Jean-Pierre Michel (homme politique)

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CirconscriptionHaute-Saône
Groupe politiqueSOC (2004-2011)
SOC-EELVr (2011-2012)
SOC (2012-2014)
PrédécesseurBernard Joly
Jean-Pierre Michel
Fonctions
Sénateur français

(10 ans)
Élection 26 septembre 2004
Circonscription Haute-Saône
Groupe politique SOC (2004-2011)
SOC-EELVr (2011-2012)
SOC (2012-2014)
Prédécesseur Bernard Joly
Successeur Michel Raison
Conseiller général de la Haute-Saône

(18 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 29 mars 1992
Réélection 22 mars 1998
28 mars 2004
Circonscription Canton de Héricourt-Ouest
Président Christian Bergelin
Marc Roussel
Jean Reyboz (intérim)
Yves Krattinger
Prédécesseur André Girard
Successeur Fernand Burkhalter
Maire d'Héricourt

(21 ans, 6 mois et 17 jours)
Élection 13 mars 1983
Réélection 19 mars 1989
18 juin 1995
18 mars 2001
Prédécesseur André Girard
Successeur Jean-Michel Villaumé
Député français

(13 ans, 11 mois et 26 jours)
Élection 5 juin 1988
Réélection 28 mars 1993
Circonscription 2e de la Haute-Saône
Législature IXe, Xe et XIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC (1988-1997)
RCV (1997-2002)
Prédécesseur Proportionnelle par département
Successeur Maryvonne Briot

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Élection 16 mars 1986
Circonscription Haute-Saône
Législature VIIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC

(4 ans, 8 mois et 30 jours)
Élection 21 juin 1981
Circonscription 2e de la Haute-Saône
Législature VIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Jean-Jacques Beucler
Successeur Proportionnelle par département
Vice-président de l'Assemblée nationale

(11 mois et 28 jours)
Élection 4 avril 1986
Président Jacques Chaban-Delmas
Législature VIIIe (Cinquième République)
Président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale

(5 mois et 30 jours)
Élection 2 octobre 1985
Législature VIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Raymond Forni
Successeur Jacques Toubon
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nîmes (France)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Trévenans (France)
Nationalité Française
Parti politique PS (1981-1993)
MDC (1993-2002)
PS (2004-2021)
Profession Magistrat

Image illustrative de l’article Jean-Pierre Michel (homme politique)
Maires d'Héricourt

Jean-Pierre Michel, né le à Nîmes et mort le à Trévenans, est un magistrat et homme politique français. Il est notamment maire d'Héricourt de 1983 à 2004, député de la Haute-Saône entre 1981 et 2002 et sénateur de 2004 à 2014.

Jeunesse et formation

Jean-Pierre Michel est le fils de Léon Michel, un pharmacien, et d'Yvette de Bonadona.

Il fait ses études aux collèges de Tanger et d'Orange, au lycée Corneille à Rouen, à la Faculté de droit de Paris, à l'Institut d’études politiques de Paris et à l'Institut de criminologie de Lille. Il est licencié en droit, diplômé d’études supérieures en droit public, d’études supérieures en criminologie.

Carrière de magistrat

Il est magistrat au ministère de la Justice de 1968 à 1972, juge à Corbeil-Essonnes de 1972 à 1974 et chef de bureau de la législation à la direction des affaires criminelles de 1974 à 1980, et substitut au tribunal de grande instance de Créteil de 1980 à 1981. Il est également secrétaire général du Syndicat de la magistrature de 1972 à 1974.

Parcours politique

Après un échec en 1978, il devient député de la Haute-Saône lors de la vague rose de 1981 pour le compte du Parti socialiste et est constamment réélu jusqu'à sa défaite face à Maryvonne Briot lors de l'élection législative de 2002.

En 1985, Jean-Pierre Michel est à l'origine de l'amendement qui pénalise les discriminations contre les homosexuels, qu'il fait adopter malgré les réticences du gouvernement[1],[2]. Avec Gisèle Halimi, il est un des initiateurs de la disposition permettant de donner le nom de la mère aux enfants[3].

Il est à l'origine de l'amendement devenu article 20 de la loi du relative au financement des partis politiques[4], article vivement critiqué par la suite car permettant une « autoamnistie » des hommes politiques confrontés à des inculpations d'abus de biens sociaux. Le quotidien Le Monde commente alors : « Les commissaires socialistes sont déjà passés à l'acte... (Ils) ont introduit un amendement... (qui) n'est ni plus ni moins qu'un article de dépénalisation.» Le sénateur communiste Charles Lederman avance que cet article « blanchit » les hommes politiques impliqués dans des affaires politico-financières[5].

Après avoir été membre au sein du PS du CERES pendant de nombreuses années, il adhère en 1992 au Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement, ancien animateur du CERES. Il le quitte en 2002 pour fonder l'Association pour une gauche républicaine (AGR). En , il rejoint le Parti socialiste au courant Nouveau Monde et est élu sénateur de la Haute-Saône en .

Dès 1991, avec deux militants homosexuels, Jan-Paul Pouliquen et Gérard Bach-Ignasse, il rédige une proposition de loi sur un contrat d'union civile (CUC) mais n'arrive pas à convaincre d'autres députés de gauche de la déposer. Au cours des années suivantes, Jean-Pierre Michel est l'auteur ou le coauteur de plusieurs autres propositions de loi sur le même thème[6], qui n'aboutissent pas. Avec le retour de la gauche au pouvoir en 1997, le projet est relancé. Jean-Pierre Michel est, avec Patrick Bloche et Jan-Paul Pouliquen[7], un des pères du Pacte civil de solidarité (PACS), adopté le [8].

Il est élu sénateur en 2004.

Il est notamment nommé le rapporteur du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe[9]. Il intervient médiatiquement à plusieurs reprises contre les adversaires du projet. Le journal Valeurs actuelles avance qu'il joue un rôle central dans l'adoption de cette nouvelle loi[10]. Il refuse de recevoir le collectif la Manif pour Tous lors de l'examen en commission[11]. Il se déclare favorable à la gestation pour autrui pour les couples hétérosexuels et homosexuels[12].

Dans le scandale du « mur des cons », il soutient le Syndicat national de la magistrature en estimant que les « personnalités raillées n'ont que ce qu'elles méritent »[13].

En 2014, il est rapporteur de la réforme pénale au Sénat. Il fait adopter une nouvelle version de la contrainte pénale, qui devient une peine complètement autonome que les juges auraient l'obligation d'appliquer. Cette peine se substituerait ainsi à la prison en cas de « vol, recel de vol, de filouterie, de dégradation, d'usage de stupéfiants et de certains délits routiers ». Il propose également la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs et de la rétention de sûreté[14].

La même année, Jean-Pierre Michel annonce sa candidature à un second mandat de sénateur. Il est battu par le candidat présenté par l'UMP le .

Il meurt le à l'hôpital Nord Franche-Comté, à Trévenans (Territoire de Belfort), après plusieurs mois d'hospitalisation, à l'âge de 82 ans. Il est inhumé à Héricourt (Haute-Saône).

Détail des mandats et fonctions

Vie privée

Jean-Pierre Michel est marié à une femme et homosexuel. En , le magazine d'extrême droite Minute révèle contre leur gré l'homosexualité de plusieurs parlementaires, parmi lesquels Jean-Pierre Michel[15]. À partir de 1997, le magazine gay Têtu et son rédacteur en chef Thomas Doustaly font pression sur Jean-Pierre Michel et sur un autre député, Patrick Bloche, pour qu'ils fassent leur coming out au moment où ils défendent le PACS à l'Assemblée, leur reprochant leur discrétion[16]. Jean-Pierre Michel résiste cependant à cette injonction. Il finit par accepter une « drôle de sortie du placard » ; Doustaly écrivant dans Têtu en  : « C'est la première fois qu'un député accepte qu'un journal écrive qu'il est gay »[17]. Interviewé dans Têtu le mois suivant, Jean-Pierre Michel assume s'être fait le relais des revendications des homosexuels depuis les années 1980 mais déclare :

« Je ne suis pas le porte-parole de la communauté homosexuelle. Mon parcours politique ne s'est pas construit comme ça. (...) Si c'est un secret de Polichinelle, il est regardé d'un œil indulgent à Paris. Pas dans ma circonscription (...), où je suis marié. (...) Je m'entends très bien avec ma femme. Elle fait beaucoup de travail pour moi dans ma circonscription. Et je trouve mon équilibre dans ce déséquilibre[18]. »

Ouvrage

Références

Liens externes

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