Chemin du sel entre Loire et Yonne

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Le chemin du sel entre la Loire et l'Yonne reliait la Loire près de Châteauneuf, à Auxerre, l'Yonne et la région de Basse-Bourgogne. Il permettait d'éviter le long trajet en bateau devant contourner la Bretagne pour aller de la Loire à la Seine puis remonter la Seine jusqu'à Auxerre.

Ce chemin du sel suit une ligne droite de Châteauneuf-sur-Loire à Auxerre. Le port de La Ronce, à 1 500 m en amont de Châteauneuf, était dès l'époque gauloise et jusqu'à la construction des canaux à la fin du XVIe siècle, le point de départ du transport par voie de terre du sel marin vers la région d'Auxerre, la rivière Yonne et la Basse-Bourgogne. Les Romains en reprirent l'essentiel quand ils relièrent Orléans à Auxerre.

Passant par Nogent-sur-Vernisson, Montbouy (où des vestiges indiquent un sanctuaire gaulois préexistant au complexe romain qui s'y trouvait plus tard)[1], Saint-Maurice-sur-Aveyron et Fontainejean, ce chemin traversait ensuite la forêt de Burce (du gaulois brucus, la bruyère), couloir boisé allant de Melleroy presque jusqu'à Saint-Fargeau et qui longeait à l'ouest la vallée de l'Ouanne, incluant le parcours complet du ru du Cuivre. Le chemin traversait ensuite l'Ouanne à Ponnessant, au nord de Saint-Martin-sur-Ouanne[2].

Chapelle de Ponnessant

Ponnessant, siège d'un péage, fut donné à Aymar, évêque d'Auxerre mais surtout chef de guerre, par Pépin en récompense de ses victoires. Vers l'an 750, Aymar donna Ponnessant aux moines de Saint-Germain d'Auxerre ; la charte de donation indique comme nom Pons Maxentii. Le décret du concile de Pistes pour l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre (864) lui donne le nom de Pons Maxientus[3], et la même année une charte de Charles le Chauve donne le nom Pons Massentus. Au XIIIe siècle on trouve Pont Maissant chez Dubouchet[4]. Ponnessant est située sur la ligne droite reliant Orléans, Montbouy et Auxerre. C'est le chemin qu'a suivi Robert Knolle quand, après avoir pris Châteauneuf-sur-Loire, il prit successivement Châtillon-sur-Loing puis Malicorne avant de venir piller Auxerre[1].

En 1838, Ambroise Challe fit construire entre Ponnessant et Saint-Martin-sur-Ouanne un pont à l'emplacement du gué qu'avait emprunté ce chemin du sel. On y trouva à deux mètres de profondeur deux rangs de pilotis en chêne en très bon état de conservation, qui avaient autrefois soutenu un pont, ainsi que plusieurs pièces de monnaie romaines dans la couche de graviers affleurant le haut de ces pilotis. Les pièces servirent à dater le pont disparu, qui remontait au plus tard à la fin du IIe siècle. Les restes “ assez bien conservés ” d'une chaussée antique ont été trouvés proches de Saint-Martin, partant de la route actuelle de Saint-Martin-sur-Ouanne à Châtillon-Coligny pour aller vers le hameau des Petits Naudins à l'ouest duquel se trouve une combe nommée La voie creuse[Note 1]. Une autre partie de la même chaussée a été retrouvée à l'est des Petits Naudins, dans une zone marécageuse parsemée de profondes dolines appelées “ les fosses de Chauvigny ”[1],[Note 2].

Après Ponessant, le chemin passait par Perreux et Sommecaise[5].

Le trafic

Impact local

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