Catastrophes dans les houillères de Ronchamp
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Plusieurs catastrophes sont survenues dans l'histoire des houillères de Ronchamp et ont coûté la vie à plus de 180 ouvriers sur les deux siècles d'activité. Ces catastrophes sont de différentes natures : incendies, fortes arrivées d'eau, éboulements, chutes et enfin coups de grisou qui représentent 70 % des victimes ; elles ont profondément affecté la population locale.
Première catastrophe du puits Saint-Louis

La première catastrophe du puits Saint-Louis est le tout premier coup de grisou que connait le bassin minier de Ronchamp et Champagney et l'un des premiers de France, il est également l'un des plus meurtriers de l'histoire des houillères de Ronchamp en faisant vingt morts et seize blessés. L'explosion se produit le au puits Saint-Louis. Cette catastrophe va profondément marquer la population locale et l'opinion nationale, remettant en question la sécurité dans les mines grisouteuses et les conditions de l'aérage[1].
Seconde catastrophe du puits Saint-Louis
Six ans après la première tragédie, le puits Saint-Louis connait son second coup de grisou le . Il est provoqué par un ouvrier qui voulait éliminer le grisou accumulé dans une galerie à l'aide d'une canette de poudre. L'explosion tue sur le coup 25 ouvriers, 5 autres meurent à l'infirmerie du hameau de la Houillère des suites de leurs blessures. L’ingénieur décide de modifier l'aérage et de diluer le grisou dans l'air avant la reprise du poste[1].
Première catastrophe du puits Saint-Charles
En 1857, après une période calme, le puits Saint-Charles subit deux coups de grisou la même année, le premier survient le à onze heures et demie du matin. L'explosion se produit dans les travaux de la deuxième couche, à 150 mètres au sud de la recette, elle fait huit morts et cinq blessés. Le le directeur, un ingénieur, un sous-ingénieur et un maître mineur en chef sont condamnés à de la prison et à une amende au tribunal de Première Instance de Lure pour homicide par imprudence[1].
Seconde catastrophe du puits Saint-Charles
Le , une petite explosion tue deux ouvriers qui travaillaient au percement d'une galerie par explosif et où une poche de grisou s'est momentanément accumulée au-dessus du boisage, sans pouvoir être détectée[1].
Première catastrophe du puits Saint-Joseph
Le , une nouvelle explosion fait vingt-neuf morts dans les travaux du couchant du puits Saint-Joseph où la reprise ne se fit qu'en 1874[2]. Cette catastrophe est provoquée par un mineur qui a jeté sa lampe à terre à la suite d'une altercation[1].
Seconde catastrophe du puits Saint-Joseph
Le , à 11 heures, un jet enflammé de grisou se forme à cause d'un tamis percé. Le puits est fermé jusqu’au pour des raisons de sécurité mais cela ne suffit pas puisque le à 3 heures se produit une violente détonation. Puis une autre à 9 h 30, si violente qu'elle enlève le barrage composé de terre et de plateaux ainsi que toute la toiture du bâtiment. La décision est prise de noyer les chantiers du puits pour éteindre l’incendie. Quelques jours plus tard débute l’épuisement des eaux dont le volume excède les 90 000 m3[2],[1].
Catastrophe du puits Sainte-Marie
Le puits Sainte-Marie connaît un seul coup de grisou le dans une galerie creusée pour le mettre en communication avec le puits Saint-Charles. Cet accident fait huit morts et trois blessés qui sont retrouvés le suivant après la réparation de 250 mètres de boisages[3],[1].
Catastrophe du puits du Magny
Le , dans les travaux en direction du nord, le premier coup de grisou du puits du Magny fait 16 morts. L'ingénieur civil des mines Henri Poincaré est chargé de l'enquête[4]. À la suite de cet accident, un ventilateur plus puissant est installé l'année suivante, en 1880[5]. Il s'agit d'un ventilateur de système SER à effet variable d’une puissance de 30 m3 contre 10 m3 précédemment[6],[1].
Troisième catastrophe du puits Saint-Charles
Un dernier coup de grisou fait vingt-trois morts au puits Saint-Charles le . La détonation est entendue jusqu'au puits Sainte-Marie, distant de 1,4 km. Les ouvriers travaillant sur le carreau des puits Saint-Charles et no 10 constatent un souffle soudain sortant des puits avant que de la fumée en émane, c'est à partir de ce dernier puits que les secours descendent, d'autre partent ensuite du puits Saint-Joseph. La plupart des ouvriers sont morts asphyxiés[1].
