Nivillac

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Nivillac
Nivillac
La Vilaine à Nivillac
Blason de Nivillac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Vannes
Intercommunalité Communauté de communes Arc Sud Bretagne
Maire
Mandat
Jérôme Blino
2026-2032
Code postal 56130
Code commune 56147
Démographie
Gentilé Nivillacois, Nivillacoise
Population
municipale
4 951 hab. (2023 en évolution de +7,35 % par rapport à 2017)
Densité 89 hab./km2
Population
unité urbaine
8 338 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 32′ 05″ nord, 2° 16′ 52″ ouest
Altitude 30 m
Min. 0 m
Max. 71 m
Superficie 55,48 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Muzillac
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Nivillac
Liens
Site web nivillac.fr

Nivillac [nivijak] est une commune de l'Ouest de la France située dans le Sud du département du Morbihan et de la région Bretagne. Cette commune fait partie du canton de La Roche-Bernard.

Situation

Carte de la commune avec localisation de la mairie.

La commune se situe à la limite entre les régions Bretagne et Pays de la Loire. Elle est bordée par la Vilaine qui sert de frontière naturelle avec la commune voisine de Marzan.

Depuis le XIXe siècle, plusieurs ponts ont été mis en place entre ces deux communes pour franchir le fleuve. Le plus récent est le pont du Morbihan inauguré en juin 1996 et qui a donné lieu à d'importants travaux pour réaliser la déviation de l'axe routier RN 165 qui dessert la commune. Cet axe place Nivillac à une trentaine de minutes de Vannes et moins d'une heure de Nantes en voiture ce qui est un facteur attractif pour une population qui recherche un cadre de vie rural tout en étant proche de centres urbains.[réf. nécessaire]

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Vilaine, le Moulin de Sainte Anne[1], le Rodoir[2], le ruisseau du Roho[3] et divers autres petits cours d'eau[4],[Carte 1].

La Vilaine, d'une longueur de 218 km, prend sa source dans la commune de Juvigné et se jette dans l'Océan Atlantique à Camoël, après avoir traversé 56 communes[5].

Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : la retenue d'Arzal, d'une superficie totale de 383,2 ha (77,39 ha sur la commune), l'étang de la Dame (1,43 ha) et l'étang du Rodoir, d'une superficie totale de 13,3 ha (12,76 ha sur la commune)[Carte 1],[6].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[8]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[9]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[10]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 840 mm, avec 12,8 jours de précipitations en janvier et 6,2 jours en juillet[7]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arzal à 7 km à vol d'oiseau[13], est de 12,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 887,0 mm[14],[15]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,1 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −11,3 °C, atteinte le [Note 1].

Urbanisme

Typologie

Au , Nivillac est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[16]. Elle est située hors unité urbaine[17] et hors attraction des villes[18],[19].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (84,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (47,9 %), zones agricoles hétérogènes (21,7 %), prairies (13,4 %), forêts (10,2 %), zones urbanisées (3,2 %), eaux continentales[Note 2] (2,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,6 %)[20]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous la forme Nuilac Plebs en 1063, Niviliac en 1287[21], Niviliac (1395) et enfin Nivillac (1429)[22].

Il s'agit d'une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine basée sur le suffixe locatif en -acum.

Nivilha en gallo[23].

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Nivilieg[24].

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 36,6 % des toponymes de la commune sont bretons[21].

Histoire

Préhistoire

Des vestiges qui ont révélé du mobilier funéraire datant du Chasséen[25] laissent à penser que l'homme vit sur cette terre depuis des temps reculés. En ce qui concerne les mégalithes, on peut encore voir deux dolmens classés dénommés La Chambrette[26] et le Tombeau des Martyrs[27]. À Nivillac, des haches à talon sans anneau datant du bronze moyen ont été découvertes à Bodeuc[28], Guervinant et au Vésigot. À Branrue, datant de la fin de l'âge du bronze, un important dépôt de haches à douille quadrangulaire avec anneau latéral a été mis au jour[29]. Ces dernières, presque exclusivement constituées de plomb, n'étaient pas des armes mais servaient de monnaie pour les échanges[30].

Habitat et lieu de culte gallo-romain

L'origine du nom Nivillac remonterait à la période gallo-romaine et provient du bas latin noviliacum qui signifie « terre nouvellement défrichée »[31]. Comme Noyal ou Noyelle, ces toponymes sont tout à fait caractéristiques d'un essor souvent sous-estimé de l'Armorique orientale après la crise du IIIe siècle. En effet, cette terre, couverte de forêts, était située aux confins de la cité des Vénètes et de celle des Namnètes puis des diocèses de Vannes et de Nantes. Le patronage de Saint Pierre indiquerait une christianisation antérieure à l'Émigration bretonne en Armorique par les Bretons insulaires et une fondation du Bas-Empire[32].

Nivillac possédait vraisemblablement son propre Machtiern, ce qui témoignerait de son importance antérieure sur le territoire. Car malgré la création de la baronnie de La Roche-Bernard au XIe siècle, Nivillac reste le siège du doyenné dépendant du duché de Nantes[33].

En 1927, au lieu-dit Pertuis du Rofo situé entre les hameaux au nord du ban communal de Trévineuc et de Bringuin, Jean Guillotin découvre un buste de statuette en terre cuite d'une Vénus Anadyomène dans une profonde grotte naturelle en schiste située près du cours d’eau du Rofo qui rejoint la Vilaine très proche. Ce type de statuette est très fréquemment retrouvée lors de fouille dans les stations gallo-romaines. Cette représentation de Vénus nue, main gauche le long du corps et la main droite dans une épaisse chevelure sont des symboles la féminité et de la fertilité. Selon une légende, la grotte dite grotte aux Sorciers accueillait d’étranges rituels païens. Elle est aujourd’hui sur une propriété privée. En avril 1928, à la suite de cette première découverte, Jean Guillotin accompagné de l’abbé Pierre Le Thiec y découvre deux autres statuettes presque intactes en terre blanche de 15 à 20 cm et représentant des déesses-mères. Elle allaitent l’une un, l’autre deux enfants et sont conservées au musée de la préhistoire de Vannes[34].

Les fouilles continuèrent et permirent de découvrir également : – deux statuettes de Matres ; – plusieurs corps de Vénus anadyomènes ; – un petit fragment de tête semblant provenir d’un modèle de figurine connu sous le nom d’« enfant rieur » ; – un fragment de tête de lionne vraisemblablement ; – un fragment de corps de cheval ; – un fragment de poterie noire grossière ; – quatre pièces de bronze dont deux où l’on peut y reconnaître l’effigie d’Antonin le Pieux (138-161)[35].

La création de La Roche-Bernard est bien ultérieure à celle de Nivillac. Ce n'est qu'à la création des communes en 1790, que Nivillac perd le territoire de La Roche-Bernard et devient commune du district de celle-ci dans le département du Morbihan[36].

Notre-Dame-de-Montonac

La fondation du prieuré Notre-Dame-de-Montonac est située vers 1102 et 1114. Simon, fils de Bernard de La Roche, donne à l'abbaye de Toussaint d'Angers, le lieu-dit de Montennach en Nivillac. À partir de 1115, ce prieuré connaît un essor important sous l'autorité des Augustins d'Angers. Cette donation est faite en présence de "Rouaud", premier prieur de Toussaint avec deux autres chanoines nommés dans ce monastère. Il accueille les sépultures de plusieurs barons de la Roche-Bernard. Le prieuré est partiellement détruit pendant les guerres de Religion, comme l'attestent les déclarations du visiteur de l'évêché en 1573. On peut y lire "Domus et capella sunt penitus et dirute"[37].

Cependant il existe toujours jusqu'en 1706 un "Prêtre Chapelain de Montonac", Jacques BRY qui est inhumé en l'église de Nivillac le [38]. il officie dans une nouvelle chapelle qui fut vraisemblablement élevée à la fin du XVIe siècle, en remplacement de l'ancienne certainement beaucoup plus importante, détruite par les calvinistes. La chapelle du monastère, orientée à l’est, s’élevait au nord-ouest de la demeure du prieur. L’édifice s’étendait sur une longueur de 12 à 15 mètres et une largeur de 6 mètres.

L'édifice fut incendié en 1793.

Cependant en 1835, la chapelle apparait encore sur le cadastre napoléonien Section I Parcelle no 1001[39].

Il reste à ce jour peu de traces de cette époque, seules les fondations du mur circulaire de l'abside et une pierre creuse percée d'un trou qui servait pour faire couler l'eau des ablutions[40]. En 1903, au centre de l'ancienne abside a été édifiée une croix où il est inscrit : « D.O.M. Hic olim in sacello, nunc sub cruce dni (domini), piorum corpora jacent. 1903 » que l'on peut traduire par : « Au Dieu très bon et très puissant. Ici, reposent sous la croix du seigneur, les restes de pieuses gens, qui jadis reposaient dans le cimetière[40]." »

Église réformée et les guerres de religion

Lors de sa captivité au château de Milan pendant la guerre d'Italie de 1551, François de Coligny étudie les thèses de la Réforme et se convertit au protestantisme. il se marie en 1548 avec Claudine de Rieux, Dame de la Roche-Bernard, de Rieux et de Rochefort, alors héritière de la baronnie de La Roche-Bernard. Il devient baron de l'une des 9 baronnies de Bretagne[41].

Il contribue à l'implantation de la religion réformée dans la baronnie, dont Nivillac.

L’Histoire ecclésiastique, de Théodore de Bèze, est formelle : la première cène protestante célébrée en Bretagne par Jean Carmel, le , eut lieu chez le trésorier des États de Bretagne, Jean Avril, « en sa maison de Lourmois… à mille pas près » de La Roche Bernard[42]. Cependant cette date est à corriger car la célébration du premier baptême protestant de Bretagne eut lieu le jour de Pâques, le selon l'historien Roger Joxe[43].

En 1568, en pleine guerre de religion, le capitaine Quengo est envoyé à La Roche-Bernard avec une garnison, il y détruit le collège de l'hôpital, lieu de culte des protestants locaux et emplacement du tombeau de Claudine de Rieux. Les protestants et gentilshommes locaux prennent en chasse la garnison qui se retrouve acculée au lieu-dit de Truhel. Quengo lui-même fut obligé de se sauver[44].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1799 1802 Thomas de Cran    
1803 1815 François Desbois    
1815 1819 Paul François Maillard    
1819 1821 Julien Marie Morice    
1821 1830 Paul François Maillard    
1830 1832 Julien Marie Morice    
1832 1839 Jean-Louis Le Thiec    
1839 1840 Jean Porcher   (1er adjoint remplissant les fonctions de maire)
1840 1842 Jean Valée    
1842 1848 Julien Marie Morice    
1848 1849 François Marie Geffray    
1849 1858 Joseph Doucet[45]    
1858 1865 Jean Pierre Marie Boterf    
1865 1874 Louis Marie Noel    
1875 1883 Jean Pierre Marie Boterf[46]    
1894 1896 Henri Magre    
1896 1933 Paul Vigneron de la Jousselandière[47]    
1933 1945 Michel Denarie    
1945 1945 Jean Guillo    
1945 1971 Louis Picaud[48]    
1971 1977 Joseph Dano    
mars 1977 mars 2014 Jean Thomas RPR puis UMP Géomètre
Conseiller général du canton de La Roche-Bernard (2004-2011)[49]
mars 2014[50] octobre 2021[51]
(démission)
Alain Guihard DVD Inséminateur à la retraite
Conseiller départemental du canton de Muzillac (depuis 2015)
Réélu pour le mandat 2020-2026[52]
octobre 2021 janvier 2022 Béatrice Denigot   Première adjointe, maire par intérim
janvier 2022 20 mars 2026 Guy David[53] DVD Cadre agricole retraité
Adjoint aux Finances d’Alain Guihard
20 mars 2026 en cours Jérôme Blino[54]    

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[55]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[56].

En 2023, la commune comptait 4 951 habitants[Note 3], en évolution de +7,35 % par rapport à 2017 (Morbihan : +4,33 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 3452 2812 5342 6552 7002 8942 9002 9412 999
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 8692 9083 0903 1893 2903 4413 5383 5983 544
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 5503 5443 6123 2033 2023 1313 0732 7672 712
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 7752 7272 6613 1033 1013 1923 6184 1464 551
2021 2023 - - - - - - -
4 8104 951-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[57] puis Insee à partir de 2006[58].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

Établissements scolaires

  • école primaire catholique Sainte-Thérèse de Saint-Cry, construite en 1939 sur un terrain offert par Mme de Curzon situé au lieu-dit La Houssaye entre le hameau de Saint-Cry trois-cents mètres à l’est et son moulin deux-cents mètres à l’ouest, à environ six kilomètres au nord-est du bourg de Nivillac. Elle accueille des enfants de Nivillac et des communes avoisinantes de Saint-Dolay et Théhillac. Une première école fondée par les sœurs de Saint-Jacut-Les-Pins existe dans le hameau de Saint-Cry depuis 1867. Elle était située près de la chapelle de Saint-Cry et a fonctionné jusqu’en 1907, année de la laïcisation de l’école et de l’expulsion des religieuses. Celles-ci ouvriront une nouvelle école au lieu-dit Le Bois Gervais de 1908 à 1938. À l’occasion du centenaire de l’école en 1967, l’abbé et recteur de l’école Ambroise Rio souligne dans le bulletin paroissial que « la construction du bel ensemble commença en 1936 et était achevée en 1938 avec trois belles classes et une habitation pour les sœurs. L’inauguration eut lieu en septembre 1938 et les classes ouvriront le 2 septembre 1938 avec 150 élèves. L’école a atteint le maximum d’élèves en 1960 avec un total de 161 élèves. » Avec les effectifs à la baisse d’une trentaine d’élèves seulement dans les années 1980-1990 se pose la question d’une fermeture définitive. En 2021, l’école compte 80 élèves inscrits et une quatrième classe est ouverte[59].

Culte

Culte catholique

Au niveau paroissial, l’église de Saint-Cry est rattachée à l’ensemble de Saint-Dolay et Théhillac alors que le clocher de Nivillac l’est avec La Roche-Bernard et Marzan[59].

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul

La première église est déjà citée au XIe siècle dans le cartulaire de Redon. Les murs de sa nef, percés d’arcades en plein cintre, sont antérieurs à l’époque romane. Ses murs ont toujours été conservés malgré toutes les transformations effectuées aux XIIe et XVe siècles selon les styles successifs des époques[60]. Au XIIe siècle, son recteur devient curé doyen de l’immense doyenné de La Roche-Bernard. L'actuelle église a remplacé en 1901 une ancienne église datant de 1063 et démolie, sous prétexte de vétusté et de trop grande exiguïté pour les paroissiens, comme cela se pratiquait encore souvent à l'époque. Le bulletin annuel de la société polymathique du Morbihan en fait une description relativement précise dans sa parution de 1861.

Petit appareil irrégulier. Forme de croix latine, dont les deux bras, peu profonds, sont d'inégale largeur. deux bas-côtés. Abside demi-circulaire allongée, moins élevée que la nef. Contreforts simples, adhérents, peu saillants, très élevés. Absence de corniche. Sur l'intertransept, grosse tour carrée amortie en ardoises. À l'ouest, porte plein cintre sans aucun ornement ni tailloir. Dimensions du monument dans l'œuvre : 30 m sur 12 m environ. Six travées d'architecture. Arcades plein cintre, retombant sur les piliers à simple tailloir, au chœur sur des colonnettes cylindriques engagées. Lambris simple, très élevé à la nef. Entraits à têtes de crocodile, au transept nord. Fenêtres en cintre brisé, dimensions de 1 à 2 ; l'une d'elles à quatrefeuille et trilobe aigus. À l'ouest, fenêtres étroites en plein cintre, et au-dessus, oculus circulaire entouré de six petites ouvertures également circulaires. Traces de vitraux."[61]

L'édifice restera sans clocher jusqu'en 1929[60].

L'édifice actuel n'a pas beaucoup d'intérêt mais renfermait un tableau remarquable, un « christ bénissant ».

Le Christ bénissant

Ce tableau du peintre espagnol José de Ribera (1591-1652), attribué avec certitude à l'artiste assez récemment[62]. Il a été restauré début 2013 par Justina Verdavaine, peintre restauratrice de La Bouëxière (Ille-et-Vilaine). La restauration met en lumière les couleurs rouge et bleu ainsi que le drapé et la position des deux mains : la droite faisant le geste de bénir et la gauche tenant le globe terrestre. Il est un des éléments d'une série de jeunesse de Ribera. Cette œuvre fait partie d'une série de treize personnages représentant les apôtres et le Christ (un Apostolado) dont cinq sont connus. Il s'agit de Saint-Jean-l'Évangéliste (Le Louvre), de Saint-Jude-Thaddée (musée des beaux-arts de Rennes), de Saint-Mathieu (collection privée de Paris), de Saint-Thomas (Szepmuveszeti muzeum de Budapest) et donc le Christ bénissant (église paroissiale de Nivillac)[63].

Christ bénissant - José de Ribera

Chapelle Saint-Cry

La chapelle est restée longtemps une frairie de la paroisse de Nivillac dont elle est distante d’environ km. Son ancienne architecture gothique laisse à penser qu'elle existait depuis le XVe[64]. Le Bulletin annuel de la société polymathique du Morbihan en fait une description brève dans sa parution de 1861. Elle y est appelée Chapelle Saint-Quiric (Saint-Cyr).

" Porte en anse de panier. Arcades plein cintre, au chœur. Fenêtre en cintre brisé. Piscine trilobé"[65]

Les différentes traces de fondations retrouvées en 1924 attestent que l’édifice fut plusieurs fois remanié ou complètement rebâti. Il possédait une piscine trilobée qui prouverait qu’on y baptisait au XIIIe siècle. Selon le livre de paroisse de 1923, « elle menaçait ruine » et sa reconstruction « était une entreprise très coûteuse ». Elle a finalement été rebâtie sur les anciennes fondations, de 1924 à 1926. L’église est agrémentée sur sa façade d’un lion en granit, don du maire de l’époque, P. Vigneron de la Jousselandière, et d’un chien, également en granit, provenant du château de Lourmois. Puis, le , par mandement de Hippolyte Tréhiou, évêque de Vannes, Saint-Cry fut érigée en paroisse[60].

Chapelle de Sainte-Marie

Étant donné son éloignement du quartier par rapport au centre, le projet de la chapelle a vu le jour en 1946. Plus pratique, les habitants souhaitaient utiliser l’école comme lieu de culte. Cette faveur fut accordée par l’évêque et la première messe y fut célébrée par le recteur Boulo, le [66].

L’abbé Calixte le Breton est chargé par l’évêque de Vannes de construire une chapelle à Sainte-Marie. C’est sous l’impulsion de l’abbé Bazin, vicaire, que les travaux commencèrent durant tout l’hiver 1946 pour se terminer à la fin de l’été 1947. La chapelle abrite une statue de Notre Dame des Blés, à laquelle elle est dédiée, œuvre du sculpteur Jean Fréour, ainsi qu’une relique de Sainte-Thérèse de Lisieux[67].

Chapelle de Sainte-Marie.

Château de Lourmois

Lourmois est l'une des principales seigneuries de Nivillac. Il n'est pas possible de dater avec précision la date d'érection de ce château. Cependant, un aveu de 1632 attribue la propriété de la seigneurie à la famille Avril dont le premier chef de famille connu fut anobli en 1423[42]. Le , la chapelle de Lourmois est bénie sous l'invocation de Notre-Dame-de-Grâce. Le sermon est prononcé par le révérend père gardien du Croisic[68].

Pont de La Roche-Bernard

Malgré son nom, cet ouvrage est situé sur le territoire de Nivillac. Il s'agit d'un pont suspendu enjambant la Vilaine entre les communes de Marzan et Nivillac. Sa longueur totale est de 407 m.

Les ouvrages précédents détruit tour à tour par des tempêtes, on décide de construire un nouveau pont. La construction de ce dernier débute en 1957 sous la direction de l'ingénieur Gallard. En 1960, les tests de sécurité sont effectués (le pont supporte, entre autres, 952 tonnes sans anomalie) et l'inauguration a lieu le . Les points d'ancrage sont particuliers car les câbles porteurs sont enroulés autour des masses rocheuses présentes de chaque côté de la Vilaine. Les piles mesurent 84 m de hauteur, le tablier domine la Vilaine de 55 m, la portée principale est de 245 m et la longueur totale de l'ouvrage atteint 407 m. Le pont n'étant plus suffisant pour le trafic automobile croissant entre les deux rives, on a construit en 1995, le pont du Morbihan à 800 m en amont.

Le pont du Morbihan

Le pont du Morbihan est un pont en arc enjambant la Vilaine entre les communes de Nivillac et Marzan proches de La Roche-Bernard (département du Morbihan). Sa longueur totale est de 376 mètres dont 201 mètres de portée pour l'arc.

Le pont fut construit entre 1993 et 1995 dans le cadre de la déviation de la RN165 (Nantes - Brest). Après quelques animations le premier week-end de juin 1996 tels que feu d'artifice, son et lumière ou encore randonnées sportives pour célébrer la fin des travaux, la mise en circulation effective de la déviation eut lieu. Le 18 juin exactement, quelques officiels dont le préfet du Morbihan ont emprunté le pont en cortège d'une vingtaine de véhicules.

Pont du Morbihan.

Le port de Foleux

Le port de Foleux a été créé par la commune de Béganne après la construction du barrage d'Arzal (1970), sur le site d'un ancien poste de douane et d'un grenier à sel.

En 1984, le port est agrandi sur les communes de Nivillac et Péaule.

Depuis 2008, il est géré par la Compagnie des Ports du Morbihan[69].

Port de Foleux.

Le port de la Ville-Aubin

Situé au pied du pont du Morbihan, ce port peut accueillir 10 bateaux au ponton et 30 supplémentaires sur corps morts[70].

Le château de Bodeuc

Ce que l'on appelle château de Bodeuc est en fait, un manoir, daté de 1850, qui fut la demeure de M. De la Jousselandière puis M. Denarie, tous deux maires de Nivillac. Cet édifice accueille aujourd'hui un hôtel[71].

La légende veut qu'il fut construit avec les pierres du château de Bodeuc, détruit au XVIIe siècle sur ordre de Richelieu en répression des volontés d’indépendance de la noblesse locale[72]. Cette information est fausse car l'ancien château est toujours existant et se situe à quelques pas de l'ensemble actuel.

Le Manoir de Bodeuc.

Le Pertuis du Rofo

Cette grotte, déjà citée par M. Geffray en 1867, profonde de 24 mètres et en schiste, désormais propriété privée, est selon la légende un passage secret jusqu'à la Vilaine[73].

C'est dans cette grotte, en 1927, que Jean Guillotin, instituteur, découvre la première statuette, un buste de Vénus anadyomène. Ce type de statuette est très fréquemment retrouvée lors de fouilles dans les stations gallo-romaines. Cette représentation de Vénus nue, main gauche le long du corps et la main droite dans une épaisse chevelure sont des symboles la féminité. En , accompagné de l'abbé Pierre Le Thiec, Jean Guillotin procède à des fouilles plus complètes. Ils trouvent alors plusieurs centaines de débris de statuettes, quatre pièces de bronze d’Antonin le Pieux, un fragment de Poterie noire[74].

Les trois statuettes du Pertuis du Rofo.

Moulins à vent

Moulin de Bourigan

Ce moulin, situé à proximité de La Roche-Bernard, a perdu ses ailes et a été rehaussé au courant du XXe siècle. C'est le seul moulin dit « à grosse tête » de la commune[75].

Moulin de Bodeuc

Ce moulin, à l'origine dépendant de la seigneurie de Bodeuc, faisait partie d'un ensemble de deux. Le premier, le petit, s'effondra à la suite d'un incendie en 1994. Le second, le plus grand, culmine à près de 12 mètres de hauteur. Il servit aux Allemands de tour de guet pendant la Seconde Guerre mondiale. Menacé de ruine au début des années 1990, il fut racheté par la famille Pampart, qui y entreprit d'importants travaux. On y installe alors un toit dit « provençal ». Ce n'est qu'en 2015 que le moulin retrouve une toiture plus « conventionnelle » grâce aux artisans locaux[76].

Moulin de Saint-Cry

Ce moulin est situé au nord de la commune.

Moulin de Saint-Cry.

Héraldique

Les armoiries récentes de Nivillac sont à blasonner

Les armoiries anciennes de Nivillac se blasonnent ainsi : Parti, au un d’azur à la champagne ondée d’argent sommée d’une terrasse de sinople en pente ascendante vers l’abîme, soutenant un pont d’or à trois arches maçonnées de sable, au deux d’argent à un épi de blé d’or posé en pal; au chef d’hermine.

Armoiries des villes de Bretagne, Michel Froger. Blason fautif.

Personnalités liées à la commune

Notes et références

Voir aussi

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