Castellum Dimmidi

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Castellum Dimmidi
Ksar el-Baroud
Image illustrative de l’article Castellum Dimmidi
Le castellum se situe sur la marge présaharienne, dans une zone associée au limes de Numidie.
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya de Djelfa
Coordonnées 34° 09′ 21″ nord, 3° 29′ 54″ est
Histoire
Époque Haut-Empire romain
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Castellum Dimmidi
Castellum Dimmidi

Castellum Dimmidi (latin : castellum Dimmidi), également connu sous le nom de Ksar el-Baroud, est un petit fort romain du limes de Numidie implanté dans la région de Messaad (wilaya de Djelfa, Algérie). Il fonctionne comme avant-poste sur la marge présaharienne entre la fin du IIe siècle et le milieu du IIIe siècle, avant son abandon au moment des troubles de 238 apr. J.-C.[1] La localisation (WGS84) 34.155805, 3.498374 est reprise par le Digital Atlas of the Roman Empire (Imperium)[2].

Première description imprimée (1856)

Le fort occupe une butte gréseuse en bordure du Sahara, dans un secteur qui commande des axes de circulation entre l’Atlas saharien (monts des Ouled Naïl) et le Bas-Sahara, à proximité immédiate de l’oasis et de l’oued de Messaad/Demmed[1]. L’identification du lieu et les coordonnées sont également référencées dans les bases Pleiades (place 334518) et Imperium (place 22629)[3],[2].

Parmi les premiers comptes rendus imprimés sur le site figure l’article de Victor-Constant Reboud (1856)[4]. Il signale que l’étude du « Ksar-el-Baroud, poste romain de Messad » est encore peu avancée, que toutes les inscriptions ne sont pas relevées, et mentionne une inscription « très altérée » dont le mot final ORBIS reste lisible. Il décrit aussi la couverture de surface (débris de tuiles, briques, médailles) et souligne que les constructions sont bouleversées par la recherche de salpêtre (baroud), utilisé localement pour fabriquer de la poudre. Enfin, il localise l’ensemble sur un petit mamelon entre Aïn-et-Taam et l’oued Hamouida, dont les rigoles d’irrigation alimentent les jardins de Messad et de Demmed.

Toponymie

Le toponyme antique Dimmidi est généralement mis en relation avec la permanence d’un nom local conservé dans Demmed[1].

Occupations antérieures (Préhistoire)

La région de Messaad réunit plusieurs sites préhistoriques holocènes (gisements de Ksar-Zaccar, Daïet Stel, Aïn Naga) ainsi qu’un ensemble important d’art rupestre[5]. À Aïn Naga, des niveaux superposés attribués au Capsien supérieur puis à un Néolithique de tradition capsienne sont documentés ; des datations radiocarbone calibrées (charbon et coquilles) sont fournies pour ces ensembles, ainsi qu’une datation (charbon) pour le niveau néolithique[6]. L’article souligne aussi le rôle de l’art rupestre local (notamment le thème du « bélier coiffé » d’Aïn Naga) pour discuter les dynamiques de fréquentation et de néolithisation au VIIeVIe millénaire cal BC[5].

Histoire romaine

Fondation et chronologie d’occupation

La création du fort est placée en 198 apr. J.-C., dans le contexte de la politique sévérienne de contrôle des marges sahariennes[1]. La notice insiste sur une occupation principalement militaire, avec des phases documentées jusqu’aux années 238[1]. Le Digital Atlas of the Roman Empire retient un intervalle 198–240[7].

Garnison

L’occupation est assurée par des détachements (vexillationes) et, lors de certains épisodes, par des unités auxiliaires et un contingent palmyrénien (numerus Palmyrenorum), attestés notamment par l’épigraphie et la mise en évidence d’un espace de culte associé à Malagbel[1],[8].

Description du castellum

Enceinte et accès

Le fort présente un plan irrégulier adapté au relief, pour une emprise inférieure à un hectare ; l’enceinte est construite en opus incertum à noyau de terre, avec une épaisseur de l’ordre de m[1]. Un côté plus rectiligne (au nord-ouest) concentre l’accès principal : la porte est organisée en couloir, flanquée de deux tours semi-circulaires[1].

Organisation interne (lecture détaillée du plan de fouille)

Les fouilles (G.-Ch. Picard) et les synthèses ultérieures décrivent une organisation interne structurée par un axe de circulation (cardo) et des axes transversaux (decumani), qui distribuent des îlots bâtis (casernements, bâtiments de service, espaces de stockage)[1].

Le plan (d’après G.-Ch. Picard, repris en figure par Laporte) permet de préciser l’interprétation topographique interne :

  • un secteur central associe principia et espaces annexes, avec un ensemble signalé comme sacellum, un espace noté schola et un puits, ce qui renforce l’importance du point d’eau dans l’implantation[9] ;
  • des alignements de pièces régulières de part et d’autre des axes internes correspondent aux casernements, tandis que plusieurs zones sont explicitement notées decumanus sur le plan[9] ;
  • des structures indiquées comme « souterrains » apparaissent au voisinage de l’axe principal, associées à des zones de construction et à des espaces de stockage[9] ;
  • plusieurs dispositifs de stockage sont figurés par des silos, ainsi que des zones notées « béton » / « sol béton », suggérant des aménagements techniques (sols, plateformes)[9] ;
  • des bâtiments sont identifiés par des appellations d’usage archéologique : bâtiment des lampes, bâtiment des fresques (avec la chambre des fresques), bâtiment du potier, et un bâtiment associé à Marius Saturnus[9] ;
  • un petit ensemble est proposé comme « thermes ? » (interprétation prudente)[9] ;
  • une maison post-romaine ? est signalée en bordure, ce qui met en évidence des réoccupations intramuros (au moins en partie)[9].

Espaces cultuels et décors (sanctuaire palmyrénien)

Dans les principia, la documentation signale un petit temple sur podium et des éléments à signification religieuse (autel cinéraire, stèle associée à des attributs de Caelestis)[1]. Un autre bâtiment, souvent dénommé « chambre des fresques », est associé à la présence palmyrénienne : des fragments d’enduits peints et des dédicaces à Malagbel y sont rapportés[1],[8].

Inscriptions

Les inscriptions connues sont en grande partie des dédicaces religieuses (Jupiter/Iuppiter, Cérès, divinités palmyréniennes), parfois explicitement liées à la santé de l’empereur et de la domus divina et/ou au numen impérial. Une partie de ce corpus est recensée et éditée dans la base SIRAR (Sylloge Inscriptionum Religionis Africae Romanae) et renvoie fréquemment vers EDH/EDCS/Trismegistos.

Corpus (SIRAR)

  • SIRAR 0724 : dédicace à Iuppiter Conservator (renvois AE ; EDH)[10].
  • SIRAR 0725 : dédicace pour la domus divina et Cérès (ara Cereri…) ; datation consulaire (225)[11].
  • SIRAR 1035 : dédicace à Iovi Conservatori (mention de Sévère, Antonin/Caracalla, Geta et Julia Augusta)[12].
  • SIRAR 1045 : inscription associant Iuppiter, la domus divina, Cérès et le numen impérial ; renvoie à une vexillatio de la III Augusta[13].
  • SIRAR 1066 : dédicace à Iuppiter et au numen Augusti par un responsable de détachement (praepositus vexillationis)[14].
  • SIRAR 1069 : dédicace à Iuppiter, au numen impérial et à Cérès (ara de Cérès ; datation consulaire ; période de Maximin) par des vexillaires de la III Augusta[15].
  • SIRAR 1099–1101 : dédicaces (dont une fragmentaire) à Malagbel, associées au numerus Palmyrenorum et à la santé de Sévère Alexandre et Julia Mamaea (selon les textes)[16],[17],[18].

Bases de données et liens externes

Notes et références

Voir aussi

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