Catherine Trautmann
femme politique française
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Catherine Trautmann, née le à Strasbourg (Bas-Rhin), est une femme politique française.
Elle-même
Roland Ries
Elle-même
Fabienne Keller
Roland Ries
Jeanne Barseghian
| Catherine Trautmann | |
Catherine Trautmann en 2016. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Conseillère municipale de Strasbourg | |
| En fonction depuis le (43 ans et 14 jours) |
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| Élection | 13 mars 1983 |
| Réélection | 19 mars 1989 18 juin 1995 18 mars 2001 16 mars 2008 30 mars 2014 28 juin 2020 22 mars 2026 |
| Maire | Marcel Rudloff Elle-même Roland Ries Elle-même Fabienne Keller Roland Ries Jeanne Barseghian |
| Députée européenne | |
| – (9 ans, 11 mois et 10 jours) |
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| Élection | 13 juin 2004 |
| Réélection | 7 juin 2009 |
| Circonscription | Est (France) |
| Législature | 6e, 7e |
| Groupe politique | PSE (2004-2009) S&D (2009-2014) |
| – (7 ans, 10 mois et 11 jours) |
|
| Élection | 18 juin 1989 |
| Réélection | 12 juin 1994 |
| Circonscription | France |
| Législature | 3e, 4e |
| Groupe politique | SOC (1989-1993) PSE (1993-1997) |
| Successeur | Georges Garot |
| Maire de Strasbourg | |
| – (9 mois et 2 jours) |
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| Élection | |
| Prédécesseur | Roland Ries |
| Successeur | Fabienne Keller |
| – (8 ans, 3 mois et 2 jours) |
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| Élection | |
| Réélection | |
| Prédécesseur | Marcel Rudloff |
| Successeur | Roland Ries |
| Ministre de la Culture et de la Communication | |
| – (2 ans, 9 mois et 23 jours) |
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| Président | Jacques Chirac |
| Premier ministre | Lionel Jospin |
| Gouvernement | Jospin |
| Prédécesseur | Philippe Douste-Blazy |
| Successeur | Catherine Tasca |
| Porte-parole du gouvernement | |
| – (9 mois et 26 jours) |
|
| Président | Jacques Chirac |
| Premier ministre | Lionel Jospin |
| Gouvernement | Jospin |
| Prédécesseur | Alain Lamassoure |
| Successeur | Daniel Vaillant (de facto) Jean-François Copé (indirectement, de jure) |
| Députée française | |
| – (22 jours) |
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| Élection | 1er juin 1997 |
| Circonscription | 1re du Bas-Rhin |
| Législature | XIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Harry Lapp |
| Successeur | Armand Jung |
| – (2 ans, 1 mois et 12 jours) |
|
| Élection | 16 mars 1986 |
| Circonscription | Bas-Rhin |
| Législature | VIIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Proportionnelle par département |
| Secrétaire d'État aux Personnes âgées et aux Handicapés | |
| – (1 mois et 15 jours) |
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| Président | François Mitterrand |
| Premier ministre | Michel Rocard |
| Ministre | Michel Delebarre |
| Gouvernement | Rocard I |
| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Théo Braun (Personnes âgées) Michel Gillibert (Handicapés) |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Catherine Argence |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Strasbourg (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | PS (depuis 1977) |
| Profession | Théologienne |
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| Députés du Bas-Rhin Maires de Strasbourg Porte-parole du Gouvernement Ministres français de la Culture et de la Communication Secrétaires d'État aux Personnes âgées et aux Handicapés |
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| modifier |
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Membre du Parti socialiste (PS) depuis 1977, elle est élue députée du Bas-Rhin en 1986, avant d'être nommée deux ans plus tard secrétaire d'État aux Personnes âgées et aux Handicapés.
Elle est une première fois maire de Strasbourg de 1989 à son entrée dans le gouvernement Jospin en 1997, lorsqu'elle devient porte-parole du gouvernement et ministre de la Culture et de la Communication. Elle est également députée européenne à deux reprises.
En 2000, elle retrouve la mairie de sa ville natale avant de s'incliner face à Fabienne Keller aux élections de l'année suivante. À nouveau tête de liste PS aux élections municipales de 2020, sa liste est devancée. Elle brigue une nouvelle fois la mairie en 2026, où elle s’impose face à la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian.
Études et formation
Catherine Argence fait ses études à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, où elle obtient une maîtrise. Elle étudie particulièrement la langue et la littérature coptes anciennes.
Débuts en politique
Militante socialiste
Catherine Argence fait des études, en particulier sur la langue et la littérature coptes anciennes, à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, où elle obtient une maîtrise.
Députée du Bas-Rhin

Elle est députée du Bas-Rhin de 1986 à 1988, temps durant lequel elle est également membre de la délégation française au Conseil de l'Europe.
En 1997, elle est élue députée de la première circonscription du Bas-Rhin avec 50,2 % des voix face au député sortant, Harry Lapp, alors que cette circonscription était tenue par la droite ou le centre droit depuis la Libération.
Membre de gouvernements
Catherine Trautmann est à plusieurs reprises membre du gouvernement, d'abord en tant que secrétaire d'État chargée des Personnes âgées et des handicapés auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le premier gouvernement Rocard, du 13 mai au 28 juin 1988.
Elle est par la suite ministre de la Culture et de la Communication et porte-parole du gouvernement Jospin du au , puis seulement ministre de la Culture et de la Communication jusqu'au .

En 1999, elle fait rouvrir l’aile ouest du Palais de Tokyo (Paris), pour la consacrer à la diffusion de l’art contemporain.
Critiquée au sujet de ses projets de réforme concernant les chaînes de télévision, elle quitte son ministère à l'occasion d'un remaniement, Catherine Tasca lui succédant.
Elle participe à la création de la Commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits (CPCSPRD), une structure de la Cour des comptes chargée de surveiller les sociétés de perception et de répartition des droits d'auteurs. Elle commence la présentation de la loi créant cette commission à l'Assemblée et au Sénat, avant que Catherine Tasca ne fasse aboutir le projet.
Responsabilités européennes
Catherine Trautmann est élue députée européenne lors des élections européennes de 1989 en France. Elle siège au sein du groupe du Parti socialiste européen. Elle est réélue lors des élections européennes de 1994 et siège jusqu'en 1997, lorsqu'elle démissionne après avoir été nommée ministre de la Culture et de la Communication au sein du gouvernement Jospin en France.

Elle est réélue lors des élections européennes de 2004, succédant à une autre élue strasbourgeoise, Marie-Hélène Gillig.
Elle conduit la liste socialiste aux élections européennes de 2009 dans la circonscription Est. Ayant obtenu quatre élus en 2004, le PS perd alors deux sièges, talonnée par Les Verts et largement distancée par la liste de Joseph Daul (UMP) ; cependant, avec 17,2 % des voix, le PS fait mieux sa moyenne nationale (16,5 %)[1].
Au Parlement européen, elle est vice-présidente de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, ainsi que membre de la commission spéciale sur les défis politiques et les ressources budgétaires pour une Union européenne durable après 2013. Elle est notamment l'un des rapporteurs du Paquet Télécom.
En janvier 2012, elle est candidate à la présidence du groupe parlementaire Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D), considérée comme « outsider » par rapport au favori Hannes Swoboda[2].
Catherine Trautmann se trouve mise devant le fait accompli en vue des élections européennes de 2014, quand elle apprend qu'elle est deuxième sur la liste PS-PRG de la circonscription Est, ayant dû céder sa place au syndicaliste Édouard Martin[3]. Plusieurs élus socialistes locaux s'en indignent, à l'instar de Mathieu Cahn, premier secrétaire fédéral du Bas-Rhin, qui se dit « estomaqué par le dédain et le mépris » dont aurait fait preuve la direction nationale du parti à l'égard de Catherine Trautmann et des militants de la région alors qu'Édouard Martin n'est même pas membre du PS[4]. La liste ne remporte finalement qu'un seul siège, contre quatre au Front national, trois à l'UMP et un à l’UDI-Modem[5]. Par conséquent, Catherine Trautmann perd son mandat.
Après ces élections, Catherine Trautmann remet en cause la « stratégie de la direction nationale » incarnée par l’ex-premier secrétaire Harlem Désir et son conseiller politique Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, pour ce qui a été, a-t-elle dit aux militants, « la campagne la plus dure de [s]a carrière[6]. »
Carrière à Strasbourg
En 1983, Catherine Trautmann entre au conseil municipal de Strasbourg, dans l'opposition dans une ville traditionnellement de centre droit.
Devenue secrétaire d'État dans le gouvernement Rocard en 1988, elle est désignée pour diriger la liste PS aux élections municipales de 1989. Elle a notamment pour programme la mise en place d'un tramway alors que le maire sortant, Marcel Rudloff, considérant que le projet de son adversaire est passéiste, met en avant un projet de métro de type VAL. Face à Marcel Rudloff, également président du conseil régional d'Alsace et sénateur, elle parvient, à la faveur de dissensions à droite, à conquérir le siège de maire. Sa victoire lui permet de devenir la première femme maire d'une ville française de plus de 100 000 habitants[7].

Sous son impulsion, son équipe municipale réalise le tramway annoncé durant la campagne, ce qui ouvre la voie à l'essor des transports publics et de l'intermodalité (zones piétonnes, recul de la place de la voiture en hyper-centre).
Réélue après les élections de 1995, sa liste l'ayant emporté au premier tour, elle est contrainte d'accueillir dans sa ville un rassemblement du Front national (FN), mais organise en parallèle une importante contre-manifestation dont la réussite (entre 50 000 et 80 000 personnes manifestent contre le racisme) la propulse au premier plan parmi les personnalités du PS. En , Jean-Marie Le Pen présente à son auditoire, lors d'une réunion publique, une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann qu'il fait huer. Estimant que « l'agressivité de cette mise en scène est de nature à susciter envers Catherine Trautmann un climat d'hostilité excédant les limites admissibles d'un débat d'opinion dans une société démocratique », le tribunal condamne le leader frontiste au franc symbolique pour cette « mise en scène macabre et choquante évoquant l'image de la mise à mort par décapitation visant d'une manière certes symbolique mais intolérable à l'élimination de l'intéressée »[8].
Lors de la victoire de la gauche plurielle aux élections législatives anticipées de 1997, elle fait son retour au gouvernement : pour se conformer au principe de non-cumul des mandats, elle démissionne de ses mandats locaux et laisse ses fonctions de maire et de président de la communauté urbaine de Strasbourg à Roland Ries, son « bras droit », après avoir décidé ensemble qu'elle recouvrera la mairie lorsqu’elle quittera le gouvernement.
Son retour à Strasbourg, en 2000, est difficile en raison notamment de sa décision de cumuler la mairie et la présidence de la CUS (contrairement à l'accord initialement conclu avec Roland Ries) et d'un important conflit avec son adjoint aux finances, Jean-Claude Petitdemange, premier secrétaire de la fédération socialiste du Bas-Rhin. Cependant, ce dernier échoue à entraîner Roland Ries avec lui, qui choisit finalement de rester fidèle à ses engagements antérieurs.
Les tensions qui suivent le difficile retour de Catherine Trautmann sont mal perçues par l'électorat strasbourgeois, tandis que le relatif succès de la liste indépendante de Jean-Claude Petitdemange divise les voix de la gauche aux élections municipales de 2001, ce qui profite à la liste d'union UDF-RPR menée par le « tandem » Fabienne Keller et Robert Grossmann (qui intègreront l'UMP en 2002).
Catherine Trautmann perd les élections municipales de 2001 dans une triangulaire l'opposant à Fabienne Keller et Jean-Claude Petitdemange. Elle intègre l'opposition municipale, où elle préside le groupe socialiste.
En 2007, à la suite d'un accord avec Roland Ries, elle s'efface et le laisse mener la liste socialiste à Strasbourg. La large victoire de cette liste fait entrer Catherine Trautmann dans la majorité ; le , elle est élue deuxième vice-présidente de la communauté urbaine de Strasbourg (dirigée par Jacques Bigot), chargée de l'université et du développement économique.
Elle est également présidente du port autonome de Strasbourg[9].

En 2014, Catherine Trautmann n'est pas réélue députée européenne ; Souad El Maysour devient adjoint à la ville de Strasbourg et laisse son poste de vice-président de la communauté urbaine à Catherine Trautmann[10].
Elle est élue présidente d'Eurimages le , et prend ses fonctions le suivant[11],[12].
En octobre 2019, Catherine Trautmann annonce qu'elle sera présente aux élections municipales de 2020 à Strasbourg sur la liste conduite par Mathieu Cahn[13]. En novembre, Mathieu Cahn charge Catherine Trautmann de coordonner la conception du projet municipal pour les socialistes[14]. Le 5 février 2020, Mathieu Cahn se retire au profit de Catherine Trautmann, qui devient la tête de liste PS pour les municipales strasbourgeoises de mars[15]. Quelques jours plus tard, la liste Catherine Trautmann 2020 est révélée[16]. Au soir du premier tour, le 15 mars 2020, la liste menée par Catherine Trautmann crée la surprise en se plaçant en troisième position, obtenant 19,77 % des suffrages. Se maintenant au second tour, elle y arrive troisième, avec 23,33 % des suffrages, derrière la liste victorieuse des écologistes menée par Jeanne Barseghian, et la liste d'union LREM-LR d'Alain Fontanel. Elle préside ensuite un groupe d'opposition rassemblant les élus socialistes et républicains sous l’étiquette « Faire ensemble Strasbourg – Élu·es socialistes et républicains », groupe qui cohabite avec le groupe «Un nouveau souffle pour Strasbourg - LR et société civile» — présidé par Jean-Philippe Vetter (groupe Les Républicains / droite) et un groupe centriste présidé par Alain Fontanel[17].

En octobre 2025, Catherine Trautmann annonce sa candidature à un nouveau mandat à la tête de la ville de Strasbourg aux élections municipales de mars 2026[18]. Arrivée en tête du premier tour, elle forme une alliance au second tour avec le candidat Horizons Pierre Jakubowicz, qui ne pouvait pas se maintenir sans fusion[19]. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, annonce que cet accord avec un parti de centre droit place Catherine Trautmann « en dehors du Parti socialiste »[20] et lui retire dans un premier temps le soutien du parti avant de revenir sur sa décision [21]. Le parti Horizons se désolidarise également de sa tête de liste et annonce soutenir le candidat LR, Jean-Philippe Vetter au second tour[20]. Catherine Trautmann parvient finalement à remporter le second tour devant la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian[22].
Autres missions
Présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) entre 1988 et 1990, elle a aussi été Commissaire générale (de 2000 à 2003) de l'Exposition internationale 2004, événement annulé par le gouvernement français sur décision du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Synthèse des résultats électoraux
Élections législatives
| Année | Parti | Circonscription | 1er tour | 2d tour | Issue | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Rang | |||||
| 1986 | PS | Bas-Rhin | 81 339 | 18,59 | 3e | Scrutin proportionnel | Élue | |||
| 1988 | 2e du Bas-Rhin | 11 822 | 41,48 | 1re | 15 179 | 49,61 | 2e | Battue | ||
| 1997 | 1re du Bas-Rhin | 11 880 | 39,30 | 1re | 15 964 | 50,16 | 1re | Élue | ||
| 2002 | 3e du Bas-Rhin | 11 461 | 31,97 | 2e | 13 702 | 41,67 | 2e | Battue | ||
Élections municipales
Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.
| Année | Liste | Commune | 1er tour | 2d tour | Sièges obtenus | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Rang | CM | EMS | ||||
| 1989 | PS | Strasbourg | NC | 30,15 | 2e | NC | 42,69 | 1re | NC | ||
| 1995 | PS-PCF | NC | 52,21 | 1re | NC | ||||||
| 2001 | PS-PCF-LV-PRG-MDC | 19 203 | 29,10 | 2e | NC | 40,42 | 2e | NC | |||
| 2020 | PS-PRG-AE | 9 601 | 19,77 | 3e | 12 080 | 23,33 | 3e | ||||
| 2026 | PS-Cap21-Volt | 22 932 | 25,93 | 1re | 32 867 | 37,00 | 1re | ||||
Élections européennes
Distinctions

Officière de la Légion d'honneur. Elle est faite chevalière le pour ses 21 ans d'activités professionnelles et de fonctions électives[23] et est promue officière le [24].
Commandeure de l'ordre des Arts et des Lettres. Elle est faite commandeure lors de la promotion du [25].
Croix d'officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne (2015).
Étoile d'or et d'argent de l'ordre du Soleil levant (grand-officier, 2019)[26].- Docteure honoris causa de l'université de Leicester.