Champ d'aviation de la Brayelle
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Le champ d'aviation de la Brayelle est historiquement l'un des premiers champs d'aviation de France, en 1908. Il est situé aux confins des communes de Douai, Lambres-lez-Douai et Cuincy, dans le département du Nord. Il est lié à l'histoire familiale des Breguet.
Origine du nom
La Brayelle est le nom d'un fief et seigneurie, s'étendant sur les terres sises à droite de la route de Douai à Arras, entre Cuincy et Brebières. Un château seigneurial se trouvait anciennement en cet endroit, près du chemin venant du Mont-de-Douai. Les bourgeois de cette ville s'y rendirent en armes, l'an 1297, et le détruisirent[1]. L'inondation de la Brayelle, vers 1710, interdit l'accès à Douai aux alliés déterminés à former l'attaque de Douai par le front de la porte d'Esquerchin[2].
Les frères Breguet
Les deux frères Jacques Breguet et Louis Charles Breguet lequel est âgé de 22 ans, débutent professionnellement vers 1902 à l'usine familiale de Douai sur le terrain de La Brayelle devenu plus tard champ d'aviation de la Brayelle. L'usine de matériels électriques produit des machines dynamo-électriques et des moteurs électriques. Un ami de la famille, Charles Richet, passionné par le vol mécanique, a fait découvrir l'aviation à Louis Charles Breguet en 1895. Louis Charles Breguet devenu ingénieur en chef de l'usine familiale développe en 1905 un tunnel aérodynamique sophistiqué avec une balance dynamométrique afin d'évaluer les conséquences du vent sur des surfaces des ailes d'avion.
Le , le Gyroplane Breguet-Richet réussit à quitter le sol et à effectuer un vol stationnaire à 50 cm du sol retenu par quatre hommes. Louis Charles Breguet fonde avec Charles Richet la Société des ateliers d'aviation Breguet-Richet. Ils réalisent durant l'hiver 1908-1909 trois machines. En décembre, le 17, Lucien Arbel, directeur des Forges de Douai offre le terrain de la Brayelle en vue d'y créer le premier aérodrome de France[3].
Le , le conseil municipal de Douai donne son accord à la demande de la (LNA) Ligue Nationale Aérienne d'organiser une course d'aéroplanes pour le dimanche de Gayant. Les organisateurs prévoient une course de vitesse sur un tour de 2 500 m, un concours de hauteur au-delà d'une ligne de ballonnets à 50 m de hauteur et des épreuves de durée dont un aller retour Douai Arras. Ces concours sont dotés de prix de 4 000 francs un budget de 14 000 francs est ouvert par le conseil municipal complété de 20 000 francs par les commerçants et industriels.
Au Champ d'aviation de la Brayelle appelé à l'époque Champ d'expérience près de Douai est organisé, du au , l'un des premiers meeting aérien en France et au monde. Onze candidats aux différents concours s'inscrivent mais seuls deux volent réellement Louis Blériot et Louis Paulhan. Les autres étant plus intéressés par celui qui se prépare à Reims organisé du 22 au et dont les valeurs prix sont presque doublés avec le renfort financiers des maisons de champagne.
Le le Breguet type 1 décolle du Champ d'aviation de la Brayelle, il s'agit d'un biplan classique à voilure sesquiplan, munis de skis d'atterrissage, propulsé par un V8 Renault monté à l'avant entraînant une tripale métallique, des chaînes permettent de modifier l'incidence de l'aile.
Le , par temps calme, 20 000 personnes sont présentes dont des trains spéciaux de Paris. Des élus de la Douma Russe sont également présents. Louis Blériot avec son monoplan vole 47 km en 1 h 7 en faisant 26 tours de circuit, Louis Paulhan, avec son biplan bat le record de hauteur avec 150 mètres dépassant les ballonnets positionnés à 120 mètres de hauteur.
Louis Charles Breguet effectue le un vol Douai - Arras sur le Breguet II soit 40 km en 30 minutes. Le mort de Louis Gabriel Madiot lors d'un accident d'aviation. Une stèle commémorative est située sur le champ d'aviation de la Brayelle.
En 1911 création de la Société anonyme des ateliers d'aviation Louis Breguet. Fin mars Louis Breguet avec un moteur de 100 chevaux, enlève deux passagers sur trois kilomètres à une hauteur de dix à quinze mètres[4].
Première Guerre mondiale
Constatant que la ville de Douai risque de tomber aux mains de l'ennemi, l'état-major fait déménager l'usine Breguet; l'aviation germanique s'y implante[5] et le les hangars d'aviation allemands sont détruits avec de gros obus lors de la Première Guerre mondiale. Le champ d’aviation accueille les cinq plus grands as allemands de la Première Guerre mondiale, Manfred von Richthofen, surnommé le Baron Rouge, Max Immelmann, Oswald Boelcke, Lothar von Richthofen et Ernst Udet.
Entre-deux-guerres
Le accueille le 25e escadron de la Royal Air Force.
Un grand meeting aérien est organisé les 29 et . Une belle réunion a lieu le au cours de laquelle Henri Mignet a décollé quatre Pou-du-ciel en présence de Jacques Breguet.
Seconde Guerre mondiale
Les Allemands s'implantent de nouveau à la Brayelle; pendant la guerre, trouvant le site mal adapté, ils déménagent vers l'aérodrome de Vitry-en-Artois jugé plus commode et qui dispose de pistes qui seront bétonnées[5].
Fermeture de l'aérodrome
vers les années 1950, l'aérodrome ferme au profit de celui de Vitry-en-Artois et une zone d'activités est créée Za de la Brayelle près de l'Usine Renault de Douai ; le site accueille désormais des voitures.
Photothèque
- Le Breguet-Richet no 1 (1907)