Centre de hautes études administratives
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hauts fonctionnaires
| Fondation |
1945 |
|---|---|
| Dissolution |
2007 (disparition de fait 1964) |
| Type |
Formation continue des hauts fonctionnaires |
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| Pays | |
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| Ville |
Le Centre de hautes études administratives (CHEA) est un centre de formation destiné à la formation continue des hauts fonctionnaires français, qui a été en activité de 1945 à 2007. Institué par l'ordonnance du qui avait créé l'École nationale d'administration (ENA) et les Instituts d'études politiques (IEP), le CHEA est absorbé par l'ENA, devenue Institut national du service public, après une mise en sommeil en 1964.
Genèse (1938-1939)
L'histoire de la création du Centre des hautes études administratives est jumelle de l'histoire de l'École nationale d'administration et de l'Institut national du service public. Après un premier projet d'« École polytechnique administrative » conçu par Jules Moch et abandonné, le ministre Jean Zay dépose le un projet de loi prévoyant la création d'une école nationale d'administration composée de deux degrés d'enseignement[1]. Le premier degré, appelé École d'administration, devait former des élèves aux carrières de directeur de cabinet de préfet ou de rédacteur en ministère ; le deuxième degré, le Centre de hautes études administratives, devait former pendant deux ou trois ans les fonctionnaires d'expérience, parmi lesquels seraient recrutés les membres des grands corps de l'État, les concours d'entrée étant supprimés. Le Sénat a toutefois rejeté ce projet[2].
Création (1945)
La Libération de la France facilite la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance, qui vise à rebâtir l’État et la France. En , le président du Gouvernement provisoire de la République française, Charles de Gaulle, confie à Michel Debré (qui avait déjà participé à la réflexion sur le projet de 1936[3]) la charge de réformer la fonction publique[1]. Cela à la promulgation de l'ordonnance n° 45-2283 du relative à la formation, au recrutement et au statut de certaines catégories de fonctionnaires et instituant une direction de la fonction publique et un conseil permanent de l'administration civile, portant également création de l'École nationale d'administration, des Instituts d'études politiques et du Centre de hautes études administratives[2].
L'exposé des motifs de l'ordonnance indique que le CHEA doit assurer une « formation complémentaire à des fonctionnaires déjà mûris par l'expérience et même, exceptionnellement, à des hommes ayant fait leurs preuves dans des activités privées et que l'État jugera bon d'appeler à son service ». Aussi, le CHEA ne doit pas assurer un enseignement à « caractère scolaire ». Enfin, « le diplôme délivré par le Centre de hautes études ne conférera aucun droit ; il attestera simplement une vocation et une aptitude »[4]. Le titre III relatif au Centre de hautes études administratives précise : « Le centre parfait la formation nécessaire à l’exercice de hautes fonctions publiques. Il organise l’étude des problèmes relatifs à la France d'outre-mer. Il complète la préparation à la gestion et à la surveillance d’entreprises industrielles et commerciales nationalisées ou contrôlées par l'État. Peuvent [y] être admis des fonctionnaires métropolitains ou d’outre-mer, des officiers des armées françaises ainsi que, à titre exceptionnel, toute autre personne française ou étrangère[4]. »
Ainsi, comme le note Jean-François Kesler, le CHEA avait vocation à « assurer la promotion administrative (et par conséquent sociale) des fonctionnaires du rang qui n'auraient pas pu ou voulu présenter l'ENA et qui pourraient accéder à la haute administration entre 35 et 45 ans », ainsi que de favoriser la mobilité administrative des hauts fonctionnaires passés par l'ENA, et qui « y viendraient pour rajeunir leurs connaissances, parfaire et compléter leur culture, se tenir au courant de l'actualiser, confronter leurs expériences avec celles des autres et échapper ainsi aux dangers de la spécialisation »[1].
Difficultés et manque de légitimité (1950-2006)
Dès la 23e session, en 1963, ce « troisième pilier » de la formation des hauts fonctionnaires cesse ses activités, sans être pour autant dissous. Jean-Luc Bodiguel rapporte ainsi : « Jamais il n'y eut assez de crédits pour organiser convenablement stages, missions et enquêtes et pour y détacher des fonctionnaires provinciaux [...] Aucun avantage de carrière (pécuniaire ou statutaire) n'attirait le fonctionnaire dans un Centre de hautes études administratives vers lequel les directions de personnel ne paraissent guère avoir encouragé les candidatures. »[5]
Des projets de réforme successifs envisagent cependant toujours l'intégration à l'ENA des fonctionnaires en poste prioritairement à celle des étudiants. Ainsi en 1972, le Parti socialiste suggère, dans son programme de gouvernement, de transformer l'ENA en « Centre de hautes études administratives accessible aux fonctionnaires ayant effectivement acquis un minimum d'expérience »[6].
À l'occasion de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi relatif à la modification du statut général des fonctionnaires le Jean-Pierre Michel, rapporteur de la commission les lois, évoque encore la nécessité de redonner vie au Centre de hautes études administratives afin d'assurer la formation complémentaire après trois à cinq ans de services des fonctionnaires sortis de l'ENA qui pourraient seulement alors concourir aux emplois des grands corps de l'État, désamorçant ainsi le classement de sortie de l'École[7].
Suppression (2007)
Peine perdue puisque l'article 27 de la loi n° 2007-1787 du relative à la simplification du droit abroge les articles 10 et 11 de l'ordonnance de 1945[8] mettant fin « officiellement » à l'existence du Centre de hautes études administratives, quarante-trois ans après sa disparition effective. En janvier de la même année est annoncée la dissolution de l'association des auditeurs et anciens auditeurs du Centre de hautes études administratives[9] dont l'annuaire a déjà cessé de paraître en 1977[10]. L'ENA, devenue Institut national du service public, devient récipiendaire de la mission de formation continue des hauts fonctionnaires.
Fonctionnement
Tandis que les Instituts d'études politiques et l'École nationale d'administration assurent la formation initiale des futurs cadres supérieurs de la fonction publique, le Centre de hautes études administratives est chargé du perfectionnement des hauts fonctionnaires en poste[11]. Il assure en particulier le développement de leurs connaissances politiques et administratives[12] dans l'objectif d'élever le niveau de la haute fonction publique[13]. Il ne donne toutefois pas droit à un poste en sortie, contrairement à l'ENA[1].
Sujets d'étude
Une trentaine d'auditeurs d'horizons divers sont regroupés, lors de sessions de trois mois en alternance, pour la réalisation de travaux communs, étayés par des enquêtes de terrain, traitant de questions d'actualité et donnant lieu à des rapports intermédiaires et de synthèse[14]. Les auditeurs bénéficient d'exposés comme celui de Louis Armand en 1951 sur le problème des transports[15].
En 1953, un rapport de la neuvième session porte sur l' Apport de la France dans l'assistance technique internationale[16],[17], tandis qu'un autre décrit, lors de la dixième session, l' Action de l'État en matière de recherche scientifique et technique[18],[19]. Le rapport final de la treizième session qui se tient du au traite de la Protection des populations civiles contre les sinistres du temps de guerre[20]. La quinzième session, en 1955, propose comme thème de réflexion les Moyens d'action dont disposent l'État et les entreprises pour agir sur la conjoncture. Le premier groupe établit un rapport sur la Prévision économique devant l'opinion publique[21],[22], le rapport général concluant sur la Mise en valeur des régions déshéritées de France[23],[24]. La dix-septième session se déroule, du au autour du thème de la Promotion Sociale, le rapport final décrivant l'Étude des mesures de tous ordres à prendre pour élargir l'accès des fonctions de responsabilité et de direction dans les Services publics et dans les entreprises[25]. La vingtième session, du au , traite du Rôle et [de] la mission de l'administration en face du problème de la prolongation de la vie humaine[26],[27].
Brevet
Le rapport établi en 2006 par Jean-Luc Bodiguel et Jean-Pierre Le Crom pour le ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement signale l'obtention du brevet du Centre de hautes études administratives dans seulement deux dossiers de cadres et cinq dossiers de cadres supérieurs de cette administration[28].
Directeurs
Directeurs des travaux
Auditeurs
- André Angladette[31]
- Robert Auzelle
- Jean Béliard[32]
- Jean Calvayrac[33],[34] (1911-2006), contrôleur d'Etat, rapporteur à la Cour des comptes
- Robert Brichet[35]
- Alphonse Gardie (1913-2002), Secrétaire Général de l'Assistance publique à Paris et Secrétaire général de Association Claude-Bernard
- Bernard Guerrier de Dumast
- Baham Ould Mohamed Laghdaf[36]
- Roger Lamoise[37]
- Stanislas Mangin
- Georges Meunier[38]
- Pierre-Marie-André-Hugues Nielly[39]
- Edgard Pisani
- Sam Sary
- Guy Sénac de Monsembernard
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Bibliographie
- Michel Debré, Une création originale du service public. Le Centre de hautes études administratives, 1947[40]