Bide (mythologie basque)
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Le terme basque « Bide » désigne un chemin. Dans les traditions mythologiques du Pays basque, certains êtres surnaturels, comme Mari et les génies, suivent des voies souterraines ou des passages invisibles à l'homme, associés au monde souterrain et aux forces de la nature, considérés comme interdits à l'homme. Dans la cosmovision mythologique basque, Eguzki (le Soleil) et Ilargi (la Lune) sont conçus comme des figures maternelles qui, après leur parcours céleste, regagnent chacune un chemin propre menant à l'intérieur de la Terre, leur mère commune (Ama Lur), soulignant le caractère cyclique et souterrain de l'ordre cosmique traditionnel[1].

Étymologie
Bide signifie « chemin » en basque.
Bide dans la mythologie
Entre les massifs d'Aralar et d'Aizkorri, ainsi qu'entre des cavernes et gouffres comme ceux d'Okina et d'Arantzazu ou de Leitza à Sare et le village d'Etxalar, ces itinéraires mythiques relient lieux naturels et anciens sites habités, formant un réseau de chemins réservés dans l'imaginaire populaire[2]. Nombreux sont ces types de chemins qui font communiquer de vieilles maisons avec des grottes et des gouffres du Pays basque.
Dans la mythologie basque, les cavernes, gouffres et passages souterrains occupent une place centrale dans la représentation du monde invisible. Les travaux ethnographiques de José Miguel de Barandiaran montrent que ces lieux sont perçus comme des espaces de transition entre le monde humain et celui des puissances surnaturelles, notamment celui de Mari, figure féminine majeure associée à la Terre (Ama Lur), aux montagnes et aux phénomènes naturels. Les itinéraires empruntés par ces êtres ne sont pas conçus comme de simples chemins physiques, mais comme des voies symboliques reliant grottes, sommets et anciens habitats humains, souvent invisibles ou interdits aux hommes[3].
Plusieurs collectes folkloriques indiquent que ces chemins mythiques relient des maisons anciennes, des dolmens ou des cavités naturelles, traduisant une conception ancienne du territoire comme un espace animé et sacralisé. Les jentilak, géants de la tradition basque, sont fréquemment associés à ces réseaux souterrains, qu'ils utiliseraient pour circuler entre montagnes et lieux mégalithiques, renforçant l'idée d'une géographie mythique structurée autour de passages cachés[4]. Cette conception du monde souterrain comme espace organisé et habité est également attestée dans les recueils anciens de légendes, où les grottes et gouffres du Pays basque sont décrits comme des lieux d'apparition, de disparition ou de déplacement des êtres mythiques, marquant une frontière symbolique entre l'ordre humain et l'ordre cosmique[5],[6].
Enfin, des études contemporaines en philosophie et anthropologie culturelle soulignent la persistance de cette symbolique souterraine dans la cosmovision basque, où la Terre est envisagée comme une entité vivante, traversée de voies invisibles reliant les forces naturelles, les divinités et les communautés humaines[1].