Château Poséidon
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Le château Poséidon, connu sous le toponyme château de la Borde ou château Laborde, est un château de style néo-Renaissance situé dans la commune de Val-Fouzon, dans le département de l'Indre en région Centre-Val de Loire. Il s'agit d'une propriété privée.
Le château est situé au hameau de la Borde, dans la commune de Varennes-sur-Fouzon, commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Val-Fouzon dans le canton de Saint-Christophe-en-Bazelle du département de l'Indre. La propriété se trouve au fond d'une longue allée qui part d'un embranchement de la RD4, en direction de Chabris. Un peu plmus bas, de l'autre côté de la route, se trouve la laiterie de Varennes.
Historique
Origines
Le château est construit de à d'après les plans établis par l'architecte Alfred Dauvergne[1] (-), à l'époque du Second Empire, période de prospérité agricole et industrielle pour le département de l'Indre, desservi par le chemin de fer dès [2].
Nommé architecte départemental en , Dauvergne réalise plusieurs chantiers et travaux publics à Châteauroux et ses environs qui contribuent à asseoir sa réputation dans la région à partir de . Ces succès lui valent de nombreuses commandes tant privées que publiques, attestées par ses archives conservées aux Archives départementales de l'Indre[3].
La construction suit la démolition d'une ferme fortifiée, dont subsiste une tour isolée à quelques dizaines de mètres en avant de l'édifice actuel. La plupart des autres éléments de cette ferme ont disparu[4]. Les matériaux de démolition de cette première bâtisse sont utilisés pour les fondations et la base du nouveau château.
La famille Boullet
Louis Gustave Boullet (Valençay, - )[N 1] et son épouse Gabrielle Picot d'Agard (1826-1905) font construire le château de Laborde et en sont les premiers occupants. Il est membre d'une famille de propriétaires fonciers et de négociants[N 2]. Le couple a trois enfants : Henry Augustin Louis Boullet (1847-1907)[N 3], Gabrielle Boullet (1851-1923) et Gustave Boullet (1863-1884).
Louis Boullet reprend le domaine de Laborde au décès de sa mère ; il épouse Léonie Marie Louise Conilh de Beyssac (1858-1934) et ils ont trois enfants : Marthe Paillet-Boullet (1886-1963), Pierre Boullet (1889-1956) et Eugène Boullet (1890-1940)[N 4].
Le château est repris par Pierre Boullet et par son épouse et cousine germaine Marie Émilienne Marguerite Conilh de Beyssac (1885-1973)[N 5],[N 6]. Pierre et Marguerite viennent habiter au château entre 1915 et 1925[N 7] où ils fondent leur famille[N 8]. Naissent au château leur fils aîné, Louis Boullet (1916-1997), qui devient prêtre et la cadette des filles, Jacqueline (1919-1976).
Une succession de propriétaires
Entre les deux guerres, le château semble avoir été utilisé comme établissement d'une laiterie et fromagerie[N 9]. En 1925, le château est vendu par les Boullet à Jacques Borel (Fort-de-France 1860 - Paris 1945) qui s'est enrichi dans le commerce du rhum. Il semble avoir acheté le château pour son fils Marie Joseph Jacques Borel (Pointe-à-Pitre 1896 - Paris 1970) qui, après avoir épousé Jeanne Agoin, s'y installe ; y naît leur fils Jacques Marie Lionel Borel (Varennes-sur-Fouzon, 1927 - Jouy 2011).
À partir d'une date non déterminée et jusqu'en 1949, le château est la propriété d'Élie Granat (1889-1969), diplômé de l'École supérieure d'électricité, ingénieur et inventeur distingué pour ses services éminents par une promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1957[5]. Pour l'honorer, la commune de Varennes-sur-Fouzon a donné son nom à une de ses rues principales (route départementale D4) et Granat a été fait citoyen d'honneur en 1952[5].
Le château est ensuite la propriété de la Coopérative agricole d'élevage du Berry, spécialisée dans l'insémination artificielle de bovins. L'administration s'installe dans le château, une dépendance accueille le laboratoire qui récolte les semences des taureaux, hébergés dans des écuries. Après quelques années, les activités se ralentissent puis disparaissent.
En 1980, la propriété est acquise par un Allemand qui y mène grand train, en extorquant ses clients. Déclaré en faillite, la justice fait procéder à la vente publique de la propriété cinq ans plus tard. Une des victimes obtient le château de la Borde qui imagine vainement un projet de complexe hôtelier.


Par acte du , une société anonyme à directoire et conseil de surveillance est créée, dénommée « Château de la Borde golf et country club ». Les associés acquièrent également des terres agricoles adjacentes qui leur permettent de réunir une propriété de 200 ha[N 10]. Ils étudient des projets de centre de vacances de luxe, offrant une capacité de plus de 500 lits et accompagné d'un golf de dix-huit trous. Ces projets avortent, faute d'avoir trouvé les financements nécessaires. Découragés, les propriétaires abandonnent et cherchent à se défaire de la propriété.

En conséquence, le château demeure inoccupé pendant une quarantaine d'années. Pendant ce laps de temps, le bâtiment se détériore et des vols de mobilier (manteaux de cheminée, ferronnerie, chandeliers) sont commis. Malgré cela, le château demeure dans un état relativement protégé, grâce à un système d'alarme et à la surveillance d'un voisin attentif[6].
Le château est racheté en 2025 par deux Québécois[7]. L'avancée de la rénovation du lieu est consultable sur la chaîne YouTube qui lui est dédiée[8].
Description

L'édifice se compose d'un imposant corps central, flanqué de quatre tours symétriques. La façade principale est marquée d'un avant-corps orné d'échauguettes d'angle. La façade présente un décor abondant : cordons, pilastres, chapiteaux, puissante corniche au sommet. Les combles sont éclairés par des lucarnes d'esprit Renaissance[9].
L'imposant corps central s'étend sur cinq niveaux :
- les caves, y compris les anciennes cuisines et le système de chauffage ;
- le bel-étage avec les salons d'apparat et les pièces de séjour ;
- le premier étage, avec une petite chapelle, ainsi que plusieurs chambres avec leur salle de bain ;
- le deuxième étage avec les chambres mansardées, destinées au personnel ;
- les greniers avec les charpentes en bois.


Plusieurs pièces sont agrémentées par des vitraux exécutés par le maître verrier Julien-Léopold Lobin (1814-1864) ou par son fils Lucien-Léopold Lobin (1837-1892)[réf. nécessaire].
Ont en outre été préservés la porte d'entrée, l'escalier monumental, les boiseries et portes, les plafonds sculptés et les parquets dans de nombreuses pièces, les fresques sur les murs du salon dédié à la chasse, les manteaux de cheminée à l'étage, des parquets et des carrelages, l'escalier de service, les charpentes. Les façades et les toitures sont généralement demeurées en bon état.
Le château est dénommé « Poséidon » par les explorateurs urbains, d'après la sculpture qui orne l'escalier central du bâtiment[10]. Les nouveaux occupants adoptent ce nom pour se distinguer de la dizaine d'autres châteaux et lieux commerciaux français portant le nom Laborde[11].
Le projet de restauration comprend, outre le château, la tour-donjon de l'ancien château, la maison du concierge (datant de 1960), la grille d'entrée du domaine et le mur de clôture, le parc et le bois s'étendant sur 15 hectares[10], une maison en ruine à l'intérieur du bois, des vestiges archéologiques.

