Claude-Charles Pierquin de Gembloux
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| Inspecteur des universités | |
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| Inspecteur d'académie (d) |
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| Décès | |
| Pseudonymes |
Jean Pedeasimos, de Giblous, Gibloux |
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| Activités |
Médecin écrivain, spécialiste de la littérature, médecin, romaniste, naturaliste |
Claude-Charles Pierquin de Gembloux, né le à Bruxelles[1] et mort le à Paris 1er[2], est un médecin français et inspecteur d'académie polygraphe, érudit hétéroclite et auteur inclassable.
« Sa bibliographie, écrit un critique[3], forme, à elle seule, un magnifique poème où se mêlent, s’affrontent et se complètent l’histoire, l’archéologie, la numismatique, la philologie, la pédagogie, la médecine, l’hygiène, la poésie. »
Fils d’un ancien intendant militaire[4], Claude-Charles Pierquin accole à son nom celui de Gembloux, ville dont était originaire sa mère.
Lors de ses études, sous la direction de l’abbé Eliçagaray, au lycée de Paris, il se fait remarquer parmi ses condisciples par son amour de l’étude et par une assiduité au travail qui ne s’est jamais démentie depuis[5]. Pendant la période des Cent-Jours, en 1815, il prit le parti de Napoléon, se fédéra, et partit comme volontaire dans le corps des fédérés de Montpellier[5]. Il vota en faveur de l’acte additionnel, et se prononça pour l’exclusion perpétuelle des Bourbons[5]. Sa conduite militaire attira sur lui l’attention du général Forestier, commandant de la citadelle de Montpellier, et du lieutenant général Gilly, qui le nomma provisoirement, en sa qualité de commissaire extraordinaire, membre de la Légion d’Honneur, en récompense des services qu’il avait rendus à la ville de Montpellier, en contribuant à comprimer l’insurrection du Midi, et à paralyser les tentatives des insurgés pour s’emparer de la citadelle de cette ville, et en combattant les brigands organisés par Montcalm[5].
La seconde rentrée des Bourbons annihila la faveur accordée par le général Gilly à Pierquin qui, dès ce moment, se livra à la carrière de l’enseignement, et fut admis, en qualité de maître d’étude d’abord et ensuite de régent, au collège de Valence, poste dont il est destitué, en 1817, après avoir été emprisonné et condamné correctionnellement comme auteur d’une chanson politique bonapartiste intitulée la Télémaque[5]. Il fit appel de ce jugement et fut acquitté comme n’en étant pas l’auteur[6], mais il n’en fut pas moins destitué de ses fonctions dans l’université[5].
Dès lors, il se livra avec ardeur aux études médicales, fut reçu docteur en médecine à l’université de Montpellier, en 1821[5]. Il fut alors attaché à l’hospice de la Charité à Montpellier, en qualité de médecin mais, désirant posséder un cabinet, il abandonna ses fonctions et vint s’établir à Paris, où, perfectionnant son éducation historique et archéologique, il ne tarda pas à prendre rang parmi les écrivains les plus laborieux et les plus érudits de son époque[5]. Exerçant, dans les années 1820, à l’hôpital de la Charité, il entretient une liaison avec la chanteuse d'opéra Caroline Branchu.
En 1830, lors de la Révolution de Juillet, il combattit encore pour la cause de la liberté, dans les rangs des libéraux. Dès les premiers coups de feu, il servit tour à tour comme soldat, comme officier, comme médecin, comme l’attestent les nombreux certificats qu’il présenta à la commission des récompenses nationales, qui le porta sur la première liste des décorés de juillet, et sollicita pour lui sa réintégration dans les cadres de l’université, en qualité d’inspecteur d’académie, vers le mois de , à l’académie de Grenoble[5]. Il avait, auparavant, été nommé membre de la commission des condamnés politiques. Avant son départ pour Grenoble, Pierquin prononça sur la tombe de Félicité de Genlis, dont il était l’ami, un discours à la mémoire de l’ancienne gouvernante du nouveau roi[5].
En 1820, Pierquin avait sollicité, mais vainement, du gouvernement la permission d’aller étudier, à la Vera Cruz, une fièvre qui menaçait les ports, et qu’il put observer plus tard à Barcelone[5]. Animé du même esprit d’investigation et de philanthropie, il ne recula pas devant le choléra, et, après avoir obtenu un congé, il alla se familiariser avec lui à Bruxelles, à Anvers, et fit servir sa tournée inspectorale à l’étudier de nouveau, principalement à Marseille et à Avignon[5]. Lorsqu’un lazaret fut établi à Grenoble, il offrit au ministre de l’Intérieur de se renfermer gratuitement auprès des malades[5]. En 1838, Il est nommé inspecteur d'académie à l’académie de Bourges poste dont il démissionne en 1849[7],[8],[9].
En 1835, Pierquin est élu membre correspondant à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie[10],.
Œuvre
Travailleur infatigable, membre d'une cinquantaine de sociétés savantes françaises et étrangères, il publie plus de 160 ouvrages sur les sujets les plus divers tout en contribuant par d'innombrables articles aux revues scientifiques et aux encyclopédies de son temps[11]. Il rédige ainsi pour l’Encyclopédie de la folie, éditée entre autres par François Magendie et Georges Cuvier, un Traité de la folie des animaux que Carl van Vechten cite dans son livre sur les chats[12]. L'ouvrage qui marqua le plus ses contemporains et qui lui valut d'être classé par André Blavier parmi les fous littéraires est l’Idiomologie des animaux, ou Recherches historiques, anatomiques, physiologiques, philologiques, et glossologiques sur le langage des bêtes. Il y formule la théorie selon laquelle les hommes et les animaux parlaient à l'origine un même langage et compile à l'appui de sa thèse un « glossaire ouistiti » dont voici quelques extraits :
- GHRÎÎÎ — Venir.
- GUENOKIKI — Frayeur terrible : cri d'alarme qui équivaut à fuir, à craindre fortement, redouter.
- IROUAHHI — Douleur violente et morale allant jusqu'au désespoir.
- IROUAH-GNO — J'ai une douleur morale affreuse, sauvez-moi, épargnez-la moi.
- KRRRREOEOEO — Être heureux, jouir d'un bonheur profond, accompli.
- KEH — Être un peu mieux, souffrir moins.
- KOUIC — Être contrarié, être vexé, être gêné.
- OCOCO — Terreur profonde.
- OUIC — Protection, secours.
- QUIH — Il me manque quelque chose que je désire vivement, que je demande.
- QUOUÉÉE — Souffrir avec désespoir de ce qu'on ne peut échapper à une douleur physique ou morale.
- Sifflet — S'ennuyer, désirer le boire, le manger, le soleil, le plaisir, etc.
Il est également auteur de plusieurs recueils de poésies en langue occitane publiées dans les années 1840[13].