Beffroi de Dreux

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Destination initiale
Architectes
Pierre Chéron (d) (-), Jean des Moulins (d) (-), Clément Métezeau (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
Beffroi de Dreux
Le beffroi de Dreux depuis la grand-rue Maurice-Viollette.
Présentation
Destination initiale
Style
Architectes
Pierre Chéron (d) (-), Jean des Moulins (d) (-), Clément Métezeau (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
Hauteur
36 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Localisation
Adresse
place Métézeau (d) Voir et modifier les données sur Wikidata
Dreux, Eure-et-Loir
 France
Accès et transport
Gare
Coordonnées

Le beffroi de Dreux est un monument du début du XVIe siècle situé à Dreux, sous-préfecture du département français d'Eure-et-Loir, en région Centre-Val de Loire.

Ancien hôtel de ville, l'édifice est construit de 1512 à 1537 par trois architectes successifs : à Pierre Chéron (1512) et Jean des Moulins (1516)[1] succéda de 1520 à 1537 le jeune Clément Métezeau[2],[3].

Bien qu'achevé dans les premières décennies du XVIe siècle, sous le règne de François Ier, le monument n'en reste pas moins l'un des exemples majeurs de l'architecture civile de style Louis XII[4] ainsi qu'un témoignage de la prospérité retrouvée du Dreux de la fin du XVe siècle, renouvelant alors un patrimoine municipal auparavant négligé.

Véritable symbole de la ville, le beffroi de Dreux est le seul monument de ce type en Eure-et-Loir. Le bâtiment est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

Le beffroi est situé sur la place Métezeau dans le centre historique de la ville de Dreux. Plusieurs fois restauré, notamment au cours de l'après-guerre, la création d'un parking souterrain au pied de l'édifice a défrayé la chronique[1]. Sur le beffroi, des fissures sont alors apparues, dues selon certains aux travaux qui ont ébranlé les fondations, alors que pour d'autres ces dégâts seraient à attribuer à plusieurs années consécutives de sécheresse[1]. L'édifice a depuis été consolidé et rouvert au public lors des festivités de 2016[5].

Historique

Faisant partie de l'apanage royal de Louis VI le Gros, Comte de Dreux, la ville obtient ses premières franchises communales entre 1132 et 1137[6]. Cependant, c'est surtout son fils Robert Ier de Dreux dit « le Grand »[7] qui confirmera aux bourgeois drouais ce « droit de commune » dans une charte en 1180[6].

Après l'obtention de leurs suzerains du droit de s'administrer elle-même, la ville de Dreux procède alors à l'édification d'une première maison de ville à l'emplacement même où sera construit au début du XVIe siècle le beffroi actuel. Ce premier édifice possède alors une couverture de plomb dont on retrouve les traces dans les archives communales par l'intervention d'un plombier nommé Thibault, chargé d'une réparation en 1501. Très endommagé par la foudre, ce premier hôtel de ville, doit être totalement reconstruit, afin de faire place à un « Beffroy »[1].

Commencée dès 1512, l'édification du nouvel édifice est confiée à trois architectes successifs, dont Clément Métezeau[2],[3] qui travailla parallèlement dès 1524 à l'édification du portail de l'église Saint-Pierre. Seul monument de ce type en Eure-et-Loir, cet édifice achevé vers 1537 n'en reste pas moins représentatif du style Louis XII, marquant la transition entre le gothique flamboyant et la première Renaissance[4].

Robert Ier de Dreux dit « le Grand » confirme aux bourgeois drouais le « droit de commune » par une charte en 1180 (enluminure anonyme du XIVe siècle).

L’époque est heureuse pour la cité qui redevient un centre commercial florissant, passées les décennies de tourmente, les derniers avatars de la Guerre de Cent ans et la lutte entre le duc de Bourgogne et le roi de France. La première moitié du XVe siècle a vu en effet s'accumuler les désastres : Dreux au milieu du XVe siècle est en partie ruinée après avoir subi plusieurs assauts dont le siège de 1412 suivi de celui de 1425 par Henri V d'Angleterre, provoquant notamment la perte des deux tiers de ses habitants.

Toutefois, l'administration communale, très sollicitée lors de la guerre de Cent Ans, s'est développée et a pris une importance jusqu'alors jamais atteinte. Devenu le symbole des libertés communales acquises par les bourgeois drouais dès le règne de Louis VI le Gros, le beffroi n'en illustre pas moins la reprise économique urbaine florissante survenue dès la fin du XVe siècle, grande époque des constructions édilitaires municipales.

Signe des temps, la façade du bâtiment est monumentale : Il y a une volonté affichée d'éblouir et de marquer la puissance urbaine retrouvée. Il est vrai que réunir plusieurs parcelles dans l'espace resserré d'une ville remparée est en soi une manifestation de puissance.

Malgré une situation financière florissante, la difficulté du chantier retarde inexorablement la réalisation du nouveau beffroi dont la construction s'achèvera après presque vingt-cinq ans de travaux. À partir de 1512, Pierre Chéron, premier entrepreneur du nouvel hôtel de ville, éprouve d'énormes difficultés à asseoir les fondations du bâtiment à cause de la présence d'eaux souterraines. Pour autant la première pierre est finalement posée en 1516 par Pierre de Haute-ville, Seigneur de la Peine, qui financera en partie les travaux. Mais peu de temps après Pierre Chéron meurt, laissant alors un chantier à peine commencé au maître-maçon Jean des Moulins[1].

L'édifice avance dès lors beaucoup plus rapidement. Son portail et la première voûte sont réalisés avant 1518 tandis que le premier étage est terminé au moment même où le jeune Clément Métezau reprend le chantier[2],[3] : Une pierre, située juste au-dessus de la niche centrale en témoigne par son bas-relief auxs armes et à la devise de François Ier, accompagnées du millésime de 1520[1]. À partir de 1530, l'hôtel de ville est progressivement achevé, ce qui permet d'y tenir les premières réunions communales. Les travaux se poursuivent pourtant jusqu'en 1537 avec le couronnement du second étage d'un haut toit orné de lucarnes dans la pleine tradition française, le tout obéissant à un programme détaillé.

Sous Louis XIV, le Beffroi servit de corps de garde et de geôle aux prisonniers de guerre. Ce sont eux qui ont gravé sur le mur de l'escalier de curieux graffiti : des bateaux battant pavillon espagnol[1].

Le beffroi lors de sa première restauration en .

Après avoir passé les troubles de la Révolution, l'édifice sert de cadre aux fêtes dansantes célébrant les anniversaires du couronnement de l'Empereur Napoléon Ier et de la bataille d'Austerlitz. Une première fois restauré au cours du XIXe siècle, le beffroi jugé trop exigu, finit par être abandonné par la mairie en 1895[1].

Le XXe siècle sera marqué par de nombreuses vicissitudes. En 1940, l'édifice connait le bombardement intensif de l'aviation ennemie du Troisième Reich qui sera marqué par de très nombreuses victimes[8].

Pour autant c'est quatre jours après le débarquement de Normandie, soit dans la nuit du 10 au , que le beffroi de Dreux va subir de plein fouet le bombardement beaucoup plus destructeur des troupes alliées[8] : Bombardement qui n'eut probablement pas de conséquences significatives sur le déroulement des opérations militaires[8]...

Plusieurs fois restauré au cours de l'après-guerre, la création d'un parking souterrain sous la place Métezeau, a défrayé la chronique. Sur le Beffroi des fissures sont alors apparues, dues selon certains aux travaux qui ont ébranlé les fondations, alors que pour d'autres ces dégâts seraient à attribuer à plusieurs années consécutives de sécheresses[1].

L’année 2016, jalonnée de manifestations, sera choisie pour fêter les 500 ans de l’édifice dont les fondations furent pourtant entreprises à partir de 1512[5].

Description

Voir aussi

Notes et références

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