Bataille de Porto Delphino

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Date
Lieu Porto Delfino (actuel Kolokythia), Chios
Issue Victoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Bataille de Porto Delphino
Informations générales
Date
Lieu Porto Delfino (actuel Kolokythia), Chios
Issue Victoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Belligérants
Drapeau des chevaliers hospitaliers Hospitaliers Empire ottoman
Commandants
Chevalier d'Hocquincourt
Chevalier de Tourville
Memmi-Pacha Oglou
Forces en présence
frégate
300 hommes
24 puis 34 galères
17 000 hommes
Pertes
17 morts
48 blessés
300 janissaires
Coordonnées 38° 28′ 42″ nord, 26° 07′ 42″ est
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Bataille de Porto Delphino

La bataille de Porto Delphino ou Porto Delfino est une bataille navale qui oppose une frégate de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandée par le chevalier d'Hocquincourt, à une trentaine de galères turques, le à Porto Delfino (petit port connu de nos jours sous le nom de Kolokythia, Langadas ou Lagkada), sur la côte orientale de l'île de Chios, en Grèce. Malgré le déséquilibre des forces en présences, les galères ottomanes se retirent après plusieurs heures de combat.

En 1665, les deux hommes se couvrent d'une gloire encore plus grande, qui revient surtout à Hocquincourt, pour la hardiesse et l'habileté de ses manœuvres. Le , après avoir poursuivi un pirate, qui lui avait échappé à la faveur de la nuit, vers Mytilène, d'Hocquincourt entre dans le boghas ou canal de Chios, et mouille dans la grande calanque de Porto Delfino[1]. Voici le récit de la bataille que donne l'historien du XIXe siècle La Roncière[2] :

Galères par Pierre Puget- vers 1655

« Le , leur frégate venait d'entrer avec une riche prise dans le port de Kolokithia (Porto Delfino), sur la côte orientale de l'île de Chio, quand vingt quatre galères de Memmi-Pacha Oglou surgissent à l'entrée de la rade.

La partie sud du port est couverte par l'îlot de San Stefano, « L'écueil des Vignes ». Dans l'étroit chenal qui s'isole de la pointe Pali, Hocquincourt s'engagea pour tâcher de gagner le large. La bonasse l'empêcha d'avancer. Et les galères turques, se dérobant à ses redoutables batteries de flanc, contournèrent l'îlot pour l'attaquer par derrière ... leur meute, rangée en demi-cercle donnait de la voix des gros canons de coursives, que soutenaient les arquebusades des janissaires débarqués sur l'écueil.

Du haut de la poupe où ses mousquetaires tiraient « en bel ordre » à l'abri de « paillets », Hocquincourt dirigeait la défense. Tourville, des quatre pièces d'arrière « chargée à cartouches » faisait un carnage affreux parmi les équipages et la chiourmes. Comme pour narguer l'ennemi, les sculptures de la poupe figuraient deux Turcs prostrés devant une comète fulgurante. Les Turcs la criblaient de flèches dont l'une aurait atteint Hocquincourt au cœur, sans la bonne épaisseur de son pourpoint. Un boulet lui avait passé entre les jambes, son chapeau était percé de balles et ses vêtements couverts de sang ... Son valet de chambre, à son côté, était tombé décapité. Mais rien ne pouvait ébranler la « grande fermeté d'esprit » du chevalier.

Tout à coup, Memmi-Pacha Oglou fonça sur notre vaisseau avec une telle violence qu'il le projeta hors du chenal. Un Turc qui se hissait sur le triquet pour arracher notre bannière fut abattu d'un coup de pistolet par le chevalier du Moulin, bientôt frappé lui-même. Mais le capitaine ne put tenir sous la mitraille des pièces de Tourville, sous la grêle de nos grenades et la pluie de nos lances à feu ... au bout d'une demi-heure « d'un grand carnage, elle scia (recula) toute en désordre, laissant pour trophée de sa honte son nez » ... son éperon demeura planté dans notre poupe. Aucune autre galère ne se risqua à l'abordage ... mais toutes, « avec de grandes huées », par trois fois exécutèrent de près d'effroyables décharges. Impassible, Hocquincourt attendait l'assaut, cimeterre au poing, ayant remis au fourreau la fameuse épée que portait son père le maréchal lors du forcement des lignes d'Arras.

Il y avait cinq heures que durait la bataille. Vers deux heures parurent dix autres galères que Dourach-bey amenait de Smyrne avec une cargaison de munitions. Mais le vent s'était levé ... notre vaisseau virant de bord, présenta le flanc aux galères qui s'éparpillèrent comme une volée d'oiselles, « pour ne pas être cueillies par la formidable artillerie des chrestiens ». Trente quatre galères laissaient notre vaisseau « maistre du champ de bataille ». Dix-sept mille hommes prenaient la fuite devant trois cents ... Le bilan de nos pertes ne dépassait pas dix-sept morts et quarante-huit blessés, et parmi ceux-ci, presque tous les chevaliers, tandis que les janissaires à eux seuls comptaient plus de trois cents morts ... Durant quinze jours la flotte turque avariée ne put prendre la mer ... »

Conséquences

Notes et références

Voir aussi

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