Coiffe nantaise
From Wikipedia, the free encyclopedia

La coiffe nantaise[1] est une coiffe de cérémonie, qui était portée par les femmes du pays nantais en Loire Atlantique.
Les plus anciens documents sur les costumes Nantes datent de 1820. À Nantes, encore visible vers 1907 dans la population artisanale des faubourgs, la coiffe, à partir de cette date, petit à petit disparait.
Avant 1900 à Nantes, il existe la Dormeuse, la Câline ou la Dorlotte :
- la Câline est une coiffe plissée, en calicot, en un tissu dont le tissage formait des carreaux ou encore en grosse finette de coton ou même en flanelle dite « mousseline de laine ». Cette coiffe est amidonnée, plissée aux doigts, séchée pli par pli au fer à braise. On la retrouve dans le Pays de Rais, Saint-Jean de Boiseau ou Bouguenais. C'était une coiffe considérée comme ordinaire pour le travail comme celui des Poissonnières de Nantes ou à la campagne pour le travail dans les champs. On la portait pour la première messe ou le marché[2] ;
- la Dorlotte est faite en mousseline, non amidonnée et uniquement plissée à l'eau. Pour la tenir ferme on portait dessous un faux fond paillé de même forme et fait de tulle, de mousseline ou de nansouk, que l'on enfilait en même temps. Coiffe considérée comme de belle facture et portée principalement par les femmes aisées des bourgs. Elle était portée pour sortir[2] ;
- la Dormeuse était de meilleure facture encore, paillée et donc amidonnée, faite généralement de tulle très fin. Elle est plus longue à repasser que la Dorlotte et plus fragile. On la considérait comme plus chic[2].
Après 1900 les coiffes à l'eau disparaissent et laissent la place aux seules coiffes paillées[2].
- La Blanchisseuse - Appartient à une série de cartes postales d'A. Thuret, réalisées sur ce thème. Cette carte porte le n° 2.
- La Bonne - Appartient à une série de cartes postales d'A. Thuret, réalisées sur ce thème. Cette carte porte le n° 3.
- La Poissonnière - Appartient à une série de cartes postales d'A. Thuret, réalisées sur ce thème. Cette carte porte le n° 1.
Composition
Les coiffes sont entretenues et montées par des lingères, métier obtenu après deux ans d'apprentissage après lequel l'ouvrière ne connaît qu'un type de coiffe. Son travail est de repasser, confectionner et réparer les coiffes.
La broderie et les ré-applications de broderie ne rentrent pas dans ses qualifications[2].

Différentes parties de la coiffe (entre 1914 et 1939)
Le fond
Le plus souvent de tulle, carré ou rectangulaire suivant les régions. Brodé que d'un seul côté par une couture, le même côté qui est bas, porté sur la nuque. Il est terminé par un ourlet ou gaine d'un centimètre environ de large où coulissent les lacets (Nord du département), liens (Nantes et Vignobles) ou cordons (peu utilisés, trouvés surtout dans le Sud). Ils servent à obtenir un effet de coulisse en tirant sur les extrémités libres[2].
Le dalais
Primitivement tous les fonds de coiffes portaient une bande de tissu, ou de dentelle cousue au bas de l'ourlet, c'est le dalais. Dans tout le Nord du département ce dalais a été supprimé, mais conservé dans le Sud. Pour les coiffes qui en comportent, il se prolonge sans interruption vers l'avant du visage et prend le nom de « devant de coiffe »[2].
Le devant de coiffe
Il encadre le visage d'une oreille à l'autre, mais au dessus de la tête, alors que le dalais se trouve en bas, à l'arrière de la tête. Il se poursuit sur tout le tour de la tête, jusqu'à se raccorder à lui-même. Le but est d'obtenir un arrondi encadrant le visage[2].
Dans la même matière que la coiffe (tissu ou dentelle), ce devant de coiffe permet de coudre la passe[2].
La passe
La passe à proprement dite comporte un ourlet, ou remplit, vers l'avant et un vers l'arrière. Pour les belles coiffes, elle est brodée de motifs assortis à ceux du fond de coiffe.[réf. nécessaire]

Matière des coiffes
Tissus
- tulle fin (fond et passe), disparu fin de la guerre 39-45 ;
- mousseline ;
- linon (mousseline double) ;
- gaze ;
- plumetis appliqué ;
- nansouk.
Broderies
- Broderies de Savoie ou d'Angers.
- Les jours au point d'Alençon apparaissent tardivement.
- Broderies de pays, type broderie bretonne.
- Il était de coutume de mettre sept fleurs (symbolisant les sept vertus requises) sur les coiffes des mariées, qui continuaient à les porter ensuite.
Dentelles
Les plus prestigieuses venaient de Malines ou Bruxelles (dentelle Binche), dentelle assez serrée, la Malines étant encore plus fine.
Pour des coiffes plus ordinaires on utilisait la dentelle de Calais (plus ajourée, faite mécaniquement et formant des fleurs).
Les battants des anciennes coiffes étaient faits de dentelle dite Ligerienne