Charlotte Sohy

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Nom de naissance
Charlotte Marie Louise DureyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Charlotte Sohy
Biographie
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Nom de naissance
Charlotte Marie Louise DureyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Charlotte Sohy, née le à Paris et morte le dans la même ville, est une compositrice française. Elle est connue sous les pseudonymes, entre autres, Charles Sohy, Louis Rivière et Claude Vincent.

Enfance et formation

Charlotte Marie Louise Durey naît le au 17, rue Le Brun à Paris[1],[2]. Elle est la cousine du futur compositeur du groupe des Six, Louis Durey[3].

Fille d'industriel, enfant précoce, elle reçoit une éducation riche et complète, y compris musicale auprès de Georges Marty pour le piano et l'harmonie[1]. Introduite très tôt dans le milieu musical, elle est l'amie de Nadia Boulanger et de Mel Bonis[4]. Elle se perfectionne à la Schola Cantorum, où elle est élève d'Alexandre Guilmant puis de Louis Vierne à l'orgue, et de Vincent d'Indy en écriture et composition[1].

C'est au sein de cet établissement qu'elle rencontre le compositeur Marcel Labey, qu'elle épouse le et avec lequel elle a sept enfants[4]. Ils organisent, dans leur appartement du 24 rue Greuze, des séances de musique auxquelles sont conviés des personnalités du monde des arts comme Marguerite de Saint-Marceaux[5].

Carrière de compositrice

Charlotte Sohy écrit le livret du drame lyrique de son mari Bérengère, publié en 1912 sous le nom de Charles Sohy, qu'elle emprunte à son grand-père maternel[1].

Comme compositrice, Charlotte Sohy est l'auteur de messes, de mélodies, de pièces pour piano, de trios, de quatuors à cordes, ainsi que d'une symphonie et d'un drame lyrique, L'Esclave couronnée[6],[7], composé entre 1917 et 1921, démontrant sa parfaite connaissance des grands ensembles et son appartenance au cercle de Vincent d'Indy, dans lequel le principe wagnérien du leitmotiv illustre le combat de ses héros[8], créé à Mulhouse en 1947[9] sous la direction d'Ernest Bour[8] avec la contralto Denise Scharley dans le rôle-titre[4] et repris dans les émissions lyriques de la Radio[10]. Elle signe ses œuvres à la chaleureuse sincérité[10] Sohy[11],[12], Charlotte Sohy, Charles Sohy, Ch. Sohy ou Charlotte Sohy-Labey[7] mais encore sous d'autres pseudonymes, Louis Rivière ou Claude Vincent[4].

Elle écrit aussi des pièces de théâtre et un roman. Sa formation littéraire imprègne son langage musical, d'une grande puissance dramatique et d'une prosodie sans faille dans ses œuvres lyriques. Son style expressif se rattache au néoromantisme[4]. Sa musique est jouée par Paul Dukas, Maurice Ravel ou encore Gabriel Fauré dans le salon de Marguerite de Saint-Marceaux où son mari et elle sont des habitués des vendredi musicaux, lui depuis 1908, elle, se joignant à lui, à partir de 1913[5]. Bien qu'elle signe ses œuvres de pseudonymes dissimulant sa féminité, la musique de Charlotte Sohy est de moins en moins programmée après la Première Guerre mondiale du fait de la misogynie ayant gagné le milieu artistique à partir de 1914 et de la publication par Jean Cocteau en 1918 de son manifeste contre le debussysme et le wagnérisme[4].

Fin de vie

Charlotte Sohy meurt à Paris le à l'âge de 68 ans[3]. Ses mémoires, inédits, sont cités par Myriam Chimènes dans sa publication en 2007 du journal (1894-1927) de Marguerite de Saint-Marceaux[13]. Dans le tableau des principales compositrices ayant exercé en France au XIXe siècle établi par Florence Launay, sa durée de vie et sa période d'activité créatrice s'insèrent entre celles de Lili et Nadia Boulanger, dont elle est contemporaine[14]. Elle fait partie de la vingtaine de compositrices qui, entre 1789 et 1914, ont atteint le statut professionnel, bénéficiant du respect de leurs pairs, de l'accès aux institutions musicales et d'un succès public[15].

Postérité

Après sa mort, ses œuvres ne sont pas éditées ou enregistrées. Il faut attendre 1974 pour que son petit-fils François-Henry Labey, musicien de formation, soit désigné par ses tantes et oncles comme ayant-droit auprès de la SACEM, et commence à faire l'inventaire des manuscrits de sa grand-mère[16].

Ayant d'abord pour projet le recensement des œuvres de son grand-père Marcel Labey, mari de Charlotte Sohy, il se convainc finalement du grand intérêt de la musique de cette dernière, et saisit progressivement toutes les partitions sur ordinateur[16].

Apprenant l'existence de la symphonie « Grande Guerre », la cheffe Debora Waldman lui demande le matériel d'orchestre ; deux ans de travail leur sont nécessaires pour réviser ce matériel, avec l'aide de François-Marie Drieux, violon solo invité de l'orchestre[4]. La journaliste Pauline Sommelet et Debora Waldman relatent cette découverte dans La Symphonie oubliée, ouvrage publié en 2021 par les éditions Robert Laffont[17],[18].

La symphonie est créée à Besançon le , un siècle après sa composition, par l'Orchestre Victor-Hugo Franche-Comté sous la direction de Debora Waldman[19],[20].

Le un coffret de 3 CD sort sur le label La boîte à pépites de l'association Elles Women Composers, créée en 2020[21]. On y trouve 13 des opus de Charlotte Sohy, notamment les quatuors à cordes, le trio pour violon, violoncelle et piano, et le triptyque champêtre pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe.

Œuvres

Notes et références

Voir aussi

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