Ève Szeftel

journaliste française From Wikipedia, the free encyclopedia

Ève Szeftel, née le , est une journaliste française. Elle est directrice de la rédaction de Marianne depuis 2025.

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Ève Szeftel
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Biographie

Naissance et études

Née lé , Ève Szeftel est diplômée de Sciences Po Paris et d'une licence de lettres modernes[1]. Elle est d'ascendance juive marocaine par sa mère (nom de famille : Attias) et d'ascendance jurassienne par son père (nom de famille : Bonnivard)[2].

Carrière

Début à l'AFP

En 2001, Ève Szeftel intègre l’Agence France-Presse, au sein de laquelle elle exerce pendant deux décennies. Elle couvre, depuis New York, les attentats du 11-septembre 2001, avant de rejoindre le bureau économique de l’agence à Paris. En 2014, elle est affectée au bureau de Bobigny (Seine-Saint-Denis), où elle suit durant plusieurs années l’actualité de la banlieue nord-est parisienne[1]. Elle poursuit ensuite sa carrière au service économique de l'agence.

Journaliste à Libération

En 2021, Ève Szeftel rejoint le quotidien Libération recrutée par le nouveau directeur général Denis Olivennes. Plusieurs sources la présentent, à partir de cette période, comme une proche de ce dernier[3].

Directrice de rédaction chez Marianne

En , elle quitte Libération et devient directrice de la rédaction de Marianne[4], nommée par Denis Olivennes[5]. Szeftel annonce son intention de poursuivre une « ligne républicaine et sociale, universaliste et laïque, aussi intraitable avec l'antisémitisme qu'avec le racisme »[6] et affirme, dans son premier éditorial, que le magazine occupera désormais « une place centrale, entre l'empire du mal, qui penche vers l'extrême-droite, et l'empire du bien, qui incline vers l'extrême-gauche »[6].

Le , la rédaction de Marianne adopte une motion de défiance contre sa directrice, Ève Szeftel (71 % des voix, 92 % de participation)[7], en l'accusant notamment d'un management jugé "brutal", de dénaturer l'identité "non-alignée" du titre et de "manquements graves et répétés à l'éthique journalistique", dont un voyage de presse en Israël non mentionné dans des articles sur Gaza[8]. Selon Le Figaro, la crise s'explique aussi par un contexte social dégradé et une forte réduction des effectifs[9].

Dans un message à la rédaction, Ève Szeftel affirme vouloir poursuivre la défense du pluralisme, dans le respect des faits et de leur complexité[10]. In fine le propriétaire CMI France annonce lui renouveler son soutien[11].

Le 9 Octobre, l'Informé publie un texto envoyé par Eve Szeftel à Fabrice Arfi, de Mediapart, dans lequel elle le sollicite relativement à un article que Mediapart publie cependant[12]. Ce texto, assimilé par certains membres de Marianne à « une tentative de solliciter la censure du papier » aurait, selon la publication, accentué les tensions au sein de la rédaction de Marianne[13],[14].

Le même jour, dans un entretien à Le Figaro, Ève Szeftel regrette des « tentatives d’instrumentalisation » des débats internes dans la presse, qu'elle attribue notamment à son intention de refuser toute approche militante et de mettre en avant les thématiques prioritaires des lecteurs - sécurité, immigration, pouvoir d’achat. Le Figaro indique que les ventes au numéro seraient passées d’environ 16 000 exemplaires en mai à 19 000 à l’automne 2025 ; quant aux abonnements internet, ils plafonneraient encore sous les 20 000 abonnés[9].

Le , CMI nomme Aurélien Viers directeur-adjoint de la rédaction de Marianne pour tenter de pacifier les relations entre Ève Szeftel et la rédaction[15].

En , Ève Szeftel porte plainte pour cyberharcèlement à caractère antisémite, qui se serait intensifié après la motion de défiance[16],[17],[18].

Elle est à nouveau critiquée par la rédaction au printemps 2026. Un se ses articles à la « tonalité partisane », mettant an avant le collectif sioniste « Nous vivrons » fait débat. Elle est également accusée d'avoir interféré sur un article au sujet du travail de Richard Ferrand, un proche de Daniel Kretinsky à qui appartient Marianne, à la tête du Conseil constitutionnel, ce qu'elle conteste[19].

Collaborations extérieures

En 2005, elle cosigne avec Barbara Lefebvre l'ouvrage « Élèves sous influence » aux éditions Louis Audibert[20],[21], accusant l'école de « fabriquer des élèves profondément antiaméricains »[réf. à confirmer]. Elles dénoncent notamment le traitement dans les manuels scolaires des attentats du 11- qui s'alignerait sur les « prétextes politiques avancés par Ben Laden »[22]. Dans une critique de l'ouvrage, Le Monde estime cependant que « la charge est tellement forte qu'on ne peut s'empêcher d'éprouver un malaise à la lecture de l'ouvrage »[22].

En 2006 et 2007[20], elle collabore à la revue d'opinion néoconservatrice Le Meilleur des mondes[23], formée autour du Cercle de l'Oratoire.

Elle anime pendant environ dix années sur RCJ (Radio de la communauté juive) l'émission Mémoires Vives, de la Fondation pour la mémoire de la Shoah[24].

Positionnements

Elle se réclame de la gauche universaliste[25]. Elle se montre critique vis-à-vis de la ligne défendue par Olivier Faure et dénonce l'alliance du Parti socialiste avec La France insoumise au sein du Nouveau Front populaire[20][réf. à confirmer].

En , elle affirme au média Arrêt sur images vouloir faire du journalisme un « projet civique » qui a pour but de « ramener les lecteurs dans le giron républicain » et de les éloigner des « extrêmes »[26].

Après les attentats du 7 octobre 2023 en Israël, elle se définit comme « sioniste et propalestinienne », militant pour la solution à deux États au conflit israélo-palestinien[25].

À Libération puis à Marianne, elle prône une approche prudente et contradictoire du conflit à Gaza[26]. En , elle écrit sur X que le « droit légitime d’Israël à se défendre ne peut pas se transformer en pulsion incontrôlée de vengeance »[26]. Selon le média web TV Blast, ses réserves quant à l'accusation de « génocide » à l'encontre d'Israël auraient induit des tensions au sein de la rédaction de Marianne[20].

En , elle déclare au Figaro : "Je ne dirais pas que Marianne est pro-Israël, mais je ne laisserais pas qualifier le Hamas de mouvement de résistance dans nos pages, de même que nous parlons de massacre à Gaza sans nous positionner pour autant comme anti-Israël. Il faut traiter ce sujet avec rigueur, complexité et responsabilité"[9].

Le Maire et les barbares : accueil et controverses

Le , elle publie Le Maire et les barbares, édité chez Albin Michel, une enquête dans laquelle elle accuse le député de Seine-Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde, d'avoir conclu un pacte pour le pouvoir avec la voyoucratie locale et les islamistes[27]. Elle révèle qu'à l'époque où il était maire de Drancy, Lagarde a logé, dans le parc HLM de la ville, Lynda Benakouche, la compagne de Jean-Christophe Soumbou, numéro deux du gang des Barbares responsable de l'assassinat d'Ilan Halimi. Le député-maire a aussi financé son association d'aide aux devoirs et facilité son embauche à la mairie de Bobigny. Ce faisant, il aurait contribué indirectement à la libération anticipée, en , de Soumbou, qui a pu présenter de solides garanties de réinsertion[28].

Le livre fait la une du Point[29] et fait l'objet de nombreuses recensions dans les médias écrits[30] et audiovisuels[31], en pleine campagne des municipales et alors qu'Emmanuel Macron annonce un premier plan d'actions contre le « séparatisme islamiste »[réf. nécessaire].

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, annonce avoir déposé plainte en diffamation contre le livre et la journaliste, qu'il accuse d'être à la solde de l'opposition socialiste[32]. Le SNJ-CGT publie un communiqué en défense de la journaliste, dans lequel le syndicat s'insurge de la violence des attaques du député et de ses insinuations sexistes[33].

En , l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati annonce avoir saisi le procureur de Paris et le procureur national financier pour qu'ils ouvrent une enquête sur les révélations du livre[34].

En , Le Canard enchaîné révèle l'ouverture de plusieurs enquêtes judiciaires à la suite des révélations du livre, visant Jean-Christophe Lagarde ou son bras droit à Bobigny Christian Bartholmé, qui font suite à une enquête ouverte contre lui en pour détournement de fonds publics[35].

Le , la cour d'appel de Paris met hors de cause Ève Szeftel pour les supposés faits de diffamation dénoncés par Jean-Christophe Lagarde, au motif de vices de procédure et de délai de prescription[36]. Jean-Christophe Lagarde déclare ainsi à l'AFP que la justice n'a jamais évalué le contenu factuel du livre[37].

Ouvrages

  • Elèves sous influence, chez Louis Audibert, 2005
  • Le Maire et les barbares, chez Albin Michel[28], 2020

Notes et références

Liens externes

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