Clémentine Autain
femme politique française
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Clémentine Autain, née le à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est une femme politique française, qui a également une importante activité militante, médiatique et culturelle. Adhérente à Ensemble ! — au sein du Front de gauche — puis membre et députée de La France insoumise (LFI), elle cofonde en 2024 le parti L'Après. Elle siège dans le groupe parlementaire écologiste et social.
30 juin 2024
| Clémentine Autain | |
Clémentine Autain en 2021. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Députée française | |
| En fonction depuis le (8 ans, 10 mois et 23 jours) |
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| Élection | 18 juin 2017 |
| Réélection | 19 juin 2022 30 juin 2024 |
| Circonscription | 11e de la Seine-Saint-Denis |
| Législature | XVe, XVIe et XVIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | LFI (2017-2022) LFI-NUPES (2022-2024) EcoS (depuis 2024) |
| Prédécesseur | François Asensi |
| Secrétaire de l’Assemblée nationale | |
| – (1 an, 5 mois et 9 jours) |
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| Élection | 22 mars 2020 |
| Président | Richard Ferrand |
| Législature | XVe (Cinquième République) |
| Prédécesseur | Alexis Corbière |
| Successeur | Alexis Corbière |
| – (1 an, 3 mois et 2 jours) |
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| Élection | 28 juin 2017 |
| Président | François de Rugy Carole Bureau-Bonnard (intérim) Richard Ferrand |
| Législature | XVe (Cinquième République) |
| Successeur | Alexis Corbière |
| Conseillère régionale d'Île-de-France | |
| – (1 an, 6 mois et 30 jours) |
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| Réélection | 27 juin 2021 |
| Circonscription | Seine-Saint-Denis |
| Président | Valérie Pécresse |
| Groupe politique | LFI-A |
| – (1 an, 6 mois et 16 jours) |
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| Élection | 13 décembre 2015 |
| Circonscription | Seine-Saint-Denis |
| Président | Valérie Pécresse |
| Groupe politique | FG |
| Conseillère municipale de Sevran | |
| – (6 ans, 2 mois et 29 jours) |
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| Élection | 30 mars 2014 |
| Maire | Stéphane Gatignon Stéphane Blanchet |
| Adjointe au maire de Paris chargée de la Jeunesse | |
| – (6 ans, 11 mois et 25 jours) |
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| Élection | |
| Maire | Bertrand Delanoë |
| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Bruno Julliard |
| Conseillère de Paris | |
| – (6 ans, 11 mois et 25 jours) |
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| Élection | 18 mars 2001 |
| Circonscription | 17e arrondissement |
| Maire | Bertrand Delanoë |
| Groupe politique | COM |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Clémentine Cécile Autain |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Saint-Cloud (Hauts-de-Seine, France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | PCF (jusqu’en 2008) FASE (2008-2013) Ensemble ! (2013-2023) LFI (2016-2024) GES (2022-2024) L'Après (depuis 2024) |
| Syndicat | UNEF |
| Père | Yvan Dautin |
| Mère | Dominique Laffin |
| Grand-père maternel | André Laffin |
| Oncle | François Autain |
| Diplômée de | Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis |
| Profession | Journaliste Chargée de mission Écrivaine |
| modifier |
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En , elle annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 dans le cadre de la primaire de la gauche unitaire de 2026[1].
Biographie
Famille, études et vie privée
Origines familiales
Clémentine Cécile Autain est la fille du chanteur Yvan Dautin (de son vrai nom Yvan Autain) et de la comédienne Dominique Laffin[2].
Son grand-père maternel, le chirurgien-dentiste André Laffin (1922-1966), était issu d'une famille aisée de Sallanches, en Haute-Savoie, et avait été praticien militaire pendant la guerre d'Indochine. Engagé en politique à l'extrême droite, il fut député de l'Yonne (1960-1962) et un cofondateur du Front national pour l'Algérie française[3],[4] aux côtés de Jean-Marie Le Pen.
Un de ses oncles paternels, François Autain (1935-2019, père du grand reporteur de France 2 et photographe Kristian Autain), était lui aussi engagé en politique, mais du côté de la gauche de gouvernement.
Enfance et formation
Clémentine Autain passe son enfance et son adolescence à Paris, où elle habite boulevard des Batignolles[5],[6]. À l’âge de 4 ans, elle interprète au cinéma le rôle de Pamela auprès de sa mère Dominique Laffin dans Les Petits Câlins de Jean-Marie Poiré[7]. À 10 ans, elle veut être chanteuse, comme son père. Au sein d'un groupe disco d'enfants, Abbacadabra, elle reprend des chansons du groupe ABBA sur les plateaux de télévision en compagnie de Frida, Daniel Balavoine ou Plastic Bertrand[2],[8]. Elle enchaîne disques, concerts et un feuilleton[2] (Le Masque, épisode La Rançon de la gloire[9] dont son père a coécrit le scénario pour FR3[10]). Parallèlement, elle baigne aussi dans la politique grâce aux relations de ses parents avec Jack Ralite et Alain Krivine[3]. Son père est alors un sympathisant de l'extrême gauche[2]. Elle a 12 ans quand elle perd sa mère, Dominique Laffin, en 1985[2],[11].
Elle est titulaire d'une maîtrise d'histoire consacrée à l’Algérie française et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) sur la base d’un mémoire intitulé « Mouvement social, féminisme et législation à travers l'exemple du corps des femmes (1967-1982) »[12] sur le Mouvement de libération des femmes[2].
Vie privée
En 2022, elle déclare vivre depuis dix ans dans une famille recomposée, avec un professeur en Seine-Saint-Denis, père d'un garçon et d'une fille, avec qui elle est pacsée. Elle-même a deux enfants, issus d'une précédente union[13]'[14].
Militantisme féministe
Dans une biographie publiée par Anne Delabre en 2006[15], elle raconte le viol qu'elle a subi à l'âge de 23 ans sous la menace d'une arme blanche aux abords de l'université Paris-VIII[16]. Elle dévoile ce drame pendant la pré-campagne présidentielle comme « une manière de porter la question des violences dans le débat » et de lutter contre le « tabou sur le viol »[17].
Ce viol semble avoir marqué le début de son engagement féministe. Elle milite alors à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF dite UNEF-SE) et à l'Union des étudiants communistes[2]. Elle se rapproche du Collectif féministe contre le viol et s'implique dans le mouvement féministe[2]. En 1997, elle crée un nouveau mouvement féministe, appelé Mix-Cité, dont elle devient coprésidente. L'association se fait connaître en protestant contre l'utilisation de mannequins vivants dans les vitrines des Galeries Lafayette[2].
Parcours politique
Débuts
Dès la fin des années 1990, Clémentine Autain travaille en marge de ses études comme collaboratrice parlementaire pour Georges Mazars[18], sénateur socialiste du Tarn. Elle rencontre dans les couloirs du Sénat Jean-Luc Mélenchon, qui lui propose de rejoindre son équipe, ce qu'elle refuse[19]. Elle devient ensuite collaboratrice de Cécile Silhouette, conseillère de Paris, élue d'Ensemble pour une gauche alternative et écologiste.
Parallèlement, elle s'investit en 1998 dans la création de la fondation Copernic, un cercle de réflexion de la gauche radicale, qui visait à « remettre à l’endroit ce que le libéralisme met à l’envers »[20].
Aux élections municipales de 2001 à Paris, le Parti communiste français lui propose de prendre la tête de liste dans le 17e arrondissement contre Françoise de Panafieu, qu'elle décrit comme une « grande bourge » d'un « mépris de classe effroyable »[2]. Battue au second tour avec 35,05 % des voix contre 50,61 %, elle est nommée adjointe chargée de la jeunesse par le nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë.
Actions à la mairie de Paris
En tant qu'adjointe à la jeunesse de Bertrand Delanoë[21], Clémentine Autain développe un réseau d'antennes-jeunes et les Conseils de la jeunesse de Paris[2]. Ces structures sont censées fournir un espace d'accueil, d'information et de démocratie participative, permettant un meilleur dialogue avec les élus et une plus grande participation des jeunes à la vie municipale (transports, environnement, logement, etc). Elle indique que les Conseils disposent d’un budget global de 280 000 euros[22],[23].
En , Clémentine Autain confirme son intention de ne pas être candidate à Paris l'année suivante, exprimant ses craintes d'une alliance de Bertrand Delanoë avec le MoDem à Paris au second tour de l'élection. Elle quitte le 17e arrondissement de Paris pour Montreuil[24]. Elle exprime alors son « envie d'aller en banlieue » et pense « avoir un rôle à jouer »[25] aux côtés de Jean-Pierre Brard, alors maire de Montreuil, qui critique de son côté une tentative de parachutage[26].
Les collectifs unitaires
Au sein des collectifs du , Clémentine Autain fait campagne contre le Traité constitutionnel européen lors du référendum français de 2005[27],[28]. Dans la foulée de cette victoire, elle s'engage dans les collectifs unitaires, construits pour faire émerger une candidature unique à l'élection présidentielle de 2007. Elle se déclare candidate à la candidature lors de la réunion des collectifs unitaires le [11].
Ce mouvement l'amène à participer à plusieurs structures de la gauche antilibérale. À travers la fondation Copernic, elle s'investit dans le RAP avec Jacques Kergoat, le SELS (Sensibilité écologiste libertaire et radicalement sociale-démocrate) ou l'expérience « de Ramulaud », une tentative de coordination et de réflexion au niveau de la gauche anti-libérale qui refuse la « pente » du social-libéralisme[29],[30]. Elle écrit dans L'Humanité et Regards[31].
Présidences Sarkozy et Hollande
Le , Clémentine Autain co-signe avec notamment Michel Onfray, Arnaud Viviant et Luc Boltanski une tribune dans Le Monde saluant la création par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'un nouveau parti anti-capitaliste (NPA). L'intitulé de la tribune est : « Le Nouveau Parti anticapitaliste est-il vraiment décidé à s’ouvrir à tous les courants de l’autre gauche ? »[32],[33],[34].
Clémentine Autain signe également l'appel de Politis qui propose notamment une réflexion sur les « moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef »[32],[35]. En , alors qu'elle participe à l'université d'été de la LCR où se discute la création du NPA, elle réfléchit sérieusement à rejoindre ce futur parti[36]. Néanmoins, ce rapprochement ne se concrétise pas, Clémentine Autain regrettant qu'Olivier Besancenot et le NPA ne cherchent pas à construire de majorités politiques ni à travailler et s’allier avec d’autres, tels que Jean-Luc Mélenchon[37].
Elle contribue à créer fin 2008 la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), mouvement politique réunissant une dizaine d’organisations politiques[38], dont l'objectif est de « fédérer toutes les forces de transformation et de dépassement du capitalisme » et dont elle est une des porte-parole[39]. La FASE est qualifiée par L'Obs de « groupuscule » comparé aux « mastodontes » que sont le Parti communiste et le Parti de gauche, qui participent eux aussi au Front de gauche[40]. Clémentine Autain représente la FASE au congrès du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon[31], en indiquant vouloir travailler avec lui malgré des divergences sur plusieurs questions[41].

Elle est porte parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012[31],[42]. En , elle participe activement à la création d'Ensemble ! qui regroupe plusieurs formations membres du Front de Gauche, dont la FASE et Les Alternatifs[43].
Son installation dans la onzième circonscription de Seine-Saint-Denis
Clémentine Autain se présente aux élections législatives de 2012 comme suppléante de François Asensi, réélu député de la 11e circonscription de la Seine-Saint-Denis[44].
Elle est ensuite candidate aux élections municipales de 2014 à Sevran. Le , le maire sortant Stéphane Gatignon remporte à nouveau la mairie avec 50,55 % des suffrages. Clémentine Autain obtient 24,66 % des suffrages au premier tour et 31,31 % des suffrages au second. Elle est élue au conseil municipal de la ville de Sevran avec six autres personnes du Front de gauche sur les 45 sièges que compte le conseil municipal[45].
Elle se porte candidate aux élections départementales de 2015 dans le canton de Sevran, en binôme avec Sébastien Bastaraud (PCF), et obtient 19 % des suffrages exprimés (23,3 % sur la commune de Sevran)[46].
Lors des élections régionales de 2015 en Île-de-France, elle figure en tête de liste du Front de gauche en Seine-Saint-Denis[47]. Au second tour, la fusion des listes PS, Front de Gauche et EELV lui permet d'être élue au conseil régional d'Île-de-France[48]. Elle est membre de la Commission permanente du conseil régional[49].

Députée de La France insoumise
Elle est candidate aux élections législatives de 2017 dans la Seine-Saint-Denis dans la 11e circonscription, soutenue par La France insoumise (LFI)[50], le PCF et Ensemble !. En ballotage au premier tour avec 37,21 % des suffrages exprimés, elle est élue au second tour avec 59,52 % des suffrages à l'Assemblée nationale[51],[52]. En raison des lois de 2014 sur le cumul des mandats, elle quitte son mandat de conseillère régionale en .
À l'Assemblée nationale, elle est désignée secrétaire au Bureau de l'Assemblée nationale en [53]. Elle soulève dès 2017 dans Le Parisien la question de la garde des enfants à l'Assemblée nationale, « s'étonnant » que l'Assemblée nationale ne facilite pas la tâche des députés jeunes parents[note 1]. Elle estime par ailleurs qu'il s'agit d'un « enjeu d'égalité femmes-hommes » et compte mettre la question à l'ordre du jour du bureau de l'Assemblée[54],[55],[56].
En , elle est la seule du bureau du Parlement à ne pas voter la levée de l'immunité parlementaire de Gilbert Collard, ce dernier ayant publié des photos des victimes de Daech sur les réseaux sociaux[57]. Elle craint « une remise en cause de l'immunité parlementaire » qui n'est selon elle « pas un privilège mais une condition de l’équilibre des pouvoirs, de l’indépendance et de la liberté d’expression dans l’exercice du mandat de député »[58].
En , sur 400 scrutins publics qui se sont déroulés à l'Assemblée, elle est la députée du groupe La France insoumise qui a voté le moins souvent en accord avec le groupe LREM (7 %)[59].
En , sa proposition de résolution visant à inscrire l'endométriose sur la liste des affections de longue durée est adoptée, contre l’avis du gouvernement, mais à l’unanimité de l'Assemblée nationale[60].
Clémentine Autain est candidate à sa réélection en 2022 sous la bannière de La France insoumise. Dans sa circonscription, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour avec plus de 50 % des suffrages exprimés[61]. À la suite du désistement de la candidate communiste arrivée deuxième au premier tour, elle est réélue[62].
Élection régionale de 2021 en Île-de-France
Clémentine Autain est désignée tête de liste de La France Insoumise aux élections régionales de 2021 en Île-de-France[63] avec le soutien du PCF, d'Ensemble !, de la Gauche démocratique et sociale et le Parti animaliste. Elle fait campagne notamment sur le séparatisme territorial[64].
Avec 10,24% des suffrages exprimés, Clémentine Autain fusionne sa liste avec celles de Julien Bayou (EELV) et Audrey Pulvar (alliés)[65]. Valérie Pécresse remporte l'élection, la liste d’union de gauche faisant seulement près de 34 % des suffrages. Clémentine Autain redevient conseillère régionale[66]. Elle démissionnera de son mandat le , bien que la loi ne l'y oblige pas, afin de respecter la charte de LFI sur le non-cumul des mandats signée en 2021[67].
Tensions et rupture progressive avec LFI
Dès 2018, Clémentine Autain partage dans Politis certaines critiques sur le fonctionnement de La France Insoumise, avançant par exemple que « LFI est une force vivante et non une secte. On doit réfléchir à comment faire vivre le pluralisme en interne »[68]. Elle fait l'objet de nombreux messages virulents en interne, y compris par Jean-Luc Mélenchon, qui estime alors que « ceux qui chercheront à remettre LFI dans le carcan des partis traditionnels seront pulvérisés par les événements et par nous »[68].
En , après avoir signé l’appel lancé par Mediapart, Politis et Regards « pour défendre une politique d’accueil aux migrants »[69] et que La France Insoumise refusait de signer, Clémentine Autain fait une nouvelle fois l'objet de critiques internes[70].
Les deux députées Clémentine Autain et Elsa Faucillon (du PCF) organisent un événement au cirque Romanès le où sont invités différents courants de la gauche ainsi que des syndicats. Il y est question de « fédérer la gauche écologiste »[71].
En 2022, Adrien Quatennens est accusé de violences conjugales par son ex-épouse Céline. De nombreuses personnalités de LFI lui apportent alors son soutien, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, qui lui témoigne son « affection ». Face à la défense médiatique choisie par Adrien Quatennens, Clémentine Autain fustige son « indécence qui sape la crédibilité de LFI. »[72] Elle regrette par la suite le délai décidé par le groupe parlementaire avant la réintégration d'Adrien Quatennens, qu'elle juge « trop court »[73].
La situation se tend encore davantage après l'élection présidentielle de 2022, où Jean-Luc Mélenchon remporte 21,95 % des suffrages exprimés. En , absente remarquée de la nouvelle direction de LFI organisée autour de Manuel Bompard, Clémentine Autain fait entendre, avec François Ruffin, une critique du « repli » et du « rétrécissement » du parti[74]. En 2023, lors du renouvellement du bureau du groupe à l’Assemblée nationale, Clémentine Autain décide de ne pas y participer ; c'est aussi le cas de François Ruffin et Alexis Corbière[75].
En , au lendemain de l'attaque d'Israël par le Hamas, Clémentine Autain exprime un désaccord avec la direction de la France insoumise sur la non utilisation du terme « terroriste » pour qualifier l'offensive menée par le mouvement palestinien[76].
En , Clémentine Autain déclare dans une interview accordée à France Info que « le profil de La France insoumise depuis un an n'a pas permis d'engranger des forces et [leur] a coûté ». Dans un groupe Telegram des députés LFI, Jean-Luc Mélenchon réplique en affirmant : « Le sabotage de Clémentine Autain doit cesser ! Partir serait mieux […] »[77],[78].
Le , Clémentine Autain est réélue dès le premier tour avec 62,6 % des voix aux élections législatives anticipées[79]. En réaction au refus de La France Insoumise d'investir cinq députés sortants « frondeurs » (Danielle Simonnet, Raquel Garrido, Alexis Corbière, Hendrik Davi et Frédéric Mathieu), elle quitte LFI le lendemain du second tour[80].
Députée de L'Après
En 2022, elle fait campagne pour l'émergence de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et appelle à consolider une « culture commune sans se départir de ses nuances. »[81] Elle est membre en 2023 de l'intergroupe parlementaire de la Nupes[82].
Le , L'Association pour une République écologique et sociale (Après) est officiellement créée à Bagnolet[83]. Clémentine Autain en est co-fondatrice avec Alexis Corbière, Danielle Simonnet et d’autres. La Gauche démocratique et sociale est dissoute dans L'Après en , suivie par Ensemble ! en mai de la même année.
Le nouveau parti annonce se mettre « au service du Nouveau Front populaire » : l'association se revendique unitaire, et son objectif annoncé est de « cimenter le Nouveau Front populaire pour changer de politique » et « permettre au rassemblement des gauches et des écologistes de grandir et gagner dans le pays »[84].
À l’Assemblée nationale, Clémentine Autain siège, avec les autres députés de l’Après, dans le groupe Écologiste et Social[85].
En , elle défend avec Éva Sas une proposition de loi dite taxe Zucman pour instaurer un impôt plancher de 2% sur le patrimoine des plus riches. La proposition de loi est votée en première lecture le par l'Assemblée Nationale (AN), mais est rejetée par le Sénat le . Elle revient sous forme d'amendement dans le cadre du projet de loi de finances pour le budget 2026, mais est rejetée par l'AN le [86].
Prises de position
Égalité de genre, droits LGBT et bioéthique
En 2003, elle prend position en faveur des lesbiennes et contre une tendance phallocratique qu'elle perçoit dans le milieu des associations homosexuelles[21].
En , elle organise le « Manifeste des 313 » : « Je déclare avoir été violée », relayé par Le Nouvel Observateur[87]. Avec plusieurs autres femmes victimes de viol, dont la joueuse de tennis Isabelle Demongeot, elle témoigne dans le documentaire Viol, elles se manifestent, diffusé le sur France 2[88], dans l'émission de télévision Infrarouge.
Elle est favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) mais « farouchement contre la gestation pour autrui (GPA), parce que le corps des femmes ne doit pas être marchandisé »[89].
Affaires internationales
Palestine
Alors qu'elle projette en , avec d'autres élus, de se rendre en Palestine, les autorités israéliennes lui interdisent l'entrée sur le territoire d'Israël[90]. The Times of Israel fait remarquer à cette occasion que Clémentine Autain est vice-présidente du groupe d'amitié France-Israël de l'Assemblée nationale créé le , alors qu'elle a été co-signataire d'un texte dans Le Monde intitulé « Boycotter Israël, c’est lutter pour une paix juste », aux côtés notamment d’Olivier Besancenot, en soutien à l’action du mouvement BDS qui boycotte Israël[91].
Ouïghours
En , le groupe parlementaire de La France insoumise suscite l'incompréhension en s'abstenant lors du vote sur la reconnaissance du génocide ouïghour[92]. Clémentine Autain, qui soutient depuis longtemps la cause[93], est la cheffe de file insoumise sur le texte. Elle plaide pour préférer au terme « génocide », controversé parmi les historiens et les juristes, ceux de « risque génocidaire » et de « crimes contre l'humanité »[94] Elle précise ainsi que le débat existe et est légitime « sur la qualification juridique des actes horrifiants (travail forcé, surveillance, tortures, détentions de masse, viols, fœtus arrachés…) commis envers ce peuple. »[95] Elle critique également le manque d'actions concrètes prises contre le régime répressif, alors que l'équipe de France s'apprête à rejoindre les Jeux olympiques d'hiver de 2022 et dénonce une hypocrisie de la classe politique française.
Le , un groupe d’études « Ouïghours » est créé à l'Assemblée nationale. Sa co-présidence est assurée par le tandem Clémentine Autain - Olivier Faure[93].
Activités médiatiques et culturelles
Intervenante médiatique
Clémentine Autain est un temps codirectrice de la rédaction du magazine Regards, avec Roger Martelli[96]. Elle participe ensuite activement à sa relance à partir du , en devenant gérante de la nouvelle Scop et directrice de la publication[96]. Aucune mention publique ne la référence comme journaliste diplômée mais son activité médiatique est importante et reconnue. Elle est classée comme « journaliste et autre média » sur le site internet de l'Assemblée nationale[97].
Elle est également chroniqueuse en 2012 dans Vous trouvez ça normal ?!, une émission animée par Bruce Toussaint sur France 2 qui est interrompue après trois mois de diffusion[98].
Autrice
Assemblées
En 2022, Clémentine Autain publie son premier roman de fiction, Assemblées[99].
Controverses
Laïcité et religions
En 2005, Clémentine Autain signe l'appel des Indigènes de la République contre le racisme et l'islamophobie, avant de retirer sa signature après que Tariq Ramadan a mis la sienne. Elle explique alors ne pas vouloir « faire le lit de l'islamisme radical et de propos sexistes dont il a pu être porteur »[100]
Elle participe à cette marche qui a fait l'objet de nombreuses critiques en raison de l'identité de certains de ses organisateurs[101].
Féminisme
Après les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne, Clémentine Autain crée la polémique avec un tweet où elle invite à ne pas amalgamer violence sexuelle de masse et islam : « Entre avril et septembre 1945, deux millions d’Allemandes violées par des soldats. La faute à l’islam ? ». Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir un mot de compassion pour les victimes[102],[103]. Pour Élisabeth Badinter, la position de Clémentine Autain est celle d'un féminisme qui « a adopté les priorités de l'extrême gauche » et oublie de défendre les femmes[104].
Affaire Taha Bouhafs
Le , Taha Bouhafs, journaliste et militant de LFI, annonce retirer sa candidature aux élections législatives. Clémentine Autain envoie un tweet de soutien, elle y dénonce les attaques « racistes » qu'a subies ce dernier, mais sans mentionner la véritable raison de son retrait : les accusations de violences sexuelles le visant[105],[106],[107]. Elle le reçoit le en présence de Mathilde Panot pour lui faire part de ces accusations[106]. Selon Taha Bouhafs, il aurait eu le choix entre annoncer lui-même son retrait en le justifiant par des attaques racistes, ou laisser ces dernières l'annoncer en mentionnant les allégations d'agressions sexuelles[105]. La première solution est retenue par Taha Bouhafs, mais les accusations le visant sortent quand même dans la presse, à la suite de quoi Clémentine Autain et LFI sont critiqués pour sembler avoir voulu étouffer l'affaire en la réglant uniquement « en interne »[105].
Le , Taha Bouhafs dénonce une procédure opaque au sein de LFI et les mensonges de Clémentine Autain dans la presse[108]. Selon lui, celle-ci aurait refusé de lui expliciter les accusations dont il faisait l'objet. Par ailleurs, Clémentine Autain lui aurait demandé de mentir en expliquant qu'il retirait sa candidature à cause d'attaques racistes[109],[108]. Dans un communiqué, le parti répond à Taha Bouhafs ne pas pouvoir lui transmettre les informations envoyées à sa cellule interne, ni organiser une confrontation pour « respecter la volonté d’anonymat des plaignantes », et réfute les accusations contre Clémentine Autain[110].
Synthèse des résultats électoraux
Élections législatives
Élections départementales
Élections municipales
Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.
Élections régionales
Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.
| Année | Liste | Région | 1er tour | 2d tour | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Rang | ||||
| 2021[117] | LFI-PCF-PA | Île-de-France | 222 456 | 10,25 | 6e | Fusion avec la liste de Julien Bayou (EÉLV) | |||
Filmographie
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
Actrice
- 1978 : Les Petits Câlins de Jean-Marie Poiré : Pamela, la fille de Sophie[7] (non créditée)
- 1983 : La Main dans l'ombre (System ohne Schatten) de Rudolf Thome : l'enfant dans le bus[118]
- 1984 : Abbacadabra (téléfilm) de Robert Réa
- 2018 : L'Amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot : elle-même[119]
- 2021 : L'Amour flou (série télévisée) de Romane Bohringer : elle-même (épisodes 2 et 3)
- 2025 : Dites-lui que je l'aime de Romane Bohringer
Scénariste
- 2012 : Viol, elles se manifestent (documentaire diffusé dans l'émission Infrarouge) de Stéphane Carrel et Andréa Rawlins-Gaston
Adaptation de son œuvre
- 2025 : Dites-lui que je l'aime de Romane Bohringer - d'après son ouvrage homonyme
Publications
- Alter égaux, Paris, Robert Laffont, (ISBN 2-221-09315-1).
- Les Droits des femmes : l'inégalité en question, Milan, (ISBN 2-7459-0838-3).
- Banlieue, lendemains de révolte, Paris, Éditions La Dispute, (ISBN 2-84303-129-X).
- Salauds de jeunes, Paris, Robert Laffont, (ISBN 2-221-10706-3), en collaboration avec son ex-époux[120].
- Propositions pour sortir du libéralisme, Paris, Syllepse, (ISBN 978-2-84950090-3).
- Les machos expliqués à mon frère, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-097004-X).
- Transformer, à gauche, Paris, Éditions du Seuil, , 154 p. (ISBN 978-2-02-099229-9).
- Postcapitalisme : Imaginer l'après, Vauvert, Au diable vauvert, , 348 p. (ISBN 978-2-84626-194-4 et 2-84626-194-6)
- Un beau jour… combattre le viol, Montpellier, Indigène, (ISBN 978-1-0903-5406-8)[121].
- Le Retour du peuple. De la classe ouvrière au précariat, Paris, Éditions Stock, (ISBN 9782234071858).
- Ne me libère pas, je m'en charge - Plaidoyers pour l'émancipation des femmes, Paris, J'ai lu, (ISBN 978-229-005405-5).
- Elles se manifestent - Viol, 100 femmes témoignent, Paris, Don Quichotte, (ISBN 978-2359491470).
- Nous avons raisons d’espérer, Paris, Flammarion, (ISBN 978-2081334847).
- Notre liberté contre leur libéralisme, Paris, Éditions du Cerf, (ISBN 978-2-204-12757-8).
- Dites-lui que je l'aime, Paris, Éditions Grasset, (ISBN 978-2-2468-1395-8) (ouvrage consacré à sa mère, à leur relation et à son deuil précoce).
- À gauche en sortant de l'hyper marché, Paris, Éditions Grasset, (ISBN 978-2-2468-2523-4).
- Pouvoir vivre en Île-de-France, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 978-2021484212).
- Les Faussaires de la République, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 978-2021504811).
- Assemblées, Paris, Éditions Grasset, .
- Sandrine Rousseau (préf. Claire Serre-Combe, avant-propos d'Emmanuelle Cosse, Clémentine Autain, Cécile Duflot, Marie-Pierre de La Gontrie et Laurence Rossignol), Manuel de survie à destination des femmes en politique, Paris, Les Petits matins, , 107 p. (ISBN 978-2-36383-161-3, BNF 44288808).
- L'avenir, c'est l'esprit public, Seuil, 2025.