Classe tous risques (film)
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d'après son roman
Claude Sautet
Pascal Jardin
Jean-Paul Belmondo
Michel Ardan
Sandra Milo
| Réalisation | Claude Sautet |
|---|---|
| Scénario |
José Giovanni d'après son roman Claude Sautet Pascal Jardin |
| Musique | Georges Delerue |
| Acteurs principaux |
Lino Ventura Jean-Paul Belmondo Michel Ardan Sandra Milo |
| Sociétés de production |
Filmsonor Mondex Films Les Films Odéon Zebra Films |
| Pays de production |
|
| Genre | policier |
| Durée | 104 minutes |
| Sortie | 1960 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Classe tous risques est un film policier franco-italien réalisé par Claude Sautet, sorti en 1960.
Ce film s'inspire des dernières années de la cavale d'Abel Danos (renommé Abel Davos dans le film), présenté comme un père aimant et attentionné, dont on apprend seulement qu'il est recherché par la justice française, sans qu'il soit jamais précisé pourquoi (Abel Danos, dit Le Mammouth ou le Bel Abel, était le tortionnaire le plus brutal de la Gestapo française). Ses anciens amis truands, présentés comme des lâches sans parole, rechignent à l'aider, ce qui contraste avec le personnage sympathique d'Éric Stark qui l'aide sans hésitation, sans contrepartie.
Gangster condamné à mort par contumace et recherché par la police, Abel Davos s'est réfugié en Italie avec sa femme Thérèse et leurs deux enfants. Il réussit avec Raymond Naldi un hold-up à Milan mais les deux compères sont vite pourchassés, et décident de rentrer clandestinement en France.
Le petit groupe débarque sur une plage déserte de Menton, mais deux douaniers les surprennent. S'ensuit une fusillade, au cours de laquelle Thérèse et Raymond Naldi sont tués. Resté seul avec ses enfants, Abel fait appel à ses anciens amis de Paris, Riton et Fargier, et leur demande de venir les chercher à Nice. Ceux-ci, ne pouvant venir eux-mêmes car ils mènent maintenant une vie à peu près normale, lui envoient un homme sûr, Éric Stark, au volant d'une ambulance. Davos se lie d'amitié avec Éric qui le cache dans une chambre de bonne dans son immeuble.
Mais la situation de Davos ne fera que se compliquer et tout finira très mal pour lui comme pour presque tous ses anciens amis. Éric Stark, lui, s'en tirera presque indemne et trouvera l'amour avec une auto-stoppeuse qui l'avait aidé en jouant les infirmières quand il avait ramené Abel Davos de Nice.
Fiche technique
- Titre : Classe tous risques
- Réalisation : Claude Sautet
- Scénario : Claude Sautet, José Giovanni et Pascal Jardin, d'après le roman Classe tous risques de José Giovanni
- Dialogues : José Giovanni
- Musique : Georges Delerue
- Décors : Rino Mondelini
- Photographie : Ghislain Cloquet
- Son : Jacques Lebreton
- Montage : Albert Jurgenson
- Production : Jean Darvey
- Production déléguée : Robert Amon
- Directeur de production : Jacques Planté
- Sociétés de production : Mondex Films, Les Films Odéon, Filmsonor et Zebra Film
- Sociétés de distribution : Cinédis (France), United Artists (États-Unis)
- Pays d’origine : France et Italie
- Langue originale : français avec quelques dialogues en italien
- Format : noir et blanc — 35 mm — 1,66:1 — son monophonique
- Genre : policier, drame
- Durée : 105 minutes
- Dates de sortie :
- France : sortie à Paris le , sortie nationale le
- Classification et visa CNC : tous publics, Art et essai (visa d'exploitation no 22432 délivré le )[1]
Distribution
- Lino Ventura : Abel Davos, le gangster en cavale
- Jean-Paul Belmondo : Éric Stark, le jeune convoyeur
- Sandra Milo : Liliane, la jeune femme de la troupe de théâtre
- Marcel Dalio : Arthur Gibelin, le receleur
- Jacques Dacqmine : le commissaire Blot
- Claude Cerval : Raoul Fargier, un ancien complice d'Abel
- Bernard Dhéran : Blastone, le directeur de la troupe théâtrale
- Michel Ardan : Henri Vintran, dit : Riton, un ancien complice d'Abel
- Stan Krol : Raymond Naldi, le complice d'Abel
- Simone France : Thérèse Davos, la femme d'Abel
- René Génin : M. Chapuis, gardien de musée
- Jeanne Pérez : Jacqueline Chapuis
- Charles Blavette : M. Bénazet
- Philippe March : Jean Martin, dit Petit Jeannot
- Betty Schneider : la petite bonne
- Évelyne Ker : la fille de Gibelin
- Sylvain Lévignac : Jacques Imbert, le détective de l'agence privée
- Michèle Méritz : Sophie Fargier, la femme de Raoul
- Jean-Pierre Zola : Bacérès, détective privé
- France Asselin : Denise Vintran, la femme d'Henri
- Corrado Guarducci : Ferrucci, l'intermédiaire italien
- Robert Desnoux : Pierrot, le fils aîné des Davos
- Thierry Lavoye : Daniel, le second fils des Davos
- Marcel Bernier : un inspecteur
- Albert Daumergue : un homme chez Riton
- Marcel Gassouk : un homme au bureau de poste
- Laure Paillette : la dame de l'ascenseur
Production
Genèse et développement
La genèse de Classe tous risques naît de la rencontre entre Lino Ventura et Claude Sautet. Trois ans auparavant, en 1958, Sautet met en scène Bonjour sourire, son premier film en tant que réalisateur. Mais ce dernier, qui remplaçait Robert Dhéry, ne le considère pas comme son premier film personnel[2],[3]. Peu après, Sautet est retourné au poste d'assistant réalisateur[4]. Il apporte également son aide à des scénarios, notamment en les débloquant quand il le faut et reprend quelques dialogues[4]. Sur le tournage du Fauve est lâché de Maurice Labro, pour lequel il officie en tant que coscénariste et assistant-réalisateur, il fait la connaissance de Ventura[4]. Lorsque de fréquents désaccords entre Ventura et Labro poussent le réalisateur à quitter le tournage avant son terme, Sautet, qui s'est rapproché de Ventura, s'attelle à diriger les dernières scènes du film. Ayant apprécié le film, le réalisateur Jacques Becker, qui a tourné le premier film avec Ventura, Touchez pas au grisbi, conseille à l'acteur de poursuivre cette collaboration en adaptant le roman de José Giovanni, Classe tous risques[5]. Ventura se passionne pour le livre de Giovanni, Sautet en apprécie et l'écriture, et le thème du gangster traqué qui tient à rester un bon père de famille[6],[7].
Alors que Ventura tient le rôle de Davos, Sautet trouve en Jean-Paul Belmondo le jeune acteur idéal pour interpréter Éric Stark. Sautet a remarqué Belmondo, alors peu connu du grand public, grâce au film Les Tricheurs de Marcel Carné[8]. Néanmoins, les producteurs refusent d'engager ce jeune acteur alors inconnu avec un physique si particulier, préférant davantage Laurent Terzieff ou Gérard Blain[8]. Mais c'est sans compter la détermination de Sautet, qui, grâce au soutien de Ventura à l'origine du projet et qui a son mot à dire, arrive à imposer la présence de Belmondo dans le film[8].
Tournage
Le tournage de Classe tous risques se déroule du au [9]. Principalement tourné aux studios Francœur pour les scènes d'intérieur, les prises de vue en extérieur ont lieu dans des quartiers de Paris et des sites de la Côte d'Azur (Le Cros-de-Cagnes et Nice).
Commentaires
Selon la biographie de José Giovanni, le personnage d'Abel Davos est inspiré d'Abel Danos, dit « le Mammouth » en raison de sa forte corpulence, que ce dernier a connu à la prison de la Santé. Danos, tueur à gages avant la guerre, a été de 1941 à 1944, un des bourreaux de la Gestapo française de la rue Lauriston, aussi appelée « la Carlingue », menée par Henri Lafont et Pierre Bonny, qui se livrait à des actes de collaboration active tout en s'enrichissant. Danos a été fusillé pour collaboration en 1952.
Interrogé en 1994 par Michel Boujut qui lui demande s'il savait en faisant son film qui était exactement le modèle de José Giovanni, Claude Sautet répond : « L'aurais-je su que je n'aurais peut-être pas fait le film. J'ignorais en effet qu'Abel Danos — Davos dans le film — avait fait partie de la bande de Bonny-Lafont pendant l'Occupation[10] ». À l'époque du tournage, les revues d'Histoire destinées au grand public, notamment Historia, publiaient régulièrement des articles sur les aspects les plus noirs de la collaboration, et le pseudonyme adopté est transparent. On pourrait donc s'étonner qu'il ne se soit trouvé personne, parmi ses anciens amis communistes, qui l'ait mis en garde contre l'apologie d'un homme qui a tué de nombreux communistes, hommes et femmes, sous la torture. Mais, parmi les critiques de cinéma de l'époque, aucun ne semble avoir fait le lien, il n'y eut aucune indignation, et cela n'est jamais évoqué pour expliquer le succès relatif de ce film.
Le complice d'Abel Davos dans sa fuite hors d'Italie, Raymond Naldi, est un avatar de Raymond Naudy, dit « Le Toulousain », un ancien FFI, devenu le compagnon de Danos dans le « Gang des Tractions Avant ».
Le commissaire Blot est inspiré du commissaire Georges Clot, responsable à la Libération de la cellule anti-Gestapo de la police judiciaire.
Petite invraisemblance : quand Éric Stark s'arrête à une station-service pour faire un plein, il continue à fumer près des pompes et de son réservoir sans que le pompiste lui en fasse la remarque.
Autour du film
- Le nom du personnage principal, Abel Davos, fait référence à Abel Danos, gangster et membre de la Carlingue[11].
- Le hold-up des dix premières minutes a été tourné en caméra cachée, sans que Claude Sautet, adepte des méthodes de la Nouvelle Vague, ait prévenu qui que ce soit, ce qui, dans une des avenues les plus passantes de Milan, ne fut pas sans poser certains problèmes : les acteurs furent pourchassés par des piétons et il y eut un problème cardiaque dans la foule.