Bolibourgeoisie
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Cet article est une ébauche concernant le Venezuela.
La bolibourgeoisie ou boli-bourgeoisie (boliburguesía en espagnol) est une expression politique péjorative utilisée par des observateurs et commentateurs de la vie politique du Venezuela pour désigner les nouveaux riches vénézuéliens (bolichicos ou boliburgueses) favorables à la révolution bolivarienne initiée par Hugo Chávez ou s'étant enrichis grâce à leurs relations avec l’État durant cette période. Ils sont parfois aussi qualifiés « d'enchufados » (littéralement, les « connectés »).
Le terme bolibourgeois[1] est la contraction de bourgeois bolivariens[2]. Il a été inventé par Juan Carlos Zapata, journaliste économique d'opposition[3].
Au début des années 2000, le gouvernement vénézuélien aurait favorisé l’émergence d'une nouvelle élite pour concurrencer la bourgeoisie traditionnelle, hostile à la révolution bolivarienne. Durant le lock-out patronal de 2002-2003, quelques mois après la tentative de coup d’État conduite par le président de la fédération patronale vénézuélienne Pedro Carmona, un blocus des sources d'approvisionnement en nourriture, médicaments, gaz, carburant, ainsi que d'autres biens essentiels, provoqua une chute du PIB de 10 %. Pour y faire face, certains chefs d'entreprise aidèrent le gouvernement à gérer la crise en mettant à sa disposition des moyens pour distribuer de la nourriture ou transporter le pétrole dans le pays. Le pouvoir leur a par la suite accordé un traitement de faveur. Ce sont les premiers "bolibourgeois", que le pouvoir qualifie alors de « patrons socialistes »[3].
Selon Laurence Debray, la « bolibourgeoisie chaviste » a détourné, à des fins personnelles, 850 milliards de dollars des revenus pétroliers. Ainsi, une des filles d'Hugo Chavez, María Gabriela Chávez, serait devenue en quelques années la femme la plus riche du pays[4].
L'homme d'affaires Alejandro Betancourt, accusé de corruption à plusieurs reprises, est qualifié par plusieurs sources de « paradigme du bolibourgeois »[5],[6].
La politologue Ana María Sanjuan juge l'expression dénuée de pertinence. En effet, « toutes les élites économiques de ces soixante dernières années ont émergé durant les différents booms pétroliers, et à l'ombre de l'État. Comme ce dernier détient la rente, il redistribue ses revenus à sa guise. Cela signifie que, dans ce pays, et depuis longtemps, la seule façon de faire des affaires est de se lier à l'État. Aujourd'hui il y a une "bolibourgeoisie" comme il y a eu une bourgeoisie-ceci ou une bourgeoisie-cela lors des gouvernements précédents[3]. »
Cette « bolibourgeoisie » a acquis une influence particulièrement importante après la mort de Hugo Chávez et l'arrivée à la présidence de Nicolás Maduro. Le gouvernement s'est appuyé sur elle pour faire face à la crise économique et contourner les sanctions américaines, libéralisant l'économie à partir de 2018[3]. Être « bolibourgeois » n'implique pas d'être chaviste. Certains d'entre eux soutiennent l'opposition[3].
Références
- ↑ Marie Delcas Les "boli-bourgeois", nouvelles élites de la révolution bolivarienne Le Monde, 4 décembre 2006
- ↑ Cette richesse qui dérange Le Monde, 25 mai 2009
- 1 2 3 4 5 Maëlle Mariette, « La crise vénézuélienne vue depuis un yacht », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
- ↑ Laurence Debray - Comment Chávez a ruiné le Venezuela Le Point, 1er décembre 2017
- ↑ (es) Marcos García Rey et César Batiz, « El mandamás de Hawkers hace negocios con el chavismo y Gazprom a través de Suiza », El Confidencial, .
- ↑ (es) Oriol Güell, « El opulento desembarco en España de los millonarios venezolanos », El País, (lire en ligne).