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Pays-des-bouches-du-rhône

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un pays-des-bouches-du-rhône[note 2], appelé vin de pays des Bouches-du-Rhône de 1968 jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) départementale qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins ne pouvant postuler à une appellation d'origine.

Type d'appellation(s)IGP départementale
Reconnue depuis1968 (VDP)
et 2009 (IGP)
PaysDrapeau de la France France
Région parentevignoble de Provence
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
Pays-des-bouches-du-rhône
Image illustrative de l’article Pays-des-bouches-du-rhône
Villa Minna à Saint-Cannat.

Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis 1968 (VDP)
et 2009 (IGP)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Localisation Bouches-du-Rhône
Climat méditerranéen avec influence du mistral
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 897 heures (à Marignane)
Cépages dominants ugni blanc B[note 1], clairette B, rolle B, bourboulenc B, chasan B et chardonnay B, grenache N, cinsault N, syrah N, carignan N, merlot N, cabernet sauvignon et caladoc N
Vins produits rouges, rosés et blancs
Production 230 000 hectolitres
Rendement moyen à l'hectare maximum 100 hl/ha en rouge ou rosé ; 120 en blanc[1]
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Histoire

Antiquité

La culture de la vigne a été introduite sur les rives méditerranéennes de la Gaule par les Grecs de Phocée. Max Rives, chargé de mission à l'INRA, l'a vérifié sur place à Massalia, le premier comptoir phocéen édifié six siècles avant notre ère : « J'ai vu, au cours des fouilles du quartier de la Bourse, à Marseille, les pépins de marc de raisin provenant de leur vinification et jetés dans des amphores, flotter dans l'arrière du Vieux-Port où ces amphores-poubelles servaient de fondations à une rue. Les Grecs avaient évidemment importé des variétés de leur pays, ignorant que la vigne spontanée les avait précédés de quelques dizaines de siècles[2]. »

Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV,1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[3].

Le commerce des vins grecs avec les tribus installées dans la vallée du Rhône se fit à partir de comptoirs ou emporion. Le plus célèbre d'entre eux se situait à Le Pègue et son oppidum protohistorique sur la colline Saint-Marcel. Les fouilles de cet oppidum du Pègue ont permis de mettre au jour de la céramique pseudo-ionienne, provenant d'ateliers en relation avec Massalia. Son importance permet de supposer sur place une consommation de vin entre le milieu du VIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle av. J.-C. Les productions d'œnochoés et de vases à vin, en pâte claire micacée portant un décor peint avec un registre allant de la bande ocre au développement de formes figuratives, furent majoritaires. Ces récipients vinaires ont d'ailleurs gardé dans leurs formes de fortes influences gauloises (coupes carénées)[4].

Vignoble camarguais

De 1870 à 1943, la viticulture a connu en Camargue une période florissante. Elle le dut à l'invasion du phylloxéra. Parmi les moyens de lutte contre cet insecte le plus efficace était d'inonder les vignes pendant 40 à 50 jours. La Camargue où l'endiguement venait d'être terminé, où canaux d'irrigation et d'assainissement et stations de pompage étaient opérationnels s'y prêta facilement[5]. Au cours des années 1880, la Compagnie des Salins du Midi plante des vignes sur les lidos sableux qu'elle possède entre Aigues-Mortes et les Saintes-Maries-de-la-Mer. Ce vignoble franc de pied est protégé par le sable du phylloxéra qui ravage tous les autres vignobles[6]. Après avoir connu une extension maximum dans les années 1930, avec près de 8 000 hectares[7], le vignoble camarguais régressa face au développement de la culture du riz, à partir de 1942. La vigne n'en demeure pas moins présente[5].

Vignoble de Trévallon.

Dans les années 1950, le vignoble s'étendait encore sur une grande partie du delta. Son importance était telle qu'un auteur de l'époque nota : « La Camargue est productrice industrielle de vin, je dis bien industrielle : alors que 61 % des vignes provençales ont moins de 5 hectares, ici c'est l'inverse, la majorité des exploitations ont au moins 20 hectares. Pas de clos, d'immenses perspectives en V, mers de vignes où les tracteurs naviguent »[8]. Un des plus originaux de ceux-ci est celui du Domaine de Trévallon. C'est là qu'Éloi Dürrbach produit depuis 1976 ses vins dans le massif des Alpilles. Son millésime 1982 enthousiasma Robert Parker. Perfectionniste, le vigneron avait pourtant remarqué que ses mourvèdre et grenache n'obtenaient pas dans ce terroir viticole toute leur expression, il les remplaça par la syrah et le cabernet sauvignon. Ce second cépage lui valut de voir ses vins déclassés de l’appellation les-baux-de-provence. Il les fit dès lors labelliser en vin de pays des Bouches-du-Rhône[réf. nécessaire].

Création du nom

Durant la majorité du XXe siècle, la partie de la production viticole du département des Bouches-du-Rhône qui n'était pas vendue sous une appellation (l'AOC cassis dès 1936 ; l'AOC palette en 1948 ; le VDQS coteaux-d'aix en 1956) l'était comme « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu ce type de production par une meilleure traçabilité, dans un contexte de mévente de ces vins, les pouvoirs publics ont créé en 1968 le label « vin de pays » (VDP)[9] complété du nom d'un département ou d'une zone, d'où le « vin de pays des Bouches-du-Rhône ». En 1973, se rajoute le « vin de pays des sables du golfe du Lion », à l'aire plus limitée.

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[10] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[11] ; le vin de pays des Bouches du Rhône devient donc le l'IGP « Bouches du Rhône »[12]. Le cahier des charges est publié en (autorisation du vin mousseux ; possibilité de rajouter le nom complémentaire de « Terre de Camargue » ; rendement maximum à 120 hl/ha)[13].

Mais, en 2012, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNPEC), craignant la concurrence, saisi le Conseil d'État pour faire annuler 31 arrêtés homologuant des cahiers des charges (pour autant d'IGP) autorisant du mousseux, au motif que ces documents ne démontraient pas suffisamment l'existence d'un lien entre ces territoires et la production de mousseux. Elle obtient gain de cause pour le bouches-du-rhône en [14], avec annulation de tous les passages mentionnant du mousseux. En , l'IGP change de nom pour « Pays des Bouches-du-Rhône »[15]. Le cahier des charges est de nouveau modifié en (abandon du mousseux, ajout de quelques cépages)[16] et en (ajout de 23 VIFA ; baisse du rendement maximum à 100 hl/ha pour les rouges et rosés)[1].

Vignoble

Aire de production

Image externe
Carte des communes concernées

Ce vin de pays est produit sur trois zones distinctes au centre du département autour d'Aix-en-Provence (60 %), à l'Est dans un secteur jouxtant les côtes-de-provence (10 %) et au Sud, en Camargue (30 %)[17].

Climatologie

Encépagement

Un total de 145 cépages différents sont autorisés pour produire cette IGP : agiorgitiko N[note 1], aléatico N, alicante Henri Bouschet N, aligoté B, alphonse lavallée N, aramon gris G, aramon N, aranel B, artaban N, arinarnoa N, arriloba B, assyrtiko B, aubun N, barbaroux Rs, bourboulenc B, brachet N, brun argenté N, cabernet blanc B, cabernet cortis N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, caladoc N, calitor N, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, chardonnay B, chasan B, chasselas B, chasselas rose Rs, chatus N, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, clarin B, coliris N, colombard B, couston N, cot N, counoise N, egiodola N, fleurtai B, floréal B, fuella nera N, gamay N, gamay de Bouze N, gamay de Chaudenay N, gamay fréaux N, ganson N, gewurztraminer Rs, gramon N, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gros manseng B, gros vert B, jurançon noir N, lilaro N, liliorila B, listan B, macabeu B, marsanne B, marselan N, mauzac rose Rs, mayorquin B, melon B, merlot blanc B, merlot N, meunier N, mollard N, monarch N, monerac N, montepulciano N, morrastel N, moschofilero Rs, mourvaison N, mourvèdre N, muscadelle B, muscardin N, muscaris B, muscat à petits grains B, muscat à petits grains Rg, muscat à petits grains Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat cendré B, muscat de Hambourg N, muscat ottonel B, nebbiolo N, négrette N, nero d'Avola N, nielluccio N, opalor B, perdea B, petit manseng B, petit verdot N, picardan B, pinotage N, pinot blanc B, pinot gris G, pinot noir N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, plant droit N, portan N, prior N, riesling B, riminèse B, rousseli Rs, roussanne B, saperavi N,sauvignac B-Rs, sauvignon B, sauvignon gris G, sciaccarello N, selenor B, sémillon B, servanin N, sirano N, solaris B, soreli blanc B, souvignier gris Rs, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, téoulier N, terret gris G, terret noir N, tibouren N, tourbat B, touriga nacional N, UD 55.100, UD 31.125, ugni blanc B, valdiguié N, verdejo B, rolle B (vermentino), vidoc N, viognier B, voltis B, xarello B et xinomavro N[1].

Dans la pratique, l'encépagement reste plutôt traditionnel pour les cépages noirs avec les grenache, cinsault, syrah, carignan, merlot, cabernet sauvignon et caladoc ; en blanc se sont les trebbiano (ugni blanc), clairette, bourboulenc B, chasan B et chardonnay[17].

Depuis 2025, se sont rajoutés 23 « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA) : agiorgitiko N, assyrtiko B, coliris N, couston N, fleurtai B, lilaro N, montepulciano N, graciano N (morrastel), moschofilero (en) Rs, nebbiolo N, nero d'Avola N, opalor B, pinotage N, saperavi N, selenor B, sirano N, torbato B (tourbat), touriga nacional N, UD 55.100, UD 31.125, verdejo B, xarello B et xinomavro (en) N[1].

Vins

Vin de pays des Bouches-du-Rhône, Domaine de Revelette à Jouques.

Le vin de pays des Bouches-du-Rhône labellisait environ 230 000 hectolitres par an[17].

Types de vin

Le cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom de pays-des-bouches-du-rhône la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que par l'unité géographique plus petite qu'est « Terre de Camargue »[1].

Les vins rouges représentent 80 % de la production, les rosés 12 % et les blancs 8 %[17].

Commercialisation

La part destinée à l'exportation est de 35 %. Sur le marché intérieur, le reste de ce vin est essentiellement commercialisé à 80 % dans le secteur GMS (grandes et moyennes surfaces), sur le lieu de production à 15 % et en restauration à 5 %[17].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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