Siège de Nice (1543)
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| Date | de mi-juin au |
|---|---|
| Lieu | Nice |
| Issue | Échec du siège de la citadelle. Retrait des Franco-turcs. |
| Khayr ad-Din Barberousse Antoine Escalin des Aimars Salah Raïs François de Bourbon, comte d'Enghien Le Chevalier d'Aulx Adhémar de Grignan Léon Strozzi Jean-Baptiste Grimaldi, seigneur d'Ascros Gaspard de Caïs |
Andrea Doria André de Monfort Paul Siméon de Balbs Louis de Castellar Jacques Provana de Leyni Otton Provana de Leyni Mathieu Badat Marc-Antoine Galléan Jean-André Tonduti, comte de Falicon Ludovic de Prey, seigneur de Courcelles |
| 142 galères 30 000 soldats |
600 cavaliers 500 lansquenets 6 compagnies d'arquebusiers 50 fantassins 500 hommes de milice et 200 citoyens volontaires (citadelle) |
| Coordonnées | 43° 42′ nord, 7° 16′ est | |
|---|---|---|
Le siège de Nice eut lieu autour des enceintes de la ville puis de la citadelle de juin à . Il se déroula dans le cadre de la Neuvième guerre d'Italie (1542-1546).
Le point culminant fut atteint au mois d'. Durant vingt jours, vingt mille Franco-Turcs, sous les ordres du comte d’Enghien, mirent le siège devant la ville puis le château pendant que 120 galères de combat de la Sublime Porte, commandées par Khayr ad-Din Barberousse (au service du sultan Soliman le Magnifique), attaquèrent Nice par la mer. Cette armada était accompagnée de 40 galiotes, 4 mahonnes et 22 galères françaises.
Après avoir réussi à prendre la ville, les assiégeants franco-turcs échouèrent face à la résistance acharnée du château et se retirèrent les 8 et devant l'arrivée des troupes impériales conduites par Charles II de Savoie et le marquis Del Vasto.
Le casus belli
Les relations entre la France et la Savoie sont tendues car le roi de France, François Ier, réclame l'héritage de sa mère, Louise de Savoie, fille de Philippe, duc de Savoie, dit sans Terre.
La guerre aurait été déclenchée par le non-respect par Charles Quint de la promesse de ne pas ajouter aux défenses et fortifications de Nice et par le refus du duc de Savoie, Charles II, de céder le Genevois au roi de France.
Le roi de France, François Ier, allié depuis 1536 au sultan turc Soliman le Magnifique par l'alliance franco-ottomane, ordonne en 1543 de prendre la ville de Nice, nonobstant sa décision, prise le , « de renoncer solennellement à tous les droits que pourrait avoir la couronne de France sur Nice. »
Le siège


Des tentatives pour s'introduire dans la place par ruse et trahison échouent en . Des baronnets locaux s'allient au roi de France et lui assurent le soutien de nombreux villages de l'arrière-pays niçois. Le château de Bonson est détruit.
La flotte franco-turque, venant de Marseille, arrive dans la rade de Villefranche le . Les chefs coalisés font une proposition de reddition que les Niçois rejettent avec à leur tête le gouverneur de la ville, Alexandre du Fresnoy[1]. Le premier combat a lieu dans la plaine de Riquier le , entre les milices urbaines et l'avant-garde ennemie. Les Niçois sont repoussés dans les murs. Les coalisés installent alors leurs batteries tout autour de l'actuel Vieux-Nice, qui forme la totalité de la ville à l'époque. Le , des renforts français arrivent par voie de terre. Le bombardement commence, incessant. Le , les assiégeants feignent un assaut. Enfin, après avoir ouvert une brèche, le , l'assaut général est donné contre les murailles et les tours du rempart nord, dans l'actuelle zone de la place Garibaldi. Les assaillants, principalement des mercenaires toscans et des soldats ottomans, sont finalement repoussés.
C'est ici que la tradition rapporte deux événements : une apparition de la Vierge Marie, qui donne lieu, en grâce, à la construction d'une chapelle dite de la Madone de Sincaïre, détruite dans les années 1780 pour construire la place Garibaldi, et l'intervention de Catherine Ségurane, une lavandière, qui aurait galvanisé la défense. À la suite de l'échec de l'assaut, les dissensions gagnent le camp coalisé, tandis qu'en Piémont, le duc Charles III de Savoie (1486-1504-1553) et son allié le marquis Del Vasto, gouverneur de Milan au nom de Charles-Quint, lèvent une armée de secours dont un premier détachement s'installe à Sospel le .
Du au , le bombardement reprend, et deux nouvelles brèches sont ouvertes, cette fois sur le rempart nord-ouest, au niveau des actuelles place Saint-François et rue du Pont-Vieux. La ville décide alors de capituler, mais pas la garnison du Château. La population est évacuée, sous la protection des Français, au grand dam des Ottomans qui comptaient bien se saisir d'esclaves nombreux[réf. nécessaire].
Le siège se prolonge donc, désormais limité à la colline du Château (parc du Château aujourd'hui), uniquement fait de bombardements. Le , une partie du contingent ottoman conduit une razzia qui remonte la vallée du Paillon, jusqu'à L'Escarène, et franchit le col de Braus, jusqu'à Sospel. Certaines sources[Lesquelles ?] parlent de 500, voire de 1 500 captifs. Emmenés vers l'Orient, ces captifs sont délivrés par la flotte espagnole au large de la Sardaigne.
Dans le même temps, depuis le début du siège, Jean-Baptiste Grimaldi de Beuil-Ascros, allié aux assiégeants, tente de mettre la main sur les hautes vallées du Comté, notamment le Var et la Tinée, tandis que les troupes ducales tiennent la Vésubie et la Roya.
La levée du siège
Le , l'armée de secours, sous le double commandement de Charles II de Savoie et Don Alphonse d'Ávalos, marquis Del Vasto, s'annonce par voie de mer et de terre, venant de Ligurie. Les assiégeants lèvent le camp les 8 et , tandis que la ville est en grande partie incendiée et pillée. Le duc Charles II de Savoie fait son entrée à Nice le .
La flotte ottomane demeure cependant encore aux îles de Lérins jusqu'au , avant de se replier sur Toulon, que François Ier avait fait entièrement vider de ses habitants. Elle y demeure jusqu'en .
Progressivement, les troupes ducales reprennent le contrôle du territoire. Une ferme répression s'abat sur les Niçois qui avaient choisi le camp français.
Conséquences du siège
La principale conséquence de ce siège, par ailleurs assez mal préparé, exécuté par des coalisés aux intérêts contradictoires et qui est un échec lourd pour les assiégeants est de susciter, chez les ducs de Savoie, en particulier le successeur de Charles II, son fils Emmanuel-Philibert (1528-1553-1580), une forte volonté de mieux protéger le territoire niçois, d'où la construction de quatre importantes fortifications : le fort du mont Alban (1557-1560), la citadelle de Villefranche (1554-1559), le fort de Saint-Hospice (1560) et la citadelle de Nice (1577-1579). Ces deux dernières défenses furent détruites par les Français après les sièges de 1691 et 1705, si bien que le système défensif, ayant perdu sa cohésion, devint inutile.

