en tant que professeur et dément toute affiliation officielle à la campagne[8],[22],[23]. Quelques jours plus tard, elle publie une tribune dans FigaroVox confirmant son soutien à Fillon[24].

Engagements publics

Elle est signataire, le de l'appel de 17 intellectuels intitulé « Que la vérité soit dite sur le meurtre de Sarah Halimi »[25]. En , elle signe le « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » paru dans Le Parisien[26].

Déclarations sur l’euthanasie (2021)

Le , sur le plateau de l'émission 24 heures Pujadas (LCI), Barbara Lefebvre se positionne contre l'euthanasie et le suicide assisté, déclarant : « Je vais être très triviale : quand on vous annonce une maladie incurable, vous n’êtes pas encore en état végétatif, eh bien, vous sautez d’un pont »[27],[28]. Cette déclaration suscite une polémique médiatique.

Déclarations sur les gens du voyage (2024)

En avril 2024, Barbara Lefebvre provoque une controverse après des propos tenus dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, dans lesquels elle affirme que les gens du voyage « n’ont pas les codes d’une société civilisée »[29], évoque des pratiques violentes et des mauvais traitements envers des animaux, et suggère qu’ils devraient se faire soigner « dans le pays des gens du voyage ». Le 4 février 2026, son procès s’ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris, où elle est poursuivie pour injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie ou une prétendue race[30].

Déclarations sur Gaza et la politique internationale (2025)

Le , sur i24, elle déclare que « les civils de Gaza sont autant responsables que les membres du Hamas et du djihad islamique. Cela devra être payé au prix fort »[31] et soutient le projet de Donald Trump visant à transformer la bande de Gaza en « zone vierge ». Ces propos provoquent des contestations sur les réseaux sociaux et un rappel à l'ordre de RMC, qui l'écarte temporairement de ses antennes[32],[17]. Selon Libération, il s'agit d'un appel au nettoyage ethnique[33].

En mai 2025, elle anime le gala de l'association Diaspora Defense Forces, lors duquel elle pose une question, dans la cadre d'un jeu-concours[34], sur le pourcentage de civils morts à Gaza qui suscite l'intervention du député Aymeric Caron auprès du procureur de la République pour « apologie de crimes d'atteinte à la vie, apologie de crimes de guerre, apologie de crimes contre l'humanité, voire complicité desdits crimes »[33].

Ouvrages

  • Les Territoires perdus de la République, sous la dir. de Georges Bensoussan, éd. Mille et une nuits 2002 ; rééd. augmentée éd.Hachette Pluriel 2015
  • Élèves sous influence, co-écrit avec Eve Bonnivard (désormais connue sous le nom de Eve Szeftel[5]), éd. Audibert, 2005
  • Comprendre les génocides du 20e siècle. Comparer-enseigner, co-écrit avec Sophie Ferhadjian, éd. Bréal, 2007
  • L'Image des Juifs dans l'enseignement scolaire, co-écrit avec Shmuel Trigano, éd. du Nadir, 2008
  • Une France soumise. Les voix du refus, sous la dir. de Georges Bensoussan, éd. Albin Michel, 2017
  • Autopsie d'un déni d'antisémitisme. Autour du procès fait à Georges Bensoussan, ouvrage collectif, éd. L'Artilleur, 2017
  • Génération « J'ai le droit » : la faillite de notre éducation, Paris, Albin Michel, , 240 p. (ISBN 978-2-226-39821-5)
  • C'est ça la France… : qu'a-t-on fait pour mériter ça ?, Paris, Albin Michel, , 224 p. (ISBN 978-2-226-43952-9)
  • 2022. Les Français ont choisi, en collaboration avec l'Ifop, Paris, Plon, 2022, 252 p. (ISBN 978-2-259-31162-5)

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI