Bataille des Guararapes
From Wikipedia, the free encyclopedia
18 et 19 avril 1648 (première bataille)
| Date |
18 et 19 avril 1648 (première bataille) |
|---|---|
| Lieu | Morro dos Guararapes, capitainerie de Pernambouc (Brésil colonial) |
| Issue | Victoire portugaise [1] |
| André Vidal de Negreiros João Fernandes Vieira Filipe Camarão Henrique Dias Antônio Dias Cardoso Francisco Barreto de Meneses |
Colonel Sigismund von Schkoppe Lieutenant Van Den Brander Lieutenant Brinc Lieutenant Van Elts Amiral Jan Cornelisz Lichthart Amiral Der With Colonel Hauthyn |
| 1re bataille: 2 200 hommes[2] 2e bataille: 2 650 hommes[2] |
1re bataille: 7 400 hommes[2] 2e bataille: 5 000 hommes[2] |
| 1re bataille: 84 morts et 400 blessés[2] 2e bataille: 47 morts et 200 blessés[2] |
1re bataille: 1 200 morts et 700 blessés[2] 2e bataille: 2 000 morts et 90 blessés[2] |
Insurrection du Pernambouc, guerre néerlando-portugaise et guerre de Restauration (Portugal)
| Coordonnées | 8° 06′ 44″ sud, 35° 00′ 56″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille des Guararapes se déroule les et entre l'armée de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales et les troupes de l'Empire portugais. Une seconde bataille a lieu le , également à Morro dos Guararapes, dans l'actuel Jaboatão dos Guararapes, municipalité de la région métropolitaine de Recife, dans ce qui était alors la capitainerie de Pernambouc, aujourd'hui État de Pernambouc[3]. Les deux engagements ont lieu au cours de la guerre de restauration de l'indépendance du Portugal vis-à-vis de l'Espagne, et permettent aux troupes portugaises de récupérer les territoires d'outre-mer qui avaient été occupés par les Néerlandais pendant la domination espagnole, comme le nord-est du Brésil et la côte de l'Angola et du Timor par exemple[3].
Ces deux victoires portugaises sont considérées comme l'épisode décisif de l'insurrection du Pernambouc, qui met fin aux invasions néerlandaises au Brésil et au « Brésil hollandais » (Nouvelle-Hollande), au XVIIe siècle. La signature de la capitulation néerlandaise a lieu en 1654, à Recife, d'où partent les derniers navires bataves vers l'Europe[4].
Le premier affrontement, le , au cours duquel les troupes de la résistance qui combattent les Hollandais sont formées principalement de natifs du Brésil (Brésiliens blancs, noirs et amérindiens) renforcés de soldats portugais nés dans la métropole, a pour finalité l'expulsion des envahisseurs hollandais. Bien que cet affrontement militaire visât à défendre l'Empire portugais, dont le Brésil faisait partie, la date est symboliquement adoptée comme celle de l'acte fondateur de l'armée brésilienne et du sentiment national brésilien [5].
Le premier engagement entre l'armée néerlandaise et les défenseurs de l'Empire portugais eut lieu le et le à Morro dos Guararapes, Capitainerie de Pernambouc, Brésil colonial[6].
Les Néerlandais prévoyaient de reconquérir le port de Nazaré, à Cabo de Santo Agostinho, fondamental pour l'approvisionnement de Arraial Velho do Bom Jesus, où entraient les armes et munitions utilisées par la résistance luso-brésilienne. Sous le commandement du colonel Sigismund von Schkoppe, les combattants hollandais savaient l'importance stratégique d'occuper d'abord le village de Muribeca, où il y avait une grande quantité de farine de manioc pour approvisionner les soldats[6].
Cependant, les généraux Fernandes Vieira et Vidal de Negreiros, au courant des plans d'invasion, empêchèrent l'action à Morro dos Guararapes, où les Hollandais, venant de Recife, devaient passer pour atteindre Muribeca. Ce premier affrontement se solde par une victoire luso-brésilienne, malgré un effectif ne dépassant pas 2 200 hommes, contre 7 400 de l'armée ennemie. Le bilan de la guerre était de 1 200 morts hollandais, dont 180 officiers et sergents. Du côté portugais-brésilien, 84 personnes sont mortes. Le combat le plus intense a duré environ cinq heures. Sur le champ de bataille, en plus des Néerlandais et des Portugais-Brésiliens, des Anglais, des Français, des Polonais, des Noirs africains et des Indiens Tupi et Tapuia sont tombés[6]. De nombreux soldats hollandais se sont noyés dans les marécages autour de Morro dos Guararapes. Affaiblie au combat, l'armée de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales ne put résister à la vigueur, à la préparation et à la connaissance du terrain des Luso-Brésiliens. Dans les moments décisifs de l'affrontement, les Hollandais tentent de dominer le flanc occupé par les noirs, commandés par Henrique Dias, mais les troupes commandées par Vieira et Vidal viennent à leur secours, massacrant les Hollandais. La deuxième bataille aura lieu dix mois plus tard, en , au même endroit[6].
Voici un résumé de la description du premier affrontement, selon Diogo Lopes Santiago, chroniqueur de la guerre à l'époque :

« Pendant que notre infanterie se cache dans les mangroves au pied de la dernière colline, Antônio Dias Cardoso a ordonné à 20 de ses meilleurs hommes d'aller avec 40 des Amérindiens de Filipe Camarão pour observer l'ennemi, qui marche depuis Recife vers le chemin de Guararapes.
À l'entrée des collines, nos 60 soldats ont attaqué l'avant-garde hollandaise et se sont retirés sans tourner le dos à l'ennemi, les attirant dans un passage étroit entre les collines et les mangroves, à quelques pas de là où se trouve notre armée. De notre côté, il y a une certaine confusion et des idées de retraite face à une armée aussi supérieure, mais les chefs de camp, João Fernandes Vieira et André Vidal de Negreiros, décident, comme convenu, de leur faire face là-bas, donnant la première charge et chargeant l'ennemi avec l'épée, même sous le feu des mousquets.
André Vidal de Negreiros avance vers le bas, avec Filipe Camarão à sa droite, à travers la mangrove. João Fernandes Vieira franchi les hauteurs avec Henrique Dias à sa gauche. Ils attendent nos deux impressionnantes charges de mousqueterie et d'artillerie sans tirer un seul coup de feu, allant à la rencontre de l'ennemi qui est déjà tout près. À ce moment-là, partout, nos attaques déclenchent un déluge de feu, causant d'importants dégâts et la désorganisation des troupes ennemis. Alors nos hommes ont dégainé leurs épées puis ont attaqué avec une telle force et une telle violence que les lanciers ennemis n'ont pu empêcher les nôtres de les infiltrer, de les tuer ainsi que de les détruire pendant une demi-heure, jusqu'à ce qu'ils soient mis en fuite.
Fuyant et descendant les collines, à leur grand désarroi, plus vite qu'ils ne les ont gravie, ceux qui échappe à Dias et Vieira rejoignent ceux qui battent en retraite à travers la plaine, sous la pression de Vidal et Camarão. Nous avons capturé tous les canons ennemis et une grande quantité de bagages, ce qui a provoqué chez de nombreux soldats des pillages et une grande euphorie.
Comme on peut s'y attendre dans des armées comme l'armée néerlandaise, le fait de disposer de troupes de réserve pour les situations difficiles leur a permis de lancer une contre-attaque rapide, surprenant nos soldats désorganisés et épuisés, qui ont alors dévalé la colline.
Le combat désespéré qui s'ensuit pour la défense du passage étroit (surnommé l'embouchure) dure plusieurs heures, avec les officiers (les nôtres et les ennemis) au cœur de l'action. Nous avons fini par perdre quatre des six pièces d'artillerie capturées. Finalement, la plaine est à nous et le sommet des collines à ennemies.
Le général hollandais, grièvement blessé à la cheville, ordonne une retraite pendant la nuit, laissant deux canons pointés vers l'embouchure, masquant sa retraite vers Recife [8]. »




Seconde bataille

Le second affrontement entre l'armée néerlandaise et les défenseurs de l'Empire portugais a lieu au même endroit, le Morro dos Guararapes, le 19 février 1649 .
Il est remporté par les Portugais et se distingue comme un épisode décisif de la Guerre de la Restauration Portugaise et particulièrement de l'insurrection du Pernambouc, qui culmina avec la fin des Invasions hollandaises du Brésil, au XVIIe siècle. La signature de la capitulation eut lieu en 1654, à Recife, d'où partaient les derniers navires hollandais pour l'Europe.
Un résumé de la description de la bataille suit, selon le chroniqueur contemporain Diogo Lopes Santiago (dans História da Guerra de Pernambuco , livre 5, chapitre V: ... La fameuse victoire que les Portugais ont atteinte …) :
« Après avoir préparé le nécessaire, l'armée néerlandaise quitte Recife le 18 février 1649 avec cinq mille combattants, tous des soldats aguerris, ce qui la rend plus nombreuse que lors de la bataille précédente. Elle emmène également 200 Amérindiens, deux compagnies de Noirs et 300 marins prêts à combattre durant la campagne; 6 canons, 12 drapeaux, des trompettes, des tambours et des clairons. Bien que leurs colliers et ornements sont moins somptueux que lors de la première bataille, ils sont équipés de longues lances avec lesquelles ils se sont entraînés à défendre l'intégrité des escadrons contre les attaques infiltrées de notre infanterie.
Lorsque notre armée atteint la première colline, l'ennemi s'est déjà déployé sur toutes les autres et dans la vallée où s'est déroulée la majeure partie de la bataille précédente. Francisco Barreto de Meneses ordonne l'arrêt et consulte ses hommes sur la stratégie à adopter: attaquer de front, par l'arrière ou sur les flancs. André Vidal de Negreiros et Francisco Figueroa votent pour une attaque frontale, mais João Fernandes Vieira, qui se trouve avec le gros des troupes, exprime un avis contraire: il faut attaquer l'ennemi par l'arrière (comme lors de la première bataille), car il n'y a pas d'eau à cet endroit et ils pourraient ainsi camper confortablement en fin d'après-midi, laissant les Hollandais attendre.
Francisco de Meneses partage cet avis et leur ordonne donc de se rendre dans une sucrerie voisine où ils se reposent et élaborent un plan d'attaque, convenant de commencer l'action dès que l'ennemi abandonnerait ses positions, quelle que soit la direction dans laquelle il se dirigerait.
Le 19, entre 13h00 et 14h00 (sous un soleil de plomb), alors que les Hollandais quittent les sommets des collines pour former une grande escadre se dirigeant vers Recife, notre armée commence son approche. João Fernandes Vieira avec 800 de ses hommes a été le premier à entrer dans le combat, en plein milieu de la zone appelée boqueirão, où l'ennemi a six escadrons et deux pièces d'artillerie. Après 25 minutes d'affrontements, João Fernandes tente de couper la formation néerlandaise à travers le marais, sans succès. De retour à la position de départ, il demande à tout le monde d'attaquer à l'épée après une dernière charge face à l'ennemi. Le combat est ainsi gagné à l'épée, malgré la vaillante résistance des lanciers hollandais, et nous capturons deux canons de campagne.
À ce moment-là, tous nos hommes sont déjà engagés dans les combats, arrivant du sommet et des pentes de la dernière colline: Henrique Dias, Diogo Camarão, Francisco Figueroa, André Vidal, Dias Cardoso et la cavalerie d’Antônio Silva. Après avoir pris la colline centrale et ses quatre pièces d’artillerie, ainsi que les tentes du commandant hollandais Van den Brinck (qui est tué à cette occasion), les Portugais pressent l’ennemi jusqu’à sa déroute et sa fuite vers Recife, poursuivis par notre cavalerie épuisée; beaucoup s’enfuient dans les bois, d’autres se rendent, implorant grâce [9]. »
Pertes néerlandaises et portugaises dans la seconde bataille
Quant aux pertes subies par les Hollandais aux mains des Portugais, il existe un document contemporain publié à Vienne, la même année de la bataille (1649), par un auteur anonyme, en allemand et traduit en castillan sous le titre Relación de la Victoria que los Portugueses de Pernambuco Alcançaron de los de la Compañia del Brasil en los Garerapes 19 de Febrero de 1649, où il est dit que :
« La défaite est cruelle et sanglante. Les Portugais, massacrant tous ceux qu'ils rencontrent, poursuivent leur victoire sur deux lieues, jusqu'à Barreta, où le général laisse quelques troupes pour bloquer le passage des fuyards. Tous sont épuisés, certains par la fuite et d'autres par les combats. Pendant trois jours, les Portugais s'emploient à tuer ainsi qu'à capturer ceux qui se sont repliés et cachés dans les bois ou les collines.
Dans cette admirable victoire, les Néerlandais perdent plus de 2 500 hommes, morts ou prisonniers, la quasi-totalité des caporaux et des officiers de leur armée, seuls deux maîtres de camp parvenant à s'échapper, dont un blessé à la gorge, un sergent-major et quatre capitaines, un millier de soldats et environ 500 blessés.
Le colonel Brinck, qui les commande, deux maîtres de camp, l'amiral de la marine qui a souhaité participer à la bataille, ainsi que de nombreux autres capitaines de navire et officiers d'artillerie, périssent. Cent dix sont fait prisonniers, dont des caporaux, parmi lesquels le régent Pedro Poty, ce qui rend la victoire encore plus savoureuse.
Les Portugais s'emparent des six canons en bronze, de tous les bagages, munitions et armes, car les fugitifs les ont laissés derrière eux pour s'échapper avec moins d'obstacles, et des douze drapeaux qu'ils portaient, seuls deux reviennent à Recife.
Le rapport imprimé en Hollande indique qu'ils ont perdu 151 officiers et plus de mille soldats, morts ou capturés. Des lettres écrites de Recife à ce pays répètent les mêmes informations et bien qu'elles prétendent, pour minimiser en partie la gloire des Portugais, qu'il s'agit d'une embuscade et non d'une bataille féroce, elles reconnaissent toutes avoir été mises en déroute par une perte aussi importante.
Parmi les Portugais décédés se trouvent le sergent-major Paulo de Cunha Souto Maior, le capitaine de cavalerie Manuel de Araújo de Miranda, des hommes de valeur connue, quarante-cinq soldats et environ 200 blessés, dont le gouverneur Henrique Dias et dix officiers subalternes. Les maîtres de camp André Vidal de Negreiros et João Fernandes Vieira sont également ressortis avec les marques de deux balles (...) [10] »