Ce soir (ou jamais !)
émission de télévision française
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Ce soir (ou jamais !) est une émission de télévision culturelle française présentée par Frédéric Taddeï de à . Programmée en deuxième partie de soirée, elle est diffusée en direct sur France 3 puis à partir de sur France 2.
Jean-Francois Verzele
| Ce soir (ou jamais !) | ||||||||
Logo de l'émission. | ||||||||
| Genre | Émission de débat | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Périodicité | Hebdomadaire (750 émissions au total) | |||||||
| Création | Rachel Kahn[1] | |||||||
| Réalisation | Nicolas Ferraro Jean-Francois Verzele |
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| Présentation | Frédéric Taddeï | |||||||
| Pays | France | |||||||
| Langue | français | |||||||
| Nombre de saisons | 10 (-) | |||||||
| Production | ||||||||
| Lieu de tournage | Studio Janine-Thiers à France Télévisions, Paris. | |||||||
| Durée | 1 h 50 minutes | |||||||
| Production | Rachel Kahn | |||||||
| Société de production | France Télévisions MFP |
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| Diffusion | ||||||||
| Diffusion | France 2 (-) | |||||||
| Ancienne diffusion | France 3 (-) | |||||||
| Date de première diffusion | ||||||||
| Date de dernière diffusion | ||||||||
| Statut | Arrêté | |||||||
| Public conseillé | Tout public | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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| modifier |
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Présentation

Ce soir (ou jamais !) est diffusée quotidiennement, de à , du lundi au jeudi (sa durée est d'une heure vingt comprenant généralement l'interruption par le Soir 3)[2]. L'émission est présentée par Frédéric Taddeï, mais Samuel Étienne, alors présentateur sur I-télé, était envisagé par la production[3].
En , elle devient hebdomadaire avec une programmation le mardi soir et une durée allongée à deux heures[2]. Le dernier numéro sur France 3 est diffusé le . L'émission est transférée sur France 2, tous les vendredis soir, à partir du .
Fin , Ce soir (ou jamais !) est devenue l'émission culturelle à la plus longue longévité à la télévision française, quant au nombre de diffusions (724 numéros), battant le précédent record établi par Apostrophes de Bernard Pivot[a]. Cependant, Apostrophes possède une plus grande longévité ayant été à l'antenne pendant quinze ans, contre neuf pour le programme de Frédéric Taddeï[4].
Le dernier numéro de Ce soir (ou jamais !) est diffusé le [5]. L'arrêt officiel de l'émission est dû au manque d'audience[b]. En , lui succède Hier, aujourd'hui, demain, un magazine culturel consacré aux idées présenté un mercredi par mois également par Frédéric Taddeï[6],[7].
Principe
Le principe de Ce soir (ou jamais !) est de présenter en direct et en public « l'actualité vue par la culture[c],[8] ». Le public n'intervient pas (il n'y a ni applaudissements ni réactions), mais il a la possibilité de se déplacer sur le plateau contribuant ainsi à une ambiance de café culturel. L'émission réunissait des invités aux profils très variés, autour de thèmes d'actualité précis, que les intervenants ont le loisir de développer longuement alors que l'animateur se tient en retrait, n'intervenant que de façon sporadique pour cadrer le débat. À de rares exceptions près, les invités ne sont pas encouragés à faire leur propre promotion.
Ce soir (ou jamais !) aborde l'actualité culturelle classique (livre, cinéma, spectacle vivant, vie nocturne), et engage des débats de fond sur la place de la culture en France, des questions de société et d'actualité, et présente des revues de presse. Elle se termine par un plateau musical où se produisent, pour un titre, des chanteurs et musiciens de tous styles musicaux.
De à , l'émission qui est diffusée du lundi au jeudi permet, par son organisation en deux parties, à la chaîne de programmer son journal d'informations le Soir 3 à 23 heures précises[d].
La musique du générique est une œuvre originale de Frédéric Botton.
Invités
Les invités sont issus du monde culturel (écrivains, comédiens, réalisateurs, etc.), y compris hors période de promotion ; du monde universitaire (scientifiques, philosophes, sociologues, etc.) ; ou du monde politique. L'émission démontrait une grande pluralité parmi les personnalités invitées. Ainsi, en , 61,5 % des 653 invités ne sont intervenus qu'une seule fois[réf. nécessaire], et 42,45 % des 4 124 invités ne l'ont été qu'une fois entre et le [réf. nécessaire].
Toutefois certains intervenants ont été invités à de nombreuses reprises, ce qui a suscité des critiques. Les personnes les plus souvent invitées sont : Emmanuel Todd, Michel Maffesoli, Thierry Lévy et Jean-Didier Vincent[9].
Critiques et polémiques
L'émission est critiquée par des personnalités, comme le journaliste Patrick Cohen, pour recevoir régulièrement des intervenants qu'il juge « politiquement incorrects » voire « infréquentables » et laisser trop de liberté d'expression à des intervenants aux idées considérées comme extrémistes. Ainsi, Frédéric Taddéï a accueilli à une dizaine de reprises[évasif] Marc-Édouard Nabe, Tariq Ramadan . Il a également invité à plusieurs reprises Dieudonné et Alain Soral alors qu'ils étaient par ailleurs personae non gratae à la télévision française.
La journaliste Caroline Fourest a affirmé que Frédéric Taddeï prenait parti en mettant tous les points de vue à égalité – faisant référence à Jean-Luc Godard : « L'objectivité ce n'est pas cinq minutes pour les Juifs et cinq minutes pour Hitler »[10] – et en ne contextualisant pas ses interlocuteurs (par exemple en ne présentant Marc-Édouard Nabe que sous son statut d'auteur, alors qu'il est par ailleurs controversé[C'est-à-dire ?]).
Le , Marc-Édouard Nabe[e] est invité à part des autres intervenants, pour donner son avis sur l'interdiction du spectacle de Dieudonné demandée par Manuel Valls. Il s'est montré fortement opposé à Dieudonné et à Alain Soral, en traitant le sujet sous l'angle plus général du conspirationnisme (qu'il dit déplorer) plutôt que sous l'angle restreint de l'antisémitisme, accusation dont lui-même a fait l'objet par le passé. Cependant il déplore aussi l'interdiction du spectacle de Dieudonné, selon lui une atteinte à la liberté d'expression, encourageant du reste une posture de victimisation. Cette invitation de Marc-Édouard Nabe, sans que les autres invités en soient prévenus, a suscité de vives polémiques. Émilie Frèche, qui avait déjà attaqué l'animateur, a déclaré à la suite de cette invitation que Frédéric Taddeï « disait aux racistes qu'ils auraient toujours droit de cité dans cette émission »[11]. La rumeur d'une possible suppression a même été évoquée le d'après Jean-Marc Morandini avant d'être démentie[réf. nécessaire]. L'émission a finalement été déprogrammée par France 2 en , sans que soient invoqués des motifs liés à son contenu[12].
L'émission a été décrite par d'autres auteurs tels Alain Jakubowicz ou Philippe Bilger comme un « espace de liberté » tandis que, selon Régis Debray, elle est « l'honneur de la télévision publique française[9] ».
Audiences
| Chaîne | Date de diffusion | Invités | Audience moyenne | Réf. | |
|---|---|---|---|---|---|
| Nombre de téléspectateurs | PDM | ||||
| France 3 | jeu. | Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Micheline Presle | 735 000 | 12,5 % | [13] |
| mar. | Marie-France Garaud, Pierre Aknine, Jean-François Balmer, Patrice Duhamel, Yves Boisset, Éric Roussel | 2 000 000 | 11,3 % | [14] | |
| France 2 | ven. | Jean-François Kahn, Alain Jakubowicz, Jean Bricmont, Hector Obalk, Émilie Frèche, Eduardo Rihan Cypel, Agnès Tricoire, Marc-Édouard Nabe | 1 100 000 | 8,8 % | [15] |
| ven. | Éric Zemmour, Jacques Attali, Philippe Nemo, Clémentine Autain, François Dubet, Cynthia Fleury | 1 014 000 | 7 % | ||
| ven. | Michaël Fœssel, Catherine Clément, Christian Schiaretti | 662 000 | 6,5 % | [16] | |
Légende :
- Le plus haut chiffre d'audience
Prix
- : prix de la meilleure émission de télévision de l'année, lors du Grand Prix des médias .
- : Frédéric Taddeï a reçu le prix Philippe-Caloni de l'interview et de l'entretien.
- : Laurier Télévision culture, décerné par le Club audiovisuel de Paris (CAVP).
Postérité
Une séquence de l'émission du est devenue un mème[17],[18] : excédé, le philosophe Alain Finkielkraut y hurle « Taisez-vous ! » au scénariste Abdel Raouf Dafri qui lui reprochait de faire l'apologie de l'écrivain antisémite Maurice Barrès[19],[20],[21]. Khaled Freak détourne l'extrait pour en faire un remix en mode électro sur plusieurs airs connus, notamment ceux de I Like to Move It, Seven Nation Army et Le Petit Bonhomme en mousse[18],[22],[23],[24],[25].