Bérénice Pancrisia
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| Bérénice Pancrisia | |||
| Localisation | |||
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| Pays | |||
| Coordonnées | 21° 56′ 50″ nord, 35° 08′ 23″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : Soudan
Géolocalisation sur la carte : Égypte antique
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Bérénice Pancrisia, en grec Berenike Panchrysos, est une ancienne colonie urbaine, située dans le désert nord-est du Soudan, juste en dessous du vingt-deuxième parallèle, à proximité des mines d'or du ouadi Allaqi dans la Nubie des pharaons.
Elle a été découverte le par une expédition italienne, composée des frères Castiglioni, Luigi Balbo, Giancarlo Negro et Manlio Sozzani, en se fondant sur une carte arabe du IXe siècle qui indiquait la mine.
La découverte a été jugée si importante qu'elle a donné naissance à une nouvelle branche de l'archéologie : la nubiologie.


Bérénice Pancrisia signifie « toute d'or » (du Grec panchrysos) et serait dû à Ptolémée II Philadelphe qui, en -271, aurait rebaptisé le village en l'honneur de sa mère Bérénice Ire, épouse de Ptolémée Ier Soter, après l'avoir entièrement rénové et agrandi, avec un port. Mais une seconde hypothèse suggère que ce nom est relatif au dieu Pan, nom grec de Min, dieu égyptien du désert.
Donc, en résumé, le sens de Bérénice Pancrisia est soit « Bérénice cité d'or », soit « Bérénice du dieu Pan ».
En réalité, le site nubien remonte à très longtemps avant la dynastie lagide et était connu comme la cité de Beja. Au cours du Moyen Empire, elle portait presque certainement le nom égyptien de Tjeb, et c'est sous le Nouvel Empire que la production industrielle a commencé, en recueillant les métaux (dont l'or alluvionnaire) dans les ruisseaux de montagne de la région.

Bérénice Pancrisia est ainsi mentionné par :
- Thoutmôsis III, qui dans le temple de Louxor, a fait inscrire sur le sixième pilier une description longue et détaillée des taxes en or provenant de la région de Ouaouat. Les hiéroglyphes nous indiquent ainsi qu'en seulement quatre ans, 11 000 deben d'or pur ont été importés de cette région, ce qui représente presque une tonne ;
- Séthi Ier, sur une carte du désert de Ouaouat où il fait construire, à grand renfort d'hommes et de moyens, des puits d'eau ;
- Ramsès II, qui fait graver le chemin menant aux mines d'or sur une stèle de granite à Kubban. Cette stèle a été nécessaire parce que beaucoup d'hommes qui se rendaient sur le site pour exploiter l'or se perdaient dans le désert sur le chemin du retour et mouraient de soif, avec un précieux chargement qui ne finissait pas dans les coffres du pharaon. Ramsès II a également restauré le puits d'eau creusé par Séthi Ier, qui dans l'intervalle avait été asséché par la baisse de niveau des eaux souterraines, conséquence de la désertification déjà en cours. Ce puits, indiqué sur la stèle de Kubban, a très probablement été retrouvé par une expédition russe à cinquante-cinq kilomètres de l'embouchure de l'oued Allaqi ;
- Pline l'Ancien, qui mentionne dans le livre VI de son Naturalis Historia : "... Berenicen alteram, quae Panchrysos cognominata est..." ;
- Diodore de Sicile, qui, vers l'an -30, décrit les zones de quartz aurifère de la Nubie ptolémaïque dans le livre III de sa Bibliothèque historique. Il nous indique que dans le sud de l'Égypte, entre l'Arabie saoudite et l'Éthiopie, se trouve un lieu regorgeant de minéraux et de mines d'or, où d'énormes efforts ont été déployés pour extraire l'or.
De nombreux explorateurs arabes connaissaient aussi Bérénice Pancrisia, mais, au début du IXe siècle, son nom a changé pour devenir Allaqi (ou Allak ou Alac), et la mine d'or est devenue Ma'din ad-Dahab (Mines d'or en arabe).
Le lieu est resté connu jusqu'au XIIe siècle quand il a commencé à décliner, l'extraction d'or dans le désert étant devenue trop coûteuse, principalement en raison du manque d'eau.
Puis, vers 1600, son emplacement précis se perd et ne figure plus sur les cartes ni dans la toponymie locale. Il a été recherché à diverses époques, entre l'Ouadi Hammamat et l'Ouadi Allaqi où les cartes le mentionnent sous le nom arabe Derahejb (ou Alachi), avant de faire sa réapparition dans l'Histoire en 1989.
L'or est la chair des dieux et la lumière de Rê, c'est le métal noble le plus convoité. Le pharaon en était l'unique propriétaire. Sarcophages, statues, bijoux, pyramidions d'obélisques, revêtements : tout brille en Égypte, à la lumière dorée du symbole de l'éternité.
Le sarcophage de Toutânkhamon, qui pèse plus de cent kilogrammes, est en or massif, le mobilier est plaqué d'or. Près de quatre-vingts pour cent de ce métal provient de la région minière de Bérénice Pancrisia. Les pharaons envoyaient leurs prospecteurs spécialisés découvrir de nouvelles mines, et l'on retrouve leur marque personnelle sur les roches de quartz qu'ils ont découvertes. Parmi les nombreux noms il y a aussi ceux de simples voyageurs et de fonctionnaires du gouvernement, comme à Heqanéfer.

