Bouddhisme, la loi du silence

From Wikipedia, the free encyclopedia

Format
Enquête (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Langue
Auteurs
Élodie Emery (d)
Wandrille Lanos (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Bouddhisme, la loi du silence
Format
Enquête (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Langue
Auteurs
Élodie Emery (d)
Wandrille Lanos (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sujets
Date de parution
Pays
Distinctions

Bouddhisme, la loi du silence est le titre d'un livre-enquête et d'un documentaire vidéo des journalistes Élodie Emery et Wandrille Lanos sur les maltraitances, viols et malversations financières ayant eu lieu dans plusieurs communautés du bouddhisme tibétain depuis les années 1970. Les auteurs, qui ont recueilli les témoignages d'une trentaine de victimes de treize maîtres dans plusieurs pays occidentaux, portent leur attention principalement aux accusations visant le lama Sogyal Rinpoché et Robert Spatz, le fondateur de l'association Ogyen Kunzang Chöling. L'enquête considère que ni le dalaï lama ni son interprète français Matthieu Ricard n'ont suffisamment condamné ces agissements, incitant plutôt les disciples à les dénoncer eux-mêmes.

Intervenants

Élodie Emery est une journaliste et actrice française. Collaboratrice pendant neuf ans de Marianne puis de L'Express, elle se tourne en 2025 vers le théâtre, mettant en scène un stand-up intitulé Ceci n’est pas une religion[1].

Wandrille Lanos est un journaliste et documentariste français qui, après avoir réalisé, dans le cadre de l'agence CAPA, des reportages pour Canal+, Planète et France 2, a été reporter à la rédaction du magazine Envoyé Spécial[2],[3].

Martine Batchelor, Stephen Batchelor, Oane Bijlsma, Jean-Francois Buysschaert, Marion Dapsance, Tenzing Geyche Tethong, Rob Hogendoorn[4], Geshe Lhakdor, Raphaël Liogier[5], Michael Nolan, Tenzin Palmo[6].

Contenus

Le livre et le documentaire vidéo retracent principalement les accusations portées à l'encontre du lama Sogyal Rinpoché ainsi qu'à l'encontre du fondateur de l'association Ogyen Kunzang Chöling (OKC), Robert Spatz (lama Kunzang Dorjé).

Le documentaire

Le documentaire vidéo Bouddhisme, la loi du silence est diffusé le sur la chaîne franco-allemande Arte[7] et le sur La Chaîne parlementaire[8]. Il résume onze ans de recherches menées par les deux journalistes sur des accusations de viols de mineures et de majeures, de sévices, de privation de nourriture et d'autres maltraitances commises par treize maîtres du bouddhisme tibétain dans plusieurs pays occidentaux dans les cinquante dernières années[9],[10],[11].

Le livre

Le livre homonyme paraît également en [12]. Les auteurs y affirment que leur but est « non pas de décrire une dérive sectaire mais bien un système qui gangrène l'ensemble du bouddhisme tibétain » (p. 18).

Cet ouvrage décrit « « le silence » de grandes figures du bouddhisme tibétain face aux « dérives » de certains maîtres en Occident ». Selon les deux enquêteurs, une des causes de ce mutisme serait « la préservation d’intérêts financiers » de la part des monastères asiatiques car ils dépendent économiquement de l'aide financière fournie par les responsables des centres occidentaux[13].

Sogyal Rinpoché, alors ami du dalaï-lama, a fondé 130 centres Rigpa, dont Lerab Ling à Lodève, dans le Hérault ; il est accusé, selon l'enquête journalistique, de s'être enrichi personnellement grâce aux dons, d'avoir fait travailler gratuitement ses disciples jusqu'à l'épuisement et d'avoir usé de son pouvoir pour frapper, violenter et violer des jeunes femmes qu’il considérait comme ses esclaves sexuelles[9],[14] ; il a été désavoué en 2017 par Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama. Robert Spatz a, quant à lui, été condamné en 2020 pour séquestrations, abus physiques et sexuels sur mineurs, emprise et fraude financière[15],[16],[7],[17],[18].

Rencontre de 1993 du dalaï-lama avec des enseignants occidentaux

Le documentaire reproduit un extrait d'une rencontre filmée du 16 au [19] à Dharamsala entre vingt-deux enseignants occidentaux des principales traditions bouddhistes, dont celles du bouddhisme tibétain, et le dalaï-lama[19]. Ceux-ci expriment leur profonde inquiétude face aux témoignages de disciples abusés par des maîtres au nom de la « folle sagesse » : relations sexuelles forcées, états d’ébriété et autres attitudes jugées scandaleuses. Demandant au dalaï-lama de dénoncer officiellement tous les comportements hétérodoxes, celui-ci répond que « tous les efforts doivent être faits pour mettre fin à cette situation ». Les enseignants et le dalaï-lama s'accordent alors sur le contenu d'une lettre ouverte, les enseignants la signent et la remettent au dalaï-lama, qui précise qu'il ne pourra la signer qu'après qu'elle soit passée par son cabinet. La lettre leur est revenue, mais sans la signature du dalaï-lama[9],[20],[4],[21].

La question de la dénonciation des faux maîtres par les disciples abusés

L'enquête d'Élodie Emery et Wandrille Lanos affirme que malgré le fait que le dalaï-lama et le moine bouddhiste Matthieu Ricard étaient au courant des accusations de sévices sexuels et autres abus visant plusieurs autorités du bouddhisme tibétain en Occident, ils n'ont rien entrepris pour les dénoncer. Le dalaï-lama soutient que les disciples abusés doivent eux-mêmes dénoncer les actes d'abus car il ne veut pas lui-même « porter l’ensemble du fardeau sur ses épaules », s'en amusant même[7],[Note 1]. Les auteurs prétendent que Matthieu Ricard a traité ces exactions de « potins de la commère ». Toutefois leur ouvrage atteste que ce dernier avait utilisé cette expression dans un autre contexte[Note 2],[22][source insuffisante]. Matthieu Ricard soutient qu'il a toujours déclaré « clairement qu'il fallait dénoncer et condamner haut et fort ces malversations et que les témoins directs, les victimes devaient se porter en justice. ». Il reconnaît toutefois qu'il aurait dû être « plus vigoureux, plus énergique, plus tôt » bien qu'il n'ait pas autorité sur les lieux de culte incriminés, chaque centre étant indépendant[23]. Dans un billet répondant au documentaire et au livre d'Emery et Lanos, le traducteur du dalaï-lama juge souhaitable la création d'une structure d'écoute et de soutien psychologique et juridique des victimes[24]. Après la parution du livre, Élodie Emery affirme être menacée de poursuites judiciaires par les avocats du temple héraultais et ceux de Matthieu Ricard[9]. Matthieu Ricard a demandé, d'après les auteurs, de ne pas utiliser ses propos filmés lors de leur longue enquête. Il reconnaît tout de même que « L’ambition de ce documentaire est salutaire car libérer la parole des victimes est difficile […] L’ampleur des sévices dénoncés et de la souffrance des victimes est terrifiante »[25].

Récompenses

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI