Bernard Kruysen
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Bernard Kruysen est un chanteur classique baryton néerlandais né le à Montreux (Suisse) et décédé le à Rijswijk (Pays-Bas). Il a reçu de nombreuses distinctions françaises et néerlandaises, dont le prestigieux Ordre des Arts et des Lettres. Il a donné de nombreux concerts en Europe et aux États-Unis.
Passant une grande partie de son enfance en Provence[1], Bernard Kruysen avait une connaissance intime de la langue française, qu'il pouvait parler et chanter sans aucun accent. Il y vivait avec sa mère Willy van Berkel et son beau-père, le chanteur Hubert Raidich[2]. Il ne retrouvera son père biologique que plus tard dans sa vie.
Kruysen a étudié au Conservatoire Royal de La Haye auprès de Herbert Raideck et a été admis très jeune à l'Académie de l'Opéra national des Pays-Bas (De Nederlandse Opera)[3],[4]. Il s’est ensuite installé à Paris pour travailler avec Pierre Bernac, ce qui, au début des années 1960, fait rapidement de lui un interprète incontournable de la mélodie française. Ainsi, Francis Poulenc l'accompagne au piano à de nombreuses occasions.
Son répertoire allait de Monteverdi à Poulenc et comprenait des compositeurs tels que Bach, Schubert, Schumann, Fauré et Ravel. Le pianiste Noël Lee fut son partenaire régulier pour de nombreux enregistrements. Il a également travaillé intensivement avec le pianiste néerlandais Gérard van Blerk[5] et Hans Henkemans[6]. Outre la mélodie française, le Winterreise de Schubert[7] ainsi que la Passion selon saint Matthieu et la Passion selon saint Jean faisaient partie de ses spécialités, qu’il a également interprétées en Allemagne.
En 1977, il a donné des concerts à Riga et dans l’actuelle Saint-Pétersbourg avec le Chœur Royal d’Hommes Die Haghe Sanghers[8], dirigé par René Verhoeff. En 1995, il s’est produit à l’église Saint-Nicolas de Prague avec le Chœur d’Hommes de Breda[9], dirigé par Marcel Verhoeff, avec notamment une interprétation de la Polní Mše (Messe du Soldat) de Martinů[10]. Après de nombreuses tournées en Europe et aux États-Unis, Kruysen s’est surtout produit aux Pays-Bas. Ses interprétations étaient saluées pour leur simplicité, leur intelligence et leur diction parfaite[11].
Il a incarné le chanteur d’opéra Theo Fabrice[12] dans Eline Vere, une coproduction belgo-néerlandaise-française de 1991[13] basée sur le roman de Louis Couperus.
Prix et distinctions
- 2001 : Diapason d'Or pour la réédition CD Henri Duparc Mélodies (Naïve, 2001)
- 1984 : Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres (Or)[14].
- 1978 : Chevalier de l’Ordre d’Orange-Nassau[15].
- 1977 : Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres (Argent)[14].
- Premier Néerlandais à recevoir le Grand Prix du Disque (quatre fois)[16]:
- 1961 : Pour son interprétation des mélodies de Claude Debussy (avec le pianiste Jean-Charles Richard)
- 1962 : Pour l’enregistrement du Requiem de Gabriel Fauré avec l’Orchestre de l’Opéra de Monte-Carlo sous la direction de Louis Frémaux[17].
- 1963 : Pour un enregistrement de mélodies de Gabriel Fauré[14].
- 1974 : Pour un enregistrement de mélodies de Gabriel Fauré[18].
- 1964 : Orphée d’Or du meilleur chanteur de mélodies pour son interprétation du "Liederkreis" de Schumann[14].
- 1958 : Grand prix de l’excellence de la mélodie française[14].
- 1958 : Grand prix hors concours Gabriel Fauré[14].
- 1958 : Deuxième prix au Concours international de chant de Bois-le-Duc[19].
Divers
Bernard Kruysen a représenté son pays à plusieurs reprises aux championnats du monde de chasse sous-marine. Dans le même domaine, il a également été réalisateur de films sous-marins[20] en collaboration avec son ami plongeur Fik Meijer[21]. Ensemble, ils ont effectué de nombreuses plongées dans les eaux profondes autour d’Ibiza[21]. Il a aussi assuré la prise de vues[22] pour un épisode de 1965 de la série de la BBC "Travellers' Tales"[23] avec Sir David Attenborough.
Son grand-père Jan Kruysen[24] et son père Antoon Kruysen étaient peintres.
Kruysen avait quatre enfants : Monique, Ino (chanteuse)[25], Michaël et André (sculpteur)[26].