Cezar Bolliac
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Cezar Bolliac était un écrivain roumain, né le à Bucarest, et décédé le à Bucarest. Il est surtout connu en tant que patriote, pour qui la poésie consiste essentiellement à mettre ses idées en vers. D'un point de vue politique, il est toujours considéré comme une des figures de proue de la révolution valaque de 1848 [1].
Enfance et adolescence
Cezar Bolliac est né le à Bucarest, d'Anton Bogliaco, médecin d'origine italienne et de Zinca Kalamogdartis, d'origine grecque. Peu après sa naissance, son père a quitté la famille et est retourné à Florence et Zinca s'est remariée au stolnic Petrache Peretz. Il fut d'abord éduqué par un précepteur grec, Neofit Duca, puis a suivi les cours du Collège national Saint-Sava à Bucarest, entre autres ceux de Ion Heliade Rădulescu. En 1830, il s'engagea dans « milice terrienne » nouvellement formée en tant que junker et rencontra nombre de futurs révolutionnaires de 1848 : Marin Serghiescu-Nationalul, Constantin Telegescu, Cristian Tell[2]. Il a néanmoins rapidement renoncé à sa vocation militaire pour se consacrer aux lettres et est allé étudier à Paris[3].
Débuts de son activité littéraire
On peut y voir l'influence de Ion Heliade Rădulescu, qui avait aussi fondé une imprimerie : c'est lui qui publia les premiers livres de Bolliac et l'introduisit auprès de la Société Philharmonique, où il fit la connaissance de Grigore Alexandrescu, Ion Ghica, Ion Câmpineanu, ou encore Iancu Vacarescu. Cezar Bolliac a commencé à publier des poésies dans des journaux dès son retour en 1833 et n'a jamais cessé son activité de presse, souvent soutenue. Il a notamment collaboré à Convorbiri literare, Curierul Românesc, Foaie pentru minte, inimă şi literatură, Steaua Dunării ou Vestitorul Românesc et a marqué les débuts de la presse politique roumaine moderne[4]. En 1836, avec Constantin Filipescu, il a fondé son propre journal, Curiosul, qui fut interdit au bout du quatrième numéro à cause de ses satires. Un des trois numéros contenait une traduction de Corinne ou l'Italie de Germaine de Staël[5]. C'est également à cette époque qu'il a écrit des pièces de théâtre, qui se sont toutes perdues : Taierea boierilor la monastirea Dealului, Radu Voda, Moartea lui Abel. La plus connue était Matilda, considérée comme le premier drame en roumain et inspirée de Mathilde, ou Mémoires tirés de l'histoire des croisades de Sophie Cottin. En 1835 parut son premier volume de poésies.
Activités révolutionnaires
Influencé par le général Mavru, Bolliac intégra en 1843 la société secrète maçonnique opposée à la domination russe Frăția avec Eftimie Murgu ou encore Nicolae Bălcescu. Le général l'initia aussi à l'archéologie, dont la passion ne l'abandonna jamais. Animé par des sentiments patriotiques et révolutionnaires, il participa à la conspiration de 1840 et fut exilé pour cela en 1841 au monastère Poiana Marului, où un moine russe lui lut tous les matins des prières de saint Basile pour l'amener à de meilleurs sentiments[6]. Le , il s'est marié avec Aristița Izvoranu, fille de boyard, qui lui a amené en dot sa propriété de Glina. Durant la révolution roumaine de 1848, Bolliac eut un rôle de premier plan : membre du comité révolutionnaire, secrétaire du gouvernement provisoire, vornic de Bucarest, membre de la commission pour la libération des Tziganes. Du fait de l'échec de la Révolution, il fut arrêté, embarqué sur un bateau turc, et parvint à fuir à Orșova puis à Brașov. Là, il tenta en 1849 de favoriser une convergence des révolutions roumaine et hongroise. Après un nouvel échec, il dut fuir à Constantinople, où il retrouva Ion Ghica, puis à Bursa.
L'exil
En 1850, il fut arrêté par les Turcs pour participation à un nouveau mouvement révolutionnaire, puis libéré sur intervention de Ion Ghica. Il partit au moyen d'un faux passeport, d'abord pour Athènes, puis Malte, enfin le pour Paris, où il resta jusqu'en 1857.
En exil, Bolliac a écrit de nombreux poèmes sur l'union des principautés roumaines. Il a également édité à Paris le journal Buciumul. En 1856, il a publié la brochure Topographie de la Roumanie, qui devait être la première d'une série intitulée Mémoires pour servir à l'histoire de Roumanie (Provinces danubiennes), mais est restée sans suite.
Le retour, l'homme public
De retour en Roumanie, en 1858, il publia dans Naționalul un de ses articles les plus importants, Mozaicul social. Son talent en tant qu'homme de presse fut, de manière générale, reconnu, y compris par des critiques renommés comme Titu Maiorescu et Gheorghe Adamescu. Le , il fut condamné à huit mois de prison et à une amende pour un article dans son journal Buciumul, dont la parution dut cesser. Le journal fut remplacé par Trompeta Carpaților, mais son successeur connut des problèmes financiers récurrents, dut réduire sa fréquence de parution, enfin cesser son activité avec la dégradation de la santé de son propriétaire.
Bolliac perdit également son épouse en et fut obligé de vendre la propriété de Glina en 1861. Aristița Bolliac fut la première défunte à être enterrée au cimetière Bellu[7]. Il occupa plusieurs postes administratifs : directeur général des archives de l'État (1864-1866), député réélu plusieurs fois jusqu'en 1876, inspecteur des musées. Ses tentatives de création de partis politiques échouèrent.
La passion pour l'archéologie
En 1845, Bolliac entreprit son premier voyage archéologique avec August Treboniu Laurian et Dimitrie Bolintineanu et en publia un compte rendu dans Curierul românesc. En 1858, il se vit interdire un nouveau voyage dans le Delta du Danube pour des motifs politiques. En 1860, il reçut une mission sur les monastères roumains et publia les années suivantes dans Romanul des articles sur l'archéologie, puis un volume en 1863. En 1865, il reprit ses voyages et céda ses trouvailles aux musées nationaux : Olténie en 1867, Danube, puis Naples, en 1869, Giurgiu et Turnu-Severin en 1871. Ses derniers voyages se firent sur ses fonds propres, en l'absence de soutien du ministère.
Problèmes de santé et fin de vie
Le , Cezar Bolliac subit une attaque de paralysie attribuée au surmenage, qui l'immobilisa dans un fauteuil jusqu'à la fin de sa vie. La chambre des députés vota l'attribution d'une allocation de 400 lei par mois et des personnes plus ou moins bénévoles s'occupèrent de lui. Cezar Bolliac s'éteignit le à Bucarest et fut enterré au cimetière Bellu.