Budget de l'État français en 2026

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Le budget de l'État français en 2026 est promulgué le . Le financement de la sécurité sociale pour est promulgué le .

Historique

Amélie de Montchalin, ministre du Budget entre le et le .

Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 et les élections législatives qui ont suivi, il n’y a plus de majorité à l’Assemblée nationale.

Le , le président de la République Emmanuel Macron annonce renforcer l’effort budgétaire prévu pour la défense, en ajoutant des dépenses de 3,5 milliards d’euros en 2026, puis 3 milliards de plus en 2027. Il affirme qu’il n’est pas question que ce « réarmement passe par l’endettement ». La loi de programmation militaire 2024-2030 sera actualisée[1].

Deux jours plus tard, le premier ministre François Bayrou présente un plan « Stop à la dette » visant à ramener le déficit public à 4,6 % du PIB en 2026 et d’atteindre 2,8 % en 2029. Ce plan prévoit plusieurs mesures comme le gel des dépenses de l’État, un coup de frein sur le dépenses de santé, et une année blanche sur les prestations sociales et les retraites[2],[3]. Le premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale sur ce programme le , les députés lui refusent la confiance ; François Bayrou doit remettre sa démission.

Nommé Premier ministre le , Sébastien Lecornu s’engage à ne pas utiliser l’article 49.3 de la Constitution[4]. Son second gouvernement est nommé le , et le , avec plusieurs jours de retard, les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2026 sont présentés en Conseil des ministres. Le même jour, lors de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu annonce une suspension de la réforme des retraites de 2023[5].

Le , l’Assemblée nationale rejette la Taxe Zucman proposée par les députés de gauche.

Lors de la première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale à l’Assemblée nationale, les députés approuvent la partie recette, et le décalage de la réforme des retraites. Ils modifient le texte en supprimant le gel des prestations de retraite et des prestations sociales. Les députés LR font adopter un amendement pour élargir la déduction de cotisations patronales sur les heures supplémentaires, et les députés PS font adopter un amendement pour augmenter le taux de CSG sur les revenus du patrimoine. La discussion se termine le , en raison du délai constitutionnel, alors que le vote sur l’ensemble du texte n’a pas pu avoir lieu[6]. Au Sénat (où la droite est majoritaire), le texte adopté est globalement un retour au projet du Gouvernement[7]. Après le désaccord de la commission mixte paritaire, l’Assemblée nationale en nouvelle lecture rétablit la plupart des amendements qu’elle avait voté en première lecture. Un compromis est trouvé sur la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine, afin de ne pas toucher les « petits épargnants »[8]. Le , un dernier amendement du Gouvernement sur l’augmentation de l’objectif des dépenses de l'assurance maladie est approuvé, et l’ensemble du texte est adopté[9].

Face aux blocages pour le vote du budget de l’état, Sébastien Lecornu utilise finalement l’article 49.3 de la Constitution en janvier 2026. Il renonce à plusieurs mesures contenues dans le projet initial, comme le gel du barème sur de l’impôt sur le revenu, l’allègement de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et l'année blanche pour les allocations sur le logement[10]. L’objectif initial de la baisse en valeur réelle des dépenses des ministères est maintenu, sauf celles de la Défense qui augmentent de 6,7 milliards ; les dépenses d’intérêt et la contribution au budget de l’UE sont également en augmentation[11].

Processus législatif

Davantage d’informations Étape, Loi de finances ...
Discussion parlementaire des textes budgétaires pour 2026
Étape Loi de finances Loi de financement de la Sécurité sociale Loi spéciale
Dépôt le le le
Première lecture à l’Assemblée nationale modification puis  rejet le modification puis fin de la discussion sans vote le (délai dépassé art. 47-1)  adoption le
Première lecture au Sénat modification puis  adoption le modification puis  adoption le  adoption le
Commission mixte paritaire  désaccord le  désaccord le
Nouvelle lecture à l’Assemblée nationale  engagements de la responsabilité du Gouvernement art. 49 al. 3 puis rejets des motions de censure les et modification puis  adoption le
Nouvelle lecture au Sénat  rejet le  rejet le
Lecture définitive à l’Assemblée nationale  engagement de la responsabilité du Gouvernement art. 49 al. 3, puis rejets des motions de censure le  adoption le
Promulgation le le le
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Détails de quelques votes à l'Assemblée nationale

Davantage d’informations Positions, Groupe ...
Première partie du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture) le 22 novembre 2025[12]
Positions Groupe NI Résultat
GDR LFI-NFP EcoS SOC LIOT Dem EPR HOR DR UDR RN
POUR 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 1 Rejeté
CONTRE 16 71 37 57 14 0 7 34 33 13 117 5 404
ABSTENTION 0 0 0 0 2 15 66 0 0 0 0 1 84
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Davantage d’informations Positions, Groupe ...
Ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nouvelle lecture) le 9 décembre 2025[13]
Positions Groupe NI Résultat
GDR LFI-NFP EcoS SOC LIOT Dem EPR HOR DR UDR RN
POUR 1 0 3 63 20 36 91 9 18 0 0 6 247 Adopté
CONTRE 10 71 9 0 0 0 0 0 3 16 123 2 234
ABSTENTION 5 0 26 6 2 0 0 25 28 0 0 1 93
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Davantage d’informations Positions, Groupe ...
Motion de censure déposée par les députés de gauche sur l’engagement de la responsabilité du Gouvernement sur la première partie du projet de loi de finances pour 2026 (nouvelle lecture) le 23 janvier 2026[14].
Positions Groupe NI Résultat
GDR LFI-NFP EcoS SOC LIOT Dem EPR HOR DR UDR RN
POUR 14 71 36 5 2 0 0 0 1 16 122 2 269 Rejeté
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Cadrage des finances publiques

Depuis le pacte budgétaire européen, le déficit public (solde de l’État + administrations de sécurité sociale + administrations publiques locales) et la dette publique font l’objet de trajectoires pluriannuelles.

Dans les textes financiers de , basés sur un scénario macroéconomique prévoyant une croissance du produit intérieur brut de 1,0 % et une croissance de l’indice des prix à la consommation (inflation) de 1,3 %, le déficit est envisagé à 4,7 % du PIB en 2026, avec un retour sous les 3 % visé en 2029, et la dette à 117,9 % du PIB[15]. Dans le texte définitif de la loi de finances, le déficit est de 5 %[16].

Loi spéciale

Le processus législatif ne pouvant être achevé avant la fin de l’année, une loi de finances spéciale a été adoptée et promulguée le . Elle contient trois articles, notamment pour autoriser la perception des impôts en 2026[17] et autoriser l’État à recourir à l’emprunt[18].

Un décret pris le a ouvert les crédits applicables aux services votés, en reconduisant ceux ouverts en loi de finances initiale pour l'année 2025[19], accompagné de circulaires prévoyant une limitation stricte de l'utilisation de ces crédits jusqu'à l’adoption de la loi de finances de l'année[20].

Loi de finances initiale

Le budget de l'État (et de l’État seulement), les mesures fiscales et les crédits ouverts sont votés dans la loi de finances.

Recettes

La loi de finances initiale contient notamment les mesures fiscales suivantes.

  • Autorisation de la perception des impôts en 2026[21].
  • La contribution différentielle sur les hauts revenus[22], qui selon le budget précédant ne devait s’appliquer qu’en 2025, est prorogée tant que le déficit public est supérieur à 3 % du PIB[23].
  • Indexation sur l’inflation du barème de l’impôt sur le revenu pour les revenus de 2025 et des grilles de taux par défaut du prélèvement à la source[24].
  • Une taxe sur le patrimoine financiers des holdings patrimoniales est instaurée[25],[26].
  • Les biens personnels et somptuaires sont exclus des exonérations, prévues par la loi Dutreil, de droits de mutation à titre gratuit[27].
  • La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui selon le budget précédant ne devait s’appliquer qu’en 2025, est prorogée d’une année avec réduction de moitié des taux[28].
  • Diverses suppressions et rationalisations de dépenses fiscales[29].
  • Un nouveau dispositif de défiscalisation de l’investissement immobilier locatif est créé, prenant la suite du dispositif Pinel[30],[31].
  • Une taxe sur les importations d’articles de marchandise contenus dans des envois de faible valeur est créée[32].
  • La taxe sur la vacance des locaux d’habitation est créée. Elle se substitue à la taxe sur les logements vacants et à la taxe d'habitation sur les logements vacants et sera affectée au bloc communal[33],[34].
  • Une contribution pour l’aide juridique est créée. D'un montant de 50 euros, elle sera acquittée par tout justiciable introduisant une instance civile ou prud’homale devant un tribunal judiciaire ou un conseil des prud’hommes, son produit étant affecté au financement de l’aide juridictionnelle[35].
Davantage d’informations Évaluation ...
Recettes du budget général de l’État en 2026 en euros[36]
Évaluation
Impôt sur le revenu 99 836 208 951
Impôt sur les sociétés 61 628 838 886
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
Accises sur les énergies 25 290 133 401
Taxe sur la valeur ajoutée 99 805 199 715
Autres contributions fiscales 77 042 629 966
Recettes fiscales 363 603 010 919
Dividendes et recettes assimilées 5 175 212 567
Produits de la vente de biens et services 2 525 138 796
Amendes, sanctions pénalités et frais de poursuites 2 695 870 585
Divers 18 503 882 155
Recettes non fiscales 28 900 104 103
Prélèvements sur les recettes de l’État au profit des collectivités territoriales 44 824 085 404
Prélèvement sur les recettes de l’État au profit de l’Union européenne 28 439 880 549
Prélèvements sur les recettes de l’État 73 263 965 953
Fonds de concours 6 142 822 550
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Dépenses

Les crédits ouverts aux ministres par la loi de finances initiale pour 2026 au titre du budget général sont répartis conformément au tableau suivant[37].

Davantage d’informations Mission, Montant en euros du crédit de paiement ...
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Équilibre budgétaire

Davantage d’informations Ressources, Charges ...
Tableau de l'équilibre budgétaire de l’État en 2026 en millions d’euros[39]
Ressources Charges Soldes
Recettes fiscales brutes/dépenses brutes (a)
Remboursements et dégrèvements (-b)
Recettes fiscales nettes/dépenses nettes (c=a-b) 363 603 452 716
Recettes non fiscales (d) 28 900
Recettes totales nettes/dépenses nettes (e=c+d) 392 503 452 716
Prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales et de l'Union européenne (-f) 73 264
Budget général (g=e-f) 319 239 452 716 −133 477
Évaluation des fonds de concours et crédits correspondants (h) 6 143 6 143
Budget général y compris fonds de concours (i=g+h) 325 382 458 859
Budgets annexes (j) 2 995 2 618 376
Comptes spéciaux (k) −1 527
Solde général (=g+j+k) −134 627
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Le ministre des Finances est autorisé à émettre une dette à long et moyen termes de 310 milliards d'euros pour couvrir l'amortissement de la dette de 168,2 milliards d'euros et pour financer le déficit de 134,6 milliards d'euros[40].

Loi de financement de la Sécurité sociale

La loi de financement de la Sécurité sociale fixe les prévisions de recettes, les objectifs de dépenses de la Sécurité sociale. Ce n’est pas un budget à proprement parler et cela ne fait pas partie du budget de l’État.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 contient notamment les mesures suivantes.

L’objectif national de dépenses d'assurance maladie est fixé à 274,4 milliards d’euros[46], en hausse de 8,5 milliards.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit, pour l’ensemble des régimes obligatoires de base (branches maladie, accidents du travail, retraites, famille, autonomie, Fonds de solidarité vieillesse et hors transferts entre branches), des recettes de 664,8 milliards d’euros et des dépenses de 684,2 milliards d’euros[47].

Notes et références

Annexes

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