Benjamin Brial est le fils d'un commerçant originaire des Pyrénées-Orientales, Julien Brial, chef de succursales à Wallis, et d'Aloisia Brial (fille de nobles ('aliki) de la lignée Manuka, branche de la famille des Uhilamoafa) qui est Lavelua (reine) d'Uvéa (royaume coutumier correspondant à l'île de Wallis) de 1953 à 1958[2]. Benjamin Brial est le frère cadet d'Emmanuel-Victor Brial, gérant des établissements Ballande (société commerciale de Nouvelle-Calédonie) à Wallis, le frère aîné de Cyprien Brial, pour sa part gérant des affaires familiales à Futuna et conseiller territorial pour Sigave de 1967 à 1987. Il est l'oncle de Julien Brial, de Victor Brial et de Sylvain Brial, qui lui ont succédé en politique à Wallis-et-Futuna à des époques différentes, et le grand-oncle de Gil Brial, pour sa part engagé en politique en Nouvelle-Calédonie.
Débuts
Benjamin Brial naît à Mata Utu sur l'île de Wallis le . Il est métis franco-wallisien[3]. En 1933, son père Julien Brial vend son commerce et part s'installer à Nouméa[4].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses frères Victor-Emmanuel et Jean Brial rejoignent les Forces françaises libres en 1941 depuis la Nouvelle-Calédonie. Benjamin Brial, encore mineur (19 ans), fait falsifier ses papiers et s'engage dans les Forces françaises libres en 1942. Il embarque sur l'aviso Chevreuil et rejoint les fusiliers marins[3].
En 1953, lors de la crise de succession royale à Wallis, Benjamin Brial se porte candidat au titre de Lavelua, mais l'administration de Nouvelle-Calédonie refuse qu'un citoyen français devienne roi coutumier. C'est alors sa mère, Aloisia Brial, qui est choisie pour devenir souveraine[4].
Benjamin Brial est réélu au premier tour lors des élections législatives de 1978 et 1979 face à son unique concurrent de l'UDF, le père Petelo Falelavaki[5]. C'est alors une figure clivante de la politique de Wallis-et-Futuna, rassemblant l'opposition contre lui (notamment de l'UDF)[5]. En 1981, il conserve son siège face à l'UDF et trois autres candidats[5]. Lors de l'élection législative de 1986, l'opposition de l'UDF se divise entre deux candidats; la triangulaire permet à Brial de conserver son siège de député.
Lors de l'élection législative de , Benjamin Brial est talonné par Kamilo Gata, «ancien conseiller technique du RPR déçu par l'immobilisme de son parti d'origine». Grâce à la fragmentation de l'opposition entre Gata, Basile Tui (candidat de l'UDF) et le candidat socialiste Joseph Maisueche, Brial remporte l'élection avec 52,18% des voix au second tour. Néanmoins, Kamilo Gata conteste les résultats auprès du Conseil Constitutionnel, qui annule l'élection en raison de fraude électorale[5]. La nouvelle élection est organisée le : Kamilo Gata l'emporte avec 57,43% des voix tandis que Benjamin Brial ne récolte que 40,85%. Âgé, il se retire de la vie politique et démissionne de son poste de conseiller territorial. «Une page de l'histoire politique de Wallis-et-Futuna est tournée»[5].
↑Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna: Espaces et temps recomposés. Chroniques d'une micro-insularité, Talence, Presses universitaires de Bordeaux, , 404p. (ISBN2-905081-29-5, lire en ligne), p.71
12Malia Sosefo-Drouet Manufekai (dir.) (préf.Marie-Claude Tjibaou, postface Savelio Felomaki), Tāvaka Lanu'imoana: Mémoires de voyages, Nouméa, Agence de développement de la culture kanak/Tāvaka, , 213p. (ISBN978-2-909407-70-8), p.104, 109
12Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna: Espaces et temps recomposés. Chroniques d'une micro-insularité, Talence, Presses universitaires de Bordeaux, , 404p. (ISBN2-905081-29-5, lire en ligne), p.230
123456Frédéric Angleviel, «Wallis et Futuna, 1981-1988. Nouveaux dynamismes et permanences insulaires», dans Jean-Marc Regnault, François Mitterrand et les territoires français du Pacifique (1981-1988), mutations, drames et recompositions, enjeux internationaux et franco-français, , p.441-443.