Bruno Karsenti

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Bruno Karsenti
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Bruno Karsenti (né en 1966) est un philosophe français. Il incarne une pratique de la philosophie qui intègre les sciences sociales, pour interroger la manière dont les traditions anthropologique et sociologique structurent la pensée politique moderne[1].

Agrégé de philosophie (1990)[2], il a été maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne puis directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), et travaille au croisement de la philosophie politique et des sciences sociales.

Il a étudié la tradition sociologique et anthropologique, et la place qu'elle occupe dans la formation de la pensée politique moderne. Son approche des questions politiques se fonde sur l'apport spécifique des sciences sociales et le déplacement conceptuel qu’elles opèrent. Il a publié des livres consacrés à Marcel Mauss, Emile Durkheim et Auguste Comte, a édité certaines œuvres de Gabriel Tarde, de Lucien Lévy-Bruhl, ou encore de Henri Bergson. Il a analysé le paradigme structural, pragmatiste et phénoménologique en sciences sociales. Il s'est aussi attaché à suivre la voie de la psychanalyse dans la définition d'une identité collective de type proprement politique. Dans D'une philosophie à l'autre, paru en 2013, il caractérise et illustre la nouvelle pratique de la philosophie qu'induit la prise en compte des sciences sociales comme formation de savoir et pratique de connaissance constitutives de ce qu'on nomme modernité.

Une part importante de ses travaux porte sur les relations entre judaïsme, émancipation et citoyenneté, et sur la manière dont la présence juive et l'après-Shoah reconfigurent le récit politique européen[1]. À ce titre, son essai de philosophie politique Les Paradoxes de l'intégration. L'Europe et les juifs explore la rapport complexe que les Juifs de la diaspora entretiennent avec leur identité, avec les nations dont ils sont citoyens et, depuis 1948, avec L'État d'Israël. Il y met en lumière les paradoxes qui traversent tout processus d'intégration, depuis la Shoah, les décolonisations et le 7-Octobre. Il cherche à y saisir les mécanismes de l'antisémitisme et du racisme, interroger le sionisme et le modèle républicain, pour rouvrir l'espace d'une critique politique attachée à l'idéal d'émancipation - et donc à la promesse européenne[3]. Ses contributions régulières à la revue K. lui permettent aussi de participer à la documentation et à l'analyse de la situation actuelle des Juifs en Europe[1].

De 1995 à 1998, il est pensionnaire de la Fondation Thiers[4].

En 2013, il reçoit la médaille d'argent du CNRS[5].

En , il est nommé vice-président de l'EHESS par le nouveau président, Christophe Prochasson, où il organise depuis 2018 le séminaire « Les Juifs et l'Europe ».

En avril 2026, il rejoint la faculté permanente de Sciences Po[1].

Publications

Notes et références

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