Claude Fisco

ingénieur militaire From Wikipedia, the free encyclopedia

Claude Fisco, né à Louvain le et mort le à Kwerps[1] est un officier du génie, ingénieur, cartographe, géomètre, architecte, directeur d'académie et révolutionnaire belge. D'abord au service de la Maison d'Autriche, interrompu par une période au service de la ville de Bruxelles, il participe activement à la révolution brabançonne et les États belgiques unis. Il est emprisonné à trois reprises brièvement : par les Autrichiens, par les statistes et pendant la terreur. Il termine sa carrière au service de la ville de Louvain.

Faits en bref Présentation, Naissance ...
Claude Joseph Antoine Fisco
Présentation
Naissance
Louvain
Décès (à 88 ans)
Erps-Kwerps
Nationalité autrichienne, néerlandaise
Mouvement Architecture néo-classique
Œuvre
Réalisations place des Martyrs
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Biographie

La place des Martyrs, réalisée par Claude Fisco

Claude Joseph Antoine Fisco, né à Louvain le , est le fils d'Antoine Fisco (1700-1774), notaire , et de Madelaine Taverniers (1695-1746)[2],[3]. Un de ses frères, Lambert Fisco, devient notaire à Louvain, son beau-frère, Pierre de Lannoy, procureur général au Conseil de Brabant[4],[5]. Son frère Lambert est parfois erronnement identifié comme son fils[6].

Il fait ses études secondaires à Louvain et y étudie la philosophie. Son père, l'envoie ensuite achever ses études à Bruxelles où il suit le cours de l'Ecole d'hydraulique et ceux de l'Académie de peinture, de sculpture, d'architecture et de mathématiques[7],[8].

1756-1772 : Au service des Pays-Bas Autrichiens

De 1756 à 1763 Claude Fisco participe à la guerre de sept ans, du coté autrichien, comme membre du corps de génie, brigade des Pays-Bas[9].

Pendant les hivers 1764 et 1765 on le trouve inscrit comme élève du Corps de Génie à l'Académie Militaire de Bruxelles, d'abord dans le grade de cadet[10]. Les cadets suivent des cours en hiver et travaillent aux fortifications en été[11].

Ensuite, il conduit plusieurs projets pour le gouvernement, d'abord comme conducteur-ingénieur (promu le )[12]. On lui doit un des plans alternatifs, de 1764, pour un nouveau pont à Nieuport, vis-à-vis du sas d'Ypres[12]. De 1758 à 1764, le canal de Louvain à la Rupel est inutilisable à cause d'effondrements. Claude Fisco participe aux travaux de réhabilitation, on lui connaît deux dessins d'écluses pour ce travail[13]. Il cartographie la vallée de la Dendre en 1766 et celle de la Haine en préparations d'un plan gouvernemental visant à creuser un canal direct de Mons à Anvers pour éviter le passage par Condé en France, cher en péages. Ce plan ne se réalise finalement pas[13].

Il dresse une carte des dégâts de l'inondation de 1767 au port d'Ostende et assiste aux travaux de la citadelle d'Anvers[14].

Avec son collège De Lannoy, il dresse la carte d'une nouvelle chaussée entre Bruxelles et Wavre, projet qu'ils sont tous deux chargés de superviser de juin 1768 et décembre 1769[15].

Au plus tard à partir de 1770 il est nommé officier-ingénieur. La même année, il lève la carte topographique de la Basse-Semois, objet d'un arrangement territorial entre la France et les Pays-Bas autrichiens[14].

1772-1784 : Au service de la ville de Bruxelles

En 1771, la ville de Bruxelles veut voûter la Senne au niveau du quai des poissonniers. Le responsable de la ville pour ce genre des travaux n'ose pas s'engager à cause du sol sablonneux à cet endroit. Son poste de "contrôleur des travaux de la ville et du canal" devient donc vacant et la ville cherche quelqu'un avec de l'expérience en travaux hydrauliques. Le , le magistrat de la ville de Bruxelles nomme Claude Fisco à ce poste, ave le titre de "contrôleur et ingénieur...", ce qui implique aussi, qu'on étend la fonction à l'établissement de nouveaux projets et plans. Claude Fisco ne prête serment dans cette fonction que le , date à laquelle les fonctions additionnelles sont définies, le salaire adapté et le Corps de Génie laisse partir Claude Fisco[16].

Claude Fisco devient alors responsable du contrôle des matériaux de construction, des inspections et réparations des bâtiments communaux, des rues, des égouts, des fontaines. En plus on lui demande des plans pour de nouvelles constructions et décorations[17]. Il est aussi responsable de tous les travaux liés au canal de Willebroeck[18]. Le , il présente quatre plans pour le quai des Poissonniers. En 1773, il lève un plan pour le réaménagement de la chaussée de Louvain. Pour la place des Bailles, future place Royale et le Parc de Bruxelles, la ville est responsable des travaux préliminaires de nivellement et l'érection d'une grille de séparation, dont elle charge Claude Fisco, ainsi que pour les changements des égouts liés à l'aménagement de la Place du Nouveau Marché aux Grains[19],[20].

La plupart de ses projets sont du ressort d'un ingénieur, c'est pourtant comme architecte que Claude Fisco est le plus connu. Son plan pour la place Royale est écarté au profit du plan de Barnabé Guimard, mais, dans les années 1770, il est l'auteur de la nouvelle place Saint-Michel, aujourd'hui place des Martyrs[21].

Il n'est pas très clair, dans quelle mesure les deux liens de Claude Fisco, à la ville et à l'état, sont vraiment séparées. En septembre 1774, le gouvernement envoie une missive à la ville pour soutenir un projet de Claude Fisco pour l'approfondissement du canal de Willebroeck que le magistrat hésite à suivre[22].

Sa construction des nouvelles voûtes dans les tours de la collégiale Sainte Gudule date de 1775 [23]. En 1776 il établit un plan de reconstruction du Conseil du Brabant, qui est écarté au profit du déménagement dans des locaux plus grands, rue de la Loi, dessinés par Guymard et Sandrië[24]. Le , la ville demande à Claude Fisco une étude sur l'approfondissement de l'écluse du Petit Willebroeck, ou la construction d'une nouvelle installation[18].

Il lui incombe aussi de monter des décorations temporaires lors des festivités ou visites importantes. Ce qu'il fait pour l'inauguration de la statue de Charles de Lorraine en 1775, l'entrée de Marie-Christine et Albert en 1781 et l'inauguration de Joseph II comme duc de Brabant en 1781[18],[25].

Après avoir été invité, en 1775, à expertiser le travail de l'architecte Laurent-Benoît Dewez pour la restauration-reconstruction de l'église Saint-Pierre d'Uccle et avoir donné un avis cinglant, Claude Fisco propose lui-même un projet qui sera réalisé par Jean-François Wincqz[26],[27].

Parfois, il travaille en dehors de Bruxelles. Sur demande de la ville de Diest, il élabore en 1778 un projet de chaussée de Diest à Louvain, qui se réalise par après[23] et en 1782 il construit la Pédagogie du Faucon, un des bâtiments de l'Université Catholique de Louvain[28].

En 1782, après la décision de l'empereur Joseph II de faire démanteler les fortifications avancées du rempart de Bruxelles, Fisco s'occupe du démantèlement des sept bastions qui sont du ressort de la ville[29]. En 1783, Fisco écrit une expertise sur la possible transformation du couvent Sainte Élisabeth au Mont Sion en hôpital[30], l'année suivante il dessine des plans pour une nouvelle porte de Louvain[31].

1784-1785 : Au service des Pays-Bas Autrichiens

Pendant les deux campagnes de 1784 et 1785 contre la Hollande on le retrouve au service de l'armée, afin de prévoir les effets des inondations provoquées par les Hollandais le long de la frontière[22].

1785- : Au service de la ville de Bruxelles

Il retourne ensuite à Bruxelles.

La responsabilité pour le canal ne se limite pas aux digues et écluses, mais s'étend sur les canaux de déviation de la Senne et ses affluents qui mettent en danger la stabilité des digues. Quand, entre 1785 et 1787, Claude Fisco s'occupe de la construction d'une écluse au Chien-Vert et des canaux aux Trois Fontaines, la ville demande des subsides à la jointe des eaux, une institutions gouvernementale, mise en place en 1772. En 1786 et 1787, on note que cette dernière impose alors la tutelle de son colonel du génie De Brou sur Claude Fisco[32].

En 1786, il entreprend l'élaboration d'un nouveau cadre architectural pour la fontaine Le Cracheur[33],[23] et d'une expertise sur l'écroulement de la voûte de l'église Saint-Jacques au Coudenberg[23]. Les plans de 1788 pour des nouveaux locaux pour le bureau du droit de la louche au Nouveau Marché aux Grains sont lui aussi attribués[31]. En 1791, le bâtiment du corps de la garde de la prison de l'Amigo est construit selon les plans de Claude Fisco[31].

Claude Fisco est nommé directeur et premier professeur d'architecture à l'Académie de Peinture, Sculpture, Architecture et Mathématiques, selon les sources en 1784/86[34], 1792[35], ou même 1764[36].

1789-1793 : Pendant la révolution et les occupations

Comme beaucoup de personnalités bruxelloises de l'époque autrichienne, il est un adepte de la franc-maçonnerie, membre de la loge l'Heureuse Rencontre, seconde loge de Bruxelles, n°8, où il est inscrit aux tableaux de 1777[4] et de 1786.

Quand Joseph II révoque les concessions de ses gouverneurs envers l'opposition brabançonne, et que Henri van der Noot lance, le son comité des volontaires comme milice citoyenne pour le contrer, Claude Fisco en fait partie[37].

Henri Van der Noot est chassé par les Autrichiens vers l'exil. Et quand au printemps 1789, quelques-uns de ses anciens camarades, sous direction de Jean-Baptiste Verlooy fondent une nouvelle société secrète patriotique Pro aris et focis, Claude Fisco est à nouveau de la partie[38]. Ses membres distribuent des tracts dans les villages du Brabant et du Hainaut pour former une armée révolutionnaire. Claude Fisco est présent à la réunion du , quand Jean-François Vonck convainc Jean-André van der Mersch de se mettre à la tête de l'insurrection armée[39].

Quand un traître informe les Autrichiens de leurs préparations[40], Claude Fisco est arrêté le pour conspiration révolutionnaire[34], alors qu'il venait à peine d'être nommé pour s'occuper des fortifications de la citadelle de Namur, le . Le , on lui trouve déjà un remplaçant[41].

Vonck et Van der Meersch échappent aux Autrichiens et le ils vainquent l'armée autrichien dans la bataille de Turnhout et la prise de Gand, le , et la forcent à quitter le pays. Les prisonniers politiques sont relâchés, parmi lesquels Claude Fisco, qui était sur le point d'être déporté à Vienne[34],[42]. Les troupes autrichiennes, en retraite, pillent et détruisent, le , l'habitation bruxelloise de Claude Fisco, leur ancien officier[43].

Les États belgiques unis attribuent alors à Claude Fisco le grade de colonel de génie et l'organisation du corps[43], mais, étant Vonckiste, il est forcé à l' exil par les statistes[34]. Le le magistrat de la ville de Bruxelles, l'invite de revenir de Mons à Bruxelles, ce qu'il fait le [34].

Les Autrichiens reviennent en 1791, et déclarent une amnistie. Le révolutionnaire Fisco supervise alors les festivités organisées en l'honneur du retour des gouverneurs et de l'inauguration de l'empereur Léopold II[25].

En 1792, la France envahit le pays à nouveau. L'occupant organise des élections et Claude Fisco est élu dans leur Assemblé Provisoire pour la ville de Bruxelles, le [44],[45]. Claude Fisco use de sa nouvelle fonction de représentant pour faire rouvrir l'Académie de peinture, de sculpture, d'architecture et de mathématiques de Bruxelles, le , et lui allouer un subside le [46].

Le statut de la nouvelle "République belgique" n'est pas très clair, entre indépendance et état satellite français. Claude Fisco fait alors partie de la poignée de personnes qui forment le corps de génie de l'armée de la nouvelle "république". Le , il se fait nommer général du génie de cette armée[34].

1793 : Au service de la France

La Convention de Paris, déclare, le , vouloir intégrer l'armée belge dans la française, mais comment, n'est pas clair. L'"armée belge" n'est plus payée, et c'est Claude Fisco qui ordonne, le , suite à un ordre du général français Dumouriez, aux officiers de toutes les armes, de se faire enrôler dans l'armée française[47].

En avril 1793, Claude Fisco se trouve à Lille, au sein de l'armée du nord de la France[34] pour améliorer les fortifications de la région[48] : la défense du camp de Douchy, les environs de Denain, fortification du canal de Douai à Lille, des ouvrages sur la Deule[49]. Il dresse également, sur demande du général Carnot, un plan pour l'invasion des Provinces Unies[50].

A la fin de l'été 1793, il se rend à Paris, pour faire reconnaître son grade au sein de l'armée française, mais sans succès[34]. Le cv qu'il produit pour ce but, existe toujours dans les archives françaises.

La période de la Terreur n'est pas le bon moment d'aller à Paris. Claude Frisco y est emprisonné pour "modérantisme" dans la prison de Saint-Lazare, d'où il ne sort qu'après la mort de Robespierre, le [51].

Le 29 Frimaire de l'an IV, il se trouve encore à Paris, mais on a pas de trace de lui, entre l'an IV et 1802[34]. Il semble, qu'il soit rentré à Bruxelles, en 1795[51],[52].

En octobre 1802, une pétition est lancée à Bruxelles pour nommer Claude Fisco à nouveau directeur de l'académie. Le professeur d'architecture Werry, élève de Claude Fisco, se déclare prêt à lui céder sa place, mais le projet ne se réalise pas[34].

1804-1807 : Au service de la ville de Louvain

Le , Claude Fisco est nommé architecte de la ville et directeur général des travaux publiques de sa ville natale, Louvain[53]. L'académie des beaux-arts de la ville lui attribue sa chaire d'architecture et de perspective[54]. Le 21 février 1807, le sous-préfet du département de la Dyle ordonne à la ville de le destituer de ses fonctions[53], mais on le retrouve encore en octobre 1817, comme co-auteur du rapport sur la stabilité de l'immeuble de la Table Ronde[55].

Le la salle de bal Frascati, construite par Claude Fisco dans la cour du collège du Lys à Louvain, est inaugurée,[53].

1807-1825 : Pensionnaire à Kwerps

Il se retire alors chez son neveu et filleul Joseph Antoine Emmanuel Fisco, desservant de la paroisse d'Erps-Kwerps, où son tombeau se trouve toujours derrière le chœur de l'église Sainte Pierre (nl)[56],[57].

Le Sint-Lukasarchief possède, en 2006, des archives de Claude Fisco[58]. Elles sont probablement passées au CIVA (Bruxelles), lors de sa reprise du Sint-Lukasarchief en 2016[réf. nécessaire].

Œuvres

Notes et références

Voir aussi

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