Bateau de pierre de saint Conogan

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DomainePratiques rituelles
Bateau de saint Conogan / Bag sant Konogan *
Image illustrative de l’article Bateau de pierre de saint Conogan
Bateau de saint Conogan.
Domaine Pratiques rituelles
Lieu d'inventaire Bretagne
Finistère
Beuzec-Cap-Sizun
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

Le bateau de pierre de saint Conogan (Bag sant Konogan en breton), ou vaisseau / barque de pierre, est un bloc granitique, auquel est attachée une légende. Il se situe dans la commune de Beuzec-Cap-Sizun, dans le département du Finistère, en Bretagne.

Cette pierre et les pratiques culturelles qui lui sont associées font également l'objet d'une inscription à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[1].

Le vaisseau de pierre de saint Conogan se situe sur la pointe du Millier, une des zones naturelles protégées du cap Sizun, à l’extrémité sud-ouest du Finistère. Il est situé sur la lande, à environ 500 mètres de la falaise, sur un sentier pédestre côtier rejoignant le moulin de Keriolet et le phare du Millier. Cet ensemble patrimonial est en partie propriété du Conservatoire du littoral.

Description

Maison-phare de la pointe du Millier.

Le bateau de pierre de saint Conogan est un bloc granitique gisant sur la lande. Son caractère mégalithique est incertain. Selon Pierre-Roland Giot, le vaisseau de pierre de saint Conogan « paraît être un menhir couché, que l'on pense n'avoir jamais été élevé »[2].

Le vaisseau, couché sur la lande, d'une longueur de 8 mètres, d'une hauteur de 2,20 mètres et d'une largeur de 3 mètres, repose sur une pierre transversale. Son poids avoisine les 20 tonnes. Aucune signalétique n'est présente aux alentours de la pierre.

Légende

Vue d’un certain angle, cette roche monumentale « complètement détachée du sol et ne reposant que par quelques points sur une pierre plate » (Paul Sébillot 1904-1906[3]) évoque la proue d’un bateau dirigée vers la mer située à quelques centaines de mètres de là. Tout près, une autre pierre plus petite est présentée comme l'annexe de l’embarcation. Selon d’autres versions, elle est apparentée à un animal marin, dauphin ou requin. Le vaisseau de pierre, en arrivant sur le rivage, aurait percuté un rocher appelé le Garreg-Toull (rocher troué en breton) que l’on voit devant la plage de Porz-Peron et aurait rebondi jusque-là, en haut de la falaise.

La légende du bateau de saint Conogan est le fruit d’une élaboration collective à rattacher à l’arrivée des évangélisateurs sur le territoire armoricain aux alentours du Ve siècle. Saint Conogan, connu aussi sous le nom de saint Guénégan ou saint Guénoc, serait un moine émigré du pays de Galles, qui aurait traversé la Manche dans ce bateau de pierre. Le seul fait historique avéré est son élection en tant que second évêque de Quimper, à la suite de saint Corentin. Il serait décédé en 456. Sur la commune de Beuzec-Cap-Sizun, le lieu-dit Lescogan doit son nom à ce moine, de même que la fontaine et la chapelle qui lui sont dédiées.

Aujourd'hui, le souci de rendre le récit rationnel est récurrent. On tente de justifier cette croyance en rappelant l’arrivée des ecclésiastiques sur des curraghs ou coracles (bateaux irlandais en cuir) lestés de pierres. D’autres affirment que ces embarcations contenaient une auge de pierre en leur centre, pour tenir le mât ou encore maintenir le feu en sécurité. La population de l’époque aurait retrouvé ces auges de pierre sur les rivages armoricains et les aurait associées à des embarcations. Un amalgame expliquerait l’origine de la légende.

En réalité, la clé de celle-ci se situe certainement plus dans les représentations et la symbolique que dans une explication terre à terre. Ce discours actuel peut être considéré comme une suite, une réappropriation de la légende des bateaux de pierre. Ces argumentations donnent une nouvelle dimension à ces pierres qui deviennent l'objet d'une nouvelle légende, une « légende savante ».

Transmission

Notes et références

Voir aussi

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